VI. a
870 RivOLUndll nANÇAUBi
dans œtte partie , il défendait les propositioiis de Btmel oontre rignoranoe et la passion des ons^ ainsi qoe eontre les refi» sjslémaiiqoes des antres , qui suivaient la même marche que les opposaos abattus parle 18 fructidor. C'est alors qu il s'écriait dans une espèce d'inspiration : « Arec le système d'administration actuelle , avec l'esprit qui dirige .le Corps législatif, et particulièrement le conseil des Cinq-Cents, il me paraît impossible de soutenir la répa* blique.» L'oracle était précis et sûr, mais il ne fallait pas ajouter avec cette imprudence , qui soulève les esprits et renflamme les passions : «c Je crains plus les Russes qui sont an Corps législatif, que ceux qui sont sur nos frontières.» Au lieu d éclairer, de convaincre et de ramener ses fouguenx adversaires, qui se trompaient de bonne foi et voulaient ardemment le salut de la république , le violent orateur ne faisait qoe les aliéner et dccréditer ses paroles. Aussi ne le croyait-on pas , et l'on se jetait de plus en plus dans l'exagération, dont il prévoyait et craignait les funestes suites. Le Directoire tout entier, le Directoire uni par des liens indissolubles , aurait eu peine à soutenir un pareil orage ^ Merlin etLaréveillère à moitié trahis ou abandonnés par Sieyes et Barras, n'osant compter que faiblement sur Gohier^ qui sympathisait davantage avec les révolutionnaires du conseil des Cinq*Cents , n'avaient pas les-moyens de résister. Sur ces entrefaites, des membres du conseil, attachés au parti du Directoire , vinrent solliciter Laréveillère , au nom des dangers que courait la république , au nom de son propre salut menacé par des furieux, de donner sa démission. Cet honnête homme, alors méconnu des patriotes, comme il l'avait été de l'injuste Carnot, devenu réactionnaire, essaya d'abord les moyens d'éclairer ses anciens collègues sur les fatales conséquences du succès de leur aveuglement, et répondit enfin avec douceur à leurs nouvelles instances : « Mes fonctions me sont à charge-, si je me suis obstiné à les garder jusqu'ici,
c'est {Mtrcefoe je tohIus opposer une barrière iMannoB-^* fable aux laotions; cependani si vona erojier ^e ma vif* nsiance tous eipoee à des périls , je Tais me rendre f mais îe tous le déclare , la répablîqae est perdae» »
lieilhi et LaréT^Hîère. donnèreBl lemr déibissioii dans] la nuity et se retirèrent ^ Tan dans son eabitttt , pow j. deveiir Tcrracle de la législation; r««tre poar montrer dans la vie privée le modèle de tontes les Tsertos que 1» liberté demande à ceux qui veulent 1» consennOT. Gont»» gieusa eomtiie m mautais «xemple, la faiblesse de Treiikard semblait avoir toftt perdu; mais ni l|erlin^ ni Barras^ ai Sieyes, ni âoenn homme akws en France n'était capable desaurer la république; elle arait été frappée an cœor le 0 tkermidor , et maintenant elle était tombée 4ans nné langoenr mortelle , seulement elle allai! périr ph» tôt et dans nn état misérable, grâce aux errenrs des conseils^ i l'avengleiMttt des patriotes^ et i la mauTaise composition du Directoire , mutilé â son tonr comme il avait mutilé les deux conseils an 18 fructidor. Le général Moulin , homme honnête et dr<Nit, sincèrement patriote^ mais sans talent; Roger-Ducos, Tan de ces gens de bien dont on fait tout ce qu'on veut parce que leur droiture n'est pas son* tenue par le caractère^ et que leur esprit manque de portée^ remplacèrent au Directoire Larévellière éC Mer» Un« Kejes qui préparait ses voies et ne voilait pas d'opw poéitioBy Barras qui espérait dominer à l'aide des deux Aoùveatlx élus qu'il tromperait, et dé Gohie^ qui étafrt doué d'une imperturbable confiance, quelques brouillo&s, quelques petits ambitieux des deux conseils qui se flattaient de l'espoir de gouverner sous le manteau d'un directoire de leur choix, concoururent à ces deux élections misé-' l^dMes, éi qui amenèrent évidemment la décadence du parti patriote et la perte du gouvernement. Phis àveù-' ^t q[tiè (otis ces hommes; malgré la supériorité dé ^U espirli à cèrlàib» égards, te prâtômptuetlx Siéyeit
872 névotOTiON fiançaise.
croyait gooTerner seul la répnbliqne \ il comptait bien aussi triompher de Barras en lui substituant an général Yictorienx, que sa jeunesse rendrait docile aux conseils et au vouloir du législateur de la r^ublique. L'instant n'est pas loin où il sera relègue lui-même sans bonneur dans les dMcuES emplois d'un sénat conserrateur qui ne conservera rien^ pas mfime le citoyen Sieyes , qui voulait être le grand électeur de la république et absorber le vainqueur delltalieetde 1 Orient.
C'était le Corps législatif qui venait de prendre sa revanche dans la journée du 30 prairisl et dans Téleetion des nouveaux membres du pouvoir exécutif^ c'est aussi son esprit qui parut dominer dans la marche du Direc* loire. Joubert , auquel on imposait in-petto la condition de quelque grande victoire avant de l'appeler, comme nous l'avons dit, k couvrir de l'éclat de son nom et dé son influence sur 1 armoe les changemens politiques médités par Sieyes y fut chargé de remettre l'armée d'Italie dans la voie des triomphes. Ghampionnet, dégagé do ses fers, reçut le commandement d'une nouvelle armée que l'on voulait former derrière les Alpes. Il en était de même pour les choix au civil : en rendant les plus grands services, surtout pendant la transition si difficile du papier-monnaie au numéraire ^ Ramel s'était attiré de nombreux ennemis, autant par sa juste sévérité que par ces iniquités que lesgouvernemeps setrouvent réduits à faire, quand le salut de Tétat semble compromis , et ne permet pas le choix des moyens*, on ne voulait pas partager la responsabilité morale de ses actes, et lespèce de réprobation dont il était frappé, malgré la plus exacte probité personnelle. En conséquence, on lui donna pour successeur un autre conventionnel, Robert. Lindet, qui s était fait une réputation d'administrateur au Comité de salut public. Il eut la plus grande peine à se charger du portefeuille des finances* TalJeyraud, avec sa prudence ordinaire, se retira devant
CAMbACÉAÊS HlMf&nB S7S
Torage fttiscité par les patriotes contre les régulateurs de notre diplomatie , et fit nommer à sa place le citoyen Reinhard, dont il connaissait la portée d*esprit, et dont il n'avait rien à craindre, si l'occasion se présentait de re« monter au pouvoir. Gambacérès, que l'affaire de Lemattrc avait écarté du Directoire lors de la première nomina-* tion, et qui avait d& reprendre son cabinet d'avocat y parce qu'on le laissait en oubli, Gambàcérès, que j'ai vu si joyeux d'avoir obtenu les suffrages des patriotes dans le corps électoral de Tan VI, où il fut nommé en même temps que moi député de Paris, avait été remis en honneur par cette élection tant désirée dont il sentait toute importance pour son avenir, obtint le portefeuille du ministère de la justice , résigné par Lambrccht alors malade. Le directeur Gobier se félicita d'avoir pu porter à la police générale son ami Bourguignon , jurisconsulte éclairé, patriote honnête et sincère, qui avait beaucoup plus de capacité que ne semblaient l'annoncer son air simple et quelque chose d'emprunté dans toute sa personne. Fouchéqui, sentant son propre génie, convoitait déjà la place de Bourguignon, accepta, en attendant, le poste d'ambassadeur à La Haye, qui le relevait d'une disgrâce. Il s'étayait alors de la faveur de Barras *, il avait encore obtenu l'appui de Moulin et de Gohier, qui croyaient servir en loi un ardent patriote^ et d'un autre côté, pressentant de loin la révolution nouvelle qui ne pouvait manquer d'éclater avec un homme du caractère de Sieyes , il s'était ménagé l'assentiment de ce directeur, qui se disait tout bas en voyant ce Hazarin au petit-pied ; « Voilà mon ministre de la police « j comme il avait dit en parlant de Joubert : « Voilà mon général. » Personne ou presque personne alors ne fit attention à ce manège, qui me frappa beaucoup et dont je vis clairement toutes les conséquences. Ces cbangcmeos à peine opérés, les conseils se oroyaAt W (éçurité Yjs-à Yis du Directoire, sf^mprcssèreot do M
.874 RÉvotcxioii FlumcâiSE.
