‹ Histoire complète de la province du Maine depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 21 sur 45 · MAL COMPRISE · texte numérisé non relu

MAL COMPRISE

Au milieu des tristes conditions de cette époque, les hommes constamment occupés du besoin de l'attaque ou de l'obligation de la défense, dès lors abrutis par le maniement continuel des armes, parle défaut à peu près entier de toute culture intellectuelle et morale, se trouvaient de plus en plus dansl'impossibilité de comprendre le caractère divin de la religion chrétienne et toute la sublimité de sa philosophie. Dans leur profonde ignorance, ils allaient même jusqu'à travestir, par des cérémonies burlesques, ses pratiques anciennes ridiculement interprétées par leurs grossiers instincts : de là ces aveugles superstitions et ces fêtes inqualifiables des fous, des innocents, de l'âne, etc., dont nous verrons bientôt l'imbécile invention et la grotesque mise en scène.

On s'étonnera peut-être de ne pas trouver les drames liturgiques du moyen-âge dès la fin du vme siècle, où les épaisses ténèbres de l'ignorance et de la barbarie semblaient embrasser tous les peuples comme dans un immense drap mortuaire ; mais, en y réfléchissant, on comprendra qu'il en devait être ainsi dans un tel état de dégradation morale des populations, où ces représentations scéniques, toutes grossières qu'elles étaient, ne

trouvaient pas même alors des auteurs pour les imaginer avec la succession de leurs péripéties , et des acteurs assez habiles clans Fart mimique pour les exécuter.

C'est donc, à notre sens, en conséquence de ces dispositions des esprits, qu'il faut, pour trouver ces institutions dramatiques, imitations dégénérées et rétrécies des saturnales et des lupercales de l'antiquité, parvenir jusqu'au moment où la chaleur et la lumière, presque éteintes à leur dernier foyer, vont se ranimer par degrés; où les esprits et les cœurs, heureusement excités par les principes de vie, d'action intellectuelle et morale, vont enfin sortir de ce léthargique et fatal engourdissement.

Ce ne fut guère, en effet, qu'au ixe siècle qu'on institua la fête de Vâne. A Beauvais, par exemple, le 14 janvier, on représentait la fuite en Egypte, en conduisant, chaque année, delà cathédrale à l'église Saint-Etienne, une jeune fille revêtue d'une chape d'or, tenant un enfant dans ses bras, et montée sur un âne richement équipé. Le clergé faisait entrer pompeusement la voyageuse et sa monture dans le sanctuaire, où le caractère et l'imitative cacophonie des chants témoignaient un peu trop du genre de solipèdes auquel appartenait celte monture.

Dans plusieurs autres localités, c'était l'ânesse de Balaam qu'on avait pour objet d'imiter. La burlesque cérémonie se faisait alors à Noël. Elle consistait dans une longue procession, où se trouvaient représentés David, les Prophètes, etc. Balaam, armé d'une longue paire d'éperons, montant un âne en bois, renfermant alors un homme qui parlait au besoin. Six Juifs, six Gentils suivaient le poète Virgile, débitant en vers latins, souvent indignes de l'auteur, les commentaires appropriés des oracles sibyllins, dont il était ainsi regardé comme le prophétique interprète. A Bouen, l'Eglise donnait tous les ans, le 25 décembre, une répétition de ce regrettable abus.

La fête des innocents et des fous paraît même ne s'être instituée qu'un peu plus tard ; mais son usage prit un bien plus grand et plus scandaleux développement. Plusieurs chapitres

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avaient leur abbé des fous, spécialement chargé de redresser les inadvertances cléricales. Des confréries extravagantes se formèrent dans plusieurs villes de France, en prenant un titre aussi peu digne, et qu'elles savaient trop exactement légitimer. La plus remarquable fut celle de Bourgogne, formée au xive siècle par Adolphe, comte de Clèves, sous le nom d'infanterie dijonn aise; et dont les membres, au nombre de 500, réunis, chaque année, surtout à l'époque des vendanges, dépassaient de beaucoup, dans leurs mascarades et leurs orgies, les vaines excentricités de notre mardi-gras : faible et pale copie de ces déplorables saturnales du moyen-âge.

