PROCLAMATION
daigne de prolonger la lotte ^ il paraissait attendre que ce prioce se décidât enfin à capituler. C'est à Gherasco, que, comptant sur le fruit de ses étonnans succès , Bonaparte mit à Tordre dû jour de Tarmée cette immortelle procla-* mation , tout empreinte du feu de son génie : k Soldats ! YGos avez remporté, en quinze jours > six yictoires, pris ▼iogt-et-un drapeaux, cinquante-cinq pièces de canon, plusieurs places fortes , et conquis la partie la plus riche du Piémont; tous avez fait quinze mille prisonniers, tué ou blessé plus de dix mille hommes. Vous vous étiez jusqu'ici battus pour des rochers stériles, illustrés par Yotre courage, mais inutiles à la patrie ; tous égalez aujourd'hui, par vos services , l'armée de Hollande et du Rhin. Dénués de tout , TOUS aTez suppléé à tout. Vous aTez gagné des batailles sans canons, passé des rivières sans ponts, fait des marches forcées sans souliers , biTOuaqué sans eau-de« yie et souTcnt sans pain. Les phalanges républicaines, les soldats de la liberté étaient seuls capables de souffrir ce que TOUS aTez souffert*, grâces tous en soient rendues, soldats! La patrie reconnaissante tous dcTra sa prospérité-, et si, Tainqueurs de Toulon, tous présageâtes l'immortelle campagne de 1785, TOSTictoires actuelles en présagent une plus belle encore. Les deux armées, qui naguère TOUS attaquaient aTec audace , fuient épouTantées dcTant TOUS ; les hommes perTcrs, qui riaient de TOtre misère et se réjouissaient dans leur pensée des triomphes de tos ennemis , sont confondus et tremblans. Mais, soldats, tous n'aTez rien fait , puisqu'il tous reste quelque chose à faire : ni Turin ni Milan ne sont à tous; les cendres des Tainqueurs de Tarquin sont encore foulées par les assassins de Basseyille ! On dit qu'il en est parmi tous dont le courage mollit, qui préféreraient retourner sur les sommets des Apennins et des Alpes ! Non , je ne puis le croire : les Tainqueurs de Montenotte, de Millesimo , de Dego , de MondoTi, brûlent de porter au loin la gloire du nom français ! ... »
%tiO RÉVOLUnON FRANÇAISE.
Le roi Àe Sardaigne, prenant enfin un parti y onvi% Âei conférences pour une suspension d'armes. Le général piéinontais Latour et le colonel Lacoste étaient chargés des pouvoirs du prince, et signèrent les conditions sàiVantés :
a te roi quittera la coaKtïon, et enrerra & Paifs àh ]^féi^'otenCiàire pour y traiter de la paix définîtiVe ; '|às^'élà !ly auta armistice-, 6eva, Goni, Tortone, o'à, liWn déficit^ Alexandrie, seront remiâ sur-le-chatùp à ràtinée française, atec toute rartSnerie et les magasins^ ràrtnéè ec^ntitauera d*occuper tout le terrain qui se trouve ëù. sk possession^ les rolites militaires, dans toutes les dit^écrtloÀs, permettront la libre communication de l'armée àVeiàft France et de là France atefc Tarmée *, YaTence sérk immtédiatcfment évacué par les Napolitains et remis au général français jusqu'à ce qu'il ait effectué le passage du Pô. Enfin, les milices du pays seront licenciées, et les fi%rfpês Y^lières disséminées dans les garnisons, de nofatiîëj^è à de ^u'etlë^ ne puissent donner aucnfi otn'brâge \ iVi^^ fraùçaise. »
