‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 23 sur 93 · CONSPIRATION BABEUF · texte numérisé non relu

CONSPIRATION BABEUF

Veut fait connaître du peuple. Quant au représentant Orouet f on pouvait attendre de son caractère un acte de fermeté , mais il n'y avait nul conseil en lui , et rien n'était plus facile que de le ramener par la persuasion. D'autres conventionnels eussent été bien autrement à craindra que ce député. Tels étaient, avec quelques autres révolutionnaires du troisième rang^ les adversaires que le Directoire semblait redouter comme des géans, et dont il dénonçait les horribles machinations comme sur le point d'éclore.

Les deux conseils ne se doutaient aucunement de Hmminence du péril , lorsque le 21 floréal (iO mai) , Rouhier vint^ au nom de la commission des inspecteurs de la salle , faire un rapport dans lequel il demandait que Ton se hâtât d'organiser la garde accordée par la loi au Corps législatif, et| qu'en attendant , on renforçât par quelques troupes les grenadiers alors affectés au service des palais des deux conseils. La proposition de Rouhier fut ajournée, parce que les députés attendaient un message du Directoire, annoncé comme un document de la plus hante importance. Le message arrive enfin , et c'est an milieu du plus profond silence que l'on écoute les révélations suivantes ;

K Un horrible complot devait éclater demain dès le point du jour \ son objet était de renverser la constitution française, d'égorger le Corps législatif, tous les membres do gouvernement, l'état-major de l'armée de l'intérieur, toutes les autorités constituées de Paris , et livrer cette grande commune à un pillage général et à un massacre plus affreux encore.

c( Le Directoire exécutif, informé du lieu où les chefs de cette affreuse conspiration étaient rassemblés et tenaient leur comité de révolte , a donné des ordres pour les faire arrêter. Plusieurs d'entre eux le sont en effet, et p'est avec douleur que nous vous apprenons que parmi

^9ft RÉVOLUTIOIii FRANÇAIW.

c^^ ^ trauTe un de vos collègues, le citoyen Drooel, fum c^ CUgra^t délit. » Le Directoire IcriDinait son laessage ei| d^inafl^fMit çown^t il devait procéder à l'égard de ee re* grés^pt^ ^ 4«^ (put autre député qui se trqpf^fai^ l>e«ft^

Pai'Qii$eçon4 rapport, qui suivit de près le pMmîWy 1^ Directoire réclamait une loi portant que tout yiieii^^« de la CqpvçoMq^ uatieqale sans emploi k P^ria^ et qui n'y résidait pa^ habituellement avant Tépoq^e 4e sa n<>iaiiia^ tion, que tout ex-fonctionnaire public et militaire , dmiSh tué ai| licencié ^ dont le domicilç n'était point étaWi dans cette çoo^inune^ tout komme prévenu d'émigration on no& rajé dé%itivement , fût-il même de Paris ^ tous les particuliers 9és hors de France qui ne seraient pas attacl^ par h^n fonctions au corps diplomatique, on qui ne seraient pas établis à Paris avant le lA, juillet 1790, seraient te^ïHS^ 4*ep sortir dans Tespace de trois fois, vi^t- quatre hç^r?$ , et de se tenir ^dix lieues au moins de la capitale. C|^ ço.i9rwl3sion iopunédiatement créée fit sur-le-chanip soa rs^)po|rt , consentit à la demande du Directoire , çt y ajoi^ta rélç^gpeipex\t de^ individus libérés de condamnationa o^ 4'2tcç.usati^o^& par 1 amnistie.

