‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 31 sur 93 · CHAPITRE LTI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LTI

Nouvelle campagne en Italie, — Lonato, Salo, CaBtiglione. —Aile* ■lagne. — Traité avec l'Empire. — Bataille d'ËsKcgen. — Retraite de Jourdao. — Faute de Moreau. — Sa belle retraite. •— Mort de Marceau. — Suites de la victoire de Castiglione. — Roveredoc. -— Sainl-Georges. — Angleterre. — Lord Malmesbury. — Négociations. — > Nouvelle armée autrichienne en Italie. — Arcole. — Davidowich rejeté dans le Tyrol.

La cour de Vienne , dès qu'elle ayait appris les succès si rapides de Bonaparte , s'était hâtée de détacher deMS forces du nord une armée destinée, sous les ordres^ de Wnrmser,. à chasser les Français de l'Italie. Beaulieu, tropafiEaibti pour rien entreprendre, s'était établi dans les lignes retranchées quis'étendent du lac de Garda jusqu'à l'Adige. Wurmser allait bientôt le rejoindre , et porter ainsi l'armée allemande à soixante mille combattans. Napoléon, épuisé par tant de victoires , écrivait lettres sur lettres au Directoire pour demander des renforts. On devait, en effet, juger impossible de tenir tête à la principale armée de Vienne ayec quarante mille soldats, dont une partie encore serait contrainte de rester en seconde ligne pour assurer les derrières de nos troupes. Enhardis par la prochaine réunion des deux généraux, les partisans de l'Autriche ne cachaient pas leur joie , et les Italiens , qui s'étaient hardiment montrés fayorables à la France, commençaient à conceyoir de Yen-

NOCVEIXK CAMl^AGNli UH ItAllE. |0l

tables alannes. Au milieu de ces diverses dispositions des esprits, Bonaparte comprenait qu'il ne devait compter que sur son génie ^ et sur les forces qu'il possédait en ce moment ^ il réunit donc son armée sur TAdige et sur la Ghièse, en ne laissant qu'un bataillon à Ferrare, deux à LiYoorne, seulement des dépôts à Alexandrie, à Milan, i Tortone , à Goni , et huit mille hommes pour garder les têtes des chaussées de Mantoue. Par suite de ces précau- ' lions indispensables , Bonaparte n'avait , pour faire tête à Wurmser, que trente mille soldats : il est vrai que c'étaient les hommes de Garessio , de Lodi et de Yalleggio.

La division Sauret, à Salo» couvrait le pays entre les lacs dldra et de Garda, interceptant la route de Trente à Brescia, par la vallée de la Ghiëse-, Masséna occupait la Corona , et Monte-Baldo par la brigade Joubert -y le reste de la division garnissait le plateau de Bivoli. La division Despinois gardait les ponts de Yérone et l'Adige, jusqu'à Porto-Legnago \ la division Augereau s'étendait depuis ce point jusqu'au Baç-Adige ^ Guillaume campait à Peschiera; le capitaine Lallemand, avec ses six galères, parcourait le lac Garda. Salmaine avait sous ses ordres, la cavalerie, Dammartin Tartillerie *, Bonaparte établit son^ quartiergénéral à Gastel-Novo.

Wurmser réunit son armée dans le Tjrol italien , aux environs de Trente. La gauche des troupes autrichiennes , confiée aux généraux Mezaros, Davidowich, Mi^rowski, forte de douze mille soldats, était destinée à déboucher par la vallée de TAdige. Le centre, aux ordres de Wurmser, devait pénétrer par Monte-Baldo, tandis que la droite, forte de vingt mille hommçs, confiée àQuasdanowich, àOcskay^ au prince de Reuss, tournerait l'armée française, et la séparerait de Milan. On voit que le général autrichien Toulait une victoire complète et décisive. Gette intention n'était pas fondée sur des espérances chimériques -, Napo?léon lui-même a loué les conceptions du vieux Wurms^fi^

IdS niÈvoLUTiON Française.

qui pouvait cneffet se promeltre d'aoéanUr la petite armée française.

Le 20 au matin , la Gorona fut attaquée ; la division Mezaros déboucha sur les hauteurs de Vérone , et de nombreuses colonnes commencèrent à descendre par Roccad'Anfo. Joubert, qui défendait la Gorona » se vit obligé de se replier sur Rivoli, où Massénase trouvait en force; de nombreux corps autrichiens défilaient sur les hauteurs de Sanozetto , se dirigeant sur Rrescia. Gavardo était au pouvoir de Tennemi, dont une autre colonne cherchait à s'emparer de Salo , vivement défendu par nos soldats. Le 30, l'armée de Wurmser entra dans Rrescia -j'elle y fit prisonnière^ de guerre quatre compagnies. Dans cette sitaation , il ne nous restait plus qu'une route de Milan, celle qui passe k Grémone.

