NEGOCIATIONS. SIS
ellTojftt en Italie trente mille brades soldats » qai , réunw à l'armée de Lodi et d'Aréole , iraient mettre Vienne à la merci de la république.
Le {Mrince Charles , encore sur le Rhin , répondit à Horeàu, ainsi qu'AlTÛiii à TeuToyé du Directoire, qu'ils ne pouTaiènt rien prendre sur eux y et qu'ils étaient forcés d'en référer au Conseil aulique. Glarke ne put même pas obtenir d'eux des passeports pour se rendre à Vienne. Les ministres de l'empereur déTOués à Pitt, et craignant peut-être que le diplomate républicain ne sema sur son passage des paroles et des espérances de liberté , répon^ dirent au général Ciarke que , s'il voulait se rendre k Vicence, il y trouverait le baron Saint -Vincent avec le* quel il s'aboucherait.
Le 3 janvier 1797, eut lieu la première conférencel L'aide-de**eamp de l'empereur déclara que son maître n'avait pas cru devoir autoriser l'envoyé français à venir jusqu'à Vienne, mais qu'il pouvait s'adresser à M. Giraldi, ministre d'Autriche auprès de la cour de Turin. L'Autriche ne voulait point suspendre les hostilités sur le Rhin , mais elle eût accepté un armistice en Italie , parce qu'elle comptait dans une autre campagne achever de détruire les Français à force de combats, et reconquérir enfin la Péninsule.
JLe Directoire^ alarmé de l'indépendance et des progrès de Bonaparte , qui semblait grandir chaque jour, avait ehargé Ciarke de tâcher de lire au fond de la pensée du général. Bonaparte fut averti par un ami fidèle -, il laissa Toir au négociateur qu'il connaissait sa mission secrète , le traita d'abord avec hauteur, et le gagna ensuite par une irrésistible séduction. Dès ce moment Ciarke appartint à la fortune du vainqueur. Cependant le Directoire , qui espérait gouverner plus facilement la France s'il n'avait plus à s'occuper de la guerre , espéra , malgré la réponse de Saint- Vincent, pouvoir traiter de la paix*) en
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conséqoence il adressa , dans le courant de janvier» une nouTclle note à Ctarke qai Tautorisait à signer la paix à condition que Tempereur renoncerait à la Bel* giqne et au pays dt Luxembourg *, So qu'il reconnaîtrait comme territoire de la république Liège et les autres pe* tits enclaves qui avaient été faits; 3^ qu*il promettrait d*user de son influence pour faire donner en Allemagne une indemnité au stalhouder ; 4^ que, de son c6té , la république restituerait à T Autriche tous ses états dltalie. Cesproposi-* lions ne furent heureusement pas acceptées. Bientôt Tépéo victorieuse de Bonaparte fera une plus large part à la domination de la république.
Avant de continuer le récit des mouvemens militaires » il nous reste à raconter quelques cvénemens de Tintérieur, que la rapidité de nos triomphes en Italie nous a empêché de pouvoir faire connaître. Nous avons laissé Babeuf et ses coaccusés déclarés justiciables d'une haute* cour y à cause de la complicité présuifiée de Drouet , qui, ainsi que nous Tavons dit, était parvenu k s'enfuir de sa prison. Les procédures devant la haute-cour commencèrent en vendémiaire an Y (octobre 96). Babeuf débuta par récuser ses juges sans pouvoir leur faire adopter les moyen; déciinatoires qu'il présentait. Sa défense, qui attira sur lui seul le poids de Taccusation, sans qull fût toutefois déserté par ses compagnons d'infortune* se distingua par le sang-froid, l'adresse , la verve et le courage. Les autres accuses , particulièrement Germain, qui fit preuve de beaucoup d'esprit, montrèrent une rare énergie, qu'ils poussèrent quelquefois trop loin, en se livrant, comme Danton et les siens , à des emportemens toujours dangereux pour des accusés-, mais leur défense n'en produisait pas moins beaucoup d'effet sur le peuple, qui, à la fin de chaque séance, répétait avec eux l'Hymne ^cs Marseillais. Real, alors rédacteur du Journal des Patriotes de 1780, très éloigné de partager les
opinions démocratiqaes , déploya le pins grand talent dans son oraison pour Babeuf, qui lui-même termina son propre [Aaidoyer , en montrant 1^ femmes des accusés qui àTaient voulu les suivre jusque devant le tribunal ; « Elles nous suivront, dit<*il; jusque sur le Calvaire, parce que la cause de notre supplice ne saurait les fiiire rougir, n Malgré le verdict du jury, qui déclara qu'il n'y avait pas eu de 'conspiration , Babeuf et Darthc furent, sur une question incidente , condamnés à mort , après on procès de cinq mois ( le 5 prairial an Y, 28 mai 1797 ).