Désormais, Bonaparte^ avec toutes ses forces .étit ^ftrt de s^élaiicer flàns la Lombardie à la poùrsùKè Sa À4tn- «hîens^ Tarmée dltalie allait se trouver VénTordêe ^àîr^fi^s troupes qui composaient Taimîée dés Alpes, âeVéiiifèfAufnè. Toutefois, beaucoup d'ê^celtèhiis esprits vô^'aiëfat av^c H*teur lès projets dû Jeufne général , àssefc tgméflrfre ^§89t aller pénétrer en Ralie, tàissant âeVrifte Thî IViJîj^^fife ide Gênes, te Piémont qui, vairfcu aujouYJl'Iïùi , "^ôtiWît demain roniipre te traité, cdtfpërïes'ctfifnmuïiîcATîÔBfeïV^^ la Fiancé, 'e*t tomber stir lés ^ei^rièrés *è Wôfre fefSéé, combattue de frontyarT'arméèàutrîcliiciine. À cek oDjéctions età cèis àlàVinés d'^tfne pi^âfféricè Vù^aîre, B6bapaV(e répondait : « Les ôl^arljues de Génies ne %otft^'S^ ii'ôrlfAdre-, la meilleure garantie contre eux ce sobt 'l&^oms imineiises qu'ils retîrerdnt de leur nétftràfifé. Sîttotls^Vrfns des succès eh ItàHc, le Wéfnonfl subira Taloi delà fi8c%s-
PAïX AVEC LE VIÉlKONt. \^\
«hé, et sera trq^ lieareoï de la paiï ^ull^^à'fi^tjfëè. liC mot Ituliam l ftdtiam l ftodiatûé à Milata , ^à Kôlogne, i Vérone, {ArcAtira tm effet ijafâfgîqtfe^ procïatoré sur 1k ènMk ^ I^MiAs tél^ WàtteÉ^ dîvdlit : PaùrtfUài fiTèi^ncêS^
Ànflsitdtia^fiigitflrtfire de l^rttteCteè det!]lbéràsdo, %6b)i- {larte ft partir f>mr Paarfs le coloilèl ICmrât, ^ô'iteto dc^ TJ&gi-ét-fiii dhrai|NSi?uk coti<(ids ishàY l^etmemi et àé^ conv^tio&s èigiiées 'av^cia loour de Tinriln , qtn , dé ^6 A cMfé , èà* Yéyaôt fh Ffmce ie comte de RèVel pocA: traiter de là pàii défiàftiye. Effiê se «onctot le tS mai 1798. ^aV He traitS, JblèxaAdrie eft tloiii ftirent remis k i^i^rmée dltalie ; Soze , la Brtftièftte , Eidttes, dëmoties , étleis Alplèè ouvertes. tK^hxrs te «Piémtet ¥e trouvait k là Ytiefrci 6h h tfSpuV^e \ fm^fi41 m M restait pliJsdeplîlcès fortes autres ie|uè VtfiSk et 4e £^t de Ba!M.
Les p<»ie& de «oïfi , tortOM, teVa VotiVi^e/ià dèV^Àlt iés français. Diasles ^rcnrierb jours dé 'nîM, fBlS^na parfit aVec sa dml^iod ^p6iJlr il!)è»litdr?e , qui ffai ^Vi^ là noiÂbrènic ntag^in^ fitf^ ^Y l'krftiSé atffridKiëmîe. SbfiS^artepiaca %oii qliafi^r-^éïiëi<àl% Tôrt(hië, tandis qaé BeaMîeu se ^liapôsait , ilt^ré tôâTs'tês coups de la {(kftlké, iUéfeiich'e le (pÉ^^ ^f^6. bë ^êbêtA en chcfFVr^ç^', après tnrdîr ^tûté rsîttehtion de ^ofa '^vefsairë sifr ^yêé& ^^oi^s, ie 7 timi*, inéfff tetires dh tàatiii , ISt €iÉiblrrqirér à PlailsaDce les tpreiirières trotipés dèstiÉiëes k trèflvdbir Te fldaii^.lL^ coflcnelCkmïes, avec Kicfeif cêùil "^mdS^^^ passa li^diork; irieMtft tetite Èdtre 'aVaftt-^âfi*ië tett fe^ -jcfhit, |[râce ImTBèteVAndffecfe^y, 'qtii , te'fc, luraltH^ hU établir on «ptot ^tir ieêfti^ nhtté ^rtlHèt^ie i^ytWèr eh ti|tte. B& le Y^enriôr ffotfr dft ^tt(î(5fe de cèefe é^értftîoîi*, Lriidrpe, ctmiiiiandaiil lesfgrenâdtirà feiïfit^, "eié^^li ^fttfptier^iiéral^ntre FoiriMo et le fPft.