Ronaparte vit clairement alors les projets de son ad ver* sairc, et prit en conséquence les dispositions suivantes: pour déjouer Wurmser, qui avait compté le trouver sur la défensive, il conçut la résolution hardie de lever le siège de Mantoue, et de se porter sur les trois corps de Fennemi, avant qu'ils se fussent réunis. La droite, sous les ordres de Quasdanowich était la plus engagée ; ce fut elle que nos soldats , d'après les ordres de leur chef, devaient écraser la première.

La division Serrurier, occupée devant Mantoue , leva le siège, jeta ses poudres à l'eau, enfouit ses projectiles, et encloua ses pièces dans la nuit du 51 juillet au l«r août. La divisioti Augereau se porta de Legnago sur le Mincie, i Rorghetto^ tandis que la division Hasséna défendait les hauteurs entre TAdige et le lac Garda. Dallemagne marcha surLonato; Sauret, revenant ^sur Salo, devait dégager le général Gujeux, qui se battait depuis quarantehuit heures contre une division tout entière de l'ennemi. Celui-ci allait tenter un nouvel effort contre les braves sol* data de Guyeux, lorsque le général Sauret tomba sur le

. D£FA1Ti: dV>C8SA¥. . I9S

flanc de l'ennemi, brisa ses colonnes, lui prit dès drapemx^ des Canons et des hommes. Dans ce môme moment, Bo-i' naparte, à la tête des troupes de Dallemagne, cttlbutait le général Ocskay qui yoiilait opérer sa jonction avec Wurmser, surleMincio. Ocskay, mis en pleine déroute, éprouva nne grande perte , et ne put que se rallier à Ga vardo ; Sauret s'arrêta dans son mouvement offensif, entre Salo et Dezenzano.

Wurmser avait fait passer TÀdige à son artillerie , ainsi qua sa cavalerie-, après avoir placé une de ses divisions sur lès hauteurs de Peschiera , pour garder ses communications, il dirigea deux divisions sur Borghetto, afin de s'emparer du pont du Mincio , et pouvoir déboucher sur la Ghièse , pour se mettre en communication avec sa droite. Enfin, suivi du reste de ses troupes, il s'avança sar Mantone, dans le dessein de délivrer cette forteresse. Depuis vingt-quatre heures Serrurier était parti, en sorte que Wurmser, à son grand étonnement, trouva les travaux de siège abandonnés, et les tranchées ruinées.

Uasséna, après avoir contenu l'ennemi toute la journée du 50, passa le Mincio à Peschiera, et continua sa marche sur Brescia. Les troupes autrichiennes se présentèrent devant Peschiera-, elles trouvèrent la rive droite du Mincio garnie de tirailleurs fournis par la garnison et par l'arrièregarde de Masséna, qui avait ordonné au général Pigeon de résister le plus long-temps possible , et de faire ensuite sa relraite sur Lonato. Augereau, se dirigeant sur Bres*^ da, avait coupé le pont de Borghetto, en laissant sur la rive droite une arrière-garde qui devait se replier, quand elle y serait forcée, sur Castiglione. Ces mou vemens, conduits par Bonaparte en personne, à la tête des divisions Masséna et Augereau , s opéraient pendant la nuit du 51. Le lendemain à dix heures , nos troupes débouchèrent sur Brescia -, les Autrichiens, qui l'occupaient, évacuèrent la place avec précipitation. Bonaparte lanf^ toot & coup à vit i3

196 R^VOtimON FRANÇAtSE.

trichien. Rien ne convenait moins an général que d'être forcé d'engager nn combat inégal qui pouvait déranger tous ses plans , et tromper toutes ses espérances : aussitôt il fait monter à cheval tout ce qu'il avait d'officiers autour de lui y ordonne qu'on lui amène le parlementaire, et qu'on lui débande les yeux. Celui-ci est saisi de frayeur et de surprise en voyant ce nombreux état-major. « Malheureux , lui dit Bonaparte , vous ne savez donc pas que TOUS êtes en présence du général en chef , et qu'il est ici avec tonte son armée* Allez dire à ceux qui vous envoient que je leur donne cinq minutes pour se rendre , ou que je les ferai passer au fil de l'épée pour les punir de l'outrage qu'ils osent me faire ! » En même temps, notre artillerie B'approchant, menace de faire feu sur les colonnes qui s'avançaient. Harassés par trois jours d une fuite pleine de périls 9 errans, ne sachant que devenir, convaincus qu'ils avaient été trompés par les paysans, ces quatre mille hommes posèrent les armes devant les soldats de l'audacieux général. Que serait devenue notre armée, si les chefs autrichiens qui commandaient cette colonne avaient enlevé Lonato et pris Bonaparte ? Quelle influence cet événement n'aurait-il pas exercée sur les destinées futures de l'Europe? Pendant la nuit du 4 au 8, Bonaparte, ralliant ses forces, rappelant à lui les moindres détachemens, les dirigea sur Gastiglione , où , le 8 au matin , plus de vingt mille hommes se trouvaient réunis. La division Serrurier reçut Tordre de partir de Macaria à la pointe du jour pour tomber sur les derrières de l'aile gauche de Wurmser. Son agression devait donner lieu à la nouvelle bataille qui se préparait. Bonaparte comptait beaucoup sur le succès de son lieutenant. Pour rendre plus sensible le mouvement de la division de Serrurier, la ligne française feignit de se reporter plus en arrière-, mais dès qu'elle entendit les premiers coups de canon du corps de Serrurier qui , étant malade^ se trouvait remplacé par Florella ^ elle s'é*

