Journal du siège..., p
2. Chronique de la Pucelle, pp. 2G5-26G. — La Chronique de Morosini donne ce même nombre de treize bastilles.
« Lorsque en assiégeant une ville on trouvait un bâtiment dans lequel on pouvait se loger ou se fortifier, une église ou un monastère, ce fort se nommait une Bastille. Ceux qui étaient construits en terre avec palissades et fossés portaient le nom de Boulevards. » (Abbé Dubois, cité par J.-A.-C. Buchon dans son livre Documents sur la Pucelle, p. 464. Paris, grand in-8'\ i838.)
A parler exactement, les boulevards, dit Jollois, « étaient des ouvrages avancés, construits simplement en terre et maintenus quelquefois par des fascines ou des planchers, et quelquefois aussi par des murs. Ils étaient environnés de fossés. Leur forme, variable sans doute, offrait en général celle d'un carré ou d'un rectangle. Chaque boulevard avait une baïKiuetle, d'un mètre trente centimètres d'élévation, régnant sur chacun des côtés qui dominaient la campagne. (JoLLOis, Histoire du siège d'Orléans, p. 8.)
8ô JEANNE ET SA « MISSION DE VIE )) . PHASE GUERRIERE.
jusqu'à la grande bastille nommée Londres, depuis celle de Paris jusqu'à celle de Sainl-Loup' ». Mais il ne paraîl pas qu'ils aient eu le temps d'achever ces travaux et d'accomplir leurs projets.
Un notaire Orléanais de l'époque, Guillaume Giraut, relevait de son côté le même fait, car il écrivait dans ses livres que toutes les forteresses et bastilles construites par les assiégeants étaient « closes à deux parties de fossés, et d'une forteresse à l'antre^ » ; excepté vraisemblablement dans l'espace qui s'étendait de la bastille de Paris à celle de Saint-Loup.
Ces détails mettent en évidence le dessein des Anglais d'enserrer Orléans dans nne ligne de l)locns infranchissable, et d'en arriver à obtenir par la famine ce que la force des armes ne pouirait leur donner. La première bastille achevée fut celle de Saint-Laurent : le f[ janvier, les assiégeants s'y établissaient. La dernière fut celle de Saint-Jean -le-Blanc : le 20 avril, ils l'occupaient et « y faisaient un guet pour occuper le passage^ ».
Les bastilles et boulevards construits ou fortifiés entre ces deux dateS" étaient, en remontant de l'ouest au nord et à l'est, sur la rive droite :
1° La bastille de Saint-Laurent-des-Orgerils, qui commandait le passage de la Loire au-dessous d'Orléans, et (pie [»rotégeail uu véritable cauq» retranclié ^ : elle était placée sous les ordres de Talbol ;
2° Le boulevard de la Croix-Boissée ou Buissée (17 jaii-
1. Jean Ch\i\tier, Chronique de Charles VII, t. 1, chap. xiii, p. G3, cdit. V. de Viriville.
2. lîaucHER DE MoLANDON, Ëtuclc siir 11116 hdst l'Ile anglaise, pp. 11-12. ln-8°, Orléans, 1808.