{:e{M»sagè de ce fldave, àt*teîsa\ice, dtaft'uhe â^éh" fkm^ét ft'andace'^ car -le f^ , TprÔslTe 'tfàtë Viffe , Vfiévk
1K2 RÉVOLUTIOV FRANÇAISE.
cent cinquante toises de largeur, mais Bonaparte connaissait nos soldats , il savait que c est précisément dans les entreprises les plus périlleuses que Ton peut attendre d'eux les plus audacieux efforts. La division de rAntricMen Liptay, partie de Pavie , arriva le 8 à Fombio , dont il se hâta de créneler toutes les maisons-, il disposa aussi des canons sur toutes les chaussées par lesquelles l'armée française pouvait yenir à lui. Bonaparte se résolut tout d'abord de déloger son adversaire de cette position où à chaque instant il allait être rejoint par des renforts. Le général français , craignant d'ailleurs de se voir contraint , s'il temporisait y à recevoir une grande bataille , ayant le P6 derrière lui , enjoignit à Lannes, à Lanusse, àDallemagne, d'attaquer Liptay, qui, après s'être bravement défendu, perdit ses canons , trois drapeaux et deux mille cinq cents prisonniers. L'avant garde française poussa jusqu'à Molleo , à une 'demiportée de canon de la forteresse de Pizzighittone.
Cependant Beaulieu , instruit trop tard de notre projet de passer le Pô, avait ordonné à toute son armée de se rendre, à marche forcée, vers Fombio. Ne se doutant pas de la célérité du passage de l'armée française et de la défaite de Liptay, plusieurs colonnes autrichiennes continuèrent à suivre la direction qui leur avait été imprimée. .. Un régiment de cavalerie tomba sur la division Laharpe et y jeta l'alarme. Nos soldats coururent aux armes , et, après quelques décharges, ils n'entendirent plus que le bruit des cavaliers qui s'éloignaient. Aux premiers coups de fusil, La- )iarpe, à cheval et à la tête de son état-major, s'était porte en dehors des lignes pour tâcher de découvrir à quels ennemis il avait affaire. Il sut bientôt, par quelques paysans, que les Autrichiens étaient en marche sur Lodi. Le général voulut alors rentrer dans son camp. Les soldats, apercevant à travers les ombres de la nuit la cavalcade qui approchait, firent feu sur elle. Le général tomba mortellement blessé. La désolation des troupes était sans bornes ; Laharpe mé-
LAHARPE. ISS
ritait ces nobles regrets -, intrépide sur le champ de bataille, et^ quoique d'un caractère inquiet, adoré de ses soldats, dont il protégeait soigneusement la yie et préyenait les besoins avec Tamour d'un père, il semblait réservé à un brillant avenir. La veille de sa mort, son esprit parut plein de tristesse et de noirs présages aux personnes qui l'entouraient. Nous avons entendu plus d'une fois raconter à nos militaires , que quelques heures avant la mort, plusieurs de leurs camarades s'étaient senti entraînés aux plus sombres pensées par une sorte de préscience du malheur : les grandes âmes surtout sont profondément sensibles à loates les clartés de Tavenir.
