CONSTITUTION DE
H de Fréron. Plusieurs écrivains du parti l'avaient aussi soumise à un examen sévère , et déclarée incapable de servir de loi fondamentale à un grand peuple. Ce que Ton blâmait surtout c'était Tunité de la représentation nationale. Enfin , plus franc que tous les adversaires de cette constitation si solennellement jurée, Bovère était venu poser la grande question, celle de savoir si , pour le bien du pays, le pouvoir délibérant ne devait pas être divisé en deux sections? La question était restée sans réponse. Mais , h 25 juin ^ Boissy d'Anglas présenta , au nom de la com^^ mission des onze, le projet d'une nouvelle constitution dont ta Convention ordonna Timpression et Tenvoi dans les départemens. Le rapporteur, dans son discours , faisait du règne de la Convention une peinture affreuse et suivie de cette déclaration hardie, qu'en d'autres temps, un orateur aurait payée de sa tête : n .Tous les membres de la commission , en examinant avec attention la constitution de 95 , ont reconnu qu'elle n'était que Torganisation de Tanarchie , et nous attendons de votre ^gesse et de TOtre patriotisme qu'au lieu de vous laisser abuser par de vains mots, vous saurez, après avoir immolé vos tyrans , ensevelir leur odieux ouvrage dans la même tombe qui les a dévorés... Nous espérons que les journées de floréal et de prairial vous auront désabusés complètement, et vous auront démontré jusqu'à l'évidence les dangers d'un pacte qui autorise les insurrections par« tielles, établit des pouvoirs rivaux de la représentation nationale, remet le sceptre aux mains des sociétés populaires et aux factions, et qui, soumettant un ministère anarchique par son nombre et la nature de ses attributions, à l'autorité arbitraire d'une seule assemblée livrée ellemême à tous les orages et à la dangereuse influence de quelques ambitieux , ne peut servir qu'à légaliser l'empire de l'anarchie et delaterreur.» Cette critique du pacte de 1703 n'était pas sans fondement*, mais, il aurait fallu se VI. a
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rappeler qu*il ayait été accepté par yingt-cioq millions d'hommes y qu'on avait donné la mort aax citoyens soupçonnés seulement d'avoir voulu toucher à cette arche sainte » que naguère encore on avait menacé du supplice ceux qui tenteraient de le renverser \ il fallait surtout s'abstenir du langage effréné de la réaction y après avoir soimême comparé Robespierre & Orphée relevant les murs de Thèbes aux accens de la lyre^ il fallait enfin s'exprimer comme des législateurs qui sacrifient tout au grand intérêt du peuple et au devoir de le constituer d'une manière durable. Nous donnerons plus loin lanalyse du pro* jet.' Par la création des deux chambres et par d'autres dispositions, on revenait à peu près au système d'équilibre et de pondération qui semblait avoir maintenu depuis un siècle la paix intérieure et la puissance des Anglais. Mais comme il nous manquait beaucoup d'élémens de stabilité que Torigine de leur liberté et la suite des temps avaient créés chez nos voisins , la constitution proposée était bien loin de pouvoir nous gouverner. ToutefcHS, le peuple, qui regrettait toujours le pacte de 1793 f ne vit pas de trop mauvais œil la nouvelle constitution , parce qu'elle conservait la république , la liberté, ses conséquences et ses principes. Seulement, les démocrates ombrageux reconnaissaient et blâmaient dans le projet une tendance manifeste à faire entrer l'aristocratie dans l'état. Mais la proposition de deux chambres, qui jadis eût excité l'ardente colère des patriotes , fut adoptée par eux-, ils se disaient que si deux chambres eussent existé, peut-être l'événement du 9 thermidor n'aurait pas eu lieu.
