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en. XXIII. LA MISSION IIISTOIUQUE DE JEANNE d'aRC. 3i I
Elle était donc persuadée qu'elle n'avait pas encore achevé « ce pour quoy elle était envoyée de par Dieu ». Elle nourrissait encore l'espoir que par rançon, par un coup de force ou tout autre moyen, elle serait rendue à la liberté.
Mais de la liberté recouvrée que coinpiait-elle faire?
Ce qu'elle comptait en faire, c'était ce qu'elle en avait déjà fait après la campag-ne de la Haute-Loire, ce qu'elle en fil lorsque, s'arracliant à l'oisiveté du château de Sully, elle prit la route de l'Ile-de-France.
Des historiens catholiques ont eu le courage de le lui repi'ocher. Jeanne à Lagny, Soissons et Compiègne n'est plus, disent-ils, l'héroïne d'Orléans et de Palay. La g"uerre qu'elle va faire n'est plus que la guerre d'aventure '.
Erreur grave qu'un tel lang'age, critique injuste et critique à trop courte vue. La guerre que l'héroïne va faire à Lagny, Soissons et Compiègne est toujours la guerre nationale, la g"uerre qu'elle a mission de poursuivre et à laquelle, tant qu'elle pourra tenir son étendard, elle consacrera sa vie.
C'est avant tout la g'uerre contre les Ang-lais, car si Jeanne prend le chemin de l'Ile-de-France, c'est que nos ennemis y exercent leurs déprédations et leurs hostilités. Elle n'est plus, il est vrai, à la tête des troupes royales, elle en est parfois réduite à faire la guerre de partisans. N'importe, c'est toujours la guerre, et l'essentiel est qu'on ne s'endorme pas à Sully, liourg'es, Loches, Chinon dans une sécurité trompeuse, qu'on n'oublie pas que l'ennemi foule toujijurs en vainqueur le sol de la patrie.