Lorsqu'on eut fait connaître cet arrêt aux deux con* damnés, ils se frappèrent de plusieurs coups de poignard. On laissa celui de Babeuf dans la plaie; par ce raffinement de cruauté , qui prolongea sa vie% on put le conduire^ ainsi que sou ami, sur l'échafaud ! Tous deux montrèrent beaucoup de calme et de sang<-froid dans leurs derniers instans. Quand nous raconterons les événemens de 97 , nous verrons si la mort de Babeuf ajouta quelque cbose k la puissance directoriale.
Dans rintervalle qui sépare Taffaire de Grenelle de la triste issue du procès de Babeuf, les royalistes impatiens voulurent mettre à exécution un projet qui avait trompé les espérances de conspirateurs plus fermes et plus habiles qu'eux. L'abbé Brottier, mathématicico et littérateur, Da« vcrne de Presle, ancien officier de marine , conduisant de« puis long-temps» sous le nom de Dunan, toutes les intri^ gaes do parti ; complices de ces deux hommes, la Vil* leurnoy, ancien maître des requêtes, et Poly, projetèrent d'attirer à eux une partie de la garnison de ta capitale*, ils croyaient pouvoir amener une révolution h l'aide de quelques soldats qui seraient bientôt soutenus par les scclionnaires de vendémiaire ^ qui avaient toujours la révolte dans le cœur. Comme le colonel Malo avait montré beaucoup d ardeur contre les jacobins, les conspirateurs pensèrent que^ détesté des révolution-
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naires 9 cet oiBckr se jetterait arec joie tos les kal des partisass de la caose royale. En conséquence ils réso^ larent de s'ouvrir à lai, ainsi fu'à radjiidant«général Bamel, commandant les grenadiers de la garde du Corps législatif. Mathieu Dumas se trouvait très Bé avec ces deux officiers -, c'était lui qui , comme membre de la corn* mission des inspecteurs de la salle 1 avait fiât attacher aa Corps légblatif le ai« de dragons, commandé par Malo, et appeler Ramel de l'armée du Rhin , pour le porter an poste de confiance qu'il occupait. Uatlûeu Damas ^ connu par ses combats contre les Girondins et contre la montagne, sous l'ÀssemUée législative, passait pour un ami ds la constitution de 1791 et des Bourbons. Cette drcons^ tance augmentait encore la confiance des impmdens royalistes. Malo et Ramel, après avoir reça leurs onvertnres , en firent confidence au Directoire , ainsi qu'au ministre de la police, qui les engagea à continua de feindre des dispositions favorables , d'abonder dans les projets des royalistes , et à rendre compte an gouvernement de tout ce qui se passerait. Par suite de cette ténébreuse manœuvre , Brottier et sescomplicess'étant trouvés à une conférence chez Malo, à laquelle ils apportèrent leurs pouvoirs et leurs papiers, furent saisis et jetés en prison. Le plan de ce directoire d'insurrection royale, était le même que celui de Babeuf pour saisir tous les moyens du pouvoir *, ils mettaient à prix la tête des direcr tenrs, rétablissaient la juridiction prévMale et les anciens supplices, et promettaient une amnistie générale après les exécutions qui auraient confirmé la contre-révolution. Dans la formation du nouveau ministère, ils laissaient Benezech à l'intérieur et Cochon à la police générale *, le premier choix était bon pour eux , le second , malgré rindigne conduite de Cochon dans l'affaire de Grenelle , était une erreur*, toutefois quand un homme s'est engagé ainsi dans une route contraire à la sienne, elle peut le