D'ailleurs ils espéraient qu'une nouvelle législature , en les débarrassant de la Convention, arrêterait le cours de la réaction que cette assemblée semblait ne pas vouloir, ou ne pas pouvoir arrêter. Par cette même raison, le projet déplut aux membres de la faction qui ne tardèrent pas&rat-
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(aquer. Telle était la situation des choses dans rassemblée, lorsqu'un événement de la plus haute gravité vint appeler I attention générale snr nos côtes de l'Ouest. Hoche, ainsi qoe nous Tavons dit ^ faisait tous ses efforts pour mainlenir Teiécution du pacte conclu avec les chefi» yendéens, cl se préparait à poursuivre StofQet y obstinément rebelle aui exemples de Charrette. Celui-ci venait de rece- Toir une lettre de Louis XYIII , qui s'était proclamé roi depnis ta mort de son iieveu dans les cachots du Temple. Les paroles insinuantes et flatteuses du royal proscrit tonchèreut vivement ta vanité si susceptible du Vendéen ; il répondit an prince par le témoignage de la plus vive reconnaissance , et en déclarant qu'il était prêt à reprendre les armes , mais que Tappui de TAngleterre était
Investi du commandement des gardes territoriales , Charrette s'était lié avec les agens royalistes de Paris , les Lemaitre^ les Despomelles, lesDnveme de Presle. Ceuxci, 1 excitant à relever le drapeau» il répondit quil n'y avait rien de possible sans le secours de la Grande-Bretagne , qui s'était toujours montré indifférente à tous les efforts de Tinsurrection vendéenne. StoflDet avait aussi, depuis quelque temps , déposé les armes , et, soit qu'il fftt plus découragé ou mieux instruit que Charrette de l'état du pays, il déclarait que la guerre civile n'était plus possible parce que les vaillans étaient morts. De son côté, Cormatin continuait son rôle dangereux , et mêlait à une chose aussi sérieuse que la guerre civile les jouissances de la vanité. On le voyait quitter fréquemment la Prévalais, qu'il nommail son quartier-général , pour venir étaler à Rennes un brillant uniforme qu'il avait su mettre à la mode , et dans le même instant où il cherchait à inspirer aux deux che6 cboaans des pensées belliqueuses, il employait une adresse infinie pour se faire regarder par ses amis royalistes comme un homme fidèle et capable de rendre- de grands
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services à Tabri de cette paix qu'il prétendait avoir ménagée avec une habileté au-dessus de tout éloge. >! Désespérant de tromper Pnisaye, il rompit avec lui toute correspondance, et le traitait, en paroles, avec toute Tiusolence et la mauvaise foi d un ingrat ) il allait même jusqu'à dire que Puisaye voulait guider une expédition anglaise pour s'emparer d'un port de France et y faire flotter le drapeau britannique. Cette idée révoltait les insurgés bretons \ alors il les flattait en leur promcKant bientôt des occasions de gloire et de fortune, que ne partageraient pas les soldats de Pitt. Ainsi , comme on le voit , de toutes parts il y avait désaccord dans le parti : Stofflet et Charrette se haïssaient , et Cormatin décriait Puisaye. Hoche, instruit de toutes ces circonstances, affectait une confiance entière dans les chefs royalistes ; mais il avait soin de prévenir les comités du gouvernement que , d'un instant à Tautre, on devait s'attendre à une rupre éclatante. En effet, les bandes de chouans devenaient de jour en jour plus nombreuses , elles inquiétaient les grandes routes , dévalisaient les diligences et forçaient les ioldats épuisés de fatigues à se tenir sans cessé sous les armes.. Ces derniers, à leur tour, indignés de la mauvaise foi des rebelles , .et mécontens de se voir sans cesse harcelés au milieu de la paix, commettaient quelquefois des excès que le sage général cherchait inutilement à réprimer. Une insurrection, toute redoutable qu'elle pût être en Vendée, inquiétait moins le pacificateur qu'un soulèvement en Bretagne, terre presque vierge encore de la guerre , et par conséquent pleine de force et d'énergie. Par suite de cette crainte , Hoche épiait surtout toutes les démarches de Cormatin -, il avait saisi plusieurs dépêches liostiles écrites de la main de ce traître. Bientôt on apprit que le i Breton était sur le point de se rendre à Bennes , pour s'entendre avec les principaux chefs de chouans qui s'étaient engagés à s'y rendre sous divers déguisemcns . Alors,
