I. E. RicuEu, Histoire de la Pucelle, liv. Jer, fo 71 vu
CHAP. XXV. — l'Échec de paris. 873
on l'avait mis au courant des négociations pendantes et de la trêve qu'on s'apprêtait à conclure, elle ne les goûtait pas plus qu'elle n'avait g-oûté les précédentes. Au bout de cinq jours passés auprès du Roi, le 23 août, elle vint trouver le duc d'Alençon et lui dit :
« Mon beau duc, faites appareiller vos gens et ceux des autres capitaines. Je tiens à voir Paris de plus près que je ne l'ai vu '. »
Elle ne l'avait aperçu qu'une fois, de très loin, des hauteurs de Dammarlin, quand on s'attendait à être attaqué par Bedford.
Le 23, Jeanne et le jeune duc, présumant le congé du Roi, parlaient avec l'élite de l'armée. A Senlis, ils ralliaietit une partie des troupes qu'y avait amenées le comte de Vendôme et, le 26, ils entraient dans Saint-Denis-en- France, sans coup férir. Après Reims, la ville du sacre, c'était la ville des tombes royales dont les bourgeois ouvraient les portes au souverain légitime.
La Pucelle pensait que Charles ne tarderait pas à rejoindre ses troupes à Saint-Denis. Tel parut être d'abord le dessein du jeune monarque. En effet, dès qu'il apprit l'entrée de Jeanne et du duc d'Alençon dans Saint-Denis, il quitta Compiègne (29 ou 3o août) et vint à Senlis dont les lial)ilants avaient témoigné le désir de le recevoir. Au lieu de traverser simplement la ville ou d'y passer vingtquatre heures, il fît mine (Vy séjourner, comme s'il eût tenu rigueur à la Pucelle et aux capitaines qui l'accompagnaient de leur empressement à se porter dans le voisinage de la capitale.
« Il semblait, dit Perceval de Gagny, qu'il fut conseillé