‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 50 sur 93 · CHAPITRE LXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIX

Italie. — Â<sâssînat des plénîpotenliaires fiançais à Rastadt. — Fête funèbre à Paris en leur honnear. -— Affaire de Cassano en Italie. — Belle retraite de Moreau. — Attaque de Suwarow. — Bataille de U Trcbbia. — Dénonciation contre le Directoire. — Bewbel sort du Dircciolre. — Nomination de Sieycs, — Electious de Pan VIF. — Divisions entre les pouvoirs. — Démission de Treilhard. — Goli^er lui surcède. — Laréveillcre et Merlin de Dooai sortent dn Directoire. — Robert Lindet. — Cambncérès. — Loi des Otages. — - Journaux. — Armées. — E|iypte. — Bonaparte à Suez. ^- Saint-Jeand'Acre. — MontoTIiabor. — Bataille d'Aboukir.

La victoire no nous abandonnait pas dans les hautes montagnes des Alpes : Lecourbe et Dessoles exécntaient des prodiges d'audace et de stratégie-, mais en Italie» Schérer, arec cinquante mille soldats » n'espérait' pas^ la victoire. Les républicains n'avaient aucune confiance dans leur^chef y et le général n*en avait pas en lui-même* Les Autrichiens comptaient soixante mille combattans sur la forte ligne de TAdige , qu'il fallait passer devant eux. Aussi la prudence ordonnait-ello alors de garder la défen* sive ^ mais les ordres du Directoire voulaient le contraire. Schérer, opérant par la gauche, résolut d'essayer d'occuper le camp autrichien de Pastrengo. Delmas, Serrurier^ Grenier, furent chargés de cette entreprise , tandis que Moreau, simple général de division, devait faire une fausse démonstration sur Vérone. L'attaque eut lieu le 6 germi* nal. Le camp de Pastrengo fut enlevé 5 on y prit quinze cents Autrichiens, et ce fut avec une perte considérable Vf. a3

S48 RÉVOLUnON FBANÇUSE.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le choc des tronpes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fat & son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Ghampionnet , s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu'elle livra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une liytte terrible s'engagea. Dans leur fureur, ces misérables auraient peut-être mis le feu à la ville, lorsque Ghampionnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint-Janvier ; alors les lazzaroni posèrent les armes, et Ghampionnet, mattre du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthénopéenne. la conquête de Ghampionnet que l'on ne croyait pas facile, le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Ghampionnet, devenu possesseur des papiers de la reine Garoline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection, le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, deGhivasso. Après le succès des insurges, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sûretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrôné ne gardait que Tîle de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDICATION DtJ ROI DU MÉMONT. 840

république ^ et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage^ car aux yeux de Tobservateur le moins attentif, l'agression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré Fappui de FÂutriche qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie ^ mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveillère, RewbeU, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dilapidations et aux brigandages , en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux che6 militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert , qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bernadotte; ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au fâcheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ] mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs en s'opposant an général en chef qui entretenait l'énergie des patriotes napolitains, et s'appliquait à méri*

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nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le choc des troupes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Ghampionnet , s'empara da fort Saint-Elme et des portes de la ville qu'elle livra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une liytte terrible s'engagea. Dans leur fureur» ces misérables auraient peut-être mis le feu à la ville, lorsque Ghampionnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier ; alors les lazzaroni posèrent les armes, et Ghampionnet, mattre du royaume de Naples» s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthénopéenne. L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pendant la conquête de Ghampionnet que l'on ne croyait pas facile^ le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Ghampionnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection, le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, deGhivasso. Après le succès des insurgés, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sûretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrôné ne gardait que lîle de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDICATION DtJ ROI DU nÉMONT. 840

république , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage^ car aux yeux de Tobservateur le moins attentif, l'agression de Naples n'était pas un Saiit isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré Tappui de rAutricbe qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie *, mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveillère, RewbeU, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dilapidations et aux brigandages , en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux che6 militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert , qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bernadottev ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au flUcheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ; mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs en s'opposant an général en chef qui entretenait rénergie des patriotes napolitains, et s'appliquait à méri*

