VENISE
Tenus i teoips , interceptèrent le caurrier , arrêtèrent le provéditeurMui-même, proclamèrent la liberté de Ber* ganie y et enyoyèrent à Bonaparte des députés qui Tattei^* gnirent sur les rives du Tagliamento qu'il venait d'iliostrer par une victoire. Brescia imita bientôt la conduite de Bergame , et, comme cette ville , elle se fédéra avec Milan, capitale delà république Lombarde , et Bologne , capitale de la Transpadane. Battaglia qui commandait à Brescia, fut respecté. Le général vénitien Fioravanti ayant voulu marcher sur les villes révoltées, le général milanais Lahoz courut à la rencontre des troupes de la sérénissime république y et les battit. Alors Pesaro se rendit en toute diligence au quartier-général de Bonaparte, qui voyait déjà flotter ses drapeaux victorieux sur le sommet des Alpes Juliennes. « Ai-je tenu parole ? dit Bonaparte au Vénitien \ votre territoire est couvert de mes troupes , les Autrichiens fuyent devant moi. Dans peu de jours je serai en Allemagne. Que veut votre république? je lui ai offert TaUiance de la France , Taccepte-t-elle? » — Venise veut rester neutre , dit Pesaro. — Eh bien , puisque votre république veut rester neutre , j'y consens , mais qu'elle cesse ses arniemens^ mais, si mes soldats étaient assassinés, mes convois inquiétés , mes communications interrompues sur le territoire vénitien , votre république cesserait d'exister; elle aurait prononcé sa sentence. »
Cependant Joubert suivant le mouvement général de ràrmée française , avait ordonné au général Serrurier de couvrir avec douze cents hommes la route de Trente ; Laudon laissé par Kerpen à la garde du Tyrol , n'ayant que deux mille soldats » parvint à réorganiser un corps de dix mille chasseurs tyroliens y avec lesquels il nous expulsa dt's bords de la Lawis, et parvint à occuper Trente. Maître du Tyrol, le général autrichien inonda rilalie de proclamations incendiaires. Laudon disait que nous étions perdus, et qu'il débouchftit sur les derrières
de Bonaparte pour anéantir son armée défaite parFarohidac. Adoptant avec la crédulité de la haine la nouvelle de la défaite des Français, Toligarcbie vénitienne ne garda plus de mesures. En vain le ininistre de France essaya-til de désiller les yeux du sénat , sa voix ne fat pas écoutée; il parlait à des furieux qui, depuis longtemps, nourrissaient des pensées d'insurrection et de massacres. Le IB avril , jour de la seconde fête de Pâques, le tocsin sonna dans Vérone , où commandait le provédtteur Emile , homme dénroué au parti autrichien. Partout les Français furent massacrés, la fureur du peuple alla jusquà égorger quatre cents malades dans les hôpitaux. En cette extrémité , le général français Balland ct^argé du commandement des forts, dirigea le feu sur la ville, contraignit les autorités véronaises à demander un ar* rangement. Mais rapproche de deux mille Esclavons et du général autrichien Neiperg ayant accru la démence du peuple fanatisé par les moines, il se vengea des ravages du bombardement, en égorgeant la garnison de la Chiusa déjà contrainte à capituler par la levée en masse des montagnards.
Au premier avis de ce soulèvement, Eilmaine, commandant supérieur de la Lombardie , fit ses dispositions pour délivrer le général Balland. Bientôt les généraux Chabran, Lahoz, Chevalier, eurent investi Vérone, qui , apprit en même temps les préliminaires signés à Léoben. Cependant non moins cruelle et insensée que la populace véronaise, Toligarchie vénitienne laissa massacrer sous ses yeux l'équipage d'un corsaire français qui s'était réfugié sous les batteries du Lido. Le sénat se rit des protestations et des menaces du ministre de France , et accorda des récompenses aux misérables qui avaient trempé leurs mains dans le sang du capitaine Laugier et dans celui de ses soldats. Bonaparte instruit de Taffreuse conduite des Vénitiens^ envoya vers le sénat son aide-de*