n^ner bim loiiL Le message 4o Difectoireiopeett^affiiîre exçha one TÎifre dîscossion dans rassemblée» oà la Téraeki de Ramel et de Malo fut attaquée^ parce que leofsré^Fâa-* tions faôaieAt planer des soopçons mt beauopup de personnes d'nne opinion diffiéf enle ; et que d'aiHem» un rOle para M leur atonjfNHU qoriqne ehose de bas et dWienx. Le Directoire ayait déeidé goe les acoasés seraient jugés nûlitairement conune prétenns d'embaucbage; on les traduiôt effectivement devant ce tribunal exceptionnel » malgré de fortes rédamations dans le conseil des Ginq« Ceiits et un arrtt de cassation anntdé par le Directwe. Il y eut. quatofze acquittés. Brottier, Duverne de Preste » La Yilleiimoy et Poly furent déclurés coupables et condamnés à mort, mais le conseil commua la peine capitale en plu* sieitr^ années de détention. Sans dontC) après la boucbe^ rie de Grenelle, on. pouvait voir ici de Tindulgencev le Directoire n'en commit pas moins une faute en voulant que les condamnés fussent poursuivis de nouveau pour crime de conspiration. Le rapport du nûmstre de la justice > quoique fondé sur plusieurs raisras assez puissantes» n'en était pas moins un scan&le et un tissu des plus ef** frayantes inventions de Tart de trouver des moyens de condamnation*
Cette malheureuse affaire jeta des germes de divisioos sérieuses entre le Directoire, prévenu fortement contre les royalistes, et les conseils où ce parti semblait avoir trouvé de zélés défmseurs. Le bruit s'était répandu , d'après une déclaration de l'un des conjurés à Cochon, qu'il y avait» dans la conspiration , des députés des deux côtés \ et no<* tamment tonte la société de Glichy, que cent quatre-vingtquatre députés avaient traité avec Louis XYIIL Camot auquel on parla de ces révélations, répondit que le fait était vrai , que le Directoire avait la liste , et que , puisqne( dans les conseils on voulait attaqaer le Directoire, il prentedtles dévans. Le i& fructidor est dans ce mot^ ]
qai aura renivL ce coup' d'état néeessaird ^ M ce n'est la réaction contentîonnelley et ensuite la faiMesée da Direttoire y «[oi ne sut pas se metlré franchement à la tAte des patriotes pour faire rentrer les royalistes dans le devoir et lear interdire tonte espérance de retour ?
Heureux en Italie, malheureux sur le Rhin/ le Diree^ toire allait avoir encore un sujet de déùil sur un autre point. Nous voulons parler de Vexpédition d'Irlande préparée par le général Hocbe et par le Directoire; aVec une persévérsÀiee / une précfeion et une activité £gbes de celles de Bonaparte, qui excellait dans cette partie de l'art militaire comme dans celles qui jettent le plus d^éclâtr
L'escadre , 'forte de quinze vaisseaux dé haut bord i de vingt firégates , de six gabares et de cinquante vaisseaux de transport , placée sous les ordres de Bforard de Galles , mit à la voile en frimaire (1^ décembre 9ift). Ejle portait à peu près vingt mille hommes qui devaient débarquer dans la^baie de Bantry. Protégée par une grosse mtf et par une briime épaisse » Tescàdre sortit de la rade de Brest sans êfte aperçue des croisières anglaises; mais mal* henreosement, dans la nuit du 16 au 1 7 (S0au87 frimaire), une tempête violente sépara tous nos bàtimens ; plusieurs souffrirent beaucoup, et Tun d'eux se perdit. Pendant deux jours le contre-^amiral Bouvet manœuvra pour rallier la flotte; il parvint -à la réunir tout entière, à Texception d'un vaisseau et de trois frégates ; c'est sur une de ces dernières que he trouvaient Hoche et Blorard de Galles. BoUvet iSt voile vers le cap Giear ; il espérait i chaque instant être rejoint par lamiral. Le 4 nivosé l'escadre entra dans la baie de Bantry, et le débarque^ ment fat résolu. Un ouragan vint encore au secours de la Grande-Bretagne:; nos vaisseaux furent forcés de s'éloigner. Bouvet ^ craignant de manquer de vivres , effrayé de sa responsabilité, et, ne voyant point paraître les deux chefs , tourna ses voiles vers la France. A peine fut-
EXPEDITION d'iRLANDE. 2jlB