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le choc des tronpes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut k son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Ghampionnet, s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu'elle livra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une liytte terrible s'engagea. Dans leur fureur, ces misérables auraient peut-être mis le feu à la ville, lorsque Ghampionnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier ; alors les lazzaroni posèrent les armes, et Ghampionnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthéuopéenne. L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pendant la conquête de Ghampionnet que l'on ne croyait pas fadlej le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Ghampionnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection , le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, de Ghivasso. Après le succès des insurges, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sûretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa ca[(itale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrôné ne gardait que Tîle de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDICATION DtJ ROI DU MÉMONT. 840

république , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage^ car aux yeux de Tobservateur le moins attentif, Fagression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré l'appui de l'Autriche qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie ; mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveillère, Rewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dilapidations et aux brigandages , en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux che6 militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert , qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bemadotte; ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux-, mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au fâcheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ; mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs en s'opposant an général en chef qui entretenait rénergie des patriotes napolitains, et s'appUquait à méri*

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nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le cboc des tronpes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Championnet , s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu'elle livra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une lutte terrible s'engagea. Dans leur fureur, ces misérables auraient peut-être mis le feu à la ville, lorsque Championnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs chefs. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint-Janvier ; alors les lazzaroni posèrent les armes, et Championnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthénopéenne. L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pendant la conquête de Championnet que l'on ne croyait pas &cile| le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Championnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection , le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, deChivasso. Après le succès des insurgés, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sûretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrôné ne gardait que TUe de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDICATION DU EOI DU MEMONT. 84d

répubUipie , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage; car anx yeax de Tobservateur le moins attentif, l'agression de Naples n'était pas nn fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette coar, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré l'appui de l'Autriche qui faisait des levées et armait en tonte hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie \ mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveiltère, Rewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dilapidations et aux brigandages , en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux chefs militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua l'audacieux général. Joubert , qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bernadotte-, ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au fâcheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ; mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs en s'opposant an général en chef qui entretenait Vénergie des patriotes napolitains, et s'appliquait à méri-

348 BÉVOIUTION FRANÇAISE.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le cboc des tronpes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Championnet , s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu'elle livra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une lutte terrible s'engagea. Dans leur fureur, ces misérables auraient peut-être mis le feu à la ville, lorsque Championnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier \ alors les lazzaroni posèrent les armes, et Championnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement françab, de proclamer la république parthénopéenne. la conquête de Championnet que l'on ne croyait pas facile, le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Championnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection , le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, deChivasso. Après le succès des insurges, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sûretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fiit signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrôné ne gardait que File de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDICATIOM^ DU EOI DU MeMONT. 84d

républiipie , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage-, car aux yeux de Tobseryateur le moins attentif^ l'agression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré Fappui de l'Autriche qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie -, mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveiltère, Reyrbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dilapidations et aux brigandages , en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux chefs militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert, qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bernadotte; ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au ftchenx effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports *, mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs en s'opposant an général en chef qui entretenait l'énergie des patriotes napolitains, et s'appliquait à méri-

348 BÉVOtUTION FRANÇAISE.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le cboc des tronpes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Championnet, s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu'elle livra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une lutte terrible s'engagea. Dans leur fureur, ces misérables auraient peut-être mis le feu à la ville, lorsque Ghampionnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier ; alors les lazzaroni posèrent les armes, et Ghampionnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthénopéenne. L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pendant la conquête de Ghampionnet que Ton ne croyait pas facile, le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Ghampionnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémon* tais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection, le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, deGhivasso. Après le succès des insurges, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sûretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fiit signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrôné ne gardait que TUe de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDICATION DU EOI DU nÉMONT. 84d

répubUipie , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage; car aux yeux de Tobservateur le moins attentif, l'agression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré Fappui de l'Autriche qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie ; mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveiltère, Rewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dilapidations et aux brigandages , en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux chefs militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert, qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bernadette; ce général refiisa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au ftchenx effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est dnsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ; mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs en s'opposant an général en chef qui entretenait l'énergie des patriotes napolitains, et s'appliquait à méri-

348 BEVOtUnON FRANÇAISE.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le cboc des troupes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Championnet , s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu'elle livra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une lutte terrible s'engagea. Dans leur fureur, ces misérables auraient peut-être mis le feu à la ville, lorsque Championnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier \ alors les lazzaroni posèrent les armes, et Championnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement françab, de proclamer la république parthénopéenne. L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pendant la conquête de Championnet que l'on ne croyait pas facile, le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Championnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection , le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, deChivasso. Après le succès des insurges, le gouvernement franco, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sûretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrôné ne gardait que llle de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

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répabli(iue , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage^ car aux yeux de Tobservateur le moins attentif;, l'agression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré Tappui de rAutriche qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie \ mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveiltère, Rewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dilapidations et aux brigandages , en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux chefs militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert , qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bernadottev ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiersi il ne fit pas attention au ftcheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports -, mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs en s'opposant an général en chef qui entretenait rénergie des patriotes napolitains, et s'appliquait à méri-

