‹ Histoire Complete de la Bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 312 sur 381 · lÎEF\niAT-S vint-Prix, /p'/rt«p f/'.'l /T..., p · texte numérisé non relu

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2. Paye pour l'achat de ces vicliiailles 0 à Jehan .Morchoasne, le xixfi jour de janvier : six livres douze sols quatre deniers parisis ». {Procès, l, y, p. 270.)

CMAl». XXVI. DANS LA HAUTE-LOIRE. 1\'}J^

pour une soixanlaiiic d'années, « un hoslel que le Doyen et le Chapitre d'Orléans » avaient, lequel était « assis en la rue des Petits-Souliers », avec un certain Guillot de Guienne, pour caution?... Ce fut au moins dans les premiers jours de février, car l'acte de cession de ce bail, après la mort de Jeanne, est dalé du xxviii'^ ']0ViV de février i432 (nouveau style), et mentionne une période de cinquante-neuf années; ce qui suppose une année écoulée'. La jeune vier^^e aurait donc formé le projet de se fixer dans la cit(; qu'elle avait délivrée, si la Providence ei\t prolong-é ses jours. Et, en vérité, Orléans , était bien sa seconde patrie, et les habitants, qui firent si bon accueil à sa mère et à ses frères, l'eussent vue avec bonheur et fierté s'établir au milieu d'eux. Il en fut de ce rêve de Jeanne comme de ceux qui se rapportaient à la délivrance prochaine du royaume : ils s'évanouirent devant la triste réalité.

Quels furent les autres déplacements de la Pucelle jusqu'au mois de mars? Ouest réduit pour cette période à de simples conjectures". Le 23 mars, nous la trouvons auprès du Roi, au château de Sully-sur-Loire. De ce jour et de ce lieu est datée la lettre qu'elle fit écrire aux Ilussites de Bohême^, soit que le bruit public lui en eût

1. Jules Doinel, Noie sur une maison de Jeanne d'Arr, dans les Mémoires de la Société archéologique et liistoriqne de l'Orléanais, t. XV, pp. 494-"^oo. In-8t>, Orléans, 1876.

2. D'après quelques auteurs, dans cet intervalle, la jeune Lorraine aurait résidé successivement à Bourges. Orléans. Cliinon, Vierzon et SuUy-snr-Ijoire. lille aurait visité aussi la seifçneurie des Marches du Berrij, qui se trouve aujourd'hui dans la commune d'Orsennes, canton d'Aigurand, arrondissement de La Châtre. (P. La- NÉRY d'Ahc et Iaîcikn Jenv, Jeanne d'Arc en Berrij, pp. io4-io,l; — Bi:rxniAT-SAiNr-Piu.\, Jeanne d'Arc.) p. atif).)

3. Cette lettre a été publiée pour la première fois en i834. {Pro-

appris les excès, soil que des personnai'es inléressés l'eussent priée d'intervenir. Dans cette lettre, son secrétaire lui faisait dire, entre autres choses :

« Moi, Jeanne la Pucelle, « j'ai connaissance de ceci : « d'hérétiques cliréliens vous êtes devenus des païens (( aveugles et tles Sarrasins; vous avez aboli la vraie « croyance et toute édification des serviteurs de Dieu; « vous travaillez à une révoltante superstition, vous la « défendez parle sang" et la llauime; vous renversez les « saintes imag-es, vous ruinez les saints édifices. Quelle » fureur insensée vous possède?... »

(f Moi, Jeanne la Pucelle, je vous aurais depuis long- « temps visités avec mon hras vengeur, si la guerre « avec les Anglais ne m'avait toujours retenue ici. Si je « n'apprends bientôt votre amendement, votre rentrée « au sein de l'Eglise, je laisserai peut-être les Anglais et « me tournerai contre vous. Si vous rentrez dans le « sein de la croyance catlu)li(jue, adressez-moi vos en- « voyés; je vous dirai ce que vous avez à faire. Mais si (( vous vous endurcissez dans votre résistance,... atten- « dez-moi avec la [)lus jurande puissance humaine et « divine pour \(jus payer en vous rendant la pareille.