BATAIUB DE GASÏIÛUONE» 197

lança en ayant, et tomba avec impétuosité sur des troupes déjà ébranlées en se voyant attaquées sur leurs derrières. Yerdier enleva le mamelon de Medole ^ Masséna attaqua la droite , Augereau le centre ^ notre cavalerie légère surprit le quartier-général. Wurmser faillit tomber entre no» mains. Partout Tennemi battit en retraite. L'excessive fatigue de nos troupes sauva seule Tarmée autrichienne, qui gagna en désordre la rive gauche du Mincio , où elle pou* vait espérer de se rallier et de se maintenir, en gardant ses communications avec Mantoue. Mais le lendemain , la poursuite fut tellement vive, que Suchet prit Peschiera,, et que Serrurier entra le 7 à Vérone, en sorte que Wurmser se trouva avoir perdu la ligne du Mincio.

Aussi opiniâtre que hardi, le vieux maréchal essaya de conserver la position si importante de Montebaldo et de la Rocca-d'Anfo. Le général Saint-Hilaire assaillit Quasda^ nowich dans cette position, dont il s'empara, ainsi que de Ladrone et de Riva , et contraignit les ennemis à brûler la flottille qu'ils avaient sur le lac. Masséna reprit la Go* rona le 11, tandis qu' Augereau, remontant la rive gauche pe TAdige , arrivait à la hauteur d'AUa. Après tant de revers , Wurmser qui ne pouvait plua compter sur quarante mille soldats démoralisés, se retira sur Roveredo et sur Trente. .

Le général autrichien avait ravitaillé Mantoue, mais il ne ramenait que la moitié de sa belle armée. Wurmser au* raitsans doute réussi, s'il eût eu affaire à tout autre homme qu'au vainqueur de Beaulieu. Dans les combats et les ba* tailles livrés depuis le 29 jusqu'au 12 août, l'armée française fit quinze mille prisonniers, prit soixante-dix pièces de canon et neuf drapeaux , et tua ou blessa vingt-cinq mille hommes. Nous ne perdîmes que sept mille soldats, dont quatorze cents prisonniers.

Lorsque Bonaparte s'était vu menacé par cette armée, il avait semblé hésitçr m înstaAt , coninoe inc^rtaiA de pou-«

ffOB ftiVOLUTION FIUk!«ÇA18E.

lH)ir résister M choc des masses autrichiennes; Àngereaa, qni étah bien loin de posséder la constance de son général en chef, fut cependant celui qui raffermit la volonté du futur César, en hii promettant la victoire Dès qa1l se fut bien assuré de la retraite définitive de lennemi , Bonaparte ramena les Français devant Mantoue , dont il fit faire le blocus par le général Safauguet, après avoir rejeté les Autficbiens dans la place.

l^ndant le mouvement de Tarmée de Wurmser, Hrlan , Sologne, Ferrare, R«ggio, Modène, témoignèrent beaucoup d'?ntéTêt pour la cause de la République ; h Rome, au contraire, les Français furent insultés. Le cardinal Mattei témoigna sa joie de la levée du siège de Mantoue-, il ne craigait pas d^appeler le peuple aux armes , et de prendre possession de la citadeHc de Ferrare, où il fil arborer les couleurs des états de l'église. Après la bataille de CastigKane , Mattei vint h Brescia s'humilier devant le vainqueur, qui hii pardonna par une sage politique, et par suite d'une certaine condescendance pour le Saint-Siège , sur .^eqnel il semblait avoir déjà des desseias.

Nous venons de voir des triomphes dus particulièrement h randaae et à la rapidité de Bonaparte*, Moreau ne possédait pas dans un assez haut degré ces deux vertus militaires. Après la victoire deReuchen, Tarmée républicaine allait pouvoir pénétrer dans les montagnes noires, mais il fallait encore vaincre les troupes wurtembergcoises sur les hauteurs de Appenau et au Kreibis. Nos soldats forcèrent l^enacmi à battre en retraite, et à leur laisser le passage libre. De son côté, Joardan, après avoir passé la Sieg, et ft^nchi la Lahn , battu Tennemi à Friedberg et pris Francfort, désormais de front avec l'armée de Moreau, marcha sur le Haut-Rhin. IMioreau, vainqueur i Rastadt, put rapprocher son aile gauche de la droite de Tannée de Sambre-et^Meuse, qui cerna Kœnigstein, et obliqua par l» dfoite font se porter sur Majence. L'arehidue, pressé