348 RÉVOtUTION FRANÇAISE.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le cboc des tronpes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie^ secondant une entreprise de Championnet ^ s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu'elle liyra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sqr nos troupes. Une lutte terrible s'engagea. Dans leur fureur, ces misérables auraient peut-être mis le feu à la ville, lorsque Championnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier ; alors les lazzaroni posèrent les armes, et Championnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthéoopéenne. L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pendant la conquête de Championnet que l'on ne croyait pas fiidlei le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Championnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémon* tais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait focilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection, le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aidera se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, deChivasso. Après le succès des insurgés, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sûretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrôné ne gardait que TUe de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDICATION DU EOI DU MEMONT. S4d

république , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage; car aux yeux de Tobservateur le moins attentif^ l'agression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré l'appui de l'Àutricbe qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie -, mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveiltère, Rewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dilapidations et aux brigandages, en régularisant les services et en ne laissant aucun nianiement de fonds aux chefs militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert, qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bernadette; ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au fâcheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ; mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs en s'opposant an général en chef qui entretenait féaergie des patriotes napolitains, et s'appliquait à méri-

348 RÉVOtUTION FRANÇAISE.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le choc des tronpes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeobie, secondant une entreprise de Championnet , s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu'elle livra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une li|tte terrible s'engagea. Dans leur fureur, ces misérables auraient peut-être mis le feu à la ville, lorsque Championnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs chefe. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier \ alors les lazzaroni posèrent les armes, et Championnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthéoopéenne. la conquête de Championnet que l'on ne croyait pas &cile| le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Championnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection, le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, deChivasso. Après le succès des insurgés, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sûretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrôné ne gardait que TUe de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDICATION DU EOI DU MEMONT. S4d

répubUipie , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage-, car aux yeux de Tobservateur le moins attentif^ l'agression de Naples n'était pas un feit isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré l'appui de l'Autriche qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie \ mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveiltère, Bewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dilapidations et aux brigandages , en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux chefs militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert, qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bernadotte; ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiersi il ne fit pas attention au fîchenx effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est dnsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ; mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs en s'opposant an général en chef qui entretenait l'énergie des patriotes napolitains, et s'appliquait à méri-

348 BÉVOIUTION FBANÇAI8E.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le cboc des troupes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Championnet , s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu'elle. livra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une li^tte terrible s'engagea. Dans leur fureur, ces misérables auraient peut-être mis le feu à la ville, lorsque Championnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier \ alors les lazzaroni posèrent les armes, et Championnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthénopéenne. L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pendant la conquête de Championnet que l'on ne croyait pas fadle, le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Championnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection , le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, de Chivasso. Après le succès des insurgés, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sûretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrôné ne gardait que lUe de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDIGATIOM^ DU EOI DU MÉMONT. S4d

république , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage; car aux yeux de Tobservateur le moins attentif^ l'agression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré Tappui de rÀutriche qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie -, mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveiltère, Rewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dilapidations et aux brigandages , en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux chefs militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert , qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bernadette; ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiersi il ne fit pas attention au fâcheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ; mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs en s'opposant an général en chef qui entretenait rénergie des patriotes napolitains, et s'appliquait à méri-

348 BÉVOtUTION FBANÇAISE.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le cboc des tronpes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie» secondant une entreprise de Championnet ^ s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu'elle liyra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une li^tte terrible s'engagea. Dans leur fureur, ces misérables auraient peut-être mis le feu à la ville, lorsque Championnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier \ alors les lazzaroni posèrent les armes, et Championnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthénopéenne. L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pendant la conquête de Championnet que l'on ne croyait pas facile, le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Championnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection , le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, de Chivasso. Après le succès des insurgés, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sûretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrôné ne gardait que lUe de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa Forganisation du Piémont en

ABDIGATIOBI DU ROI DU HeMONT. 840

république , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage^ car aux yeux de Tobseryateur le moins attentif^ l'agression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré Tappui de l'Autricbe qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie ^ mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveillère, Rewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dflapidations et aux brigandages, en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux chefs militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert, qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bernadette; ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au fâcheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ; mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs ea s'opposant an général en chef qui entretenait l'énergie des patriotes napolitains, et s'appÛqaait à méri*