Cette mesure, qui frappait les hommes de la rçvo^^wti^MBji Içs ré^ol^ ^n dernier point ^ mais ils n osèrent se plaindre. Chacal, par nnç sorte de représailles en faveur des conventipmp.çlS:^ proposa d'étendre le décret aux membres, des assemUéçs ^instituantes et législatives. Cet amendement fyit rejeté 9^rè^ ui^e vive discussion, dans laquelle Lariyière, pa,rl§UQt contre sa conviction, donna de gra,n4^ éloges, au Directoire qui avait arraché la république vivant^ çor CQr^ deii ma^ns. 4^$ brigands qui voulaient Tégorger-

(.e H^rdi proposa de réduire la mesure d'cj^pu^lsicm, ^ux e^^-coayentioçnels qui avaient été déclarés po^ rééUgibjlçs \ celte mçdification n'en fut pas moins répétée pa^ le i\^X^aiivtiQr%9 4ç9U$e de sa haine CQj^i^tre \e4 OQivYei()jli<iii|^*'

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Bçb, et par |a majorité. Les assemblées , lorsqu elles seat fillciiite^ ^ç la coatagipQ de la peur , ne respectent ptos aacuD principe, et accordent aveuglément au pouvoir tout «a i)o'jl ^^mande ds^na |e$ préiisîojisde sa tefreur» pres^iue tojgomrsi e^aigéréf^.

î*!^, Çkî^toif^, M Toij^nl paa Uisser effacer rimprear ipi d^ fsW première^ mesures, s'empresaa d'adresser k \9j^^jDp^\é» 4Wf^ riqpparts pour lui donner le$ détails du préten^^ pl^^v^ dea çonji^rés, dont quelques U99 éta^t ^i9 ^I^A^* Oci trouvait daua tesi pièces transmise^ aux ^Q^ <HV^^y^ les féTélatio9s suivantes : « Un comité d'insurrection it pçganisé par Babeuf, «'assemblait à Pavif Saai^ la noi? dç Dinctoixe secret ah salut public , et corf(S(|çi|Af^it ^ve<^ dea agai^ répartis, dans Paris , qui ne t^9qni^is»)icffit P^^ \^ \1QS ^a autres et ne devaient jamais {i09W«iY^ ^ q^al»tre membres du Directoire. Ces agens sv^içnt pour çaissiion d'ei^citer les patriotes , de les enrO- IW)^ 4^. les tepir p^rfts à tout évéueqient , de les faire con* ndtre d^ directoire secret. Ces agens lui rendaient compte ^ ff^ga^ns de s^bsjistances, d^ dépyôtts d'armes et de fQ^^tîpiis qui pouvaient e^^îster daua chaque arrondisse- ^eif^t) 4^ a^^liefs q\ii 9*y trouvaient, du nombve dés oai(i;^, ix^ gaiVTa dû teurs travaux et de 1^ nature de l^i^ca ijyj^iûo.qs. |ls épient encore chargés 4& faira^ u» feceiasement des patçio^a aisés, qui pto.uyaicnt donner riiospjtfa^it^ aux £ç^res que l'on ^y^ $iit venir dea départem^. fafl. s^te dv pian géné|*s^^, oix\ s'étaM enteiMlu avec un ceictaÎA. Qon4)i?a ^e çonve^tionnel^i destiAé^ à foxmer le fpjau 4a ^ nouvelle ass^ivi.blée^ des sociétés secrètes s'é- ^^nt, fq.rw^ dans Paris et dans )es dépaçlemens. On désigna(ît ff}nr g^^éral |tossignol, qu^ s^'eD^ sayait mn,» ek IM)nfi min^tr^ 4^s hommes dont ^a n^opia avaient été ^^oim ^ tçw ^isp. Le Dùireçtoire aivait connu la conspilatic^ pj\c le c^pitâ^ine Grisel, qui révélait jour par jour ^ pK4«» eti kih à^?m»!^1m 4es conjurés \ rantofâté avait

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encore trouvé des indices graves dans une lettre tombée entre les mains de la police , et adressée par Babeuf à Joseph Bodson. On y lisait :

« Il est essentiel d évoquer la cendre et les principes de Robespierre et de Saint-Just pour étayer notre doctrine. D*abord, nous ne faisons que rendre hommage à une grande vérité sans laquelle nous serions trop au-dessous d*nne équitable modestie : cette vérité est que nous ne sommes que les seconds Grecques de la révolution française...