remettre entre les mainstouteslesressoarees delà Fmee, dont la situation Tenait d'êlre exposée sous lents yénx dans nn message éloquent de vérité. C'est diuù queSar le rapport da général Jonrdan » interprète de la commissioa des onze^ au lien de deux cent mille iKMimiei à prendre sur le» différentes classes de la conscription , la Directoire fnt autorisé par un décret à les appeler toutes à la fois ; c'est ainsi^ qu'an lien des impôts proposés par rancîen Directoire et repousses avec tant d'actamemèiit par les deux oppositions réunies^ on accorda au nouveau gouvernement un emprunt forcé de cent millions. Jonrdan servit encore 4'organe à la proposHioa de cette mesure. Conformément an système des patriotes/ naturellement portés i faire peser siir les siches la plus grande partie des charges de Tétai» la taxe, de proportionnelle qu'elle était, ieffini progressive. Les principes ré vointionaaires triomphèrent aussi dans l'adoption de la 1<H des otages : voici les motib graves et malheureusement trop entraînans qui déterminèrent cette terrible résolution. Depuis qoetqaea mois de relâchement dans le pouvoir, et à la faveur des dissentioas élevées entre les conseils et le Directoire, la plupart des villes du IMidi étaient désolées par d*affreox excès. On j égorgeait partout, aii»i que dans les campagnes , (es patriotes, les fonctionnaires publies et les acquéreurs de domaines nationaux. En même temps, les grandes routes, infestées de brigands, n'offraient plus de sûreté pour les Toyageurs , malgré les escortes de soldats platcés sur le haut des diligences. Ces bandes de brigands et d'assassins se trouvaient pour la plupart composées de conscrits réfractaires» de chouans, de Vendéens et des membres les plus gangrenés des compagnies de Jésus et du Soleil. Les amis do h république , attribuant tous ces attentats au parti contrerévolutionnaire, et croyant en tarir la source, voulurent rendre les ci-dévant nobles et les parens d'émigrés responssUtes des excès commis au Wm du royÉliimé'. De %
LOK BSS OTAGES. 378
toates les rigaanrs personnelles et financières que Ton emiNTunta au gouvernement du Comité de saint pabiic, comme si le temps permit encore de recourir à. des armes pareilles, et que Topinion, encore tremblante on furieuse sa sonTenir de la terreur , pût rien supporter de ce qui tendait à la ressusciter parmi nous. L'erreur était grande; car les hommes mêmes qui proposaient ces remèdes extrêmes auraient tremblé au moment de les appliquer, et reculé surtout devant les conséquences du régime quil aurait fallu adopter pour les rendre efficaces. Les patriotes de répoqee- commirent une faute énorme, qui contribua singulièrement à la ruine de leur influence.
S'ils méconnurent alors Tétat des choses et la mesure de leurs propres forces» on leur doit au moins la justice de dire qu'ils adoptèrent aussi pluneurs mesures sages en ettesHDSftmOf mais qui n^étaient qne de vsias paHiatilii. Oestiaés i modérer la puissance du gonvernemenl, ils ne ponTsiest contribuer en rien au saluf de l'état*, yoîci les dispesltiMS prites par la juste jalousie et par la prévoyance des eoAseils. Pour prévenir le retour du scandde des sdssiens cmiimaiidées par le pouvoir, on mit les élections sens la sauve-garde d'une loi qui punissait toute entreprise de C0 genre comme un attentat à la souveraineté du pen* plev 4n interdit au Direetiâre la faculté de faire entrsr des troupes dans le rayon constitutionnel sans l'autorisa* tion du Corps législatif, comme aussi de destituer arbitrairement les officiers , de fermer les clubs au gré de son caprioe, et de déléguer à ses agens le droit de lancer des aûndsts d'arrit. Par une décision qui avait pour but de remettre la ^bité en honneur, les conseils décrétèrent qu'sueon fonctionnaire quelconque ne pourrait être fourabseur ou intéressé dans les fournitures. Si l'on ne parvint pas à affranchir entièrement la presse par une loi qui en^r^lftt les fraùdiises» l'article de h loi du 19 fructidor, qui peanettait au Directoire de supprimer les journaux,
970 RËV6tCtI6N rilAWÇAISB.
n'en demeara pas moins aboli, c'est- i-dire qne les écri* Vains périodiqoes recouvrèrent de fait toute leur iudépendauce.
Tout semblait remis en ordre et raffermi, mais rien ne se troarait changé' dans le fond des choses, et la France était M malade, le goarernement tellement ébranle, Tinténear avait été travaillé avec tant de persévérance et d*babiletc par le parti royaliste , ce parti avait si bien profité des malheurs publics pour rendre la république odieuse, i*adminUtration avait tant d'obstacles à vaincre, les partis en étaient venus à un tel degré d'irritation, que les plus grands succtfs militaires n'auraient fait qu'igoumer la ruine dn régime constitutionnel , violé d'ailleurs tour à tour par les deux pouvoirs que leur devoir et la loi lui donnaient pour gardiens* Néanmoins les nouveaux directeurs et lenrs ministres se mirent à Tœavre , comme s'ils avaient eu la plus ferme espérance de réussir et de sauver la chose publique. Aux prises avec une situation d'autant plus difficile, qu'ennemi des remèdes violens, il n'avait pas^ comme Ramel , l'imperturbable sang-froid qui ne s'émeut pas un moment des manques de foi d'un gouvernement , Robert Lindet prit des mesures de conciliation, auxquelles le portait la nature de son caractère et de son esprit , parfaitement d'accord entre eux. Il eut recours aux principaux banquiers et commerçans de l'époque, qui prêtèrent (leur signature . et leur crédit au gouvernement, en formant un syndicat, dont les billets avaient pour hypothèque les impositions, au fur et mesure des recettes. De son côté, Bernadette, secondé par le zèle ardent de tous ses employés , travaillait sans relâche à réorganiser une armée, surtout à faire cesser le dénûment des troupes qui était extrême. Soigneux de cuiliver sa popularité , il adressait aux fonctionnaires, aux armées, aux généraux, des proclamations brûlantes de patriotisnie et d'énergie républicaine, attribuées à Rousselin- ^i;ilAlbia> «dora a^rétaire^générai de l'adraimstration i^
EOTrre. S77
la guerre ^ais ee langage qai plaisait aax citoyens n'avait plus la mAme inflaence qa'au temps où chaque appel du gouyernemeot remuait le peuple tout entier. Jamais je n'ai mieux senti que ces paroles sont comme une monnaie de circoostaoce , dont Topinion fixe le titre et le poids, et qui augmente ou diminue de valeur suivant le temps où elle a cours.
Le ministre de la police » Bourguignon , veillait nuit et jour sur les menées de lintérienr. Les patriotes avaient confiance en lui, comme dans un honnête homme incapa ble de les tromper et surtout de leur dresser des embûches; mais il avait beaucoup à faire pour couper la vaste trame ourdie par les royalistes dans tonte la France , avec une audace et une persévérance peu communes. L'une de ses plus fatigantes occopationséiait le soin de rassurer chaque jour le directeur Sieyes, qni se croyait sans cesse sur le point d*êfre assassiné par quelque démocrate. Plus on cherchait à le détromper, en réduisant ses prétendus dangers à leur juste mesure; plus il s'obstinait dans sa terreur, poussée au point de rendre Gohier et Moulin suspects à ses yeux , presque comme des complices des Jacobins.
Pendant que nous faisions en France un malheureux et dernier essai du gouvernement constitutionnel, qni courait a sa perte par une foule de causes trop connues, Fhomme déjà rappelé de tous côtés par Topinion publique , s*oceupait d'adiever la conquête de lÉgypte , et d*y établir notre puissance , grftcc à un mélange de force qui impose , de sagesse qui concilie, et de cette vigilance * toujours prête à prévenir le mal ou h le combattre. Il n avait qu'à B'applaadir du succès de ses travaux , mais la Porte ottomane venait de nous déclarer la guerre ; cette nouvelle, répandue en Egypte par des émissaires envoyés de Syrie, excita une fermentation générale dans le pays. Le chef des croyans étant devenu notre ennemi, le peuple ne nous regardait plu» ^ue conowe dca obieos dlnfidoles , qne Dieu
!B>n REVOLUTipiH FRANÇAISE.
ordoqpaît id'extçrminer, A il^bri 4» libre vst&tcU^M b ifligion, et pendapt qHdJMuipaftf». tétait au. ivîwk <}aîi^> IfV^mécoQteiis expit^r^ptimci rebelliciB.' Le géséfatAupuy, gouverneur de, la ville, U Poloaais Sulkowtki, aHe-de* pemp du génital w <^> 4( l'uiie des flm grande» espérances de Tarmée, furent égorgés avec troil oenta t^M^rts. A cette nouvelle, le sultan Kebir (sultan du feu )f e'était i^ nom 4oiuié à .Çonapatte (lar les Orîentaus, eourt àJa fengesince, pénètre diaes la ville par la.porteBoaleé, àla tôt^ de ses colonnes et 4e nptire redoutable ertillef ie^* Qeoique si^r 4e i'ei^parter de.Mie foros^ il eifre en ^k<mux pard9n. aux révolt^^niMiis^WïUarfefos'de'hH^e t>s»4es armes^ nps soldi^ti t'avaient isivae phisi^ec» pîèceirde'ealions. J^mégés dans leet» tewplesy les lévettés lirat un fou terrjbl^. Les mosq^es sont enssilM «ofMieées^im çomliat terrible s'engage eptoefes asaiégeaneet keesniégés. J>eji b^tterieis.pl^es snr dlICârentei liMUenés et le oanon 4e lii oitadelle 0rent »ic la ville» foudiroîentMleiq»|rtieê des rebeiieif ainsi que la grande piosquée. AlofS: les ebéiîft et les.priiiCJipaux.4^ Gairei viennent implorevia généresu^é des vainqueurs et 1^ elémeiipe deJRoAsqparte. Upsperdoftgénéral >est accordé à la. ville , quelques sokeiks «eulemeitpiiient poi^r.les QOQpaUes.^. V^m le Gatre^ dépoinîUédeilOB divan^ se voit assvijéti à la seule autothé militaire ^ et mie dans xni^ tel état de défense qu'an seul bataillon saiffiasHft popr IIL0U4 meittre à Tabrî desjnouvemens sMittengDd'^inepopu* lation nageuse et redoutable^' . '
La piiix 4e ri&g;pte infédente étantessorée y ^Be^aparte çnjvojalegénéjrnÎBontà SuezavecquiBi^e oents benameç? il partiltbijBBt6M«H*in$Biê afioen^pagné d'une partie de'S(>n état-«niajori de Moiigeirde'BerlboUQl, de Gostasy de Boorienne ; arrivai Suéi) il reee^natt'laeOte et la ville qu'il Iptit ^fortifier. Le 6 nivôse il pease la mer Ronge à pieds.^çcs. el va visitçT: les sonre^ deHeEsev^^mtour, tarpria par la naît et la marée montante ^ U ept prts de
périr comme le Pharaon de la Bible et ne paryient. qu'avec la phis grande peine, à sortir de ce danger. ;*Aprè6 AToir rendu plosieurs décisions iaTorables i^ax GOQimer<^e^ il quitté Suez pour s'enfcincer dans le désert , i\ y trouve les restes du canal de Sésostris qu*il suit pendant plusieurs lieues, et dont il ordonne à l'ingénieur Peyre de faire le lever géotnétrique et le plan tout entier*, rancienne commanication de la Méditerran^née avec ta mer Rouge est retrouvée; il pense à la rétablir et se voit déjà maître du commerce du monde.