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Hoche n hésita plus , et Gormatin fut arrêté le 6 prairial. Aussitôt, les royalistes crièrent à la trahison, et saisirent Icars armes. Boishardi commença les hostilités; sa troupe fat dispersée , lui saisi et fusillé ] le chevalier Desilz, dans le Morbihan, ayant aussijevé Tétendard de'la révolte, fat vaincu et tué dans le combat. Ces deux succès arrêtèrent rincendie, et les rebelles , suspendant tout à coup leur attaque, résolurent de différer jusqu'à l'arrivée des secours que Paisaye annonçait avec bonheur à ses amis. En effet , cet homme était parvenu à captiver la confiance des principaux ministres de l'Angleterre ,* qui lui accordèrent quelques vieux régimens d'émigrés, et neuf antres de nouvelle organisation, parmi lesquels se ^distingnait un régiment de canonniers composé de déserteurs tonlonnais, et placé sous les ordres de M. de Rothalier. Puisaye, outre ces moyens militaire& , demanda de Targent, on lui en promit; il obtint en outre la permission de fabriquer de faux assignats pour une valeur de (rois millions. Connaissant le pays dans lequel il allait agir, Puisaye voulut aussi employer des moyens propres à agir sur les cœurs religieux , et prit avec lui Févêque de Dol en qualité de légat de Rome (i), ainsi qu'un bon nombre d'ecclésiastiques de moindre dignité. Le gouvernement anglais fournissait à Puisaye dix -sept mille uniformes d'infanterie , quatre mille de cavalerie , vingtsept mille fusils et une grande quantité de cartouches ,
(i) Nous croyons devoir donner Pénamëration des forces des émigrés faite par M. Rouget de Lisle , et publiée par lui dans son mémoire sur l'affaire de Quiberon :
Régiment d'aller villy. • • • laoo hommes, id. de Dresnay. . . . 7OO
id. d^Hector. ... . . 700
id. de Rothalier. • . • 600 Une brigade de 18 ingénieurs et 4^ officiers gentilshommes, des mé- <lccins, inlendans, trésoriers, etc., etc.; loo cheyaiix de selle et de iraii.
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soiunte-doiue mille livres de poadres en baril , et uoe grande quantité de selles, bottes , souliers, instrnmens de tranchée), etc. Pitt mettait en mer, sous les ordres du commodore sir John Warren , une escadre composée de neuf vaisseaux ou frégates , de six chaloupes canonnières, deux lougres et deux cutters.
L^expédition partit le 10 juin (23 prairial ) i70S , .sons la protection d'une autre escadre de quinze vaisseaax obéissant à Tamiral Bridport. Puisaye fit voile vers les côtes de Bretagne 9 el désigna la presqulle de Quiberon comme convenable pour le débarquement ; il espérait, une fois descendu i terre , chasser devant lui les républicains jusqu'au-delà de Rennes, se porter ensuite rapidement sar la Mayenne, et se lier avec Charrette, Stofflet et Scépeaax.
La flotte de Yillaret-Joyeuse rencontra le convoi dans les eaux de Belle-Ile. Nos quinze vaisseaux combattirent l'escadre de Bridport, et malgré l'héroïsme de quelques uni» des capitaines de la république , nous fûmes forcés de laisser au pouvoir de l'ennemi tAlexandrCy le Formidable et le Tigre. Après cette défaite,' qui eut lieu le 25 juin , le commodore Warren se dirigea sur la baie de Quiberon, et le débarquement commença le 27 juin. Les troupes royalistes campèrent à Garnac, où le chouan Georges €adoudal vint les rejoindre avec quatre mille vieux royalistes pleins de résolution et de courage. Ce premier renfort ne tarda pas à être suivi d^une grande multitude de braves paysans t en sorte que les royalistes se portèrent en avant avec toute la confiance des soldats qui se croient certains de la victoire.
Hoche n'était pas homme à les laisser avancer sans les combattre -, les troupes, disposées pour contenir la chouannerie , ne lui permirent pourtant pas d'offrir d'abord la bataille à ses adversaires. Il savait qu'un succès des armes royalistes nuirait beaucoup à la cause de la république. Il écrivit en conséquence à tous ses lieutenans j
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à ToQ il ordonna de défendre Brest jusqu'à la mort, à Faatre d'évacaer la côte depuis l'Orient jusqu'à la Vilaine^ iChérin, son chef d'état-major, de lui envoyer, en deux jours, six mille hommes et six pièces de canon. Par suite de c» dispositions, Humbert, Mermet, Dejean, Groublier leyèrent et réunirent les cantonnemens , tandis que le gé* néral en chef, ayec deux mille hommes, yint prendre posi- ' tion à Vannes, d'où il chassa les émigrés. Dès leSÔ, il se montra à une demi-lieue d'Âuray.