« D'ailleurs, réveiller Robespierre , c'est réveiller tous les patriotes énergiques de la république , et avec eux le peuple qui long-temps n'écouta^ ne suivit qu'eux.

« Ilssontnuls, et pour ainsi dire morts, ces patriotes énergiques, ces premiers disciples de celui qui chez nous fonda le premier la liberté. L'injuste diffamation qui pèse sur la mémoire de Robespierre cause cette stupeur. Rendez-lui sa gloire légitime, tous ses disciples relèveront la tête et bientôt ils triompheront. Le robespierrismequiattéra toutes les factions ne ressemble à aucune d'elles : il n'est ni factice ni limité; le robespierrisme et la démocratie, ces deux mots sont identiques; en relevant l'un, vous relevez l'autre... » Voici encore quelques firagmens de l'acte d'insurrection rédigé par Babeuf, et destiné à être affiché dès les premiers mouvemens des conjurés. Après de longs considérans écrits avec talent, le chef du complot disait : « Le peuple est en insurrection contre la tyrannie ; l'insurrection a pour but le rétablissement de la constitution de 1795 , de la liberté ,

de Tégalité et du bonheur de tous A Tinstant même,

les citoyens et les citoyennes partiront en désordre de tous les points de la capitale sans attendre le mouvement des quartiers voisins, qu'ils feront marcher avec eux. Il se rallieront au son du tocsin et des trompettes sous la conduite des patriotes, auxquels le comité însurrccteur aura confié des guidons portant l'inscription : Egalité, Liberté , Bonheur commun. Les généraux du peuple seront distingués

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par. des rubans tricolores, flottant très visiblement autour de leurs chapeaux,

c( Tous les citoyens se rendront partout avec leurs armes, ou à défaut d'armes avec d'autresinstrumens offensifs. Les armes de toute espèce seront enlevées par les insurgés partout où elles se trouveraient. Les barrières et le cours de la rivière seront soigneusement gardés. Nul ne pourra sortir de Paris sans un ordre spécial du comité insurrecteur, etc.. La Convention se réunira à Tinstant et reprendra ses fonctions... Toute opposition sera vaincue sur-lechamp par la force... Le peuple ne prendra de repos

qu'après la destruction du gouvernement tyrannique

Les biens des émigrés , des conspirateurs et de tous les ennemis du peuple^ seront distribués sans délai aux défenseurs de la patrie et aux indigens*, les indigens de toute la république seront immédiatement logés et meublés dans toutes les maisons des conspirateurs. Les effets appartenant au peuple, déposés au Mont-de-Piété, seront sur-le-champ gratuitement rendus , etc.. »

Babeuf, malgré la découverte de cette pièce saisie dans son domicile , niait avoir fait partie du comité insurrectcur, attendu qu aucuns papiers signés de lui et capables de compromettre ou sa personne ou ses complices n'avaient été saisis *, le gouvernement se trouvait dans le plus grand des embarras , lorsque le conspirateur, dans Tinterrogatoire qu'il subit au ministère de la police, changeant brusquement de conduite , reconnut comme de lui tous les papiers trouvés dans sa demeure, ainsi qu'un cachet particulier sur lequel était écrit ; salut public^ qu'il déclara être le signe reconnu dans sa correspondance entre les membres de la nombreuse coalition des démocrates , qui tous haïssaient également l'horrible oppression sous laquelle gé« missait le peuple français. Continuant le rôle audacieux qu'il venait d'adopter, Babeuf écrivit au Directoire : <t Je suis une puissance ^ ne craignez donc pas de traiter avec

