BONAPARTE A PARIS
le berceau , yoicnt aycc les plus grandes espérances le génie et la liberté sortir du tombeau de leurs ancêtres. Ce sont deux piédestaux sur lesquels les destinées vont placer deux puissantes nations. — J'ai Thonnenr de vous remettre le traité signé à Gampo-Formio , et ratifié par sa majesté l'empereur. — La paix assure la liberté , la prospérité et la gloire de la république. — Lorsque le bonheur du peuple français sera assis sur de meilleures lois organiques , l'Europe entière deviendra libre. »
 peine ce discours était- il achevé, que les acclamations retentirent de nouveau. Barras répondit à Bonaparte , dont il traçait aussi un brillant éloge au milieu duquel il avait adroitement mêlé un tribut à la mémoire de Hoche. C'est dans ce moment que l'hymne de Chénier fut chanté en chœur et avec l'accompagnement d'un magnifique orchestre. Barras embrassa le général , les autres Directeurs en firent autant. — Alors le minbtre de la guerre présenta au Directoire les généraux Joubert et Andréossy y qui s-avançërent en portant le drapeau triomphal dont la république reconnaissante avait fait don à son armée d'Italie, et sur lequel on lisait le résumé des prodiges de nos soldats :
« L'armée d'Italie a ialt cent cinquante mille prisonniers, elle a pris cent soixante-dix drapeaux, cinq cent cinquante pièces d'artillerie de siège , six cents pièces de campagne, cinq équipages de pont , neuf vaisseaux , douze frégates, douze corvettes , dix-huit galères. — Armistices avec les rois de Sardaigne, de Naples, lepape, les ducs de Parme, de Modène« — Préliminaires de Leoben. — Convention de Montebello arec la république de Gênes. — Traités de paix de Tolentino , de Campo-Formio. — Donné la liberté aux peuples de Bologne, de Ferrare, de Modène, de Massa-Carrara, de la Bomagne , de la Lombardie , de Brcscia,de Bergame,de Mantoue,;de Crémone, d'une partie du Yéronais , de Ghiayenn^, de Bormio et de la
SIO hevolution faakçaisc.
Yaitelioo \ aux peuples de Gênes , aux fiefs impériaux » aux peuples des départemeos de Corcyrc , de la mer Egée et d'Ithaque. — Envoyé à Paris les ckcfs^d'œuvre de Michel- Ange, du Guerchin , du Tilien, de Paul Yeronëse, du Corrège » de l'Aibane , de Carrache , de Raphaël , de Lcouard de Vinci , etc. — Triomphé en dix-huit ba« tailles rangées , à Montenotte , Millesimo, Mondovi, Lodi, BorgbettQ » Lonato , Castiglione , Roveredo , Bassano , Saint-Georges» Fontana-Niva, Caidiero, Arcole , Rivoli, la Favorite, le Tagliamento^ Tarwis, Neumarckt. — Livré soi^auta-dix-sept combats. » Joubert et Andréossj parlèrent après le ministre , et reçurent du président da Directoire de justes éloges pour leurs belles actions.
Cette réception triomphale était fort belle , sans doule; mais , renfermée dans Tenceinte d'un palais , elle n'eut rien du caractère des fêles populaires; Bonaparte avait lemoigné le désir d'entrer dans Paris à la tête des cbefs-d œu* vre des arts conquis en Italie pour la France ] le Directoire ne voulut point accéder à ce vœu , dont raccoinplissemcot aurait attiré tous les regards sur un seul homme.
De toutes les fêtes que prodiguèrent à Bonaparte les membres du gouvernement , la plus remarquable par la variété, la magnificence et lo bon goût» fut celle que Talleyrand lai offrit au ministère des affaires étrangères , toutes les femmes remarquables par leur beauté , toutes les célébrités» tous les talens de Tépoque, tous les étrangers de distinetion, se réunirent pour donner le plus grand éclat à cette fête. Au milieu des démonstrations de llvresse générale, le héros se montrait simple, affable , quoique sévère , peu porté aux plaisirs , excepté à eelui de converser avec les généraux , les savans , les bommea detat, les artistes. Comme Italien , il aimait ta musique, et la recherchait; sensible à la poésie, il avait deux admirations assez disparates, l'une pour Osaiali^ qui semblait être son Homère; Tantre pour Cor-