De retour à Suez , Bonaparte appreiid i|ue la Turquie se préparé â'Ianeer deux armées contre nous, Tune d^ débarquer sur le rivage d'Àboukir près d'Alexandrie;* Ta titre venir nous attaquer en traversant le désert qui sépare l'Egypte de la ^yrie. Aussitôt il se décide i prévenir les ennemis en pénétrant lui^-même dans cette province v tt avait formé des intelligences avec les peuplades du Liban 5 les Droses autre peuplade chrétienne^ des musulmans schismatiques lui offrirent leur secours*, il pouvait trouver un jour dans ces alliances une armée très considérable , mais nous devions avant tout nous emparer de la Syrie \ en conséquence , après avoir pris ad' Caire toutes les dls*positions nécessaires à la garde de lÉgypte , pendant son absence , il se met à la tête de dix mille, fantassins commandés par les généraux Kléber , Reynier, Lannes, 9pii , de la cavalerie française et de plusieurs escadrons de dromadaires f aux ordres de Murât , de rartillerie confiée à Dammartin , du corps du génie conduit par le brave et ' savant Caferelli. Bientôt El-Ariçh et son château sont tombées en nôtre pouvoir*, une marche de soixante lieues i travers les déserts et au milieu de beaucoup de souffraur ces, nous conduit à Jaffa, l'antique Joppé ; cette ville ne résiste que quelques jours à la furie de noâ soldats indi«gnés de l'assassinat d'un parlementaire, envoyé ps^r le gétkéi^rèn chef) ime réadluUon terrible, eélle de maasaerer
SfiO AÉVOtirriON FRANÇAISE.
quelques mille prisonniers qu'on ne pouvait envoyer &k Egypte , est exécutée à regret et même avec qdc sorte d'effroi, par Tarmée conquérante. Pendant notre séjour i Jafia, les premiers symptOmes de la peste se manifestent » et causent do grands ravages dans Tarmée qu'ils remplissent de consternation et d'épouvante ; là Bonaparte» se souvenant de ses devoirs de général en chef, va visiter les malades , les console , touche lears plaies sans hésiter, et ranime tous les courages. Non moins intrépide encore, le médecin en chef Desgenettes s'inocule la peste, qu'il déguise sons le nom d'une autre n^aladle^ pour guérir d'abord le moral des soldats atteints par le redoutable flcau.
Maîtres de Jaffa, de Kaiffa , victorieux de tous les corps ennemis qui sont venus attaquer nos colonnes , les Français arrivent enfin devant Saint- Jean d'Acre (l'ancienne Ptoiémais).
Bonaparte, qui sent Timportancede la prise decette place et la nécessité de s'en rendre maître avant qu'elle ne soit secourue par les Turcs, fait ouvrir la tranchée -, mais Sydney, arraché du Temple à prix dor, et sur un faux ordre du Directoire, nous a enlevé une partie de notre grosse artillerie, avec trois bfttimens de 1(( flottille du contre amiral Perrée; nous n'avons que quelques pièces do siège et un certain nombre de pièces de campagne. Les boulets nous manqttcnt*, mais Bonaparte, par une invention prise dans h connaissance du caractère français , propose une prime à chaque soldat qui apportera l'un des boulets que l'amiral anglais et Djezzar nous envoient, l'un de sa flotte embossée non loin de la plage, l'autre des remparts de la ville d où notre propre artillerie, remise au pacha par Sydney^ Smith , tire sur nous. Nous tentons un premier assaut , nous gommes arrêtes par une contrescarpe et un fossé ; j^lors riogénieur Samson lait pratiquer la mine sons le feu de (gus lç$ remparts. Yipgt çipq grenadiers mont^et à vu
siicn M Mm^MM d'aisre. 88t
second assaut, leur chef tombe mort ; deux bataillons wàr-^ viennent y le feu continuel des Tares et la mort da com« mandant Laogier font encore manquer cette troisième tentative, ou nos soldats avaient déployé ia pins rare intrépidité. Cependant, aprbs d'incroyables efiorts» lesfratt'^ tais, soutenus par la présence de Bonaparte, sonC)Nirvenua sur la brèche ; na moment Talarme répandae est tèlla que Djasiar prend le pairti. extrffme de s'embarquer \ tt* venuL de sa frayeur, et secouru par les Anglaîs , il se ba-* sarde à une sortie générale, et se fMt rejeté dans la place avec une grande perte. La leçon doiinée au paeha était forte-, le général français vole au secours de la division Kléber qu'il avait envoyé à Nazareth avec la mission d'observer les Turcs accourant de Damas pour nous faire lever le siège de Saint- Jean d'Acre. Parti le. 15 avril et arrivé le lendemain sur les hanteun, il déoonrre Fouli, lo mont Tbabor , et aperçoit son intrépde lieutenant qui , avec trois mille soldats , résiste i Tarméè turque dont il est environné. Douze mille cavaliers se sont élancés couf tre Kléber et sa petite phalange ; mais conservant tout son sang- froid , il a ouvert le feu à portéo de pistolet et formé ainsi devant son front un rempart de cadavres dhommes el de chevaux. A cette vue, Bonaparte range ses troupei^en trois carrés , se porte avec deux pièces d artillerie, légère sur le camp des Hamelucks; lai deux colonnes dio&nterie marchent pour tourner reni^emi , à une demi-lieue du champ de bataille. Bonaparte envoie aussitôt le général Rampon à la tête de la 32^, qui doit, en prenant lennemi ea flanc et à dos, soutenir et dégager Kléber.Lo général Ti^l se dirige avec la 18^, vers la montagne desNoures pour forces les Turcs à se jeter dans le Jourdain, en même temps que les guides à pied s'élancent au pas de course sur Jenin , pour leur couper la retraite sur ce point.
Au moment du départ des différentes colonnes » le gé». aérai en chef fait Urer un coup de canoa : « C!es( Boaa-
parte ! » if icrtent Isa «oldtto. À ee rignal ^ KiAbor fntte la défensive > enlète Fouli à la baioDDette , passe aa fil de Tépée tout ce qu'il rencontre , et marche an pas de duoge sur la cavalerie ^ qui est aussi attaquée par la colonne de Bampon, cotipée vers les mcmtagnea de IjlaploiHie par Yial y et *fiiamée vers Jehin par les guides à pied. En iio instant^ la plaine n'oifre plus que les débris d'une armée en fuile* Murtit, de sonjeOté^ avait parfaitement rempli les iaUntîons dà général en theL La bataille dn mont Thabor nous liTre tons les asagasiiis des Tures^ leur camp , les trcris queues du pacha ^ un butin immense et quatre cents dMrôeaux^
Bonaparte rentre an camp de Saint-Jean d'Àere^ oli il apprend que le contre- amiral Perrée vient dedébitfqner à Jafla neuf pièces de siégé et des munitions. Les travaux du siège recommencent avec une iodomptabie énergie ^ les assauts succèdent aux assauts. Des prodiges d^audaee et de valeur de la part de nos soldats produisent une résistance désespérée. Le 18 floréal^ une flotte est signalée; elle apporte aux assiégés des vivresr, des munitions et un renfort de troupes considérable. Bonaparte veut pi'évenir ratrivéê de Ce secours ^ de nouvelles attaques tout ordon* nées *9 eliès réussissent^ en nous cotMant beaucoup de sang. Une brèche paraît praticable *, Bonaparte oi^onne Tassaut; on s^étance : nous sommes déjà dans là place ^ mais l'enn^toii revient avec fureui^, on se bat corps & corps. Malgré les e^rts réunis de Lannes et de sa colonne, les Turcs l^prentient la btëche -, ce général a reçu une grave bles- Mre ', le général Rambaud et d'autres officiers supérieure sont tués. En outre, reÉhemi vient de débarquer des troupes. La retraite devient nécessaire : Bonaparte ne cède point encore'^ il ordonne un nouvel assaut ; inais la garnison , les matelots turcs , les équipages desr vaisseauji anglaflè j tes habHanè excités par leur- présence , une A>rwiMÀef artftterié Jffaèée sur lear reifapartë ^ lié rëûniisenf
eaatTù mmâ \ il fiiut encore recalef j Enflé de «es soocài ^
TeniMoii iftittti|6;9QrUe générale s il .eit nigoveuiemenft
repoussé; ce succès ne nona rendra pas Inatfar^^^l4
placoi Penéant ce tonpsy la peste réécMmenfait ses ^â-*
tages^: la«B^e-JÉgypte#'însargeftil de^pi^die en {woehe ^
on annonçait Tariivée d'one^acinée lftn|MjrafskrboQohei
dn Nllv Bampartôdotenfinfrenonccrtà une «ilie qns aa«r
aTail*déjà'ColHé slctier > et ,qne nous «e powrions eipérè^
dé oonqni^iri Bonapairte'» décida nBa. k Inrorie^iége^
mais, avant de partir vil fil; des adimai terribles à ia lâUè
qiiiaT4tiré»s(éàaesi,annj^ L'arliikmtfrancaisajF ifnnnt
la deitractièo et la «fori ^ eA ne laissa subsister de StimU
Jean. d'Aore que .des monBUeBrrœTersées et des rinnet
funmfQtea* ProJandémeni affliger, d'un .revers ^ donA il
sentait tontes les '\ eens^neâces > - ftdnape^e ^ disait ,
(» pariant de Stdnejri;<c<eet<bMinMS ma lajl anabqner
ma Ibrtanei! » Yoiei reoq^iealîoftde.ce mot si étonnant
dans, cf^ui dont la inrtune s'éleva si . haut , après son
retonf d'Egypte* BâTaLd'Aljexàndre, ..ei ceneeirant- des