En effet, les attributs réunis de la folie dans toutes ses aberrations; des cavalcades bizarres, grotesques, lorsqu'elles ne devenaient pas inconvenantes, escortant un chef électif, nommé la mère-folle, assise au milieu de son chariot, dans un accoutrement plus grotesque, plus bizarre, ou plus inconvenant encore ; telle était la composition habituelle de ce cortège qui, pendant plusieurs jours, circulait avec un cynisme peu moralisateur au milieu des populations , dont l'insouciante paresse et la curiosité dépravée n'y puisaient pas l'amour du travail et les inspirations de la vertu.

Dans plusieurs Eglises, aux trois fêtes de saint Etienne, de saint Jean, des Innocents, un jeune clerc, avec le titre d'évêque-fou, revêtu des ornements pontificaux, la tête couverte d'un bourrelet au lieu de mitre, assis, avec une tenue grotesque, sur le trône épiscopal, recevait les honneurs d'un prélat; bénissait les fidèles, et leur distribuait des indulgences avec une dérision pour le moins scandaleuse. L'Eglise de Sens, particulièrement, fut bien des fois souillée par ces grossiers travestissements du plus saint ministère.

« Cette fête des fous, qu'on appelait aussi fête des innocents, dit M. Bachelet, Dict. univ., se célébrait, avec un grand appareil, le jour de la Circoncision, dans l'église de Sens. On conserve à la bibliothèque de cette ville, dans un diptyque qui représente des bacchanales profanes, le missel de cette fête, composé par l'archevêque Pierre de Corbeil, mort en 1222, et

parodie indécente de l'office divin. Dans ces cérémonies, les prêtres, barbouillés de lie, masqués ou travestis, se livraient à des danses et à des chants grotesques, au milieu même de Téglise ; mangeaient sur l'autel; jouaient au dehors des farces extravagantes ou impies, et terminaient la journée par des festins. Les mêmes désordres avaient pénétré dans les monastères.»

L'Eglise, dans sa pieuse et sage révérence des lieux saints, des mystères et des cérémonies sacrées, avait constamment blâmé des travestissements aussi condamnables, fait tous ses efforts pour en prévenir la propagation, pour en empêcher le scandale; mais l'habitude, la grossièreté des temps et des hommes l'avaient toujours emporté sur les efforts d'un zèle honorable. Ce fut ainsi que les prescriptions de Maurice, évêque de Paris, vers 1195 ; d'Odon, archevêque de Sens; de Charles VII, en 1445 ; des conciles, des chapitres généraux de Sens, 1460, 1514, 1517, etc., restèrent à peu près sans résultat, même pour supprimer les abus de ces fêtes, lorsqu'elles avaient, en raison des temps et des hommes, la tolérance de n'en pas exiger l'entière suppressien.

En 1530, on célébrait, en effet, encore dans la ville, dans la cathédrale du Mans, la fête des enfants, des innocents, des fous : les extraits des registres du secrétariat en donnent la preuve : « Le chapitre ordonne que les enfants de chœur, dans la procession qu'ils doivent faire le 2 mai, aient la crosse, la mitre et tous les ornements" pontificaux qui seront portés par celui qui est en rang pour faire l'évêque... » 21 décembre 1521, on voit que le cœna puerorum se faisait plusieurs fois l'année, mais principalement le jour des Innocents. On leur donnait 40 pintes de vin et de l'argent. Les diacres, les vicaires, les clercs et les sergents y étaient seuls admis. « Cette fête se nomme la fête des enfants et des fous... » Enfin, vers 1531, le chapitre supprima la fête et le repas.

