GHAP. XVI. LE SIÈGE D ORLEANS. ROUVRAY. IO
XailUrailles vint donc, au nom des Orléanais, prier Philippe le Bon (ju'il daignât prendre leur cité sous sa haute protection et les traiter comme ses propres sujets. A quelle date eut lieu son départ, on ne peut le fixer que de façon approximative, par exemple entre le i8 février et les premiers jours de mars. Certainement, à la date du 3 mars et suivantes, le duc Philippe était dans ses provinces du Nord , à Bruxelles d'abord, puis à Namur, pour y recueillir la succession du comté. Il accueillit avec bienveillance la requête des bons bourgeois d'Orléans et, emmenant leurs ambassadeurs avec lui, il se rendit à Paris, où il arriva le 4 avril et resta jusqu'au 22. Les négociations avec le duc de Bedford s'engagèrent aussitôt, et le 17 avril tout était terminé.
Le duc Philippe « remontra au Régent la pitié du duc d'Orléans; il le requit bien chèrement qu'il lui plût lever le siège, et que la place lui fût donnée en garde comme place neutre" ».
Le Grand conseil de Paris et le Régent écoutèrent cette proposition de fort mauvaise grâce. Bedford repartit qu'il « serait bien marry, d'avoir battu les buissons, si d'autres devaient avoir les oisillons^ ».
Le refus de Bedfort et du Grand conseil d'acquiescer à sa demande blessa fort le duc de Bourgogne. Philippe le Bon avait envoyé aux troupes assiégeantes un certain nombre d'hommes d'armes qui combattaient dans leurs
i454f et il mourut avec cette dignité à Bordeaux, le 7 octobre i464- Il eut la joie de voir la France délivrée de ses envahisseurs. (Le Père AiJSELME, t. VII, p. 92; t. VIII, p. 488.)