projets phisgigantestjpies eacote que ceux, du bérea de k
Macédoine , il voulait s'emparer de l'Orient^ revenir par
CoDslaiitinopIe> et pren^ve FEnrope k revers pour arriver
à Paris après avoir changé la ftoe du 'mondov Arrêté dans
de si vastes desseins par l'échee deSainl-lemi d'Acre)
fùrce lui fat dé se borner^ pi>ur 4e monient; à la céaserrah'
lionne VÉgjpte: Dans sa r^raite/ Btmaparte fit sauter. les
fortifibalfons de Jaffa« Ne pouvant éVabiMr la grande ami
bulanbe de pestiférés qui se trbuvâit^ns cette tiUe/ik dit
avec douleur i Desgcneltes'l « tt serait phia bvmàin de
donnes de l'opium à ces tnàtbèurenx ^ que dé les exposer
àmoiirirdé lapeste ouégor^s par titi ennemi féroce* -^
Mon métier y répondit le médecin / est* de guérir et non
de taér. >J Telle est la dréOtistance qui a fourni au eaM^
itet britannique le sujet d'une détioiiclation caionlnieuik)
contre Bonaparte > comme coupable d'avoir empéisottliè
ses propres soldats. Cette calomnie, assez tong^-teaqps iriompfaaDte, n*est plus aujourd'hui qu'une faUe tombée dans le mépris»
Le retour par le désert hX pour nos soldats une épreoye terrible» et pour Bonaparte une occasion de déployj&r toute k sollicitude et toute la constance d'us général qui Teille sur ses soldats avec un cœur àc père, et les soutient par d'hértfiqoes exemples. Mouge , d^à vieux , se fit remar'qner par son courage; mais sans les soins que lui prodignason ami, le savant Bertliollet, il serait mort dans le désert* Notre retraite fut sigualée par le ratnge des TiHes et des villages qui avaient ^ttaqné ou trahi les Français) par rinceodie des moissons, par la destruction de tout ce qui pouvait offrir des ressources à l'ennemi. ' iPcndant l'expédition de Bonaparte en Syrie , les partidans de la domination torque avaient répandu le bruit qae le Sultan de Feu était mort et son armée détruite. A ces fausses nouvelles , rinsurrcction , qui couvait toujours en secret dans le cœur des Musulmans, si habiles à dissimuler teurs mauvais desseins jusqu'au moment de rexpiosion , avait envahi le I>elta. L'ange Eiroody, imposteur plein d'audace, que suivait d^à une grande foule d'insurgés, fut tué à Damanhour, dont il avait fait égorger la garnison. Cet exemple dissipa les insurgés et rétablit le calme éush notre conquête, mais pour peu de temps. Nous avions fait une admirable campagne et remporté de toiUans succès ; mais ils avaient abouti à un échec devant une bicoque de Syrie *, il fallait dissioiuler ce revers. Bonaparte accoutumé , comme tous ses pareils , k s'emparer ^es imaginations, célébra , an Caire, ses victoires par des fôtes magnifiques, qui le firent regarder des peuples comme liavincible épée du prophète. Mais il ne pouvait tromper de même ni l'armée qu'il ramenait , ni ses généraux indignés d'avoir vu prodiguer inutilement le sang de tant de br^v^ soldats. P ailleurs i les Français, dans leur exil;
BATAltlE D'aBOUKIR. 88S
étaient atteints de ce qu'on appelle la maladie du pays; les officiers les plus brayes étaient repris de ces accès de découragement dont ils avaient ressenti les effets dans la première marche d'Alexandrie sur le Caire : la France l la France ! était le cri général. On dit môme qu'un jour l'armée voulut s'emparer des drapeaux au Caire et marcher sur Alexandrie pour s'embarquer.
On était sans nouvelles de l'Europe et de la France ^ seulement on savait ^ par des bruits confus, qu'une noàvclle guerre avait éclaté sur le continent. loquiété par des rumeurs qui, quoique vagues, prenaient chaque jour une nouvelle consistance , Bonaparte s'attendait encore à une nouvelle lotte avec les Ottomans , obstinés h reconquérir l'Egypte où ils espéraient nous ensevelir jusqu'au dernier.
En effet , le 12 juillet , l'escadre anglaise , commandée par Sydney-Smith, portant à son bord l'armée turque, aux ordres de Mustapha-Pacha, vint toucher dans la rade d'Aboukir. Le 14, à la réception de cette importante nouvelle, Bonaparte écrivit à Desaix pour lui donner l'ordre d'évacuer la Haute-Egypte , où il avait assuré la paix par la victoire décisive de Sédiman ; à Kléber et à Régnier, qui occupaient le Delta, de se rapprocher d'Abou^ kir. De son côté, le fameux Mouràd-Bey, apprenant aussi le débarquement, voulut venir se joindrfs aux Turcs avec sa brave cavalerie *, mais Murât Tayant rencontré, le battit et l'empêcha d'effectuer une jonction qui serait devenue funeste à Tarmée française. Bonaparte réprimanda sévèrement Marmont, qui ne s'était pas porté rapidement sur les débarqués pour les jeter à la mer avant qu'ils fussent solidement établis. Le général en chef français partit d'Alexandrie le 6 thermidor-, le 7 (2S juillet), il se trouvait à l'entrée de la presqu'île, ayant en face de lui dix-huit ouille hommes d'une infanterie redoutable qui occupai! deux lignes de retranchemens, dont la plus grande partie ftvait été construite par le génie français. Un des flancs VI. a5
386 névoLUtipni Fn^ifÇAlSB.
de Feniiemi s'appuyait à (a mer ^ lautre au \%Q da ^t dich.
Bonaparte^ craignant que dos troupes apgiaise^ n'çusiept été mises à terre avec les Turcs , avait résolu de rester ^ i extrémité de la presqu'île dans une position forixùdjjihle , et d'attendre le choc de ses adversaires jusqu'au moipent de l'arrivée de ses divisions encore éloignées ; mais bien* tôt, certain qu'il n avait devant lui que les IKIusulmws» le général français se décida promptement à les assaillir. Par ses ordres, Destaing, Lannes, Murât s'élancèrent sur Tennemi. Dans cette attaque , quatre ou cinq mille Turcs furent jetés à la mer. Après ce premier succès, Çonaparte, suivant sa maxime de ne jamais s'arrêter tant ^u'il restait quelque chose à faire , prescrit à Lanusse de soutel^r les généraux Destaing et Lannes , et d'attaquer la seconde ligne du pacha. La dix-huitième demi-brigade , malgré le feu qui part des retranchemens , parvient au pied des parapets \ mais là, elle se voit repoussée, tandis que le brave adjudant- général Leturcq, qui ae veujt pas céder, est renversé d'un coup mortel, et que Fugièrçs perd un bras. La cavalerie de Murât elle-môme recule , après plosieurs charges vigoureuses. Notre attaque semblait manquée au moment où les Turcs sortirent de leurs i:!Qtran: chemens pour venir, suivant leur usage, couper la tdte des morts et des blessés. Attentif à ce mouvement , Bonaparte lance aussitôt deux bataillons , l'un de Tintrépide 90^', lautre appartenant à la 22», qui s'emparèrent des retranchemens ^ la 88e seconde ce mouvement et entre dans la redoute. Murât guide une nouvelle charge et {pénètre avec un escadron dans le village d'Aboukir. Les Turcs effrayés fuient de toutes parts : on en fait un carnage horrible. A la tête de ses cavaliers qui courent de toute la vitesse de leurs chevaux, Murât envahit le camp de Mus<tipha-Pacba ; celui-ci^ sommé de se rendre , fait feu sur le général français, le manque, et reçoit un coup de sabie
qui iài eottpn deai doigts de la maiii. li'inf^nterie , marr efaânt en coIoabc et au pas de charge, presse la mcsso de9 Turc»' qui toorbilluone $ur elle - même , et la pousse (<mt entière dans la iner^ où \m vit bientôt flotter dix mille cadavres. Quelques Turcs ^ enfermés dans le fort d*Abaiikir, ne tardèrent pas i te rendre. Le soir de cette grande journée, ta division de Kléber, accourant a marches forcées y arriva en ligne. Le général y à la vue du champ de bataille , iat frappé d'admiration , et, s adressant à Bonaparte, l»i dit avec enthousiasme : « Géoéral, venez quç }e vou« embrasse ; vous êtes gran4 comme le monde ! » '
L'Oriesl nous voyait triompher \ mais en Europe, chaqqe jour quelque nouveau revers semblait annoncer que Bor naparle avait emmené avee lui y sur les bords du Nil , la fortune qni noue avait donné tant de victoires. Après la bataille de la Trebbia , Suwarow voulait continuer à frapper l'armée française démoralisée, mais TAutriche lui ordonna de se rendre mattre des places fortes. Peschiera, Pizzighitoiie , le château de Turin, celui de Milan étaient tombés au pouvoir de l'ennemi ; mais Mantoue résistait i Kray et Alexandrie à Bcllegarde. Cependant ces deux places, qui ne se trouvaient pas défendues comme elles étaient susceptibles de Tétre, ne firent pas la défense qu'on devait attendre d'elles. Moreau , à la tête de qua-lante mille hommes , allait essayer de réparer nos malheurs, lorsqu'il reçut, avec l'avis de la nomination de Joubert , Tordre de ne rien tenter jusqu'à l'arrivée de son successeur; il dut souffrir d autant plus de cet ordre , que l'armée, qui avait si héroïquement résisté aux forces combinées de la Russie et de lAutriche, demandait k grands cris le signal de marcher de nouveau contre un CDDemi pour lequel elle éprouvait la plus violente haine. Ce fut de ces braves soldats que Joubert vînt prendre le commandement. En quittant Paris, où il s'était vu re^ toani trop long- temps par le jeu des intrigues politiques