Il serait difficile de comprendre aujourd'hui toutes les excentricités auxquelles se livraient alors plusieurs membres du bas clergé, par l'extravagance de leur costume, de leurs actes au milieu même du sanctuaire, et pendant l'office divin, surtout

lorsque les papes, les évèques et les conciles réprouvaient ces tristes abus.

Nous le dirons toutefois, à l'honneur du chapitre de notre diocèse, il fut un des premiers à faire justice de ces dérisoires et condamnables profanations. Il paraît môme, d'après les principales chroniques du temps, que la fête de l'âne, telle qu'on la faisait à Beauvais et dans plusieurs autres cathédrales de France, ne compromit jamais la dignité de celle du Mans. Disons-le cependant, pour démontrer l'attachement des populations à ces grotesques mises en scène, et la crainte que montrait l'autorité religieuse de réprimer trop absolument ces instincts, en abolissant la fête des fous, le chapitre de Saint- Julien se crut obligé de permettre, le 5 septembre 4539, à titre de dédommagement sans doute, la représentation dos mystères, qui, moins inconvenante par la forme, n'était peut-être pas beaucoup plus admissible pour le fond. Nous y reviendrons en étudiant la troisième phase du moyen-âge.

Pour terminer ce qui rentre dans la première, nous devons jeter un simple coup d'œil sur les inhumations et sur le droit de battre monnaie.

1° Inhumations dans les villes et dans les églises. — Sous la domination romaine, l'hygiène publique, bien entendue, ne permettait, par ses règlements, aucune inhumation dans les villes; aussi, comme nous l'avons fait observer, saint Julien avait, en conséquence de celle sage prohibition, fait établir le cimetière des chrétiens au delà des murs de la cité, près de remplacement de l'église actuelle du Pré. C'est aussi dans ce terrain, ainsi consacré, que les restes mortels de notre premier apôtre et ceux de ses dignes successeurs : saint 77mribe, Pavace, Liboire, Victor, Victeur, Principe furent immédiatement déposés.

Mais, dans les derniers temps de l'empire, et surtout après l'affranchissement des provinces gauloises, les prescriptions romaines ?e trouvèrent négligées dans un grand nombre de points importants, parmi lesquels nous placerons le sérieux objet des inhumations.

Comme expression de la reconnaissance publique envers le digne pasteur d'un diocèse, le sage gouverneur d'une province; pour consacrer leur mémoire par des privilèges particuliers ; quelquefois aussi, dans l'intention de se conformer aux dernières volontés des défunts, on les inhuma dans les églises qu'ils avaient gouvernées ; dans les maisons, les couvents, les monastères qu'ils avaient fondés, ou dirigés comme supérieurs ; et l'on établit, de cette manière, une coutume qui, pour honorer les morts, exposait les vivants!...

En conséquence de cette nouvelle et dangereuse législation gallo-franque, saint Innocent fut, vers 560, inhumé dans sa cathédrale du Mans, d'après le désir qu'il en avait exprimé ; saint Domnole, en 581, dans le monastère de Saint-Vincent qu'il avait fondé; saint Bertrand, dans celui de la Couture, au môme titre, vers 624; saint Béraire, vers 679, avec les mêmes prérogatives, dans le monastère de Saint-Martin, à Pontlieue, etc.

De cette première infraction aux plus sages règlements d'hygiène publique, à celle bien autrement nuisible encore, de placer les cimetières dans le milieu des villes, autour môme des églises, il n'y avait qu'un pas, et ce pas fut trop aisément franchi. Des endémies, des épidémies sérieuses, les notions du plus simple bon sens n'arrêtèrent point la marche des abus dans une aussi dangereuse voie; partout on les vit se multiplier à tel point que les cités, les monastères, les églisefurent convertis en véritables sarcophages , où l'on entassait les morts au mépris de la conservation de l'existence des vivants; et ce qui nous paraît surtout bien étrange, c'est de voir, malgré les progrès et les réclamations de la science, malgré les prescriptions des souverains les plus intelligents, d'aussi déplorables abus persister môme au-delà du moyenâge , comme nous aurons bientôt la triste occasion de le prouver.