8or m deux fe^aes, reserra èqb troupes entre le Hein et la Neckar ; mais nos avant^postes ne se trouvaient déjà plai qu'à huit lieaes de Stutl^ard lorsque le prince de Wnr** leraberg envoya des plénipotentiaires à Bâle. Bientôt, à la suite d'une conférence qai eut lieu à Pyrmont , où se ren^ dit le roi de Prusse, rËmpire, comme nous levons dd|| dit, abandonna TAutriehe et retira ses contingens de Parmée de Farcbiduc. Dans cette situation, l'empereuf ordonna au général en chef de se borner à couvrir, avec ses soixante milte hcmmes, la Bavière et les états bérédi^^ taires, en se repliant sur la ligne de défense que présen-' tait le Danube, dernière barrière naturette de rAjutriche. Il paraît même qu'à cette époque, tourmentée par une effervescence certaine dans la capitale, o4 le peuple réeiamait la paix , la cour de Vienne sollicita de Moreau un nouvel armistice, que le général français reftisa d'ac* corder.

Nos divisions marchèrent toujours en avant 5 celle qni était aux ordres de Férino , diërchait , par les vallées de Plan, à se mettre en communication avec Tarmée d'ItaHe, Après le gain de la bataille deHastadt, où Moreau s'était montré habile tactitien , le prince Charles , effrayé de nos succès, ramena en fece de nous toutes ses forces, ne laissant pour résister à Jourdan que trente-sîx mille hommes en arrière de la Lahn , et vingt-sept mille hommes devant Mayence. L'archiduc prît , avec ses vingt- cinq mille hommes de renforts, une position renommée pour sa force en ayant du village d^Ettiagen, sa droite vers le Rhin, sa gauche appuyée aux montagnes. Malgré la plus énergique résistance, les Autrichiens perdirent encore la bataille après laquelle l'archiduc se retira, toutefois en ordre, sur le Necker qu'il traversa bientôt, tandis que Jourdan, profitant de la faiblesse des troupes qui lui étaient opposées rejetait Wartensleben derrière le Mein , bientôt franchi par nos soldats. Le général autrichien se dirigea sans

800 BivOLtTlON J^ftAfilÇAlSC.

s'arrêter sur la Neckar d'abord y ensuite sur le DaBube, pour opérer sa jouction avec rarchiduc. Moreau , après avoir rejeté son adversaire au-delà du Neckar^ porta en avant sa droite pour prévenir les ennemis sur le Danube^ eu pour hâter leur mouvement rétrograde , et refusa sa gaacbe, qni demeura aux environs de Pforzheim^.

Jourdan, moins lent que. Moreau , poussa vivement ses colonnes victorieuses : dans la rapidité de sa marche , son aile droite, qui devait se tenir à la hauteur de la gauche de 1 armée de Hhin-et-MoselIe , la dépassa et se mit ainsi à découvert. Nous paierons bien cher cette faute , que dût rendre plus funeste encore la lenteur méthodique de Moreau. Celui-ci» chassant devant lui Tarchiduc, était parvenu, dans les premiers jours daoût (thermidor), sur les bords du .Danube ] Jourdan se trouvait sur la Naab. Craignant que nos troupes ne franchissent le Danube , le prince au* trichien voulut défendre les bords du fleuve, et tenter la fortune contre Moreau qui le harcelait. Le 11 août, Tarcbidoc arrêta donc le mouvement rétrograde de son armée. Les troupes françaises étaient à Neresheim, à Dunstelkingen etDbcbingen. Le général autrichien, espérant les battre avant qu elles ne se fussent réunies aux soldats de Jourdan, obtint quelque avantage sur notre droite, mais ce fut vainement qu'il tenta d'enlever Dunstclkingen. Moreau, toujours présent, le repoussa vivement. Le lendemain, le prince Charles fit sa retraite , traversa le Danube et coupa les ponts sur ce fleuve jusqu'à Donawerth ; à celte époque, le prince reçut le corps de Wartensleben qui avait sagement marchié pour se réunir à son général en chef. Ainsi renforcé , le prince résolut d écraser Tune des deux armées françaises , en se bornant à contenir Tautre par une division de trente six mille hommes aux ordres du général Latour. Cette précaution prise, larchiduc quitta Ingolstadt en faisant connaître ses projets contre JourdaM h Warteasleben , qui reçut Vojdre de se. porter