et par les soins de son mariage , il ayait dit à sa jeune épouse : « Tu me reverras mort ou victorieux. » Triste et bel adiea ! Eq arrirant au camp^ Joubert témoignant pour Moreau la plus respectueuse déférence, le supplia de Taider de ses conseils dans les efforts qu'il ayait résolu de faire pour arrêter Suwarow. Hélas ! le mouvement d'agression qu'allait tenter l'armée républicaine venait trop tard , et nous devions payer bien cher la prolongation du séjour de Joubert dans la capitale. Kray et Bellegarde, après la prise d'Alexandrie et de Mantoue, venaient de rejoindre le gros des troupes alliées, fortes alors de soixante mille combattans. Joubert, à cette fâcheuse nou- Telle, eut la sage pensée de rentrer dans TApenniQ et de se borner à une défensive énergique , en attendant des secours. Malheureusement pour nous, Suwarow se porta en avant et prévint la mdrche rétrograde de Joubert , qui se vit contraint d'accepter la bataille , circonstance presque toujours défavorable. Le 28 thermidor (15 août i7d9), Kray aborda nos troupes. Grouchy et Lemoine faillirent tire écrasés par Bellegardc et Ott , qui parvinrent à occuper une des hauteurs en avant de Parturana. Le premier succès de l'ennemi pouvait avoir les plus fâcheuses conséquences ', Joubert accourut au galop sur le point menacé , et ordonna d'attaquer les Autrichiens. Placé au milieu des tirailleurs , il les excitait par sa présence , lorsqu'une balle le frappa mortellement : « En avant, s'écriait-il, avant de rendre le dernier soupir, en avant , mes amis ! » Du consentement unanime des généraux présens, Moreau reprit le commandement et tomba comme la foudre avec la 54^ sur les Autrichiens, qui furent précipités de la colline dont ils s'étaient emparés. liell«garde cherchait à nous tourner par le ravin de Riasco , lorsqu'il fut rencontré et culbuté par Glauscl, Pérignon, Partouneaux et Biehepanse. Au centre, Laboissière venait d'abîmer la division de Bagration , qui avait détaché quelques bataillons pour
BAVAILLE DE NOVI. 589
toanier Novi par la droite ^ Watrin , ayant rencontré les troupes russes y les avait vigoureusement repoussées dans la plaine couverte des débris du corps de Bagration. A cette heure, notre armée ne comptait qu'un petit nombre d'hommes à regretter , tandis que les alliés avaient été cruellement décimés par le feu de notre artillerie. Suvrarowy qui accourait avec une division toute fraîche^ celle du général russe Derfeldin^ ordonna une nouvelle attaque. Kray/'Bellegarde, Ott éprouvèrent des pertes considérables contre notre gauche \ au centre , Suwarovr ne peut arracher on'pouce de terrain aux divisions qui défendaient Novi ^ mais, par suite d'un excès dlmpétuosité à poursuivre les Russes y nous fûmes ramenés dans nos retranchemens avec un dommage considérable -, cependant tout, le poids de la bataille portait encore sur les alliés, et les Français n'avaient jamais montré plus de calme et de sang^ froid. Alors 9 appelant à lui toutes ses forces, Suvrarow voulut tenter un nouvel effort , principalement sur notre droite. En ce moment, et sans qu'on pût prévoir ce fâcheux incident , la brave division Watrin fut saisie d'une terreur panique, et, au lieu de quitter en bon ordre la plaine dans laquelle elle s'était avancée, elle se rompit et gagna en désordre le plateau sur lequel elle s'établit du moins fermement. Au centre, Suwarow, ne comptant pour rien les pertes énormes que nous lui faisions éprouver, parvint, à coups d'hommes, à s'emparer des hauteurs qui commandent Novi.
Dès lors, Moreau jugea nécessaire d'effectuer sa retraite avant que les ennemis victorieux ne nous prévinssent sur 6a vi. Watrin se fit jour à travers leurs rangs, Laboissière qnîita Novi , Lemoine et Grouchy se retirèrent sur Partorana. Pérignon, Grouchy, et le brave PiémontaisGoUi^ qui combattait dans nos rangs, protégèrent la retraite aux dépens de leur liberté*, tous les trois, couverts de coups de ^bre , tombèrent dans les mains des ennemis. Nos trou-
SèO BÉVdLtJTim rRANÇiUfE.
pes Êe rallièreiH en ataût de Gavi. Les morts, des deox côtés, flTalebt été en nombre i peu près égal*^ les Basses ataient fait tine assez grande quantité de prisonniers, mais ils comptaient beaucoup plus de blessés que Tarmée française. Hous laissions aux ennemis quatre drapeaux et trente-sept boaches à feu. Les plus grands malheurs pouvaient suivre ce revers; la France frémissait d'indignation i la pensée de voir ses frontières franchies par les barbares du Nord. Par bonheur pour nous ^ Masséna était en Suisse, et n'avait pas voulu obéir à Tordre qui lui retirait un corpi de vingt mille hommes^ pour je ne sais quelle armée da Danube. Sur son refus , le Directoire avait formé y aveo quinze mille hommes placés sous les ordres de Championnet, ulne armée dite des Alpes.
Cependant , par suite de ses dissentimens avet le pouvait et avec Bernadotte , Masséna se rendit alors coupable d'aune désobéissance qui pouvait nous devenir bien fnneste. Sorsakof marchait vers le Bbin avec trente mille hooir mes; instruit de ce mouvement le Directoire voulait, avec rafsoA , qu'on se hâta de battre Farchidue Charles avant b jonction des Rosses avec lui. Les ordres , les lct« ti^es se succédaient *, Masséna restait imBfe&bile sans qa oa ait pu alors^ sans qu'on puisse encore aejonrd'hitt expliquer ôetfé faote^ qui devait bientôt se perdre dans l'édat d'un succès immense. Le ministre recommandait aessi k M;» sé^ d*emrpéeher à toat prix les AutFo*Russes de con^ntm-» niquer d Italie avec rAllcmagne. Reconnalsêaiit d«i moÎM Fimportance de cet avis, Masséna prolongea sa droite, aux ovdres deLecourbe, jusqu'au Saint-Grotbard , en htr ordonnant de reprendre les Grisons qui noui» rendaient maître» des Grandes-Alpes. L'entreprise fut exécutée avec audace. La v^ueur et la célérité signalèreiit Lecoiyrbc comme un g<.'néral qui aurait fait toute sa vie Ia guerre èes montagnes. Ce fut à la suite de ce naauve* ment si néc<»5Sîiirc qitc nos soldats de Snisao apprirenè W
désastre de NotÏ , et se prépatërent à receyoir tout le cfaoe ie Fennemi Victoricax.
Suwaro^, comme on Fa ya après la bataille de la Trebbia , n*étàit pas très babile à profiter d^ane victoire ; mais une circonstance particulière vint Fempêcher de nous faire tout te mal que le succès de Novi le mettait en état de nous faire. Gomme il s'était mêlé de beaucoup d'autres choses ^ue de là guerre, où il avait déployé une autorité sans contrôle , et contrarié les vues de l'Autriche en rappelant le roi du Piémont dans ses états, le conseil aulique Imagina de faire passer les Russes en Suisse, et d'envoyer les Autrichiens sur le Rhin avec Farchiduc Charles. Conformément à cette résolution, au moins fort étrange, le prince, en quittant les rives de la Limmat, dut être remplacé par Èorsakof , tandis qu'Hotze donnerait la main i Suwarow qui, accourant d'Italie, et suivant les bords du Rhin, voulait forcer le Saint-Gothard , entrer dans la vallée de ta Reuss, et tomber sur les derrières des Français qui occupaient (a ligne de la Lintz. Deux généraux sous les ordres d'fiotze, Lickcn et Jellachich , reçurent l'ordre de s'étendre danS le canton de Claris pour se lier à Suwarow.
Dès que le prince Charles , agissant sous l'inspiration de la cour âuIique, eut commencé sa retraite, Masséna voulut saisir Foccasion de frapper avant que Suwarow eût passé les Alpes. Ce dernier n^avait que vingt-six mille hommes ^ Masséna, résolu à se jeter sur lui avec trente- sept mille soldats, espérait Fécraser et se débarasser ensuite d*Holzer. En conséquence, Masséna franchit la Limmat le 5 vendémiaire an vin (23 septembre 1799), près de Diétikon. l^oy, destiné i devenir un jour le Gazalès du parti libéral sous la restauration , commandait Fartillerie. Il disposa habilement des batteries capables de protéger le passage qui fat effectué avec autant de vigueur que dlntelligencc. Gazan anéantit trois bataillons russes qui se défendirent
3d8 RÉVOLUTION FRANÇAISE.
arec une rare obstination. La division Lorges, et une partie de celle de Mesnard , suivirent le monvement de Gazan ^ sur un autre point. Mortier» Klein et Humbert rejetèrent la principale masse russe dans Zurich.
