Procès, t. III, p|). \l\-io. Déposiliou de Dunois
2. A la vérité, la Chronique de lu Pucelle et le Journal du sièy prélent à Jeanne des paroles que Dunois ne mentionne pas. « Et dit oullre (.leanne) auxdits seigneurs : J\ii accomplij ce que Messire (mon Seiiçneur) m'a commandé, de lever le siège d'Orléans et faire sacrer le gentil Rotj. Je voudrais bien qu'il voulust me faire ramener auprès mes père mère, et garder leurs brebis et bestail, et faire ce que je saoulais faire. — Et quand lesdits seii^ueurs ouyreut ladite Jeanne ainsi parler, et que les yeux au ciel remercioit Dieu, ils crurent mieux que c'estoit chose venue de par Dieu qu'autrement. » {Chronique de la Pucelle, p. 826; Journal du siège, pp. 1 16-1 17.)
On pourrait mettre en question l'authenticité de la phrase que les deux chroniques ajoutent » la déposition de Dunois. Mais en cette phrase, fùt-elle d'une authenticité inatta(|uable, jamais on n'y découvrira l'aveu (jue la mission de la Pucelle finit au sacre de Reims.
eu. XXIII. LA MISSION HISTORIQUE DE JEANNE d'aRC. 826
est. encore loin du terme de sa mission, car ce terme, d'après ses propres déclarations, n'est autre que l'expulsion définitive des envahisseurs.
Parlons maintenant du prétendu silence des Voix après le sacre. D'abord, rien n'est moins prouvé que ce silence.
En second lieu^ ce silence, s'il était prouvé, s'expliquerait de la façon la plus naturelle.
1° Rien, disons-nous, n'est moins prouvé que ce silence des Voix de la jeune fille après Reims. Il est démenti form(>llement par ses déclarations réitérées aux juives de Rouen; il est démenti par les faits.
« Pendant sept ans, dira la Pucelle à ses jug'es, mes \o\x n'ont cessé de me gouverner.
— Jamais je ne les ai requises qu'elles ne soient venues.
— Quelque chose que j'ai faite onques, en si grandes affaires que je me sois trouvée, elle m'ont été en aide' ».
A ce démenti verbal se joint le démenti des faits.
N'est-ce pas une révélation de première importance (pie les Voix f(mt à la jeune vierge sur les fossés de Meiun? Et c'était bien après le sacre de Reims.
« En la semaine de Pâques dernières, disait-elle, étant sur les lossés de Melun, mes Voix, c'est à savoir saintes Catherine et Marguerite, me dirent que je serais pr-ise avant la Saint-Jean, qu'il fallait que ce fût ainsi, que je ne m'étonnasse pas mais prisse tout en gré, que Dieu m'aiderait. »
Qu'on remarque ce qui suit :
Les juges lui demandant si, depuis Melun, ses Voix