moi d'égal à égal, le sul» le chef d'tme ft^été Ibrmiliklilè que TOUS ne détrairez pas en m'envoyant i la tiiort. Yt)tlS ii'atet qu'an fil de la conspit^tioh ^ ce n'est rien d'àf oir arrêté l|ttelqnes chefs. » Babeuf conseillait ata directeur^ de goutemer popillaireinetit; i ce prix^ il leur profaiéttait non appui et l'attachement des patriotes. Cette lettre énergiqde, quelquefois atissi noble qu'éloquente, tnaiS marquée an coin du délire et de l'orgneil^ l'une dés pài'^ sionis de Babeuf, proute à quel point il dé faisait illu* sidn êur ses ressources , àor im force et son infiuenéë \ néannioins , elle contenait des choses très Justes ^ut là inarche du Directoire dans une rohte qu'il n'anrâit jamais dû prendre. Paris, en apprenant Farrestation de Gracchuâ et de ses aniis , né laissa percer aucune pensée de cblëré et de regret. Une partie des révolutionnaires fut niécontente, mais n'éprouva point dne profonde douleur. Quel* qnes femàiei^ attachées au parti essayèrent de sodlever lei ihubourgi sans pouvoir réussir dans cette entreprise, hâguère encore si facile : le peuple n'avait point donné Sâ démission, mais il manquait Une ame pottr inspirer désormais ée grand corps qui n'avait plus ison élan et sod audace d'autrefois. Le représentant dii peuple DroUet se trouvant impliqué dan» cette conjuration, ce ne forent ni nné Commission militaire ni tin tribunal ordinaire ^ili durent en Connattre : àwx termes de la nouvelle Constittition ^ il fallut former uhe haute cour ndionalé qUÎ tûi côUvofluée à Vend6me, par acte du Corps législatif; et) d'après les principes qu une procédure criminelle ne doit pas être scindée, tous lés citoyens impliquée dans l'àfikife se trouvèrent traduite detant ce tribunal.

La découverte de la conspiration de Babeuf détint Toc* casion d'un véritable triomphe pour les GlichyeUs. <t \ovi connaissez enfin vos véritables et cruels ennemis? » s'écriM Pastoret. Lcnoir-Laroche voulait que l'on déclarai que M Directoire avait bien mérité de la patrie^ Sa proposition M

n§ètte > ^t déTàit retre. Le Directoiti^ , «n «fifet , li^aVsdt fait qdè IrettipUr un devoir, et en foditlant aa fond de§ èhosëâ^ oïl aiti^ait ptt pronter qu'il avait comitiid beaûôôdj^ dé fimteè, et sortont ceU(s de déployer tant d'appàteil tontfë «ne donspiration qa'il pouvait dissiper et bfavéf . t^éiidatit le temps de la discussion , lé représentant Droiiet s'échappa de sa prison, ou plutôt oti lui ouvrit Ibs poî*tes-, il avait des intelligences aveu Barras, qui en fttatt Ini-même avec les patriotes. D'ailleurs, le Direbtoi^, composé de cinq votans à mort dans le procès deLobislLYl^ ne voulut pas donner à TEurope le spectacle de ta fin tragique du citoyen qui avait arrêté ce priface au lAoïlieilt de sa fuite, et qui sortait à peine des longues souffrances endurées dans les prisons de rAutriche. L'évasioû de Drouet satisfit et le Directoire et les patriotes *, mais léd royalistes ne cachèrent pas leurs regrets^ ils auraient voulu voii* Thomme de Varennês porter sd tête sur Técliâ^ &ud.

D'après la constitution, la hhute cour fié devait sS former que sur une proclamation dii Corpà législatif, fèdigée et publiée par le conseil des Ginq-Cebts. Ce mode Êitraordiiiaire de ptiblicâtion fit tiattre dé vités di^cuà-^ sions ^ knais , pour se conformer à la lettre de ta loi , lé conseil décida , en ôomité secret , que son président ferait cette proclamation. Le Directoire ne tint àuéiiii éômptS de la loi ni de la délibération des Citiq-C!ents , et publia la proclamation dans les formes ordioairés. Aussitôt il fbt dénoncé comme ayant Violé la constitution et outrepassé ses pouvoirs : on lui demanda compte de sa conduite ; il essaya de se justifier, et , considérant néautïioins tonte concession même faite à la loi comme une preuve dé faiblesse, il persista dans sa résolution. Le parti ëdnstilutionnci, irrité par cette ténacité, blâma les difeCteufs. Lés Glichyens Tattaquèrent avec plus de colère ^ eti sorte qtie lé lendemain de la découverte d'une conspil*atiofi, fé