Pendant ce temps, -Oudinot, remontant la Limmat à la (ète des troupes aux ordres de Lorges et de Mesnard, enleva le petit camp de Hong^ et s'empara des hauteurs de Yinthertfaur par où les Busses, en cas de défaite, devaient se retirer en Allemagne. Ces heureux préludes annonçaient de grands avantages pour le lendemain. Les Russes se voyaient enve^ppés dans Zurich ^ derrière eux se trouvaient quinze mille hommes ; dix-huit mille autres leur tenaient tête. Le 4, le combat s'engagea avec fureur, les Russes cherchaient à se faire jour et les Français à remporter une victoire complète. La route de Yintherthur fut prise et reprise plusieurs fois , Zurich abîmé par le feu. Korsakof, contraint à la retraite, avait formé de son armée une longue colonne et placé en tête son infanterie, quis'était héroïquement battue. Cette dernière , dans un dernier effortj fit une trouée avec une partie de sa cavalerie; mais . quand elles eurent passé les masses françaises , celles-ci , attaquant le reste de cette cavalerie, la refoulèrent avec les bagages dans Zurich , qu'envahissaient de leur côté Klein et Mortier; une lutte affreuse s engagea dans les rues de cette ville^ encombrée d'artillerie, d équipages, de blessés, et tout inondée de sang. Au milieu du désordre, Tillustre et généreux Lavater, occupé à séparer des ennemis acharnés, fut atteint d'un coup mortel et recueilli par le capitaine de grenadiers Gencvay. Enfin , tous les Busses enfermés dans Zurick posèrent les armes. Cent pièces de canons, les bagages, le trésor, cinq mille prisonniers tombèrent au pouvoir des Français, qui en outre avaient mis huit mille hommes hors de combat. Korsakof regagna le Rhin. Soult, ayant franchi le Linth au-dessous du lac de Zurich, avait é^alemçnt réussi dans son mouvement çt
.BATAILLE DfJ ZURICH. 88B
balayé la rive. Hotze , sarvenu au moment du danger, tomba frappé mortellement ; Pœtrasch, qui vint le rem-* placer, ayant essayé en vain de nous rejeter dans le Linth, s'était retiré sur Saint-Gall, en laissant dans nos mains trois mille prisonniers et unepgrtie de son artillerie. D'un autre côtéy les généraux Je k^aien et Linken^ chargés de venir par le Haut-Lint dans le canton de Claris, pour recevoir Suwarow au débouché du Saint-Gothard^ apprennaient tous ces revers. Ainsi, Suwarow, qui accourait rempli des plus magniJiques espérances , n'allait éprouver qu'une cruelle déception ; il se trouvait au pied du Saint-Gothard que son lieutenant Bosemberg tourna par Disentis. Parvenus à rentrée de la gorge , les Russes trouvèrent la division Gu* din, qui, par sa longue résistance, donna le temps au général Lecourbë de rassembler ses troupes. Celui-ci ne pouvant résister aux douze mille hommes de Suwarow et aux six mille que Rosemberg avait placés sur ses derrières, jeta son artillerie dans la Reuss, gagna la rive opposée en gravissant de$ hauteurs inaccessibles, et s'enfonça dans la vallée. Arrivé au-delà d'Ursercn, Lecourbë rompit le pont du Diable. Malgré cette circonstauce, les Russes s'étant obstinés à franchir le passage, eurent un grand nombre de soldats tués.
Après des pertes effrayantes et des fatigues dont il ne ▼oyait plus le terme, manquant de vivres, ne trouvant point d'embarcations sur la Reuss, réduit à chercher ensuite ses Ueutenans, Suwarow n'avait plus qu un parti, celui de se jeter dans le Schachentad, et de franchir des montagnes presque inaccessibles , où il n'existait pour lui aucune route connue, La marche des Russes , qui ne pouvaient passer qu'un à un dans le même sentier, offrait un spectacle horrible j les précipices qui se trouvaient sur la route étaient jonchés de débris d hommes, de chevaux et dequipages. Enfin, après dix jours de route, Suwarow parut dans la Talée de Mutenthal. De ce point là, les Russes rétro^ra*
iêà RÉ¥5itf«oN FftMÇJllSi.
dàietit int le Brà^el, lorsque, le 8 Tendemiaire, Hânént tomba saf leur derrière en même temps que Holitor lear faisait face au défilé de Klou-Thal. L'arrière-garde ennemie , èommaddée par Roseroberg , résista aux efToHs de Masséna; mais tiagratioti arec la tète de la grande coloniiè rtiste ne put percer Holitor et s'emparer de la route de Weseii. En yalti les Ruases voulurent forcer les positions qu occupaient les redoutables républicains -, épuisé par deé pertes Considérables , barrasse de fatigues e( ftirleui, âut^arow fut contraiùt de se retirer yers Claris pour gagner ensuite la vallée du Rbin. Pendant cette retraité désespérée , Suwarow ne pouvait déjà plus porter te thre de prince italinski , que l'empereur son maître s*était trop hSté dé lui donner. Masséna courut se mettre h ta tête dé la gaucbe de l'àrihée française -, àveè les troupes de Lorgcs, de Ménard et de Gazan, il fondit sur les alliés le l*^** octobre entre laTbui* et le Rhin, et les força à repasser le fieuvè. Le pont de Constance tomba aa pouvoir des Français, qui poursuivirent vivement le corps du prince ^e Gondé ot les Bavarois à Constance. Le doc J^Ënghein, assez lùalheureux pour avoir oublié que U grand Condé , son aïeul, aurait toulu pouvoir effacer dé son histoire le crime d'avoir porté les armes contre la patrie , se défendit pourtant avec le courage d'un Français, mais enfin les troupes républicaines finirent par rester métfressès <fe la ville.
Ce tut là le dernier engagement dé la bataille de ZiTricb, de cette lutte de géants, qui dura quinze jours. Les artiés y perdirent toute leur artillerie et vingt-cinq mille hommes; ^es Français en eurent près de quinze mille hors de combat. Les généraux Mortier, Lôrges, Bfesùard, Gazan, $oult, Bfolitor, Ténergique et infatigable Lecourbe, firent edx-mêmes et obtinrent des prodiges de nos braves soldats. Quant à Masséna, qui ne passait encore que pour le premier générât de division des arolées de la républiqa^i
il ttioiita, par Taffaire de Zurich, au rang des capitaines, et mérita le tilre de sanvear de la France. Il le fut cffecti-* vement^ et le Service immortel qu'il rendit alors acquerra bientôt un noureati prix quand je retracerai tel que je l'ai Yu le déplorable état de ia république dans l'intérieur.
Nos armées triomphaient encore sur un autre point. Par un traité avec Pitt, l'empereur, Paul I^r^ s'était engagé à fournir à l'Angleterre dil-sept mille soldats destinés à agir en Hollande avec trente mille Anglais. Abercombrie débarqua une partie de cette armée près du Helder, le 10 fructidor(l7 août.) Le général Brune ne pouvait opposer à l'en-' nemiqueseptmilleFrançais et dix mille Hollandais, commandés par Daéndcis. Abercombric battit le corps hollandais, que Brune rallia avec la ferme intention d'attaquer les ennemis retranchés dans un camp devenu redoutable, et d'ailleurs encouragés par une révolte et une trahison qui leur livra la flotte du Texel. Malgré ces fâcheuses circonstances, l'attaque projetée par Brune eut lieu le 8 septembre^ maïs nous fûmes repoussés-, il fallut nous replier, abandonnant la Nord-Hollande , ou la position des alliés était d'autant plus forte qu'ils n'avaient plus rien à craindre du côté de la mer, et se trouvaient à portée de réparer leiirs pertes en hommes, en vivres et en munitions.
Brune» qui espérait des renforts de la Belgique, se contentait de contenir son adversaire, que venaient de rejoindre le duc d York, commandant en chef de l'expédition, et le Russe Hcrmami, & la tête d'une division de treize mille hommes. L'armée combinée, forte alors de trente mille combattans, résolut de se porter en avant. Les Russes firent tète de colonne. Le 19 septembre, l'ennemi nous assaillit avec audace. La division Yandamme, qui n'était pas soutenue , dut se retirer -, mais les Russes , s'dtant trop avancés , furent vigoureusement abordés à leur tour^ et presque tous tués dans Bergen. De son côté, \é général Dâendels; qu'une autre colonne ennemie attaquait
890 névoiUTiON française.
à Oad-Karpeiy ne put résister d'abord ; mais il reprit du terrain vers le soir de la journée. Alors par la perte de son aile droite, Abercombrie se vit contraint d'évacuer Hoorn, d*où il espérait tomber sur nos troupes en désordre. Par suite de ce mouvement, les alliés, cédant à la nécessité , se retirèrent derrière les rctrancbemens du Zjp. Dès lors Tarmée angio -russe , réduite à la défensive , perdît toute rinfluence morale qu'elle avait exercée d'abord en s emparant de la flotte hollandaise et du Helder. Il ne se passa rien d'important entre les deux armées jusqu'au ter octobre. Brune avait habilement profité du succès de la bataille de Bergen pour établir de bonnes redoutes en face de rennemi, et pour hâter l'arrivée des renforts. Par uùe précaution de sagesse, le général français , rompant les écluses, avait inondé une partie de son front , et réduit aiûsi ses adversaires à ne pouvoir nous attaquer que sur un développement de trois lieues au plus.
