‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 311 sur 381 · Procès, t. V, pp. i.")o-i5.S · texte numérisé non relu

Procès, t. V, pp. i.")o-i5.S

2. IX Eosdeni... aliorum nobiliuni nostri regni ex nobili stirpe procrealurum consortio aggregainus; non obstaute (jiiod ipsi... forsaii alicriiis quum libcrœ conditionis exi.slant. * [Ibid., p. i52.)

marques de disliiiction, c'était la liberté de prendre les armes contre les Ang-lais et de conduire les troupes rovales à de nouvelles victoires. Il n'en fut pas ainsi : durant près de quatre mois, de décembre 1429 à fin mars i43o, elle dut mener le genre de vie pour lequel elle éprouvait la plus vive ré[)ugnance, une vie de repos et d'oisiveté.

Au sentiment pénible (pii en résultait s'ajoutait la douleur autrement vive, l'anyoisse autrement poignante (pie lui causait l'apathie de son Roi, et l'aveuglement avec lequel ses ministres et lui envisageaient la situation, comme s'il n'y avait plus d'ennemis à vaincre, de piovinccs à recouvrer. Jeanne, cpii savait que la vie lui était mesurée, Jeanne, qui avait à cœur d'accomplir ce point capital de sa mission, l'expulsion des Anglais hors du rovaume, et qui, en vertu de l'espoir enraciné au fond de toute nature humaine, comptait y réussir, Jeanne rongeait ce frein doré que lui imposaient ceux qui étaient le [)lus intéressés à lui laisser sa liberté d'action et pleurait toutes les larmes de ses yeux. A Chinon, quand elle voyait le Dauphin livré à ses incurables hésitations, elle se retirait en son log-is, nous apprend son page Louis de Coûtes, et elle pleurait. A Mehun-sur-Yèvre, à Sullysur-Loire, où il ne s'agissait plus d'hésitations mais de refus catégoîi(|ue et formel, par quelles angoisses dut passer la libératrice d'Orléans, la victorieuse de Patay! Les souffrances morales de la captivité de Rouen furent pour la Pucelle bien grandes : dans les c]uatre mois qui suivirent l'échec de La Charité, elle a peut-être souffert autant.

Ce n'est pas que Charles VU gènàt la liberté de la jeune fille : il la laissait maîtresse d'aller où elle jugeait

l\'2li JEANNE ET SA « MISSION DE VIE )) . PHASE GUERRIERE.

bon, persuadé qu'elle aurait toujours à cœur les intérèls du royaume et de son souverain. Après sa visite du 25 décembre à Jargeau, dans les premiers jours de janvier i43o (nouveau style), Jeanne vint à Bourges où la jeune reine, Marie d'Anjou, avait sa résidence. Les lettres d'anoblissement données en sa faveur « à Meliunsur-Yèvre, au mois de décembre, l'an du Seigneur mil quatre cents vingt-neuf », ne furent enregistrées ;\ Bourges que le i3 janvier en la Chambre des comptes du roi. Il est probable que, par déférence pour Charles VII, la Pucellese trouvait à Bouri^^es à l'occasion de cet enregistrement'.

Le dix-neuvième jour du même mois, Jeanne était au milieu de ses bons amis d'Orléans. Nous l'y rencontrons en la compagnie de maître Jehan Babateau, son hôte de Poitiers, de maître Jehan de Velly et de monseigneur de Mortemar. Les magistrats de la ville firent à leur libératrice la réception la plus empressée. On lui donna, ains' qu'à ceux de sa compagnie, deux repas dont le menu est consigné fidèlement dans les livres de comptes. Il se composait — pourquoi ne le diiions-nous pas? — « de six chapons, neuf perdrix, ticizc lajiins et un faisan », lesquels furent servis aux personnages susdits, et, vraisemblablement, à ceux des magistrats qui représentaient à ce repas la cité orléanaise et en faisaient les honneurs^.

Est-ce à l'occasion de cette visite à ses amis d'Orléans ou d'une visite subséquente <pie la Pucelle prit à bail,

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