DÉf AITE JMS JOUADAN. 201

en avant. Cependant , posté entre Naaboarg et Schwandorf , Jourdan ne soupçonnait pas le péril qui le menaçait. Bientôt > ayant appris que Bernadotte , malheureusement aventuré à Neumark, venait d*être vaincu et forcé de battre en retraite sur Nuremberg , il voulut se replier , mais , assailli à la fois par le corps du prince et par celui de Wartensleben ^ il éprouva une sanglante défaite à Amberg, et ne put arriver sur le Mein à Schweinfort qne le 29 août (12 fructidor). Après avoir rallié ses forces 9 la brave armée de Sambre-et-Meuse , pleine de respect et d'attcabement pour son général y frémissait de colère et demandait avec enthousiasme Thonneur de se mesurer encore contre Tennemi. Jourdan , ayant annoncé la résolution de combattre, prit à cet effet, en arrière du Mein , une position entre Wurtzbourg et Schweinfort. Là , le 17 fructidor, nos soldats , dignes des vainqueurs de Fleurus, firent des prodiges et furent à plusieurs reprises sur le point d'arracher la victoire aux troupes dont la supériorité numérique les écrasait. Si la division Lefebvre , placée à Schweinfort pour protéger la retraite , eût marché de manière à soutenir notre corps de bataille, Jourdan remportait un succès éclatant : faute de secours , il fallut céder à la fortune, et notre armée se retira en bon ordre par Arnstein sur la Lahn, où elle parvint le 24 fructidor (10 septembre). Pendant ce temps, que faisait donc Moreau ? Si ce général eût possédé quelque chose de la vigilance et de la rapidité de Bonaparte, qui a sévèrement blâmé sa conduite dans cette circonstance , il aurait connu le mouvement du prince , et s'élançant derrière Tarchiduc, il laurait placé entre deux armées. Mais, d'un côté, trop fidèle aux instructions du Directoire, qu'il semblait redouter comme un nouveau comité de salut put)lic *, de l'autre, trop circonspect peut-être, Moreau perdit plusieurs jours à explorer le pays. La nouvelle même de la marche des deux généraux ennemis ne le décida ni & trâvorser

90St AiEvotunoN iriuu<«uiB.

promptemebt le Danube pour écraser Latoar, ni à eonrir au secours de Jourdan, qu'il savait bim ne pouYoir opposer au prince Charles et à Warteiisleh«a qu'on effectif de quarante-cinq mill^ soldats. A la fin , M^Nreau espéra qu'eu franchisant le Danube y il rappelter ait à lut le prince Chartes , qui ne voudrait pas abandonner laBa irière i il fit doue travecser ce fleuve par Taraiée «k Bhin et*- Moselle y et ^ientôi après le Leob. Latour éprouva un assez grave échec k friedberg , et Bforeau victorieux s'appro^ cha de Munich, Il se trouvait , le l^** septeoabre^ à Geisen^ feld. A cette époque » il apprit la première déiaîle de son collègue, et lui ouiuda qu'irallait (oujoufa vaareherea avant pour forcer le prince Cbairles à retenir sof s«i pua; cependant, ne recevant pas de réponse de ioardan^ il cooioicuça à se douter qu'il venait de eomuMttro une grande faute ; empressé de la réparer, il mît son armée à cheval sur le Danube , ae livrant ainai , dans k plus fausse de toutes les positions , aui^ coups du général La* tour, qui , heureusement , n'osa pas attaquer notr^ armée» Ce fut là que Moreau , instruit de la néoesMté daos la< quelle Jourdan s'était trouvé de repasser la Lahn> vil que , pour rentrer en France , il faudrsùt probablement traver* §er l'armée vicloi ieuse du prince Charles, hi % le géfE^i^ français , certain du danger, placé dans des oircooatances favorables au développement de son talent , tout de sangfroid et de calcul , sembla devenir uu tout autre homme. Craignant de trouver le prince Charles prêt à lui disputer le passage du Neckar avec trente mille soldats, il se décida à remonter le Danube pour aller joindre dir^tenaent U vallée du Rhin par les villes forestières. En coaséquoacc, suivi de ses parcs et de tous ses bagages , il remonta le Danube et le côtoya j pendant ce mouvement , son arriève-» garde repoussa l'avant- garde de Latour chaque^ fcHS que ce général voulut Tentamer. La retraite de nos tvoupes §e trouvait d'ailleurs favorisée par la mésintelligedacis qiû

ftSTRAITE D£ MOEEAU. SMKS

régnait entre Nai^endorf et Latour. Parvenu auprès dq lae Federsée> Moreau crut devoir s'arrêter. Voyant que Latour, qui suivait notre arrière-garde ^ avait eu Timpru** * dence de disperser ses troupes, il résolut défaire repentir ce général de son imprudence. La bataille de Biberacb prouva que le général français avait bien pris ses mesures ; les Au<tricbieo& éprouvèrent de grandes pertes : cinq ba* taillon&entîersfurent forcés dese rendre à Desaix.