Le 2 octobre, le duc dTorck se décida enfin à aborder avec toutes ses forces les troupes françaises^ il porta son principal effort sur sa droite, afin d'écraser notre gauche. Dans celte action , les généraux Abercombrie, Dundas et Pultenej parvinrent, après un combat des plus sanglans, à repousser les troupes franco- bâta ves, qui se replièrent on bon ordre un peu en arrière dans une forte position, leur gauche appuyée à Wyk-op-Zée, leur centre à Krumen-Dick. Les Anglais entrèrent dans Alkmaer le 5 octobre. Pendant les journées du 4 et du S, les deux partis se reposèrent. Brune, avec un calme plein d'espérance, assit fortement son armée dans sa nouvelle position, que le duc d'Yorck fit assaillir le 6 octobre. Les ennemis remportèrent quelques avantages^ Ackcrsiot fut enlevé, Kortricum menacé; mais Brune, engageant toutes i^es troupes, fit changer la fortune du combat. Une charge heureuse de notre cavalerie, conduite par le général en chef lui-même, rompit la ligne Anglo-Russe. L'armée en-
GAHIttJLATION DU hVC d'tORGK. S07
nêmie se retira en désordre sar Bakkum. Dès lors les Anglais songèrent à mettre la mer entre eux et nous^ Brune les suivit dans leur mouvement rétrograde et les resserra bientôt dans les retranchemens du Zjp. Justement inquiet d une position si difficile, et sentant peser sur lui une espèce de fatalité qui le condamnait à des défaites quand il se présentait devant les Français, le duc dTorck envoya un parlementaire à notre quartier-général; il proposait de capituler, à condition qu il lui serait accordé une libre retraite et la facilité de réembarquer son armée. Le traité fat conclu à Alkmaer. Les Anglo-Russes consentirent & quitter le sol batave, à rétablir les défenses du Heider, à restituer huit mille prisonniers, et nominativement Tamirai de Wintcr. Telle fut la misérable issue d'une expédition qui avait coûté à TAgleterre des sommes énormes. Brune se montra prompt , énergique et habile dans cette suite d'actions, qui occupèrent un mois tout entier; les diilScultés, les échecs, au lieu de l'étonner, ne firent que redoubler son courage et son audace *, il sauva la Hollande et l'armée française. Mais Bonaparte, qui excellait à tirer tout le parti possible d'une victoire, ne trouvait pas qu'on eût déployé assez de vigueur après l'affaire décisive. Suivant lui > les Anglo-Russes devaient être jetés dans la mer.
Vers ce temps. Pie VI, transféré d'abord à Turin, puis à Briançon , et enfin à Valence sous un ciel plus doux, mourut dans sa quatre-vingt-deuxième année. Homme de mœurs élégantes et douces, cher aux dames romaines pour ses avantages extérieurs, prince porté a la clémence, religieux sans fanatisme, ce pontife fut surpris par des malheurs dignes de pitié, mais provenant toutefois de sa faiblesse & écouter les perfides conseillers qui avaient résolu d'exterminer les Français en Italie par de nouvelles vêpres siciliennes, dont la cloche de Saint-Pierre de Rome devait donner le signal.
£n France, la mémorable victoire de Masséna et le
8M âiVOLUTtON AANÇAIi^i.
brillant raecès de Brune étaient loin de rendre 4u goar Ternemeot ta force nécessaire à son existence, surtoqt de le garantir contre les attaqai^s des diiïérens partis. X lepoqae récente de nos reyers, Tinquiétode générale av^it fait rouvrir un asseï grand nombre de clob^, transformai en assemblées délibérantes. Dana Paris, une nouvelle société de jacobins, établie au Manège, ancien théitre de9 sermensde ta Constituante, et des de^%. autres aasewblées, dont lune avait sanctionné le 10 aoAt , et Tautre fondé U république , revenait naturellement à toutes les traditionf de la société mère , toujours vivantes au milieu de ses CÎdètes. Beaucoup de membres du con^il des Gioq-Cent9 fréquentaient ce club et semblaient Tautoriseff par leur présence et leur assentiment. Les journaux, et surtout celui des hommes libres, répétaient les discours des nouveaux démocrates et les commentaient en les exagérant. €ette opinion se trouvait souteaue dans le sein du Pirectoire par Gohier et Moulin , mêm^ par Barras, qui jouait nu double jeu -, dans le ministère , par Berna^dotte \ et sur le» bancs des corps législatifs , par les députés des nouvelles élections , et même par beaucoup d'hommes sages qui reprochaient au Directc^re ses indécisions, son manque de coup d'œil et d'énergie. Un nouvçau changement avait en lieu parmi les ministres; Foucbé venait de remplacer à la police Thonnête Bourguignon , qui emplojait tonte son influence et celle des patriote^ ses collahorateurç S prévenir les collisions, à retenir les jacobins , en jetant parmi eux des conseils de modération. A peine installa dans le pouvoir, Gohier, dont il était l'ami particulier, se laissa enlever ce gardien fidèle par Sieyèa, toujours assiégé d^ terreur au point de ne pas croire sa vie en sûreté d Ton ne fermait point le dub des nouveaux jacobins. Foncbé voulait conserver sa réputation révolutionnaire, et ne pas se brouiller avec des amis difficiles et soupçonneux; d'un autre côté^ il se défiait d^ eirconstances, fX ne oçcgrait
DE M MAME à l.*fI|fiftlEtJll.
pas i la stabilité da goayer^emeat^ i\ pegariait Honlift et Gohier comme des hommes de pea de eoDsislanoe*, il prk soçrètemea^ parti coolre eax ea s'cfforçant de garder l€9 apparences du zèle et An dévouement, et se jeta vers Siejàa et Roger Ducas. U était depuis loDg4empa lié avec Barrât, qui de son cèté s'appliquait toujours à rassurer sur ses iateiltioBS les patriotes ardens. Mais Sieyès, Ué avec beaueoup de membres des deux conseils, aussi peureux que h», œ cessait de crier contre les jacobins ; et Poocbé, oeeupé nuit et jour à le rassurer, sentait aveo inquiétude que le Directoire le forcerait enfin dans ses dernier» votranehemepa, et lui imposerait la nécessité de rompre ei| Tisiëre avec ses anciens amis. Toute sa dextérité no lui fournissait pas dexpédiens pour sortir de cet embarras. Beurousefnent pour lui, le conseil des Anciena, où Siejis avait boaaeoup de partisans , se chargea de la responsabilité d'une mesure impopulaire , en expulsant les jacobins de la salle du Manège , sous le prétexte que cette salie se tro»vait daqs Tencânte du palais des Tuilenea , dont le corps, législatif avait seul la police. Déplacés et non découragés, les jaco* bins se réfugièrent dans la vaste église de Saint-Thomas d Aquin , rue du Bac. La terreur dont Sieyès était saisi chaque jour avec de noaveaux redoublemens, et la hatnie prononcée du conseil des Anciens, alarméade lempressoment du peuple à courir aux séances du club, et de Témotion profonde que causait sa tribune, amenèrcint enfin fca résolution de fermer la nouvelle société dos Jacobins. Foucho désirait leur disparition aussi sincèrement qœ Sieyès-, mais il aurait voulu temporises, et attendre qnetque événement qui lui forçât ls| main on qui fit peser sur une autre tête que la sienne la responsabilité d'une si étrange contradiction. Nul moyen de reculer; Sieyès, Dqcos et Barras, appuyés sur le conseil des Anciens, voqlaient impérativement la fermeture ; Sloulin par conviction et fermeté de caractère,^ Gohiqr par un vinilaU»-
100 nÉVOL€TION FBANÇAISE.
chement à ia révolution ci par un de ces entrainemens dont la volonté est complice , s'opposèrent fortement à la mesure proposée. Ce dernier directeur n'était pourtant pas sans quelques scrupules secrets; car il avait aussi ses frayeurs , et disait souvent avec son accent plein de boohomie : « Gela n'est pas supportable, nos amis les jacobins vont trop loin ; dites-leur donc qu'ils se modèrent. Quand ils s'emportent au-delà des bornes, nous ne pouvons plus retenir Sieyès, qui devient comme un furieux. » Au reste^ le plus grand crime des jacobins alors fut de signaler sans ménagemens les brigandages et les exactions comme une plaie affreuse qui s'élargissait chaque jour et dévorait la France. On leur reprochait aussi avec beaucoup d'amertume , et sur ce point tous les membres du pouvoir étaient d'accord, la franchise avec laquelle ils exprimaient leurs profondes alarmes sur Télat de la république dont ils prévoyaient la chute. Ce fut alors que , malgré la violence des passions déchaînées contre les ex-directeurs, le conseil des Cinq-Cents rejeta, par un scrutin secret, la proposition qui avait clé faite de mettre en accusation Merlin de Douai, ex-directeur. Ce rejet était à la fois juste et politique, il n'en causa pas moins d'irritation parmi les patriotes qui, peut-être, dans leur mécontentement, n^attaquaient ces trois fonctionnaires que pour arriver i ébranler de nouveau l'autorité directoriale qu'ils haïssaient et qui à son tour semblait s'appliquer à justifier cette haine par des dispositions impopulaires. C'est ainsi que, méconnaissant les devoirset le zèle de Bernadotte,onlui ôta le ministère de la guerre pour IcdonneràDubois-Grancé, entièrement dépopularisé par Ig réaction. Bernadotte, qui suivait alors une marche franchement révolutionnaire, ayant été averti de sa disgrâce, avait promis de résister avec énergie à une destitution : il n'eu fit rien et se contenta de réclamer contre les jacobins par une lettre qui supposait une démission donnée par lui, et motivée sur le désir de
TEBEEUR DE 6IETE5.# 401
reprendre an commandement. Marbot, à la tête de la i7« division militaire ^ soutenu par un assez grand nombre de ses collègoes au Conseil des Anciens , et appuyé sur la trompeuse protection de Sieyès , qui le caressait encore deux heures avant de proposer son changement, subit, sans murmurer, le sort de Bernadotle, après avoir juré comme lui de s*^ever contre l'autorité qui voudrait le déposséder d'une fonction dans laquelle il prétendait être la sentinelle avancée des patriotes. On lui donna pour successeur le général Lefébvre, soldat d'une bravoure éprouvée, mais sans caractère politique, et capable de se porter à des violences contre ceux que le Directoire désignait comme ses ennemis, soit royalistes, soit jacobins. Lefébvre était la contre^partie d'Augereau et semblait destiné à loi tenir tête en cas de besoin.
