Jean Chartikh, t. I, pp. i i/j-i i
2. Cliàteau-Gailljtnl, la reine des forteresses de Normandie, à sept lieues de l\ouen, sur des falaises abruptes qui commandaient la vallée de la Seine.
3. Arnald ou Arnaud (niilheni, seii^neur de Barltazan en Biçorre, était parent du comte de Foi.v et cadet de Gascogne, connue Xaiiitrailles et La Hirc. C'est une des plus nobles et brillantes fitruros militaires clc ce temps. En\t; surnommant /e c/iena/inr sdtis r<'/)r(jrfii',
[)it les barreaux de la ca^•e de ter dans laquelle Barbazan était enfermé, il n'eu voulut j)as sortir. Il avait donné sa parole d'y demeurer; il entendait y rester fidèle. On dut courir après le ^ouverneui' aui^lais de la place, sir Kitiston, (pii vinl l'en relever (24 février i4'^o, nouveau style').
Dans la ca[)itale et les provinces voisines, les circonstances seiublaient favoriser la cause du Roi.
A Paiis, le duc Pliilip[)e le Bon venait de débarrasser les liabitanls des six mille Picards qui y défendaient la cause aui^lo-bour^^iii^^iionue : « Six mille fort larrons, comme il [)arut en toutes les maisons où ils furent loyés' .» En quittant la capitale, Philippe les avait emmenés avec lui (17 octobre). L'iiiver était rude, les vivres rares et cliers. (( Bien ne venait à Paris (pii ne fût rançonné deux ou trois fois. ^ » Les Aui»lais ne se faisaient aucun scru-
ses compagnons d'armes reconnaissaient en lui le Bayard du (juinzième siècle, f^e jugement qu'il porta sur l'assassinat de Jean-sanst^eur fait connaître sa franchise et sa loyauté. Après la prise de Château-Gaillard, le roi Charles VII nomma Barbazan capitaine général et gouverneur des pays de (-hanrpagne. Brie et Laonnais. Il cul peu de rapports avec la Pncelle, si toutefois il en eut; ils étaient cependant dignes l'un de l'autre. Le nouveau gouverneur soumit jilusieurs places et battit les Anglo-Bourguignons en plusieurs rencontres. Envoyé au secours de René d'Anjou, beau-frère du Roi, à (pii Antoine de Vaudemont, neveu du duc de Lorraine, disputait ci», duché, il trouva la mort dans la bataille de Bulgnéville (2 juillet i43i) que l\ené perdit et où il fut fait prisonnier. On ensevelit \t chevalier sans reproche à Vaucouleurs. Lorsque Charles VII fut rentré à Paris, il Ht transjiorter ses restes à Saint-Denis, où ils reposèrent à côté de ceux de Du Guesclin.
I. HoLiiJSHKD, Chronicles of Englaii'l, t. II, pp. l^i.[\l\-\ïl\~^, édil. de 1577. Monstrelet et la Chronique des Cordeliers donnent de la délivrance de Barbazan une version différente. Le prisonnier se serait fait élarç^ir à prix d'argent : chose à tout point de vue invraisemblable. (.MONSTREI ET, I. IV, pp. 35o-3.JI.)
•2. Journal d'un htnirfjeois de Paris, p. ■.>J\S. 3. Ihid., pp. 24tj-2.ôo.
43o JEANNE ET SA « MISSION DE VIE )) . PHASE GUERRIERE.
pule d'arrèler les approvisionnements desliiiés aux lial)ilanls. Aux environs de Pâques (i43o), un l)ateau oliargé de denrées se rendait à destination de Paris; la î^arnison de Ponloise s'en ein[>aja sans aulrc rorinc de procès et s'en adjugea le contenu.
Avec un pareil état de choses, les Parisiens souffraient. DécidiMuent ils ne gagnaient rien à l'occupation anglohouiguignoniKî. Un complot se Irania [)our livrer la capitale au roi de l''ranc«'. A la lèle de ce complot fig'urait un religieux canne, ancien prieur du couvent de Melun, nommé Pierre d'Allée. Déguisé en ouvrier, il allait el venait, servant d'intermédiaiie entre les mécon • tenis et les gens du lloi. Il fut découvert el mis à la torture (2 1 mars i4-io, nouveau style). Se[)t des principaux conjurés furent décapités ou écai'telés et leurs biens confistpiés '.
Un second complot fut au moment de réussir. Des prisonniers de la Bastille avaient ohlenu d'uti de leurs camaiîides élargi qu'il essaierait d'ouvrir leurs cachots et de briser leurs liens. Il essaya et il réussit. Les [irisonniers, rendus libres, étaient au moment de livrer la {)orte Saint-Antoine, lorsque le sire de l'Isle-Adam survint, se rendit maître des révoltés et les fit noyer sans autre forme de procès (avril-mai i43o)'.
Il en était de la ca[)itale en cette année comme de la capitale en ][\'.U], temps où le faux Bourgeois de Paris écrivait ces lignes peu engageantes :
« En vérité, oncques les Juifs qui furent menez en Ghaldée ne furent pis menez que estoit le pouvre peuple
1. Auguste Longnon, Pai'is sous la do/ninafio/i anfjlaisc, pp. 3oi- 3o3.