144^ aivoLUTiON française.

gottvernement se trouyait plus faible que la teille. Presque tous les pouvoirs perdent ou compromettent ainsi par des fautes immédiates le fruit des victoires que la fortune leur procure. L'arrestation de Babeuf, qui aurait dû intimider les royalistes, effrayer les révolutionnaires , consolider le Directoire et relever le crédit, laissa les choses dans le même état que quelques jours auparavant. Les Jacobins recommencèrent leurs réunions , et les agens royalistes continuèrent à attirer dans leur parti un nombre assez considérable de députés, qui cependant n'étaient point encore assez engagés pour ne pouvoir pas se retirer. Mais si le gouvernement manquait de puissance, il ne touchait pas au moment de tomber, car aucune faction n'était alors capable de le renverser-, il tirait d'ailleurs une certaine force des triomphes de nos armées , appui toutefois bien moins solide que celui du peuple, la première des garanties de durée pour un gouvernement libre.

Après avoir dit les rapides merveilles de Bonaparte, la persévérante sagesse de Hoche, et les événemens de Paris, retournons sur les bords du Rhin.

Nos généraux avaient employé avec bonheur le temps de l'amnistie pour réorganiser nos armées et compléter les cadres des différens corps. Enfin , la rupture de la trêve ayant été dénoncée par l'Autriche, la campagne recommença. Moreau, remplacé dans le commandement de l'armée du Nord par Eellermann, succéda à Pichegru, dont le Directoire avait, avec raison, soupçonné la loyauté. L'armée de Rhin-et-Moselle, dont Moreau prenait le commandement, se trouvait forte de soixante - dix - sept mille hommes. Wurmser en avait sous ses ordres quatre-vingtdix mille.

L'armée de Jourdan ( Sambre-et-Meuse ) présentait un effectif de soixante -seize mille soldats, tandis que les troupes du prince Charles, qui lui étaient opposées , s'élevaient à quatre-vingt-douze mille combattans. L'Aulricbe,

ARWBG DE SAHBBE-ET'HEVSE. 14^

en dénonçant la rupture de Tarmistice , était résolue à reprendre roffensive et à tenter une nouvelle invasion en France. Heureusement les victoires de Bonaparte forcèrent nos ennemis à détacher vingt-cinq mille hommes de l'armée de Wurmser pour couvrir le Tyrol et protéger Hantoue, forteresse principale de la domination autrichienne en Italie. Malgré cette diminution de ses forces , il eut été sage au général de Fempire de ne point rester sur la défensive y comme il crut devoir le faire.

Le général Jourdan, ayant reçu Tordre de conduire Farmée de Sambre-et-Meuse sur la rive droite du Rhin , chargea Rléber de s avancer sur la Sieg et de culbuter le général Eienmayer qui en défendait le passage. Kienmayer fut battu le même jour parLefebvre, qui, après avoir passé TÂgger, se rendit maître du pont de Siegberg. Ces brillans succès, bientôt suivis de la prise d'Altinkirchen , enlevèrent trois mille hommes à Fennemi , et atteignirent le but du mouvement concerté de nos deux généraux. En effet, dès que le prince Charles connut Tissue du combat d'Altenkirchen , il envoya onze bataillons et vingt-deux escadrons à Hambourg , rappela une division de l'armée da Haut-Rhin , fit couvrir Mayence , se dirigea , avec le reste de son armée , sur la Lahn , et repassa le Rhin le 10 juin. En apprenant cette nouvelle, Jourdan courut au . secours dcKléber. Dès le 12, étant arrivé sur la Lahn , le général français commit la faute de ne pas attaquer le prince Charles avant que ses troupes ne fussent toutes réunies. Cette inaction nous coûta cher^ en vain nos soldats voulurent résister , partout ils furent repoussés ] e^ dans une retraite pleine de dangers , il fallut tout le talent ' deBernadotte , de Champiocet , de Collaud , de Tadjudant- I général Ney et de Théroïque Kléber, pour sauver nos