Les nouveaux Jacobins que l'autorité peignait conime si redoutables , avaient souffert la fermeture de la salle sans essayer de se défendre ^ mais mécontensde cette mesure et de la marche réactionnaire que Sieyès imprimait aa Directoire, ils éclatèrent contre ce directeur, qui avait accru leur colère par ses déclamations contre eux dans la solennité de l>nniversaire du 10 août. Sieyès leur était à la fois suspect et odieux ^ ils l'accusaient de vouloir mettre un prince de Prusse à la tête du gouvernement de la France. Barras, qui laissait faire leur ennemi, et accédait à toutes ses mesures, fut aussi en butte aux ressentimens des hommes qui avaient si long-temps voulu croire qu'on poQvait tout attendre du représentant qu'ils avaient vu à lear tête au 15 vendémiaire, et présider à la journée du 18 fructidor ; ils s'unissaient à ses détracteurs pour loi reprocher violemment sa corruption, ses richesses et toutes ses tergiversations politiques. La majorité du Directoire , formée par lui, Sieyès et Ducos, se trouvait ainsi attaquée surtout par les écrivains périodiques , organes de deux opinions opposées entre elles. Pressé du désir de se venvi. ' 26
eter dL crôyailt poui-êûrc se maôitQDii! par cette TÎolenee, le goiiTemeRient, sur L-ayis. de Fouché, tontara le sens d'une anotenne lioi pouc slautoriser àilaueer des;»aiida(s d*arcôt conli» Les rédacteurs* de onze joumawXy et k apposer le» scellés sur leurs presses. L'arrêté fut eséciité le 5 septembre (ii7 fructidor). A cette nouvelle, la colère des patriotes deyini de lindignation , et beaucoup de députés de leur parti se montrèrent, prêts ài les soutoair. Cependant, une confiérance eut lieu, chez Bavras enine les directeurs, assistés de leurs partisans , et les repréisentaos de Topinion: révolutionnaire. On voulait anriver à uq«> conciliatioa-, mais la tentative n'eut aucun succès, et ohàcun se.retira.pUa ii*rité que jamais. Joucdan^ qui blâmait aussi leDinectojre^) maÂs pensait surtout à la.Erands, fit alors la proposition de déclarer la patrie en danger. Gèttnt mesura, qidi avait produit tant de prodiges en V^Qi, ne oojaveaaitpluSiàiUépoquaactùelle^. oui d'un côté latlasBttudo et'd£ loutre la^onainte d'une nouvelle ré^olutiont, Paient générale»». DauuQu , investi d'une' certaine aatovîtédans' les.conseils,Xha?ftU la cr^durBide^Sieyèa^ Boulaydie la Meuftbe^.qui marchait avei<ii^ Lucien Bonaparte , qui craignaiti uHr ctwgeroentproebaini dan& lequel son ifrèr^^ n'auwUpaô)d6 placée;, oorobattirenlaviea^ane^Aalettn pas*^ sionQée.la>pr^p0»ticH^de Joardan, quâisàuténaientouicoD'^ traire TAliQit,.I?cfilr€nft, Aiig«reau,> Lamarque. L'ajourr oetuenttfat prpnoncé, ;A cette occasion ^Jes patriotes, s'éta^nt taamlt«eu3^meut» réunis autour/ dr la> salle <les> Ginq-Cçnte> , i^i^iitèreftt j certains dépvté» au; raesment de Içar sortiçi>d@i la salje^ on disait mêmi» quet fteroadotte dpvait,s0 mç*tr€i àjl^urtêtç s^vcm^ qiielqutes escadrons <b cavalerie B^wr , reioy^ser, It? gQi»pp0rfii^ii»9ot. . B Jkrras. el Mo»' cbé ;c<w*rarent chwile rginénalreti lé i aupplièiie«tiavec! iasr tance dA);n^pa$ js'ieiEip«^er) à.uttei impriftdeoâie levéeidieuboa'* cUers qui i^^rf^ cpi»(f omettre ^Étati Xe^-Und^mai^de^ ce. mou^emQiy'^ ft^raadoite foti dépossédéidu. naiHatèret,
PROPOSITION DE JOUnSAN. 405
comme nous Tavons dit. Sur la nouvelle de sa destitution qui se répandît à l'iiistaiit même bibles CfnqlCcnt's allaient voter sur la propôation ajournée de' Joui'dan , les députés patriotes s*écriêrentqu'on'préparait'des coups d'état. « Jurons, dit Jourdan, de mourir à noire poste! » Àugereau, moins capable encore de se contenir^ ajôulk toiit à coup avec force : « M'a têtie tombera avant qu'il soit porté atteinte a' ia représentation nationale ! » Malgré tous les efforts du parti, qui se trompait en croyant de bonne foi' à l'efficacité de la déclaration proposée par Joilrdan, son projet, après une délibëratîbn' des plus orageuses, fut rejeté à là majorité de deux cent quarante-cinq voix' contre ^ cent soixant'e-on2ë!'
A cette époque . notre position éfait presque désespé^rée : la'Bépublitfuë; nialgrélesdeiii victoires qui avaient abattu l'OTguéil de ses' ennéiiiis extérieurs, menaçait ruine de toutes parts: Le peuple, détrôné, n'ayant plus depressàbt intérêt pour raiguillonner, plus de loi démocratique pour signe de ralliement, plus de sociétés des Jacobins pour lieux de réimibn, plds de grahd trîbun pbur drapeau, était tombé dans une e'spece de sômJnefl'léihargique qu'il né secouait qùé' par moment'. La première, la' seconde, la troisième lîgne des chefs de la révolution avaient pérfVn laissant ui» effrayant exemple aux hommes qui osenfient aiffronter les' dangers du rôle des' C!ami(le Desmoulin^' ef des Dàùton.' Dans' leurs successeurs, il n'y avait' plus qtf'uiie audace timide en comparaison' de celle que là' rêvbliïiôn avait suscitée par^i' les défenseurs de sa'cirusé ; lés grands caractères, lés'grands talens, là souveraine infruéJùé'e Manquaient danS le parti des hommes fidèlkwbctraditiôtfs de' 1792; de 1793! eVde 1794 ces anciens iridtfêles' [tour la'cônfânce absol'ùe, pour l'éjws^gie indomptable, pour le dévouement saiis bornes et le* prodiges de tous les jours. Cependabt , sur la foi d'un passé qui avait coûté si cher, ils allaient, ainsi que les dé-
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puté^f qui pensaient comme eu^ , entraîner les conseils dans une route au bout de laquelle il n*y avait qu*nn abtme. Parmi les modérés furieux qui, après s'être détachés des Jacobins et de la Montagne , avaient dû faire un retour sur eux-mêmes et venir à récipisceoce, parmi d^anciens modérés qui n'avaient jamais siégé au côté gauche, on trouvait de Tesprit, des connaissances, des lumières, mais pas un caractère d'une forte trempe, pas un esprit supérieur, et surtout pas un homme qui pût devenir le chef d'un gouvernement, et entraîner dans sa sphère d'activité ceux qu'il aurait ralliés autour de lui pour exercer en commun les hautes fonctions du pouvoir. Aucune popularité n'environnait ces deux nuances de la même opinion. Dans le gouvernement comme hors du gouvernement, elles ne pouvaient rien ou presque r'en pour rassurer la France et rétablir sur des bases désormais solides. Nous venons de voir les divisions qui régnaient dans les conseils, où les uns regardaient leurs collègues comme des Érostrates prêts à mettre de nouveau la France en feu et à la précipiter dans toutes les extrémités , tandis que ceux - ci ne voyaient en leurs adversaires que des êtres timides, incapables d'empêcher la république de tomber dans labîme^ et surtout de se rallier au peuple pour conjurer ce malheur; une discorde moins violente, mais tout aussi réelle ; troublait le Directoire. Gobier et Moulin combattaient vainement leurs collègues. Ils n'avaient plus d'ami fidèle au ministère de la police générale, et trahis par Fouché, perfide intermédiaire entre eux et Sieyès , ils ne soupçonnaient pas , ou n'entrevoyaient qu'à peine les trames de ce directeur, habile] à cacher ses desseins sous les fréquens éclats de sa mauvaise humeur , qui semblait exhaler tout ce qu'il avait dans Tame.,
Pendant ces fui&estes divisions, les royalistes , qui. n'avaient pas Cessé de reprendre de l'audace et des forces , malgré les revers de fructidor, la pacification de l'Ouest ,