‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 5 sur 93 · AGIOTAGE · texte numérisé non relu

AGIOTAGE

sabites qui firent un scandale public^ c'est de cette époque que date ce désir effréné de s'enrichir en un jour , qo! a régné sou» le directoire^ infecté presque tous les ageosde ladministration en Italie, et que la sévérité, quelquefois injuste et despotique de Napoléon, ne put corriger, parce qu'il donnait, d'un antre côté, des alimens à la passion qu'il Toulait réprimer.

La situation devenait sans cesse plus alarmante, et chaque jour voyait éclore des projets pour remédier au mal, en commençant par rdever la valeur des assignats en les retirant. La démonétisation et l'emprunt forcé avaient été justement rejetés. Gambon proposait une loterie, Johannoi une banque*, ce moyen fut préféré, mais inutilement. Jean-Bon -Sadnt* André, BaCfron, Dubois- Crancé, présentèrent différons plans qui furent écartés après un examen attentif. Cependant le peuple était dans une espèce de désespoir, et ses plaintes firent, une telle impression sur les députés, que tous s'écrièrent qu il fallait absolument sortir d'un état si violent par une prompte résolution. Bourdon de FOise , homme inculte et dont Tinstnidion, sauf dans quelques aperçu&^u'ii avait pu saisir au milieu des discussions de rassemblée , se renfermait dans le cercle des connaissances d'un ancien procureur, proposa d'adjuger les biens des émigrés sans enchères, et par simple procès-verbal , aux acheteurs qui offriraient en assignats trois fois la valeur de ce» propriétés suivant l'appréciation approximative de 1790 *, c'était enfin reconnaître l'énorme discrédit des assignats, mais c'était aussi rehausser leur valenr, prévenir l'emprunt forcé, ainsi que la démonétisation, extrémités aussi fâcheuses l'une que Tautre. Le plan de Boiirdcm avait en outre Tinapréciable avantage de rendre à ragriculture un grand nombre de terres qui allaient dou))ler de fécondité dans les mains des nouveaux possesseurs. Cette proposition , vraiment salutaire, obtint rassentiment général de l'assemblée, qui la consacra par un décret.

16 RÉVOLUTION FEANÇAISE.

AnssitOt la promulgation de ce décret , les achats des biens nationaux sesuccédèrent avec la plus grande rapidité. Rewbell et d'autres députés^ jugeant que Fempresseinetit même des acquérebs était une preuve qu'il se faisait une opération dans laquelle Tétat perdait considérablement ; attaquèrent avec violence la résolution obtenue par Bourdon y qui y faute d'études suffisantes , ne sut pas fournir de bonnes raisons pour défendre son heureuse pensée. Le décret sur la vente des biens nationaux fut suspendu ; par une idée fausse d'une perte réelle, mais indispensable , on abandonna le moyen le plus facile de sortir de la crise violente dans laquelle se trouvaient les finances. Toute* fois, en commettant cette faute, le gouvernement, effrayé du prodigieux accroissement de l'agiotage , résolut enfin d y mettre un terme : on établit une échelle de proportion dont voici la base. On disait : Tel objet se vendait huit francs lorsqu'il n'y avait que deux milliards d'assignats en circulation^ le prix de ce même objet devra être double lorsque l'émission du papier-monnaie sera doublée, et ainsi de suite. Ce raisonnement reposait sur cette vérité de fait, que la ydle^t d'une chose hausse en proportion du signe monétaire. Par suite de ce calcul, on en vint à décréter que, dans toutes les ventes, on ajouterait au prix de l'objet vendu un quart de ce prix, par cinq cents millions mis en circulation , et cela à partir de la valeur de la propriété au moment de l'émission des deux premiers milliards d'assignats. Ce triste expédient financier, que sa com- i plication suffisait pour rendre autant impopulaire que difficile à mettre en pratique , ne fut pas appliqué d'une j manière générale \ le gouvernement ne Tosa pas , et le i décret devint encore une source de calamité.

Quelques temps après, libre enfin de la crainte qu'a-, vait si long-temps inspirée les Montagnards, alors dé-* I cimes par la mort ou affaiblis par la proscription » la | Plaine résolut d'annuler la Constitution de 1795, objet des attaques réitérées de Lanjuinais, de Boissy d'Anglas

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