‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 49 sur 93 · EFFETS DE NOS REVEAS · texte numérisé non relu

EFFETS DE NOS REVEAS

conduits en Egypte. On les accusait d'avoir provoqué la guerre, à laquelle ils avaient été entraînés malgré leurs efforts pour conserver la paix. On leur imputait à crime la disgrâce de Joubert et celle de Ghampionnct victorieux^ et surtout la nomination de Schérer dont on faisait à la fois un désorganisateur et un voleur comme ministre , en même temps qu'un imbécile ou un traître comme général en chef. Vainement les directeurs avaient tout tenté pour réprimer le brigandage des fournisseurs ci les dilapidations effrontées des états -majors, par des mesures qui avaient obtenu la plus grande publicité^ on leur imputait le mal qu'ils n'avaient pu empêcher. Mais par une singulière anomalie, tandis qu'en général on ménageait Barras , l'ami des fournisseurs et le soutien des officiers qui avaient encouru le blâme du gouvernement, on se déchaînait contre Rewbel. A en croire ses détracteurs, BeiK^bel possédait une partie de l'Alsace, sa province. Cette calomnie était établie partout; Bonaparte lui-même, en partant pour FOrient, avait chargé l'un de ses amis du soin de la répandre, comme un moyen de renverser l'homme qu'il craignait, et qu'il ne voulait pas retrouver au Directoire. Les cris de l'aristocratie bernoise répétés par la nôtre avaient transformé en un Terres subalterne aux ordres de Rewbel, son beau-frère Bapinat qui , en sa qualité de commissaire , avait enlevé les caisses de l'aristocratie bernoise , mais sans détourner un denier à son profit. Bapinat et Bcwbel étaient devenus les boucs émissaires de l'époque -, aussi quand le sort désigna le dernier de ces deux hommes comme devant sortir du Directoire , les révolutionnaires et même les amis du pouvoir se livrèrent à une espèce d'exaltation de joie. Bewbcl , dépouillé du pouvoir, ne tarda point à se justifier avec éclat du haut de la tribune des anciens, mais il laissa dans le Directoire un vide qui ne put être rempli. Sous tous les vapportii Rewbel valait infiniment mieux que Sièges (\u\

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le Lech, résolut d'attaquer vigoureoMment rarmée fran-* çaise. Après une résistance héroïque de Saint-Cjr et de Ferino » qui se trouvaient à une des extrémités de notre ligne malheureusement trop étendue , Jourdan , fdrcé de se replier, vint prendre une bonne position entre Singen et Tutlingen, mais il ne tarda pas pourtant à vouloir reprendre rofFensive. Le S germinal, Tarchiduc et lui en vinrent aux mains. Soult, à la gauche , mit les Autrichiens en déroute , tout nous présageait une grande et belle victoire \ les troupes ennemies devaient être jetées dans le ravin de la Stokach, lorsque Jourdan, commettant la faute de vouloir envelopper son adversaire , fit faire i la division Saint-Gjr un immense circuit Le prince Charles, conservant son sang-froid , tomba impétueusement sur nous. Les cuirassiers autrichiens abîmèrent quatre de nos régûnens de cavalerie; les Français, épuisés de fatigue et accablés sous le nombre , se débandèrent *, heureusement , les troupes ennemies avaient tant souffert qu'elles ne purent poursuivre leur avantage. Saint-Cyr, gravement compromis , exécuta merveilleusement sa retraite, et les deux années gardèrent les positions qu'elles occupaient avant la bataille. Jourdan, affaibli par cette lutte inégale, se replia sur les défilés de la Forêt-Noire, laissa le commandement de son armée au chef d'état-major, Ernouf, homme peu capable de soutenir un tel fardeau, et se rendit à Paris pour se plaindre de l'état d'infériorité dans lequel on lavait placé en face de l'ennemi.

GHAPrrRE LXIX.

Italie. — Â<sâssînat des plénipotentiaires français à Rastadt. — Fête funèbre à Paris en leur honnear, — Affaire de Cassano en Italie. — Belle retraite de Moreau. — Âttaqoe de Suwarow. — Bataille de la Trcbbia. — Dénonciation contre le Directoire. — Bewbel sort du Directoire. — Nomination de Sieycs. — Elections de Pan VIF. — Divisions entre les pouvoirs, — Démission de Trcilhard. — Goli^er lui surcède. — Laréveillcrc et Merlin de Dooai sortent dn Directoire. — Robert Linde t. — Camuncérès, — Loi des Otages. — Journaux. — Armées. — Egypte. — Bonaparte à Suez. ^- Saint-Jeand'Acre. — Mont*Thabor. — Bataille d'Aboukir.

La victoire no nous abandonnait pas dans les hautes montagnes des Alpes : Lecourbe et Dessoles exécutaient des prodiges d'audace et de stratégie-, mais en Italie» Schérer, arec cinquante mille soldats, n*espérait' pas, la victoire. Les républicains n'avaient aucune confiance dans leur^chef y et le général n'en avait pas en lui-même* Les Autrichiens comptaient soixante mille combattans sur la forte ligne de l'Adige , qu'il fallait passer devant eux. Aussi la prudence ordonnait-ello alors de garder la défensiye \ mais les ordres du Directoire voulaient le contraire. Schérer, opérant par la gauche, résolut d'essayer d'occuper le camp autrichien de Pastrengo. Delmas, Serrurier^ Grenier, furent chargés de cette entreprise, tandis que Moreau, simple général de division, devait faire une fausse démonstration sur Vérone. L'attaque eut lieu le 6 germi* nal. Le camp de Pastrengo fut enlevé; on y prit quinze cents Autrichiens, et ce fut avec une perte considérable \i. a3

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le Lech, résolut d'attaqoer vigoareusement rarmée fran** çaise. Apris une résistance héroïque de Saint-Cyr et de Ferino » qui se trouvaient à une des extrémités de notre ligne malheureusement trop étendue , Jourdan , fdrcé de se replier, vint prendre une bonne position entre Singen et Tuilingen, mais il ne tarda pas pourtant à vouloir reprendre l'offensive. Le tt germinal, rarchidoc et lui en vinrent aux mains. Soult, à la gauche , mit les Autrichiens en déroute , tout nous présageait une grande et belle victoire ^ les troupes ennemies devaient être jetées dans le ravin de la Stokach, lorsque Jourdan, commettant la faute de vouloir envelopper son adversaire , fit faire à la division Saint-Gjr un immense circuit. Le prince Charles, conservant son sang-froid , tomba impétueusement sur nous. Les cuirassiers autrichiens abîmèrent quatre de nos régimens de cavalerie; les Français, épuisés de fatigue et accablés sous le nombre, se débandèrent ; heureusement, les troupes ennemies avaient tant souffert qu'elles ne purent poursuivre leur avantage. Saint-Cyr, gravement compromis , exécuta merveilleusement sa retraite, et les deux années gardèrent les positions qu'elles occupaient avant la bataille. Jourdan , affaibli par cette lutte inégale , se replia sur les défilés de la Forêt-Noire , laissa le commandement de son armée au chef d'état-major, Ernouf, homme peu capable de soutenir un tel fardeau, et se rendit i Paris pour se plaindre de l'état d'infériorité dans lequel on Tavait placé en face de l'ennemi.

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