‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 13 sur 93 · SUITE DU TBEIZE VENDÉMIAIRE · texte numérisé non relu

SUITE DU TBEIZE VENDÉMIAIRE

même temps, on supprima les assemblées des sections dont on avait si imprudemment invoqué lappui contre les Jacobins. On ordonna» sur la proposition de Ghénier, la ponrsaite des crimes commis dans le midi par les compagnies de Jésus ', enfin, un décret établit une garde de qaiDze cents hommes pour lé corps législatif , mesure utile et sage qui aurait suffi peut-être à prévenir le 13 vendémiaire, si elle eût été établie avant cette journée. Ces résolutions, si sévères en apparence, épouvantèrent peu les réacteurs, auxquels la faiblesse thermidorienne avait laissé prendre taiit d'ascendant. En effet, parmi les chefs principaux de vendémiaire, un seul fut condamné à mort et exécuté. La vengeance tomba sur lé jeune Lafond, au courage duquel s'intéressèrent les révolutionnaires euxmêmes. Il mourut malgré eux. En vain voulut-on lui dicter des réponses capables de le faire acquitter, il se déclara émigré > chef de la colonne qui s'était emparée du Pont-Neuf; il regretta en termes énergiques la défaite des sections , et rendit , par un excès de franchise , son acquittement impossible. Cet homme généreux, et qu'il faut honorer parce que ses pareils sont rares dans tous les partis, subit sa peiine avec un courage digne de sa conduite dans l'action et devant le tribunal. De nombreux mandats furent décernés contre les.chefs sectionnai res, mais on les recherchait avec si peu de sévérité qu'ils ne daignèrent pas même se cacher, et lun d'eux, de la section Lepelletier, rencontrant une patrouille, répondit au qui vive : Castellane, contumace. Aussi les royalistes, quoique assez inquieCs de l'arrestation du royaliste Lemattre , et de quelques uns de ses principaux affidés dont on avait surpris la correspondance avec le dehors et Tintérieur, ne perdirent pas courage. Ils récriminèrent contre les députés monarchistes qui avaient manqué à leur parole et déserté, au jour du combat, la cause pour laquelle, la veille encore, ils juraient de mourir. Mais n'osant plus lutter ouvertement ni contre

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ia Gonvention^ni contre les hommes de Tandeone terreur qui auraient facilement rallié un peuple mécontent et fidèle aux principes de la révolution , le parti résolut de pousser ses créatures et ses chefii i la nouvelle législature. On ne devait plus rien tenter de définitif qu'au moment où Ton croirait avoir acquis la majorité, ou du moins une de ces minorités imposantes qui finissent souvei^t par emporter la balance au milieu des orages politiques. Peu-* dant ce temps, le dépouillement des papiers de Lemaltre avait jeté un grand jour sur les sociétés royalistes; le gouvernement sut, à n'en pouvoir plus douter, que Rovère et Saladin , et d'autres encore , étaient vendus à la faction. Les Jacobins indignés, firent entendre de violentes paroles, tandis que les journaux contre-révolutionnaires, par leurs imprudentes louanges prodiguées à quelques députés, à bon droit suspects, ne cessaient d'augmenter l'irritation qui bientôt pénétra dans Tintérieur de la Convention. Les éloges des réacteurs tombaient principalement sur Lanjuinais, sur Boissyd'Anglas et les soixante et treize. En même temps, les auteurs de cette faute ne cessaient de lancer chaque jour les plus sanglantes invectives contre les thermidoriens et contre Louvet , qui t'était firanch^nent rallié aux patriotes.

Jusqu'alors pourtant, les soixante et treize ainsi que les thermidoriens s'étaient réunis chez un ami commun , nommé Formalaguez. Legendre , poussé à bout par les déclamations des écrivains royalistes, reprocha aux députés Lesage 9 Larivière , Lanjuinais, Boissy, leur silcoice dans la crise de vendémairc. Lanjuinais, quelquefois aussi emporté que celui qui Finterpellait , prononça le mot de massacre de vendémiaire. Tallien se leva furieux, et il fallut toutes les supplications de ses amis d'opinion pour l'empêcher d'aller à la Convention dénoncer les quatre députés. Louvet se contenta de faire décréter l'arrestation de Rovère et de Saladin, auxquels on adjoignit un nommé

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