S48 EÉVOLUTION FEANÇiUSX.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le choc des tronpes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Championnet y s'empara da fort Saint-Elme et des portes de la ville qu elle livra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sqr nos troupes. Une lutte terrible s'engagea. Dans leur foreur, ces misérables auraient peut-être mis le feu â la ville, lorsque Championnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lai, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier \ alors les lazzaroni posèrent les armes, et Championnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthénopéenne. L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pendant la conquête de Championnet que l'on ne croyait pas facile^i le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Championnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi â nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection, le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, de Chivasso. Après le succès des insurges, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sftretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrftné ne gardait que Ttle de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDIGATIOB^ DU ROI DU nÉMONT. 840

république , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage^ car aux yeux de l'observateur le moins attentif^ l'agression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré l'appui de l'Autricbe qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie ^ mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveillère, Rewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dflapidations et aux brigandages , en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux chefs militaires ; la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert, qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bemadotte; ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux-, mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au f&cheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ; mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs ea s'opposant an général en chef qui entretenait l'énergie des patriotes napolitains, et s'appÛqaait à méri-

S48 RÉVOLUTION FRANÇAISC.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le choc des tronpes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Cbampionnet y s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu elle livra aax Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une lutte terrible s'engagea. Dans leur foreur, ces misérables auraient peut-être mis le feu â la ville, lorsque Cbampionnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier ; alors les lazzaroni posèrent les armes, et Cbampionnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthénopéenne. la conquête de Cbampionnet que l'on ne croyait pas facile^i le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Cbampionnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection, le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de NoTarre, de Suze, deChivasso. Après le succès des insurges, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sftretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrftné ne gardait que Ttle de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDICATIOBI DU ROI DU nEMONT. 840

république , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage^ car aux yeux de l'observateur le moins attentif^ l'agression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré Tappui de l'Autricbe qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie \ mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypouit ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveillère, Rewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dflapidations et aux brigandages, en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux chefs militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypouit qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert, qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bernadotte; ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au fâcheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypouit pouvait avoir raison sous plusieurs rapports -, mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs ea s'opposant an général en chef qui entretenait l'énergie des patriotes napolitains, et s'appÛqaait à méri-

S48 RÉVOLUTION FRANÇAISC.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le choc des tronpes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Cbampionnet y s'empara du fort Saint-Elme et des portes de la ville qu elle livra aax Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une lutte terrible s'engagea. Dans leur fureur, ces misérables auraient peut-être mis le feu â la ville, lorsque Cbampionnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui, on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier ; alors les lazzaroni posèrent les armes, et Cbampionnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthénopéenne. L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pendant la conquête de Cbampionnet que l'on ne croyait pas facile^i le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaignc. Cbampionnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi à nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection , le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de NoTarre, de Suze, de Chivasso. Après le succès des insurges, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sftretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrftné ne gardait que TUe de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDIGATIOBI DU ROI DU niumr. 840

république , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage^ car aux yeux de Tobseryateur le moins attentif, l'agression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré Tappui de l'Autricbe qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie ; mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypouit ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveillère, Rewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dflapidations et aux brigandages, en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux chefs militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu^elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypouit qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert, qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bemadotte; ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au fâcheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypouit pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ; mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs ea s'opposant an général en chef qui entretenait l'énergie des patriotes napolitains^ et s'appÛqaait à méri*

S48 RÉVOLUTION FRANÇAISC.

nommés Michel et Paiggoo, soutinrent le choc des troupes françaises plus courageusement que les soldats napolitains. Le désordre fut à son comble. Toutefois la bourgeoisie, secondant une entreprise de Championnet ^ s'empara da fort Saint-Elme et des portes de la ville qu elle livra aux Français. Retranchés dans quelques maisons les lazzaroni firent feu sur nos troupes. Une lutte terrible s'engagea. Dans leur foreur, ces misérables auraient peut-être mis le feu â la ville, lorsque Championnet eut le bonheur de faire prisonnier un de leurs che6. On usa de bons procédés envers lui 9 on promit de respecter les autels et le culte de Saint- Janvier ; alors les lazzaroni posèrent les armes, et Championnet, maître du royaume de Naples, s'empressa, conformément aux intentions du gouvernement français, de proclamer la république parthénopéenne. L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pendant la conquête de Championnet que l'on ne croyait pas facile^i le Directoire avait conçu un instant les plus vives inquiétudes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Championnet, devenu possesseur des papiers de la reine Caroline, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piémontais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meilleure fortune entraînerait facilement le roi â nous attaquer. Décidé par cette circonstance à exciter les républicains du Piémont dans leur projet d'insurrection, le Directoire qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contenir, ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Alexandrie, de Novarre, de Suze, deChivasso. Après le succès des insurges, le gouvernement français, poussé par la nécessité de prendre toutes ses sftretés en Italie, exigea du roi, vraiment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capitale, une abdication qui fut signée par lui le 9 décembre 1798. Le prince détrftné ne gardait que TUe de Sardaigne. Le Directoire , prévoyant que nous allions avoir toute l'Europe sur les bras , différa l'organisation du Piémont en