Le général Nauendorf s'était joint , vers Rothweil , au corps du général Petrascb ; déjà l'archiduc s'avançait poujc se joindre à Latour, déjà les troupes du prince victorieux se montraient du côté de Freyburg et du Yieux-Brissach. A cette nouvelle, toujours calme , toujours maître de luimême, Moreau se dirigea sur le val d'Enfer, passa sur le corps d'une troupe allemande qui voulait lui barrer le passage, et fit marcher ses pièces et ses équipages sur Huningue. Le 12 octobre, nous entrâmes à Freyburg -, Latour, enfin convaincu qu'il loi était impossible de nous empêcli^ei de fraqc^r les défilés, se porta, par la droite, à la rencontre de ra?chiduc, s'avançant vers Horoberg. Le dessein de Iforeau était de se retirer sur Kehl, mais en gardant la rive droite du fihin. Il aurait dû passer le Rhin à Brissach, remonter tranquillement le fleuve par le territoire français^, il préféra , on ne sait trop pourquoi , gagner Kehl par la rive droite du Rhin , et s'exposer à recevoir une bataille avecjle fleuve h d^s. En effet, l'archiduc Charles, ayant opéré le 17 sa jonction avec les généraux Nauendorf, Latour et Petrascb, sachant d'ailleurs le général Frœlich etle corps du prince de Gondé réunis à Waldshu t , résolut enfin de tenter un dernier effort contre son adversaire. Moreau éprouva un éehec à Emmerdingen et à Freyberg. Alors il ordonna à Desaix de passer le Rhin au Vieux- Brisach pour gagner Kehl, et tomber sur les derrières de l'archidoc. Desaix effectua heureuseivtônt son passage dans la nuit duSO au 21 O^tohfie* Mor^u «e dirigea sur Haningue. Le prince

S04 AlSvOLtJTlON FRANÇAISE.

Charles , devenu plus actif à mesure qu'il voyait son ennemi prêt à lui échapper^ nous attaqua le 2i à Schlingen. Il fallut tout rhéroïsme de nos soldats y guidés par les généraux Abbattucci et Montrichard^ pour résister aux colonnes autrichiennes. La nuit sépara les corabattans. Le prince Charles voulait recommencer le lendemain: mais Moreau se porta sur Hertingen : le 26, notre armée franchit le Rhin sur le pont d'Huningue *, l'ennemi n'inquiéta même pas notre arrière-garde. Voilà cette retraite si cecélèbre, considérée long-temps comme un des plus beaux faits d'armes du futur vainqueur de Hohenlinden. Les jugemens de Bonaparte, du prince Charles et de Jomini, sont venus diminuer de beaucoup la gloire de Moreau dans cette circonstance, où il se vit singulièrement exalté par les éloges immodérés du parti qui haïssait dans Jourdan un général patriote, et dans l'armée de Sambre-et-Meuse une armée qui avait conservé le feu sacré du patriotisme républicain. Carnot lui-même, peu favorable à Jourdan, se mit au nombre de ses détracteurs, pour élever Moreau qui aurait mérité des reproches sévères. En effet , au lieu de faire une savante retraite, ce général pouvait, dans le principe, écraser^le prince Charles. Lorsque celui-ci porta ses forces contre l'armée de Sambre- et- Meuse, Moreau devait le prendre eu flagrant délit, tomber sur ses derrières, le placer entre deux feux, lui faire éprouver une sanglante défaite , et le forcer peut-être à une capitulation. Sans doute , jusqu'au dernier jour la retraite fut admirablement conduite , avec un calme et un aplomb dont on ne saurait trop louer des généraux chargés de guider, dans une marche rétrograde , les soldats les moins sûrs pour ce genre d'opération militaire-, mais pourquoi s'exposer à être jeté dans le Rhin quand le prince Charles eut réuni tous ses corps? Qu'importait à la France que son armée demeurât sur la rive droite du Rhin , puisque nous possédions la tête du pont de Kehl? Malgré ses énormes fautes, malgré

hout de BuncEAn. fiOS

la perte de la campagne dont il était en partie' la cause, Moreau obtint une ovation et presque un triomphe.

Pour achever le récit de celte campagne^ nous devons revenir sur le passé , en racontant les événemens antérieurs qui signalèrent la retraite de Jourdan après la bataille de Wurtzbourg. Le prince Charles essaya vainement à plusieurs reprises d'entamer notre ligne *, Marceau et Bernadotte résistèrent à toutes les attaques de leur ennemi. Parvenu au défilé d'Altenkirchen, Jourdan, qui connaissait bien celui auquel il confiait un ordre si important, chargea rintrépide Marceau , Félève et le bras droit deRIéber dans les circonstances difficiles, de défendre le défilé jusqu'à la dernière extrémité, pour donner à Tarmée française le temps de passer. Ce général prenait toutes ses dispositions lorsqu'il fut mortellement blessé. A la nouvelle du fatal événement, Jourdan accourut sur le champ de bataille et rencontra la glorieuse victime portée par des grenadiers en pleurs... Il ne put que serrer dans ses bras son héroïque frère d'armes. . . Après avoir donné des ordres pour que Marceau reçût tous les secours que réclamait son état , le général en chef prit le commandement de l'arrièregarde, qui opéra sa retraite dans le meilleur ordre. Marceau fut transporté à Altenkirchen , où l'armée française désolée se vit contrainte de Tabandonner à la loyauté du prince Charles. Le vieux général Kray et l'archiduc vinrent visiter le mourant. Le premier essuya plusieurs fois ses larmes, tandis que la contenance du généralissime autrichien témoignait assez de sa profonde douleur. Marceau mourut le âS septembre, à l'âge de 27 ans. Il fat inhumé dans le camp retranché de Coblentz. Le jour de ses funérailles, les troupes ennemies prirent les armes , et notre armée , avertie par l'archiduc, ne cessa de mêler le bruit du canon aux salves de l'artillerie autrichienne. Un magistrat de Coblentz vint, sur la tombe du jeune guerrier; lui payer, en ee3 termes, le tribut de l'estime