ii parti que Morard et Hoche arrWèrent ^ désespérés de n« trouver ni la flotte , ni les troupes de débarquement « ib partirent , et ne parvinrent qoe par miracle à regagner la terre hospitalière de France. Un des vaisseaux , les Droits de l'Homme y commandé par le capitaine La GrossCi rencontré par deux vaisseaux, foudroya Tun, mit en fuite le second , et vint lui-même , entr'ouvert par les boulets ennemis y s'engloutir près de la côte ^ une partie de Théroïque équipage fut sauvée. Hoche , profondément affligé de la malheureuse issue d'une entreprise qu'il jugeait si utile à la France , et même au monde , avait besoin d'être consolé par une récompense qui lui offrit la perspective d'accroître sa gloire en rendant de nouveaux services à son pays. En ce moment , Jourdan qui, trahi par la fortune et par Moreau, trouvait encore un censeur et un ennemi dans Garnot; ayant offert sa démission, fut remplacé provisoi* rement par Beurnonville, qui transmit bientôt le commandement aux mains de Hoche, chargé de réparer nos défaites. Le premier de ces choix était injurieux pour Jourdan et peu sensé de la part du Directoire^ le second était un acte de justice et un hommage rendu au talent supérieur.
L'armée de Sambre-et-Meuse n'avait pas éprouvé de grandes pertes matérielles, mais ébranlée dans sa confiance en elle-même , privée de quelques uns de ses plus illustres chefs , de son vertueux commandant, elle serait peut-être tombée dans un désordre effrayant si les Championnet, les Lefehvre n'avaient maintenu la discipline et soutenu le moral des soldais, mal compris du trop faible Beurnonville. Dès larrivéc de Hoche tout changea de face : suivant son habitude il commença par pourvoir aux besoins des troupes, soin que Jourdan, par un excès de ménagement pour les pays que l'armée occupait, semblait avoir négligé , en même temps qu'il s'était attiré des haines par des exemples de sévérité contre l'indiscipline. Hoche n'était pas moins disposé à la combattre, VI. i5
S96 hàvoLXjnùti françaisb.
mais il arritait après les exemples faits, et il était 13>re de tempérer la rigueur par la bouté , eu même temps que sou génie et sou ascendaut réteilleraieut tous les seutimens généreux daus le cœur de nos intrépides volontaires.
Quoique forte de ses yictoires passées , la république redoutait les chances de la nouvelle lutte qui allait s'engager. Les armées autrichiennes , on le savait , faisaient de grands préparatifs dans le Tyrol, et se proposaient de déboucher des montagnes en nivôse (janvier 97). Dans ses lettres, écrites non pas avec découragement, mais avec un accent de douleur où il entrait de Tindignation , le vainqueur d*Arcole disait qu'il ne voyait pas d*espérancc , et que, puisque la France abandonnait ses enfans, oubliés et perdus au fond de leur oonquête, ils se verraient réduits à rendre à l'Autriche une terre illustrée par leurs triomphes. Ces cris de détresse poussés par un homme tel que Bonaparte, poursuivi à tout moment du cruel spectacle de la vérité, étaient heureusement inconnus des citoyens que nos revers sur le Rhin avaient déjà beaucoup attristés, mais les royalistes, trop bien instruits de l'état des choses par leurs continuels rapports avec Tétranger , et enflammés par l'ardente et coupable espérance de voir bientôt les alliés victorieux , redoublèrent dintrigues et de menées -, les publicistes et les journaux de co parti attaquaient tous les jours le Directoire , critiquaient tous ses actes , applaudissaient & toutes ses fautes pour Tégarer. Le gouvernement, embarrassé dans sa marche, s'irritait, menaçait de frapper, n'osait rien faire , et vivait ballotté entre les deux majorités des conseils, qui, aujourd'hui, cédaient aux orateurs royalistes animés des plus mauvaises passions, demain suivaient le parti constitutionnel, où il y avait sans doute de rintelligence et du patriotisme , mais de rintelligence sans volonté et un patriotisme méticuleux et toujours près de prendre l'alarme. Ces hommes auraient voulu qu'au sortir du plus grand orage', l'état prit tout à
Divisions dans I'intérieur. âSV