Quoi quere poussés , nous avions pourtant rempli notre dessein 9 puisque Jourdan , en attirant sur lui la principale VI. 10

fo]^,àf^,mifi^9 ^^^^ $e€aQdiie8 opérations. d» MeirtM qw > ^fi^ 9^^ smulé une «Haqiiie sur lecanp de HsBr l^oiog^» VQ^ faciUkcr le passage du Min, ordonna an géink^X Qm^aI^ dft tenter- eeUe entreprise ansec iFbigt-deox lÊ^a^ yimx soidati. On ne pouyaH oboim uo général pins pifppre ^ cçVte périlleuse opération. A dix beurra du soir, le Vky des embarcatîoas préparées pour quatre divisions qui dexwot attaquer |LeU , arrlyëren^ an ppint où nos troupes se trouvadent réunies. A une heure , remkirquei^ent étant terminé y Desaix donna le signal du dqpaxt ] les l^aleaux traversèrent silencieusement le fleuve. Bientôt descendus à terre, les Français enlevèrent à la baï^iuette les positions de Tennemi, qui lança ea, vain cojfttre nous plusieurs charges de cavalerie; jamais il ne put entamer nos bataillons^ A six heures, le génie avait établi un pontvolant, et à dix heures, nos soldats, maîtres des redoutes de Fenj^emi, du ebâteao et du village de Kell, poursuivaient Venneooti sur la route d'Olfembourg.

Le 3& juin, le pont de bateaux se trouvant terminé,^ toute nojtre armée franchit le Rhio^. Moreau ne profita pas ^1 grand cajâtaine de la terreur et d$ la dispersion des ennemis *, il 7 avait parfois dans ce général je ne sais quoi de timide et dindécîs qui ne ressemblait en rien à la prudence de Turenne, si prompt, si habile à tirer parti des succès qu'il avait préparés avec sagesse et remportés avee éclat. Les hautes inspirations et les audacieuses résolutions du génie manquaient à Tâme et aux talens dé Moreau. Cependant, instruit de la présence de Moreau sur la rive droite du Hhin , le général Latour ne voulut pas quitter Manheim 5 car il croyait que le passage du fleuve n'était qu'une feusse manœuvre po,ur Tenlraîner à lever son camp. Il se contenta donc d'envoyer contre nous un corps de son armée, en laissant le reste de ses troupes dissémi-* nées le long du fleuve. lUtoreau ne sut pas encore tirer parti de œtte double faute. Au lieu d écraser Staiu et Staray? H

'îBÎI teSfW?^ ^ ^^ généraux se iretirejf în^çjt, ^ \fi^ ilfi^^h^lfg^ Sfsips être poursuivi, après ijii^e ^iSa^çq^^j^ Ic^l^^a^ à Qjo^tjre m|ei;çi. l^oreau, (|ui permit, s^si k V^rçj^îim ^1^, ^e fejuf e, sa jonçtiom nec ](.aktour, ^'^^ flrtJB W?% k^ïÇW J^ ^^chep„ 3^ 1^ HtaiUe 4iç. %94- ^*i> %\m^ ^eçjtenap^ ç^ çgs spJWl^ti^, p,^s i^e. lM^«ii|ii|yç. ,

Mm^.K ^WV^y Sjii?it,-Cyr, ^ura^ei^ p<>rté IMEpreau i

'W^.i'^toWP^PÇ^^W^s dçi. baflt d(çs AIj^a.

