OPINION DES CONTEMPORAINS SUR L (EI'VRE ACCOMPLIE PAR LA PUCELLE
Avant (le faire passer sous les yeux des lecteurs les léinoig-naçes des contemporains de Jeanne, nous ferons observer (|u"ils donnent h l'opinion qu'ils expriment deux fondements : i" les choses étonnantes, réputées impossibles humainement, qu'elle avait accomplies, entre auti-es la levée du s'tbge d'Orléans et le sacre de Reims; 2" la vie sainte, les vertus admirables, les mœurs irréprochables, les pratiques religieuses de la vierj^e de Domremy.
Les témoins que nous allons eiitcndic sont d'abord les deux gentilshommes qui accompag-nèrent la Pucelle de Vaucouleurs à (.Ihinon. Leur témoig-nag-e sur la piété et la mission de Jeanne a d'autant plus de poids qu'ils la suivirent à Orléans et dans les camps, et qu'ils la virent à l'œuvre.
Ce sont, avec eux, le président Simon (Charles, maître des requêtes, en 1429; — Gobert Thibault, écuver du roi; — Frère Seguin, dominicain, un des examinateurs de Poitiers; — maître Barbin, avocat et docteur es lois; — Jean Garivel, conseiller général du roi; — le duc d'Alençon ; — Dunois, le bàtaid d'Orléans; — lesiredeGaucourt, g-ouverneur d'Orléans; — frère Pasquerel, aumônier de Jeanne; — le chevalier Jean d'Aulon, son intendant; — Simon Beaucroix, écuver, de la suite de Jeanne; — maître Réginald Thierry, chirurg-ien du roi ; — le docteur Jean de Mascon; — les bourg-eois d'Orléans.
Jean de Novelonpo.nt, dit Jean de ]Metz. — « En vérité, je crois que Jeanne ne pouvait qu'èlre envoyée de Dieu.
« Elle ne jurait jamais, aimait à assister au saint Sacrifice, faisait avec dévotion le sig-ne de la croix, se confessait souvent et distribuait volontiers des aumônes.
« J'avais pleine foi en elle; j'étais enflammé par .ses paroles et par l'amour de Dieu qu'elle respirait.
« Tout le temps que je fus en sa compag-nie, je la trouvai
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bonne, simple, pieuse, excellente chrétienne, se contliiisant bien et craig-naiit le Seigneur. i) (Procès, t. II, p. 438.)
Bertrand de Poulengy. — « Jamais je n'ai rien vu de mal chez Jeanne. Elle fut toujours bonne comme si elle eût été une sainte. Elle s'al)stcnait complètemenl de jurer.
« En l'entendant parler, je me sentais tout entlammé. Elle était pour moi une envoyée de Dieu. » {Procès, ibid., p. 455.)
Le présujent Simon Charles. — « Je crois que Jeanne est venue de Dieu. Elle faisait les œuvres de Dieu, se confessait souvent et communiait à peu près chaque semaine. » (Procès, t. III, p. 118.)
GoBERT Thibault, écuyer du roi. — « J'ai ouï dire par le confesseur du Roi et par d'autres docteurs qu'ils croyaient que Jeanne était envoyée de Dieu. Ils n'avaient trouvé en elle rien que de bon. » (fbid., p. 76.)
Frère Seguin. — u Pour moi, je crois que Jeanne a été envoyée de Dieu.
« Les autres commissaires et moi, nous nous étions enquis de sa vie et de ses mœurs. Nous trouvâmes qu'elle était une bonne chrétienne, vivant catholiquement et jamais oisive. » (Procès, t. III, j). 2o5.)
Maître Babbln, avocat et docteur es lois. — « Jeanne fut envoyée à Poitiers. C'est là que je la vis pour la première fois. « A mon avis, Jeanne était une bonne catholique et tout ce quelle a J'aie est de Dieu. Si je paile ainsi d'elle, c'est que, en toutes choses, dans sa vie, dans le boire, dans le mang-er, elle était d'une vertu remarquable. Jamais je n'ouïs parler d'elle en mal. Je l'ai toujours entendue réputer et maintenir femme irréprochable et excellente chrétienne. » (Procès, t. III, p. 84.) François Garivel, conseiller général du roi. — u A Poitiers, par ordre du Roi, de solennels docteurs et maîtres examinèrent Jeanne pendant trois semaines. On ne trouva en elle rien que de catholique et de très raisonnable.
« Jeanne était une simple bergerette, aimant Dieu pardessus tout, se confessant souvent et faisant fréquemment la communion. )> [Procès, ibid., pp. 19-21.)
Le duc d'Alençon. — « Autant que j'ai pu en juger, je tiens Jeanne pour Ijonne catholique et femme vertueuse. Je
l'ai vue maintes fois recevoir le corps tlii Sauveur. A sa vue, elle se prenait souvent à répandre des larmes abondantes. Elle communiait deu.x: fois par semaine et se confessait frôquemment. Dans tous ses faits, hors celui de la g-uerre, Jeanne était simple et toute naïve.
« Pour ce qui s'est fait à Orléans, j'ai onlendu des capitaines déclarer que ça tenait du miracle; c'était une œuvre d'en haut, non une œuvre humaine. C'est ce que m'a dit notamment, à plusieurs reprises, le seigneur Amhroise de Loré, naguère g'ouverneur de Paris. » {Procès, t. III, p. loo.)
Jean, bâtard d'Orléans, comte de Dunois et de LongukviLLE. — « Je crois que les faits et g-estes de Jeanne, à la guerre, étaient de Dieu plus que de l'homme. »
Et il énumère quelques-uns de ces faits dans lesquels il V(ti( le doigt de Dieu. {Ibid., pp. 7-8).
Haofl de Gaiicouht, ancien goiivcr/tciir d'Orlénns, (jrdiid maître de l'hôtel du roi. — Il déclare témoigner dans le même sens que Dunois. [Ibid., pp. i8-i().)
Frère Jean Pasouerel, aumônier de Jeanne. — Certes, je crois fermement que Jeanne était enroi/ée de Dieu; car elle ne faisait que des u-uvres bonnes et elle était remplie de toutes les vertus.
« Elle avait la crainte de Dieu, et. pour rien au monde, elle n'eût voulu faire quelque chose qui lui tiéplilt. n [Procès. t. III, p. m.)
Jean d'Aulon, chevalier et sénéchal de Beaucaire, ancien intendant de la maison militaire de Jeanne. — Pendant un au qu'il demeura en sa compagnie, « il l'a connue être très dévote créature, et «]ue très dévotement se maintenait eu oyant le divin service de Notre Seigneur, lequel continuellement elle voulait ouïr.
« Et croit fermement le déposant que, vu les faits, g-estes et g-rans conduites d'icellc Pucelle, qu'elle était remplie de tous les biens qui peuvent et doivent être en une bonne chrétienne, et qu'elle devait être inspirée. » (Procès, t. III, pp. 218-219.)
Simon Beaucroix, éci/yer de la suite de Jeanne. — « Ce que je puis dire, c'est (pie Jeanne était bonne catholique, craig-nant Dieu, .se confessant tous les jours, communiant chaque .semaine, entendant quotidiennement la me.sse et