Si les émigrés eussent agi ayec vigueur et célérité, peutêtre auraient-ils battu Hoche , dont l'armée n'était point * eacore ralliée autour de son chef. Mais lesplus misérables qaerelles d amour-propre , de prédominance, agitaient d'Hervilly et Puisaye ; le temps consumé par ces vains débats les empêcha de s'emparer de toute la presqu'île de Quiberon, dont la possession leur aurait procuré de grands avantages.
Le 50 juin seulement , Puisaye visita son armée dont layant-garde , aux ordres du brave Yauban , occupait la position centrale de Mendon *, il annonça qu'on allait marcher en avant et occuper Rennes dont la prise devait, selon lui, frapper la république d*un coup mortel. Le 3 juillet ^ les Vendéens s'emparèrent du fort Penthièvre, qui, muni d'une bonne garnison, devait défendre lissue de la presqu'île. Mous pouvions croire que ce fort résisterait avec ^gueur, mais le commandant se vit forcé , dit - on , par le manque de vivres, à capituler sans coup férir. Pendant ce temps, Hoche, qui avait réuni une partie de ses troupes, se mettait en ligne , et déjà du côté d'Auray remportait "u avantage sur Tinténiac.
En apprenant ce qui venait de se passer, Puisaye, dans le conseil de l'armée royale, proposa, le 4 juillet, d'engager une affaire générale. D'Hervilly sembla se prêter à cette poposition \ mais il était chargé de rompre tousles plans du chef Breton , et quand celui-ci croyait qu'on allait combat-
tre, le S, il trouve d'Hervilly ordonnant aax troupes réglée», non de se porter sur nous , mais de reutrer dans le camp d*où elles Tenaient de sortir. En vain Puisaye demanda-t-il desexpHcalions^onrefusa de répondre^ cette étrange conduite lui dessilla les yeux-, il commença dès lors à comprendre qu'il n'étaitpas d'assez grande noblesse pour commander à de si nobles gens. Quand les insurgés virent la félonie du chef des troupes soldées, ils sentirent que le malheur n'avait rien appris aux émigrés^ pas môme à connattre le prix de ceux qui l'emportaient sur eiKx en valeur et en dévouement. Les monstres ! s'écriaient Georges et son ami le jeune Mercier, dit Vendée y tes monstres!... que la mer ne les a-t-elle engloutis avant qu'ils missent le pied sur nos rivages I...
Attaqués par les républicains , les royalistes évacuèrent les hauteurs de Sainte- Barbe, ainsi qu'Auray. Bientôt resserrés dans la presqu'île de Quiberon , ils éprouvèrent un manque de vivres qui contraignit les chefs à réduire les soldats à une demi-ration. Indépendamment de cette fâcheuse extrémité , la guerre intestine qui agitait sourdement Ips insurgés éclata enfin \ il y eut le parti de la vieille et courageuse Vendée et celui de l'émigration. La première demandait à grands cris une affaire ; Gadoudal , homme d'une effrayante audace^ las enfin des insolens dé« dains de cette fière noblesse , qui jusqu'à cette époque n'avait pas osé mettre le pied en France , s'écria : « Nous allons montrer à nos troupes réglées ce que nous pouvons faire: nous attaquerons cette nuit même l'ennemi dans ses retranchemens! D'Hervilly dut enfin céder à cette bouillante ardeur*, en effet, le lendemain, 6 juillet, Gadoudal et Puisaye marchèrent bravement sur nous. D'Hervilly, après une £aiible tentative pour les soutenir, se replia lâchement en les laissant écraser par le feu des républicains , au milieu desquels se trouvaient l^es représentans Tallion et Biad que 1^ Convcnlion venait d'envoyer à l'armée de Hoche pour
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sootcnir le courage de l'armée française, et annoncer rapproche de corps nombreux qui accouraient afin de défendre Rennes , que le comité de. salut public voulait sauver i tout prix.