W A"^^^WSWi> ÇpnW»© on Va vu, s'appIjiiiHiaiKQat k ^«IXSIt Iç J^Q%«.> ftt \eft ÇiéwQAtai^ ai pr^seryei; Twfi». Ipnaita^V;^ m W<î W W>tAYÇi^em pour att^^ejr k df oite ^^IjfilÉe 4^<Cotii, eawêfljç tepap^ que Btas${éi^ fraJDiçhj^sfuilk^ l^apaipo, paur tourner ki gàiv^ke des Piémoatai&> muin^ ei$^«x-ci^ s^. dai^tant de uos projets, marçkèrent PV ^^^ ^^k^i^ ^<ii^ Bt|padoTi> pour y prendre, positioa. 4 Viffsl^^t pù SjBrwrier.fi^çtevait de <r3^uchv ie.ppnt SaÎAlr Ijjicli^, i^rigucoptw , p^r hasard, Ck)Ui qui Içi força à S0 ÏPrfwSx %Ç«ttÇW^> te k^,9 d^b^uphs^ p^ ie poatde Xorre^ }^^9i \iKi^\f^ ^ S^t-S^chel, et le géaf^sd ea chet W \^^ffi^o. Ge^ troJi^ çolpjçipeç se dirigeaieut sur Hpadovi^ où CçlU^ pj^iç^ d;act^:fit^ , axait déjli éleyjé qiiek[oes r«if^^h % droite ^ trouvait appuyée, à Notre-Dame de %A, s% gamohç à 1^ l^oque. Serrurier enleva avec int^^il^i ^ c^Q^e àfi la. Hicoque , défeadue couragea- ^ept p^ leç ipiéçapnt^s , et décida^ ainsi la journée. (^i?m^ cti^arg^^ de c;avalerie piémointaise furent reçnea ^Tec l^ra^^çf par aos cavaliers, à la tête desquels se distlBi^ te br^vt^ général Stiagel, Tune des espérances dei llpj^^surt^ , qui a fait le plus graind éloge de cet officier.

La^ pertQ 4§^ ?iémontais , vivement poursuivis par troia i^igiKnf^ de cavaterie w\ ordres du colonel Murât, fut

de trois mille hommes, huit pièces de canon^ dix drapeaux, quinze cents prisonniers , dont trois généraux. Après la bataille de Mondoyi , le général en chef marcha sur Gherasco, Serrurier sur Fossano, Augereau sur Alba. Beaulieu, pour faire une diversion favorable à ses alliés ^ avait marché d'Acqui sur Nezza-della-Paglia avec la moitié de son armée; mais ce mouvement tardif n'eut aucun résultat. L* Autrichien ne tarda pas à se replier sur le Pô , aussitôt qu'il apprit le traité de Gherasco, que nous allons voî^conclure. Golli , déconcerté par la défaite de Mondovi . s'était replié à Fossano, d'où Serrurier le délogea promptement.

L'armée française franchit la Stnra et se porta en avant de la petite ville de Bra. Tel était le résultat de nos victoiresy que notre armée possédait alors un parc de soixante bouches à feu , approvisionnées et bien attelées , tandis que les soldats avaient d'abondantes rations. Exempts de toutes les misères^ ils laissaient éclater, plus yive que jamais , cette gaîté française qui ne les avait pas abandonnés un seul instant. C'est alors que , pleins de confiance en eux-mêmes et d'admiration pour le jeune général qui venait de leur procurer tant de succès en si peu de temps 9 ils se regardèrent comme tout-à-^fait supérieurs à leurs ennemis. Dès-lors , ils se disaient les uns aux antres ce que Bonaparte disait du prince Charles : <( Partout où nous trouverons ces hommes-là, nous les battrons. »

La cour de Sardaigne ne savait que résoudre. Son armée était découragée, détruite même en grande partie : on ne pouvait plus compter sur les troupes autrichiennes, uniquement occupées à couvrir Milan. D'ailleurs, des levains de révolution fermentaient dans les villes piémonr taises, voisines de l'armée républicaine, qui ne se trouvait plus qu'à dix lieues de Turin et à. quinze d'Alexandrie. Les généraux français excitaient de toutes leurs forces Bonaparte à s'avancer vers celte capitale 5 celui-ci temporisait. Certain de l'impossibilité où était le roi de Sar^»

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