CHAPITRE LXXUI
Batat)l« d« Montelbello. — Bataille da Marengo. — É^ang^rs de Parmée française. — La bataille gagnée d*abord par les An trichiens. — Faote de Mêlas , qui .arrête la poursuite. *- Mort de Desaix. — Attaque faite par les Français. — Convention d^Âlezandrie qui nous lÎTre tontei les places fortes d^Italie. — Inqpiiéludes en France pendant les deox moî> de l'absence de Bonaparte. — Enthousiasme de Paris an retour da premier consul. — • Anniyersaire du i4 juillet. — Armée d'Orient.
— Négociations. — Capitulation de Kléber. — Bataille d'Uéliopolii.
— Mort de Klëber.
Bonaparte hâtait sa marche pour rencontrer Mêlas, qui se dirigeait à marches forcées sur le Tanaro. Le 20 prairial , à Montebello , Lannes se trouve en face de vingt nrille soldats, n'ayant à leur opposer que huit mille coin* battans. Certain de Tappui de Victor, qui n'était qu'à trois lieues de distance , l'intrépide général français ne balança point à engager la bataille. La victoire fut disputée avec une sorte de rage par les Français adossés au fleuve , et par les Autrichiens qui voulaient à tout prix s'ouvrir un passage. Lannes montra dans cette affaire les grandes qualités que les Mémoires de Sainte-Hélène reconnaissent en lui (i). Watrin enleva les troupes. L'arrivée du corps de Victor et une charge à la baïonnette par la 96« demi-
(i) Lannes était ^ le meilleur manœuvrier de Tarmée. D était sag^, prudent, judicieux'^devant Pennemi, d'un sang-froid imperturbable : il m*étaxt très attaché. Je Payais pris pygmée, je Pai perdu géant.
Napoléos.
BATAILLE DE HOIVTEBELLO. 487
brigade, déterminèrent notre triomphe. Le général Oit se relira en désordre sor la Bormida , laissant sur le champ de bataille qainze cents morts, et en notre pouvoir quatre mille prisonniers et trois mille blessés. A la première nouvelle de l'attaque, Bonaparte était accouru àMontebello; il j trouva le général Lannes qui s'était couvert de gloire, et les troupes dans Tenthousiasme du succès. Pendant que rarmée continuait sa marche sur Alexandrie, il fit passer secrètement à Suchet cette nouvelle, avec l'ordre de déboacher par le col de Gadibone et de descendre la vallée de la Bormida pour manœuvrer sur le flanc droit de Mêlas.
lue 22 prairial, Desaix, arrivant d'Egypte et sorti enfin des mains de l'anûral Keith, qui , non content de l'avoir retenu prisonnier contre la foi des traités, avait in«> suite à son malheur, reçut le commandement des divisions Bondet et Monnier, avec le titre de lieutenant^général. Quels entretiens durent avoir ensemble ces hommes qui avaient à parler de si grandes choses , telles que la situation de l'Egypte , le sort de notre colonie savatite et guerrière , et les. préparatifs d'une bataille dont dépcn* daient les destinées de Tltalie !
Cependant» surpris de n'être pas attaqué par son adversaire , Bonaparte craignit que Mêlas ne se fût porté contre Suchet pour l'écraser avant sa jonction avec l'armée de réserve *, en conséquence, il se bâta de quitter Stradella , et courut sur la Scrivia, où il prit position. Le 24 prairial cette rivière fut franchie , et le premier consul se porta sur San-Guiliano, au milieu de la plaine de Marengo. Ne voyant aucun adversaire devant lui, Bonaparte, convaincu que Mêlas se retirait vers Gênes, ordonna au général Desaix de se diriger versRivalto pour observer la route de Novi à Alexandrie. Il prescrivit à Victor: qui commandait les deux divisions Gardanne et Ghamberlach , de s'établir au village de Marengo, défendu par une
406 RÉVOLUTION FRAXÇAISB.
colonne de quatre à cinq mille hommes aux ordres d*Oreilly. L'attaque conduite par Gardanne, que secondait le digne fils du général Dampierre, fut vive ^ et le village emporté. Aux ordres d'OrclUy, les Autrichiens se replièrent derrière la Bormida. Gardanne avait reçu Tordre de brâ* 1er les ponts sur cette rivière-, mais, malgré le désordre de la retraite de l'ennemi , les réserves qui garnissaient la tête de pont, e( le feu de trente pièces de canon, l'approche de la nuit arrêtèrent les Français. Rien ne pouvait faire soupçonner k Bonaparte qu'il se trouvait tout près de Mêlas , déterminé à nous attaquer dès le lendemain même. Il avait cependant fait battre par la cavalerie légère la plaine qui s^étend depuis la Scrivia jusqu'à la Bormida \ lui-même l'avait parcourue avec ses escortes , mais celte exploration n'était pas suffisante, puisqu'il ignorait la présence de l'armée qu'il s'était flatté de surprendre, d'affamer et de réduire ainsi, presque sans coup férir. Trompé dans ses espérances par des avis arrivés de toutes parts , le premier consul s'arrêta enfin à Torredi - Garafolo, et fit dans la nuit les dispositions précipitées qu'exigeait l'imminence du danger. Sur-le-champ il expédia à Desaix et à Monnier l'ordre de revenir en toute hâte à San-Guiliano, vers lequel il envoya Murât et sa cavalerie. Lannes vint se placer à cheval sur la vieille. route de Tortone à Alexandrie, pour soutenir la division Victor. La garde consulaire occupa Poggi. Bonaparte se voyait forcé d'accepter la bataille , malgré un grand détachement du quart de ses forces ^ Mêlas se trouvait à la tête de trenteun mille combattans, dont huit mille de belle et excellente cavalerie^ et deux cents pièces de campagne. Ainsi tant de génie dépensé à surprendre Mêlas , le passage miraculeux des montagnes, les merveilleux succès qui avaient trompé Tenuemi et dérangé tous les plans , pouvaient être perclus, et nous courioiis le risque d'être écrasés par la supériorité du nombre , sans que les vingt-