908 REVOLUTION FEABIÇAIBE.

générale : « Marceâu ne séduisit jamais fios filles; il n'outragea point les époax \ et ao sein de la guerre^ il soulagea les peuples 9 préserva les propriétés , protégea le coltoinerce etrindustrie des profinces conquises! » Jourdan repassa ie Rbin le SO septembre, nn mois ayant Horeau, et reprit ses positions derrière la Sieg.

Puisque nous éprouvions de pareils revers , qtiél anratt ^té le sort de nos armes si le génie de Bonaparte n'eit forcé la cour de Vienne d'envoyer en Italie Wunnser avec une armée tirée des troupes du bord èa Rhin? Voyons comment le vainqueur de Lonato et de Gastiglione profita de ses avantages pour achever d'anéantîlr ses ennemis. Malgré tant de succès , il n'osait eonimettre l'imprudence de s'engager à leur poursuite dans les gorg^ du Tyrol. Son armée avait besoin de repos; il feikiiit lui laisser le temps de reprendt'e baleine, el dlncorporor dans ses rangs les renforts envt)yés par la France. De ison côté , la cour de Vienne était parvenue à âugmenti» eonsidérablement, par de nouvelles levées, l'armée vaincue de VTurmsBr. Le conseil aulique avait conçu le projet et l'espoir de forcer les Français à-se reporter beaucoup plus en arrière et à dégager Mantoue. Le principal autour de ce projet, le général Lauer, fut envoyé auprès de Wurmaer comme chef d'état-major. D'âpirès le plan imposé ati vieux général, l'armée allemande devait attaquer ayee rigueur la ligne de l'Adige, tandis que Davidowicb testerait chargé de défendre les gbrges du Tyrol avec la miKce de ce pays guerrier, et vingt mille soldats allemands. Dans notre première lutte avec les alliés, Wurmser avait déjà éprouvé une défaite pour avoir divisé ses troupes ; le même malheur, produit par les mêmes fautes, attendait ce général. Bonaparte reconnut bien vite Terreur de son adversaire, et pour la rendre irréparable, il résolut d'éeiraser avec toutes ses forces Davidowich avant que Wurmser pftt le secourir. Le 2 septembre, par ordre dn général en

ah^y I«l généranx MàsséBa , A^gereau et Tânbois se portèrent enseinbte sur U ^tps ^ DaTidoirich. Dans les joamées da 3 et dtt 4^ la Ttetoire M viTement disputée & Cialiotio et k Roveredo*, mais nos braves soldats semblaient sefeire qb jeu d'esealader les redoutes de Fettiienii sons le feu le plus meurtrier, et rien ne put résister à leurs effortn. Gotepiétementbattu, poursuivi ta baïonnette dans les reins, reunemi perdit vingtHîinq pièces ée canons, sept drapeau^L avec lifiH mille hommes , etne put rallier que la moitié de son monde à Trente. Gomme il ne s'y trouvait pas t?b sûreté , il évacua bientôt cette ville , dans laquelle Masséna it son entrée le 9 septembre. L'ennemi s'était établi derrière le torretit^e Lavis, sur la ronte de Trente à Botzen. Bonaparte reconmlt lui-même la Formidable pt>sition àe Davidowich -, mais nos soldats, conduits par Vaubois , par Murât et Dallemagne , remportèrent avec leur audace accoQtuitiée , en la préseiice du grand capitaine , que , daos leur familiarité militaire et au milieu du désordre de ht victoire , ils appdaîent le petit baporal. Le colonel DessaiK et Tadjndant Leclerc, avec qninfe grenadiers, profitèrent de la nuit pour faire mettre bas les armes à cetit bossards et quatre cents fantassins engagés dans une gorge. Quoiqueinforméde la défaitedeson lieutenant, Wurmser n'en continua pas moins sa marche Sur Mantoue. Il apprit àBassano qne Bonaparte s'avançait déjà contré lui par la vallée de la Brenta. Le 7 septembre (ÎO fructidor), Augereau culbuta l'ennemi à Primolano *, réuni à Masséna , il battH les Autrichiens à Solagno ^ Wurmser faillit môrae *tre pris à Bassano -, il se retira sur Vét-one avec les débris de son armée. Il était perdu sans une faute du général Sahtiçjuet , qui négligea de couper le pont sur la Molinella^ setilpassage qui restât à Tennemi pour gagner Mantoue , où il se réfugia effectivement. Mais ayant remporté quelque avantage sur nousà Oerea, à Villa-Impenta , à Doe-GastelH > tl trut pouvoir tcnit encore la Champagne.