coup nne assiette ferme et paisible... Ce que personne ne sentait , c'est que le vaisseau constitutionnel avait été lancé trop tôt, et que la dictature eût été encore nécessaire entre les mains de ceux qui tenaient le gouvernail. Indépendamment de toutes ses fautes , le directoire était faible , parce que la loi était impuissante là où il aurait fallu une force révolutionnaire employée avec sagesse. Sans pénétrer cette vérité^ qu ils auraient d'ailleurs cachée avec soin s'ils l'eussent devinée , les royalistes profitaient de l'état des choses avec d'autant plus d'ardeur que Ta proximité des nouvelles élections leur faisait entrevoir l'arrivée des leurs aux deux conseils , et par conséquent un grand surcroît d'influence. Les journaux du parti étaient autant de tribunes qui prêchaient et préparaient chaque jour des choix conformes à ses vœux. De leur côté, les patriotes, toujours hostiles au gouvernement qui se montrait bien plus sévère contre eux que contre les royalistes , ne le ménageaient pas. Irrités de ces attaques simultanées , les directeurs demandèrent des lois contre la presse ; on les leur refusa avec raison. En même temps, des plans financiers dans lesquels Topinion publique trouvait beaucoup à reprendre, étaient souvent repoussés dans les conseils , et renvoyés à des bureaux qui ne faisaient leurs rapports que bien long-temps après. De là beaucoup de gêne dans le trésor, presque sans ressources , et des reproches du directoire aux deux conseils , qui ne témoignaient aucune confiance en lui. Il leur adressait des messages alarmans et les rendait publics , dans l'espoir de gagner le peuple et de les discréditer dans son esprit. Les conseils ^ furieux de cette publicité qui leur semblait une insulte et une perfidie, ne se montraient que plus mal disposés envers le pouvoir exécutif.
Malgré cet état d'hostilités réciproques, comme la nécessité parlait encore plus impérieusement que les passions, il fut apporté de grandes amélioratâons dans les finances de
S28 bëvolutioN française*
Tau y. La dépense ordinaire, fixée à 480 millions, àùi être couverte par les contributions foncière , somptuaire et personnelle , par les droits de douane , de timbre et d'enregistrement, tous acquittés en numéraire. On appliquait aux besoins extraordinaires, évalués à SoO millions , l'arriéré de Timpôt et le produit de la vente des biens nationaux. Enfin , en admettant quelques mandats et quelques assignats au paiement de Tarriéré, on fit cesser le désordre causé par le papier. Les impositions arriérées devant être rentrées avant le 15 frimaire (5 décembre), le gouvernement institua des garnisaires pour hâter la perception. L'état avait déjà reçu les cinq sixièmes en trois ^soumissions^ pour le dernier sixième, on résolut d'exiger ier emboursement immédiat par des obligations payables en numéraire, signées par les acquéreurs et mises aussitôt en circulation , la loi déclarant, qu'en cas de protêt , le propriétaire se trouvait exproprié. Après ces opérations, qui réussirent^ le gouvernement décida que tous les rentiers et les fonctionnaires publics seraient soldés en numéraire. Seulement, comme on pouvait payer les premiers en argent, on leur donna des billets au porteur, recevables eu paiement du prix des biens nationaux.
Après avoir pourvu à un objet aussi essentiel que les finances , il restait au directoire à remplir le plus pressant des devoirs , celui d'envoyer des renforts à l'armée dltalie ; en effet, l'Autriche, instruite h notre école et secondée par une administration vigilante et éclairée, avait déployé une activité infatigable pour augmenter l'armée dAlvinzi, et la composer d'hommes dévoués à la maison régnante, comme de vieux serviteurs à un bon maître. Si l'Autriche est pleine d'orgueil comme puissance , la simplicité des mœurs , l'absence de toute espèce de faste dans les manières , rhabitude d'écouter tout le monde et de se montrer en public sous un habit modeste, rendent les princes de ce pays très populaires -, d'ailleurs les revers mêmes avaient