IIe Droit de battre monnaie dans le Maine. — Le premier que les souverains accordèrent à la province du Maine paraît être celui que Thierri III donna, par un diplôme, à son archi-

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chapelain Aiglibert, alors évoque du Mans. Le Paige, Dict. du Maine, conteste la réalité de ce droit et l'authenticité de ce diplôme. Les raisons qu'il donne de son opinion, contraire à celle de presque tous les historiens, ne nous semblent pas sérieuses : elles seraient même entièrement détruites , si P. Renouard avait possédé, comme il l'affirme, un sol mançais, à l'effigie de saint Gervais d'un côté ; du roi Thierri III de l'autre, avec un millésime de la fin du vne siècle.

La question nous paraît, du reste, suffisamment résolue par l'autorité des numismates que nous avons consultés ; par celle de Lecorvaisier , Histoire des évêques du Mans, 1648, p. 251 ; de Dom Martin Bouquet : de la Congr. de Saint-Maur : Recueil de VHistoiredes Gaules, 1741, apudMabill., t. 3. Veter. Analec., p. 200, etc., où le diplôme de Thierry III se trouve textuellement rapporté avec les circonstances et les motifs de son émission. En voici le passage essentiel :

« Theodoricus III, rex Francorum... lgitur compertum esse volumus prudentiœ omnium fidelium sanctœ Dei Ecclesiœ et nostrorum, quatenus vir sanctissimus et religione atque sapientia gêner eque nobilissimus Aiglibertus Cœnomanicœ urbis archiepiscopus nos deprecatus est uti monetam publicam in sua civitate, in nomine sancti Gervasii ac nostro concederemus : quod ita et fecimus, ea videlicet ratione, ut ipse et sui ministri hoc valdè prœvideant ne aliqua fraus in ipsa moneta nostris futurisque temporibus appareat... »

Thierry III, roi des Francs... En conséquence nous voulons mettre ostensiblement à la connaissance de tous les hommes dévoués à la sainte Eglise de Dieu, de tous nos fidèles sujets, jusqu'à quel point nous estimons le saint prélat Aiglibert, évoque du Mans, homme distingué par la piété, la sagesse, la naissance ; nous lui concédons le droit de se servir, dans sa ville, d'une monnaie publique, au nom de saint Gervais et de nous. La précaution que nous prenons a pour objet que lui et ses successeurs veillent soigneusement à ce que nulle fraude n'altère cette monnaie, dans notre temps et dans ceux qui suivront.

Le même droit de battre monnaie dans la ville du Mans s'étendait, en effet, sans autre distinction, dans ce diplôme, à tous les successeurs d'Aiglibert. Il faut donc l'admettre, mais avec cette observation importante qu'il était alors seulement dans le domaine des attributions épiscopales, celui des comtes n'en ayant été favorisé qu'un peu plus tard.

Vers le milieu du xe siècle, et même plus tôt, dans quelques parties de la France, les grands vassaux avaient usurpé ce privilège, qui, d'abord, n'appartenait qu'aux rois. Les évêques, les simples abbés, les communautés suivirent ce fâcheux exemple. Avant le xie siècle, nos comtes du Maine avaient déjà cette monnaie connue sous le nom de sol mançais, ayant cours dans toute la province et même ailleurs ; il valait deux sols angevins, un sol et demi de Normandie : ce fut l'un des motifs, comme nous le verrons, qui fit naître cet adage : « Un Manceau vaut, dit-on, un Normand et demi. » Ces monnaies locales se multiplièrent tellement ensuite, que V Annuaire de la Sarthe, année 1815, porte jusqu'à dix-sept le nombre des monnaies frappées, au moyen-âge, par les comtes du Maine.

Louis VIII, Louis IX surtout, commencèrent à remédier sérieusement à ce désordre financier, préjudiciable au commerce, à toutes les transactions, et restituèrent à la souveraineté du gouvernement ce droit qu'elle n'aurait jamais du concéder; mais ce ne fut réellement qu'à partir du règne de Louis XIV que la monnaie royale eut un cours exclusif.