Napoléon , pénétrant dans les états de Parme, reçut du prince des envoyés qui vinrent lui demander la paix et sa protection. Le traité fut signé le 9, à Plaisance. Le duc s'engageait à payer deux lùillions, une forte contribution en grains, et à établir des hôpitaux militaires. Aimant les arts comme un homme du midi, et n'ignorant pas Teffet de cette conquête sur la capitale, oà Tart de David jouissait d'une gloire populaire, Bonaparte exigea vingt tableaux au choix des commissaires français. De toutes les conditions du traité, la remise des chefs-d'œuvres de leurs grands peintres fut la plus douloureuse au cœur des Italiens. Ils offraient un million pour garder la Communion de saint Jérôme. Bonaparte répondit : « Ce million , nous l'aurions bientôt dépensé, et nous en trouverons bien d'autres à conquérir: un chef-d'œuvre éternel parera notre patrie ! »
Bonaparte se remit aussitôt sur les traces de Beaulieu. Kéduit à. la dernière extrémité, ce général s'était hâté de rappeler à lui toutes les troupes qu'il avait laissées sur le Tésin , tandis qu'il chargeait GoUi , qui avait pris du ser - Ticedans l'armée autrichienne, de jeter une garnison dans U citadelle de Milan, de se replier ensuite sur Gassano, ^finde rallier les troupes qui se trouvaient sur TAdda , et
154 REVOLUTION THANÇAISE.
d<MàC>elles devaient défendre le passage avec la plulB grftnàe yrgtkeuTy car de la victoire des Français snr ce pàkA déf>eni4aît la possession de iltaiie.
Le 10 y rarjnëè française marcha de Gasal-POistefrieDgô i^ar Lodi , où fieantieu avait réuni les divistond 'Seft^tCéïidorf et Koselmini , pendant ^e^ par ses ordres , Cofli eft Wi&assovicfa ^ portaient snr Milan et Gassanù. Nos is^orl- 4ats ayant rencontré , sur la route de Lodi , des greni^ftetis antricfafiens iquils débusquèrent après uti tomfoart opiniâtre, entrèrent pèle-mêie avec les fuyards dàfis liOdi , petite Vitle 'entourée de murailles. Mais quand tes vàibqAeùrs voulurent s'élancer sur le pont, l'ennefni, cfui ocdûpdi ivoire Tive 9 ttéinasqua vin^ à trente boticlieft à fetr. les TrtfÊPCàis étàfbRrelût sur-fe-chainp le même liombre de pièces en fâëe Aes Xtitrîcliiens. Toutes lés diVisious dtànt i^ticiùèfisiVcfftfent avrivées devant Lodi , dettes d'Âtigéreafù et de ^s£létfà reçurent Tordre de se préparer à l'attaque. Bonàpatte Vôtilait étonner Tennemi par ua coup d'audace. Àpi^ès i|uet^ues heures de repos accordées auk troupes, ^ Yinrddntf a ati général Beàumorit , commandant là cavalerie, *8e ^ssér VAdffa i un gtié praticable au-dessous èe fiôBi, 'et, pkrV'enu sur Ta^ùtre rive , d'engager, avec ùrie ÏSWerfe dlïTffHérîe légère, ^uî flevaît traverser au gûé, tÀfe xàhôntttSe sut le flanc de rennénn. Cet ord^e douane , lé ^ébëral eh Whféf ïra^rdàis fôrÀa les igrenadiers en coldniie •«eïVeè €e!irrièi>e te remfiart Se Lodi qui hoirdaît TA:8&. 9k)ltrèkitltterie, c<:]fesidéràbtenient augmentée, oùVrit tfn feu terrible sur les pièces ennemies. Dès que ^dûVp^Ae Vftlefc'à^rttftcftfft ahtrichiens se tàlcutir, et Ijotl lg^f^i\es éscadfous françifts sfdr la rive opposée , îl tft ^iktre ^a XJhâi^e. %k (eiVible cotounc débouctià au ^as de "càUf^ » fftfncilrit -le pèWl scfuls uhe ^r81e de fer et de plottib , twbïa detdtft^otiipoids ^r la ligne ennemie, là tompft et'sMft- ^ptfrd'de^plu^curs drapeaux ; de toute rartillerieétdefl^i Initte titiq cehfs pri^dnniérâ. Lés dëbro des dcîix diVii^^