‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 61 sur 93 · ABROGATION DB LA LOI DES OTAGES · texte numérisé non relu

ABROGATION DB LA LOI DES OTAGES

Le Directoire était tombé si bas dans TopiDion, que la journée du 18 brumaire trouva peu d opposans. L'immense majorité des Français conçut les plus heureuses espérances en voyant Bonaparte à la tête du pouvoir. H y eut cependant des épurations assez nombreuses dans les administrations , ainsi que dans l'armée , épurations qui pouvaient faire des mécontens. Le peuple vit fermer les clubs sans donner de signes de désapprobation. Du reste, le consul s'occupait de tous les moyens de gagner la confiance générale. Il annonçait hautement 1 intention de porter Tordre et de maintenir la probité dans l'administration des finances -, il recommandait aux tribunaux la plus sévère impartialité comme la plus exacte justice''; il se montrait résolu à tenir la balance entre tous les partis , à ne laisser prédominer ni les rét^olutionnaires à bonnet rouge j ni les conspirateurs à talons rouges; il ne voulait plus voir , au lieu de jacobins, de terroristes , ou de contre-révolutionnaires , que des Français également appelés à servir leur pays. Les émigrés seuls restaient sous raùathème. On lisait à ce sujet dans une lettre de Lucien, ministre de l'intérieur : « quUls trouvent, sHls le peu^entj le repos et la paix loin de la patrie quils voulaient assen^ir et détruire] mais cette patrie les rejette éternellement de son sein,

La première proposition des consuls aux commissions législatives, regardait la loi des otages : ces commissions Tabrogèrent et en abolirent aussitôt toutes les conséquences. Le gouvernement expédia des courriers dans tous les départemens , pour faire ouvrir les prisons aux détenus de cette espèce. Bonaparte visita celles de Paris , se fit rendre compte de leur régime , et interrogea luimôme les captifs. Il dit à ceux du Temple : « Une loi injuste vous a privés de la liberté , mon premier devoir est de vous la rendre. » Pendant que Bonaparte jouait en son propre nom le beau rôle de la clémence , Sieyës ,

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fidèle h ses alarmes et à ses inimitiés , obtenait d'abord la déportation de trente-sept Jacobins, et ensuite de vingtdeux représentans exclus du conseil des Cinq-Cents au mépris de toutes les lois. Jourdan était du nombre de ces derniers proscrits , et se vit dès le lendemain rayé de la liste fatale. Quant aux autres ^ l'opinion qui semblait menaçante fit reculer le gouyernement y qui se contenta de mettre seulement sous la surveillance de la police ceux qu'on n'osait pas arracher du sein de la patrie.

La manière dont les consuls s'étaient prononcés contre le royalisme, le fanatisme et les émigrés , ne paraissait pas apparemment une chose sérieuse à ceux qu'elle menaçait, car les trois classes d'hommes compris dans ces catégories s'apprêtaient de toutes parts à rentrer j ils jugeaient bien que le mouvement du 18 brumaire n'était réellement hostile qu'au parti jacobin y aussi beaucoup d'entre eux faisaient irruption en France : l'autorité fermait les yeux sur cette violation de la loi, presque tombée tout à coup en désuétude. La réaction en leur faveur était manifeste. Ainsi, après avoir abrogé les lois qui excluaient des fonctions publique les parens d'émigrés et les cidevant nobles , on s'occupa principalement d'adoucir le sort des victimes du 18 fructidor, dont la plupart subissaient leur déportation à l'tle d*01eron. Des arrêtés du gouvernement leur permirent de revenir sur le continent ; un mois après, Bolssy-d'Anglas , Portalis, Siméon , Barbé- Marbois , Yillaret- Joyeuse , Dumas, Pastoret, Yaublanc, Suard, Laharpe, Fiévée, Fontanes, tous appartenant aa parti royaliste , et C^rnot le directeur, étaient à Paris, où beaucoup d'entre eux furent bientôt revêtus de hautes fonctions. La peine prononcée par les deux conseils ne fat .maintenue que contre Pichegru, Yillot, Imbert Colomes et quelques autres députés, agens déclarés de la contre-révolution et de l'Angleterre. Yadier etBarrère, condamnés auparavant à la déportation, profitèrent da

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