La province du Maine a descendu les derniers degrés de cette première et triste phase du moyen-âge, où les populations ignorantes et stupides n'ont plus qu'un pas à faire pour tomber à l'infime niveau des brutes, après avoir progressivement aliéné les nobles facultés, les grandes, les immenses prérogatives de l'homme.

Si nous résumions dans une esquisse vraie les déplorables caractères de cette époque, heureusement sans égale, on nous taxerait d'exagération ; pour éviter ce reproche qu'il serait difficile de mériter, nous emprunterons cette esquisse à la plume d'un écrivain justement célèbre, et dont les apprécia-

tions feront toujours autorité dans la philosophie de l'histoire.

« Nous sommes enfin arrivés, dit M. de Ségur en parlant du vme siècle, à l'époque la plus humiliante pour la nature humaine. Toutes les traces de l'ancienne civilisation avaient disparu; les lois étaient sans force, les rois sans pouvoir, les grands sans frein, les riches sans pitié; les guerriers combattaient sans art, s'égorgeaient sans raison, fuyaient sans ordre, et, infidèles à leur serment, ne reconnaissaient plus que la force pour droit. L'état d'anarchie de cette époque amena la barbarie; les lettres cessèrent d'être cultivées, l'amour de l'étude s'éteignit, les sciences déclinèrent et dépérirent! »

Si l'on considère en effet que, d'après le rapport des auteurs les plus graves , très-peu de Gallo-Francs savaient lire vers la fin du vne siècle; qu'au lieu de leur nom, les ignorants apposaient le signe de la croix au bas des actes, d'où l'on a peutêtre fait le terme signer ; que l'agriculture était abandonnée aux serfs, le commerce aux Juifs; que, pendant les quatre derniers siècles de cette première phase du moyen-âge : « l'Europe entière ne produisit pas un seul écrivain qui méritât d'être lu; et que l'on y citerait à peine une invention utile ou curieuse ; » on reconnaîtra, d'après l'incontestable autorité des faits, que le tableau de M. de Ségur n'atteint pas encore la triste vérité du modèle.

Au milieu de tous ces caractères sinistres d'une prochaine destruction, ne semble-t-on pas entendre ces terribles présages de V Apocalypse annonçant la fin du monde? Telle fut, du moins, la conséquence de ces tristes enseignements sur l'esprit des populations de notre province, puisque nous verrons, au xe siècle, s'élever une panique générale sur l'imminence de ce grand et définitif cataclysme : comme si Dieu, dans les profondes et sévères leçons qu'il donne parfois aux peuples, avait ici voulu de nouveau leur faire sentir que si l'abus des lettres, des sciences, des arts, de la civilisation, précipite leur décadence, ainsi que les derniers temps de la domination romaine venaient d'en fournir les preuves, la diminution progressive

de la civilisation, des arts, des sciences et des lettres amenait, à son tour, l'abrutissement des nations, qui n'est, en réalité, rien autre chose qu'une décadence plus dangereuse et plus déplorable encore, ainsi que cette première phase de la domination des Francs en donnait actuellement la démonstration. Enfin comme si Dieu, dans sa bienveillance inépuisable, cherchait une dernière fois à nous faire comprendre que la culture des lettres, des sciences, des arts, que les progrès de la civilisation éclairés par le céleste flambeau de sa religion sublime étaient les seuls moyens de conduire l'humanité vers cette vérité suprême, vers ce bonheur sans limites et sans terme, qui nous paraissent constituer son but, sa prédestination et son domaine à venir!...

Ces considérations morales sembleront ici, nous l'espérons, d'autant plus opportunes et mieux placées, que le mal n'est pas encore sans remède; que la seconde, et surtout la troisième phase du moyen-âge, vont offrir l'application particulière des grands principes généraux que nous venons d'exposer.

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