CH. XVII. DANS ORLÉANS. PRISE DE SAINT-LOUP
Jeanne n'insista pas. Pleine de déféience pour les capitaines et pour Dunois en particulier, elle se rangea de bonne grâce à l'avis du Bâtard d'Orléans. Il fut donc rég'lé qu'on n'aurait recours à la force qu'après le retour des troupes de Blois; et, pour qu'il n'y eût ni malentendu ni retard, Dunois lui-même irait, avec l'intendant de la Pucelle, « certains autres chefs et leurs gens », pressera Blois le départ des secours ^
La Hire ne l'entendit pas de cette manière. Ce même jour, 3o avril, avec Florent d'Illiers, quelques chevaliers et écuyers, et des miliciens de la ville, il attaqua les Anglais près de la grande bastille de Saint-Paterne et de l'église de ce nom où ils avaient installé un corps de garde. Il les délogea de ce poste, les repoussa jusqu'à leur bastille et y aurait mis le feu s'il avait eu sous la main des matières incendiaires. Pendant qu'on allait chercher des fagots, les Anglais se ressaisirent, chargèrent les assaillants et finalement les repoussèrent. Il y eut des morts, des blessés et des prisonniers de part et d'autre. La Pucelle ignora vraisemblablement cette affaire : en tout cas, elle n'y eut point de part^.
Si on ne lui en dit rien, nous verrons qu'on ne la prévint pas davantage de l'attaque de Saint-Loup. L^ne remarque de l'abbé Dubois, l'auteur du mémoire sur le siège d'Orléans, nous en donnera l'explication. « Plusieurs seigneurs, dit-il, étaient venus avec des troupes qu'ils avaient levées sur leurs terres : ils se regardaient comme maîtres de leurs hommes, et souvent ils s'en
Gamache ne peut être prise elle-même au sérieux. (Voir Procès, t. IV, pp. 1 58-1 59.)