Les Vendéens, réduits à la défensive par la défection de d^Hervillj, auraient dû se hâter d'élever des retranchemenst mais par un excès de sottise , ce dernier chef, qui semblait être le mauvais génie de l'entreprise, refusa de faire aider par les troupes réglées les chouans qui en toute hâte s'étaient mis à l'ouvrage. Ces derniers seuls augmentèrent les retranchemens du fort Penthièvre, en construisant de nouvelles redoutes à Kerostein. Puisaye, gardant au milieu du péril le calme d'un pilote habitué aux tempêtes , résolut de jeter sur la côte ses plus braves chouans , qui, avec les royalistes de rintérieur du pays, durent attaquer par derrière le camp républicain de Sainte - Barbe. Il chargea de cette importante mission Tinténiac , Jean- Jean et le comte de Lantière. Le 15 juillet^ le brave Sombreuil, avec qoinze cents soldats , débarqua dans la fatale presqu'île où il devait essuyer une défaite si glorieuse, pour lui. L'arrivée de ce renfort sembla rendre quelque courage aux royalistes de l'émigration , qui se décidèrent à aborder lés républicains. Ce combat fut une horrible et sanglante boucherie ; une partie des che& royalistes y fut tuée , et d'Hervilly Ini-mème mortellement atteint. Les émigrés perdirent beaucoup de monde et la presque totalité de leur artillerie. L'attaque du camp de Sainte-Barbe ne pouvait réussir sans Tintenîac \ les émigrés s'étaient complus à semer mille petits obstacles sur le chemin de ce jeune officier, et le forcèrent à feiire un détour immense. Ils voulurent qu'il s'emparât de Jousselin , ce qui n'était aucunement nécessaire. Malgré ces dangereuses contradictions , Tinter oiac obtint d'abord des succès. Il battit à la Trinité une colonne de quinze cents républicains. A peine établi à Coetlegon, ses avant-postes furent attaqués. Aux prc-
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miers coups de fusil , il accoarat dans l'allée du chAteaa, accompagné de Mercier^ 'Allègre et de Georges Gadoudal; avec le secoars de ces braves il parvint à repousser les républicains , mais apercevant un grenadier posté derrière une haie, Tinténiac lui ordonna de poser les armes ; pour toute réponse le républicain le coucha en joue. De son côté, Gadoudal ajustait le soldat : les deux coups partirent et les deux ennemis restèrent sur la place. Ainsi périt A la fleur de Tftge une des plus belles espérances du parti royaliste. Le chevalier Tinténiac avait toute l'énergie et tout le talent nécessaires pour seconder et faire réussir Tattaque projetée par Puysaje. Pontbellanger, qui succéda au jeune Vendéen, au lieu de marcher sur Baud pour tomber sur les der rières de Tannée de Hoche, se dirigea sur la forêt de Lorge. Avant de mourir, Tinténiac avait fait part à Puisaje des succès qu'il avait obtenus , et lui annon^it qu'il serait prêt A agir au moins le 16. Puisaje, se fiant sur cette parole, fit une nouvelle agression contre Hoche ^ mais n*entendant pas le feu s'engager de l'antre côté du camp de Sainte -Barbe, il replia ses colonnes et rentra dans la presqu'île. Alors les émigrés semblèrent attendre, sans rien tenter pour la prévenir, la catastrophe qui les menaçait. Bientôt la désertion se glissa parmi les régimens soldés , dans lesquels on avait imprudemment admis des soldats républicains , long-temps retenus sur les pontons anglais comme prisonniers de guerre. Enfin , Hoche , fa- ▼orbé par la trahison et plus encore par son audace, attaqua le fort Penthièvre et s'en rendit maître. Cette dangereuse expédition , dans laquelle nous pouvions périr jusqu'au dernier, fut dirigée avec une fermeté, avec un courage et une persévérance admirables par les chefs républicains, que guidaient les renseignemens du volontaire Pavid , qui avait reçu une injuste et cruelle punilion pour avoir tenté de s'évader de Tun de ces affreux pontons où Pitt faisait mourir nos malheureux compa-