908 EÉVOUnON FRAfiÇàlSK.

Sorti de Mantoue, Wurmser étabtit, entre Sàiat- Georges et la citadelle , son armée forte encore de trentecinq mille hommes , dont cinq mille de caTalerie ^ il espérait trouver l'occasion de gagner Legnago ^ et de repasser TAdige. Cette espérance ne devait pas se réaliser : le générai Bon, avec la division Augereau^ entra dans Legnago le 15 septembre, et arriva, le 16, à Governolo *, Masséna formait , h Duo*Gastelli , le centre de notre armée , dont la droite , aux ordres de Sahuguet , campait à la Favorite. Cette armée , alTaiblie par les combats et les marches , ne présentait qu'un effectif de vingtquatre mille soldats^ mais il n'était pas un républicain qui ne crût valoir dix Autrichiens. Ceux-ci avaient peut-être aussi la même conviction de la supériorité de leurs adversaires.

Le 10 septembre (deuxième jour complémentaire), le général en chef se mit en marche de Governolo sur Saint- Georges , en appuyant sa gauche au Mincio. Les Autrichiens, soutenus par leur réserve , non-seulement résistèrent , mais encore ils nous faisaient perdre du terrain *, lorsque Sahuguet tomba sur leur droite , avec une telle vigueur qu ils crurent avoir affaire à toute Tarmce française. Aussi ^ au moment où déboucha la division Masséna, ils s'enfuirent en désordre sous le canon de Mantoue, laissant entre nos mains trois mille prisonniers, trois drapeaux et onze pièces de canons. Après la bataille de Saint-Georges, Wurmser se répandit dans le Seraglio, jeta un pont sur le Pô, et fit entrer des vivres dans la place. Le 21 septembre, il attaqua Governolo et fut repoussé. A la suite de nos avantages, le i^^ octobre 1706, Kilmaine, commandant le blocus, pénétra dans le Seraglio, s'empara de Pradella , de Ceresa, et l'investissement de la place fut terminé. Ainsi se trouvait anéantie la troisième armée que l'Autriche, victorieuse en Allemagne, avait envoyée contre nous en Italie» Alais revenons maintenant au Rhin ; quand

rirmée fi«iie»9e repassa ce flevTe , elle ne possédait fhs sbr b rire drmte que la place de Dusseldorf, la tète du poDt de Kehi et celle da pont d*fliiniDgoe. Dasseldorf » an nord, ne ixa pas rattention des Àotijchieiis, mais ils resolareiit de s'emparer des fortificatioBs en ayant des ponts de Kehiet d^Huningae. Le 28 octobre, quarante mille Aalrichiens les investirent et éleYërent des lignes de circonTallation devant Kehl. Pendant qae les Autrichiens se préparaient à assaillir la tète de pont, les Français en augmentèrent les fortifications avec toute l'activité imaginable. Le Si novembre , le prince Charles ouvrit la tranchée 3 le lendemain, Desaix , à la tête de seize mille fantas^s et de trois mille cavaliers , força les lignes ennemies, encloua quinze canons, en prit six, fit quinze cents prisonniers , et rentra dans ses retranchemens après avoir ruiné une partie des travaux de Tennemi. Mais la ténacité du prince Charles vint à bout de Théroïque résistance de Desaix , qui repassa le Rhin au commencemisnt de janvier. Les défenseurs des ouvrages avancés de la tête de pont d'Hùningue furent aussi forcés d'en abandonner les ruines vers le milieu de février. Dans la défense de ces fortifications, la France perdit le jeune Abbatucci, général de vingt-quatre ans , qui tomba mort dans les bras dii

capitaine Foy, son compagnon d'armes et son ami

« Dans un temps si fécond en beaux talens et en grands caractères , je nai pas connu, a dit Foy devenu général, «n homme plus remarquable qu' Abbatucci. La patrie doit des larmes à ces hommes qui , comme Marceau et Abbatucci, ont emporté avec eux tant d'espérances !... »

Le prince Charles , après avoir rejeté glorieusement nos deux armées en France , prit ses quartiers d'hiver le long de la rive droite du Rhin , dans le Rrisgaw et le pays de Bade. Cette heureuse campagne lui permit de détacher depuissans renforts pour Tarmée qui se formait derrière ^ Piavc , et dçnt il alla prendre le commandement en fé-

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