ABDICATIOBI DU ROI DU nÉMONT. 840

république , et déclara qu'en attendant ce pays serait administré par la loi française. La précaution était sage^ car aux yeux de Tobseryateur le moins attentif, Tagression de Naples n'était pas un fait isolé, et tout en reconnaissant la folie de cette cour, on ne pouvait douter qu'elle n'eût espéré Tappuide rAutricbe qui faisait des levées et armait en toute hâte. En outre un corps russe s'était même avancé en Moravie.

Pour soutenir la nouvelle campagne, la France aurait pu tirer de grandes ressources de l'Italie \ mais les compagnies de fournisseurs et les états-majors dévoraient tout. La probité de Joubert et le talent financier de Faypoult ne pouvaient sauver la fortune publique. Laréveillère, Rewbell, Merlin, Treilhard étaient furieux. Le premier de ces directeurs fit adopter un nouveau plan d'organisation civile et financière qui devait mettre un terme aux dflapidations et aux brigandages , en régularisant les services et en ne laissant aucun maniement de fonds aux chefs militaires : la mesure, toute sage qu'elle était , irrita ceux qu'elle semblait accuser de dilapidation et désarmer. Ghampionnet résistait à Faypoult qu'il osa chasser de Naples. Le Directoire , appuyant son ministre avec vigueur, destitua Taudacieux général. Joubert, qui avait joui de la confiance illimitée de Bonaparte, fut révolté par l'arrêté du Directoire, et offrit sa démission; on voulut le remplacer par Bemadotte; ce général refusa. Le Directoire ne se laissa point intimider par cet esprit de résistance dans les généraux; mais en soutenant les fonctionnaires civils, pour assurer la répression des désordres financiers, il ne fit pas attention au fâcheux effet que produisait leur mauvaise direction politique, qui du reste venait de lui. C'est ainsi que Faypoult pouvait avoir raison sous plusieurs rapports ; mais causa beaucoup de troubles et nous aliéna les cœurs ea s'opposant an général en chef qui entretenait f énei^e des patriotes napolitains, et s'appÛqaait à méri*

M8 tCVOLUnON FEANÇAI8E.

BOBiDà Midiel et Paiggoo, soutinrent le choc des troupe françaises plus coarageasement que les soldats napolitain: Le désordre fat à son comble. Toutefois la bourgeoisi secondant nne entreprise de Gbampionnet y s^empara < fort Saint-Elme et des portes de la ville qu elle liyra ai Français. Retranchés dans quelques maisons les lazz roni firent feu sur nos troupes. Une li^tte terrible s'cdj gea. Dans leur foreur, ces misérables auraient peut-ê mis le feu i la Tille, lorsque Gbampionnet eut le bonhi de faire prisonnier un de leurs che&. On usa do bons p cédés enrers lui, on promit de respecter les autels e culte de Saint-Janvier \ alors les lazzaroni posèrent '. armes» et Gbampionnet, maître du royaume de Nap : s'empressa, conformément aux intentions du gouYemen ; firançab, de proclamer la république partbénopéei • L'armée de Rome prit le nom d'armée de Naples. Pen( la conquête de Gbampionnet que Ton ne croyait pas fa< le Directoire avait conçu un instant les plus vives inq todes sur les dispositions de la cour de Sardaigne. Gb I pionner, devenu possesseur des papiers de la reine G I Une, avait envoyé des lettres de Piocca, ministre piéi Z tais, qui prouvaient assez que l'espérance d'une meili ' fortune entraînerait fadlement le roi à nous attaq ' Décidé par cette drconstance à exciter les répoblic du Piémont dans leur projet d'insurrection , le Direct qui, quelque temps auparavant, aurait voulu les contç ne craignit point de les aider à se rendre maîtres d'Ales drie, de Novarre, de Snze, de Ghivasso. Après le succès insurges, le gouvernement firançais, poussé par la néces! de prendre tontes ses sûretés en Italie, exigea du roi, n ment exposé à toutes sortes de dangers dans sa capits une abdication qui fot signée par lui le 9 décembre i7i Le prince détrôné ne gardait que llle de Sardaigne. Directoire , prévoyant que nous allions avoir toote l'E rope sur les bras , diffâra l'organisation du Piémont <

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