Chronique de la Pacelle, pp
CH. XXIII. LA MISSION HISTORIQUE DE JEANNE d'aUG. 3o9
une héroïne profondément chrétienne, qui, en voyant couler le sang- français, sentait ses cheveux se dresser sur sa tète! On conçoit 1 etonnenient de Robert de Baudricourt hîisque Jeanne vint lui soumettre son dessein. Et les g-enlilshommes qui la conduisaient au Dauphin durent n'èhe pas moins surpris lorsqu'elle leur dit de la façon la plus simple : « Voilà quatre ou cinq ans que mes frères du paradis m'ont avisée (pi'il me faudrait partir en guerre pour recouvrer le royaume de France. »
Elle ajoutait : « Pourtant, ce n'est pas mon état : j'aimerais mieux filer auj)rès de ma |)auvre mère. Mais il faut que j'obéisse, car Dieu, mon seigneur, le veut'. »
Il le fallait, en outi'e, parce que guerroyer était le seid moyen d'en finir avec les Anglais, On ne pouvait avoir la paix avec eux qu'à la condition de la leur imposer. La paix, mais c'est la première chose que l'envoyée de Dieu songe à leur offrir. « Avant toul, disait-elle, je dois leur écrii-e et les sommer de se retirer : telle est la volonté de Dieu. )> Et, en effet, elle écMvit cette lettre au roi d'Angleterre et à ses capitaines, dans laquelle elle leur dit « qu'elle est toute prête à faire la paix ».
C'est son premier mol, ce sera aussi son dernier : Il Faites réponse si vous voulez faire paix en la cité d'Orléans; si ainsi ne le faictes, de vos bien grans dommages il vous souviendra brièvement". »
Les Anglais ne voulurent pas de la paix que Jeanne leur offrait. Cela ne les empêcha pas de l'accuser de se plaire en l'etfusion du sang humain et de ne comljatlre que pour cela.
A quoi elle répondit : « Que premièremenl elle re(pié-