(( Donné à Sully, le 3 mars'. — Pasqierel. » En tète de la lettre se Iroiivaienl les noms : Jésus, Maria.

Ce qui ressort de ces lignes, c'est le zèle ardent de la Pucelle pour la foi catholique et son horreur de fliérésie

ces, t. V, p. i56.) — L'original latin a T-té retrouve aux archives de Vienne, dans les registres de la chancellerie de l'empereur Sigismond, en i80o. Il est signé « Fasouebel ».

I. Procès, t.V,pp. i5tj-i5ç); — W xLLoy, Jean/ie d' A rc, i.l, p. 447-

CFîAr^ xxvi. — dans [.a iiautk-loire. /jiy

et du scliisiiie. Le lan^a^e qu'elle tieiil aux Hussiles n'est pas assurément celui de la diplomatie et de la politique; il ne trahit aucunement l'intention de se mêler des affaires d'un pays étranger; il n'est pas exempt d'une certaiue naïveté e( d'une confiance en soi qu'on pourra trouver excessive. Ce qui s'y montre à découverl, c'est l'amour de la foi et de la sainte Eglise; c'est, comme nous l'avons dit ailleurs, le sentiment des dangers que l'esprit de division et les fauteurs d'hérésie faisaient courir à l'Europe chrétienne, de plus en plus menacée par les disciples du Coran.

On remarquera que le slyle de la lettre aux Hussiles trahit des habitudes d'hunuinisie et un g^oùt de rhétorique inconnus chez Jeanne. La Pucelle se sera conlentée d'indiquer à Frère Pascpierel. son secrétaire habituel, le sens de la lettre. Le bon aumônier l'aura composée à sa façon et sig^née lui-même. Ne l'ayant pas dictée, Jeanne se sera dispensée de la sig'uer'.

I. L'accent chrétien qui, malgré tout, respire dans cette lettre n'aurait pas dû échapper à un inquisiteur allemand tel que Jean iXider, prieur des Dominicains de Nuremberg-, puisdeBâle. Au Concile de Bàle, en i^Sg, il donna lecture d'un opuscule intitulé Formicarium, sur les règles à suivre dans la répression de l'hérésie; en cet opuscule, il consacrait trois pages à Jeanne d'Arc. Il qualifie sa lettre aux Hussiles de présomptueuse. « Ad tanhirn prœsurnptionem venil Johanna ut Doheriiis, ubi hœreticoruin mallitudo tune fuit, rainas intentare, per lifteras. — Jeanne en vint à un tel excès de présomption, qu'elle écrivait une lettre de menaces aux Bohèmes, dont un grand nombre en ce temps-là étaient hérétiques. » {Procès, t. IV^, pp. .5o2-5o4.)

J. Nider donna ce titre de Formirarinm à son traité parce (]ue. au commencement de chaque chapitre, il note une ressemblance entre les sorciers héréti([ues et les fourmis.

progres de la cause nationale. lettres de la

pugelle aux remois. son depart de sully pour

l'ile-de-france.

Tandis que la Pucelle était mise par les conseillers du Roi dans l'impossibilité de combattre les Anglais, lesdéfenseurs de la caus'e nationale ne laissaienl [>oint de repos à l'ennemi liérédilaiie.

Au lendemain de la tentative sur Paris, de hardis compag-nons conduits par Ambroise de Loré, gouverneur de Lagn\ , et le capitaine limousin Jean Fouca»dt partaient de Senlis et essayaient d'enlever par un coup de main la capitale de la Normandie. S'ils eussent réussi, le régent de France, duc de Bedford, qui s'y (''l;iil rendu le 20 octobre, tombait en leur pouvoir'.

Cet acte audacieux ayant échoué, La Hire ne laissait pas de pousser des pointes juscju'à Rouen et, à la tête de six cents comballanls, s'emparait de Louviers (décembre 1429). En février suivant, il forrait (^hâteau- (iaillard^, où le sire de Rarbazan était retenu |)risonnier, et il délivrait celui (pie ses contemporains avaient nommé le « chevalier sans reproche^ ». Quand on lom-

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