Ibid., p
CIIAP. XVI. LK SIÈ(;E u'oRLÉANS. UOUVRAY. ()3
de là il diiigcait son feu sur les Tourelles; et, comme il manquait rarement son hul, il tuait ou blessait beaucoup d'Anglais. Les assiégeants, furieux, le sig^nalaient aux coups de leurs meilleurs archers. Parfois, pour leur faire plaisir, maître Jean se laissait choir comme un homme blessé à mort, et emporter en ville; puis, quand les Ang^lais s'y attendaient le moins, il reparaissait et les ajustait de plus belle'.
Les capitaines français en humeur de combattre mettaient volontiers de la partie le canonnier lorrain. Ces jours-là, maître Jean quittait la Belle-Croix et prenait sa place aux escarmouches. A l'affaire de la Croix-Boissée (3o décembre), \e Journal du siège \\o\ii> avertit que « tout ce jour fit g^randement son devoir maistre Jehan atout (avec) sa couleuvrine^ ».
Une autre fois, — le jeudi 3 mars, — les Orléanais ayant exécuté une sortie vigoureuse, maître Jean ne demeura pas oisif : deux coups de sa coulevrine tuèrent cinq Anglais. L'un des cinq fut un neveu du comte de Salisbury, le seigneur de.Gray, capitaine de Janville, « dont les Anglais firent g'rands regrets, parce qu'il était de grande hardiesse et vaillance-^ ».
Quelques jours après, les canons des assiég"eants prenaient leur revanche. Le 19 mars, veille de Pâques fleuries, un boulet anglais tuait ou blessait sept personnes d'un coup et un autre cinq^.
Maître Jean ne fut pas toujours heureux; il eut aussi ses mésaventures. Dans la matinée du 18 janvier, les