CHAPITRE LXXV
Traicé de LunéTillo. — Moranki. k-« Armée gallo-liataTe* — BetmUe de Hohenlinden» •« AraïUtice. — Braae. — Retraite de Pitt. • — Ligne des puîssancei da nord. -* Mort de Paul I«'. -' Dernière lutte des défenaeiirt de la iibertd. — Budget* •*- Code eiTil. ^ Code de eommcret* — « Écoles. -^ Protection accordée aou artà; «— Concordat,— Egypte. ^ Défaite de notre armée;» — Évacoation dé TÉgypte.
Nous avons dit les saccës de rarmée de ttoreaa contre Kray, et la convenlion qu'elle avait amenée entre les dcax généraux en chef ; il nous reste h faire connaître les négociations de Lunéville bientôt couronnées par la paix. IL de Gobontzel, ministre plénipotentiaire de TAutriclie arriva le premier brumaire à Strasbourg, où il reçut, ainsi qa'k Lunéville » tous les honneurs militaires. Invité par Clarke à se rendre i Paris , le pLénipotentiairc vint aux Tuileries oà il fut traité avec beaucoup de distinction. Les négociateurs se rendirent à Lunéville , où les confé* rences commencèrent le IS brumaire. Le comte de Gobcntzcl annonça qu'il ne pouvait traiter sans le concours d*un ministre anglais. Dès lors s'apercevant que Ton avait voulu se jouer de sa bonne foi , le premier consul ordonna aux chefs de ses armées de dénoncer Tarmistice , tout en laissant aux plénipotentiaires de rAutriche la liberté de s'entendre avec nous sur les conditions de la paix. Morean proGta de la trêve pour venir à Paris. Arrivé le 26 vendémiaire, il se présenta aux Tuileries \ le premier consul raccueillit avec toute Tamabilité possible, et lui fit don
DENOyCIAI'MMV DE L'ARHIftTICE. tt27
d'une paire do pistoleto enrichis de diamang. « Général , lui dii-il , j ai fait une campagne de jeone bomme, yons, cell« d*un général consommé, qnl ne veut rien laissera la fortane« » Moreaa foi fr<Hd » réservé, pen sensible à de si flatteuses paroles ; était-ce zèle républicain ? était-ce jalousie de gloire? Dans ee voyage Moreaa éponsa ma^ demoiselle Hqlot, dont la mère deyiendra Tune des fataHtés de ce général > en Tenlaçant dans des intrigues dont son caractère n*était pas propre k se démêler.
L'ordre de dénoncer Tarmistice parrint d'abord à Tar-
méc gallo'batave, commandée par Angereaa, qui s'em-*
para d'ÂschaffenboUrg, dé Schweinfurtb , de Wurtzbonrg,
battit les Autricbiens, an combat de Bourg -Eberacb »
s^empara de Bambei^ , et Tint prendre position sur la
Rednitz. Moreau, de retour dans ses cansps, rallia ses aoU
dats entre Municb et les bois de Hobenlinden , destinés à
lai servir, en qoel^ae sorte , comme de rideau pour ata»>
q«ier les mouremens. L'archiduc Jean , ayant quitté la
position qu'il occupait à cheval sur ilmi /se hâta de ma-
nc&uvrer sur Taile gauche de Horeau , pour Taccàbler à
rimproviste. Le 10 frimare (30 novembre ) ^ Grenier fat
attaqué et repoussé avec perte. Après uet édiec» Moreao
eonteentra ses troupes près du village de Holienlinden.
Pemiadé qtie l'aimée ennemie s'avancerait par la grande
chaossée qtâ condaii de iilulhdorf à Munich , il rangea
m» troupe» dorriàre la forêt d'Ebersberg^ réunit aon
corps d'année au débouché d'Ànzeny, laissa Grenier veil*^
Iwsar la drotte des Autrichiens , ordonna à Lecourbe de
canlemr leur gauche, et détacha Hicfaepanse avec une
forte colonne qui devait se rendre & Hatenpœtt par d^
Gheraîns détournés, pour prendre en flanc les eolonaes au-*
triehiettnes.
L'année ennemie ne tarda p» , comme Tavaît prévu le générai frÉUçiis , à s'engager dans ies beis av«c toute $aik artillerie. Quand elle voulut dâwucher, elle se trouva
ca face des troupes fraoçaises de Grouch} el de Grandjcan qui la coAlinrent, tandis qae Moreau Fassaillit à son loar avec impétaosité. La gauche des Autrichiens yini se briser contre les soldats de Ncy, qui grandissait chaque jour. Pendant ces combats , Richepanse , dont la présence sur les flancs de Tennemi devait décider la victoire » effectuait péniblement le mouvement qui lui avait été ordonné. Ayant rencontré dans sa marche un corps autrichien , il laissa une partie de ses forces pour le contenir, et avec cinq mille combattans seulement , il parvint à Matcnpœtt. Là , le bruit du canon lui apprit que l'armée ennemie , qui avait déjà passé à Matenpœtt , était aux prises avec nous ^ d'un autre c6té vers Haag, il apercevait un gros d* Autrichiens ^ Richepanse sans hésiter une minute s*élança dans rintervalle des deux corps, et assaillit la queue de la colonnequi marchait au feu. Pendant qu'il se conduisait si bravement, le second corps autrichien l'attaqua par derrière. Les Hongrois qui formaient l'arrière-gardedu premier corps firent à leur tour volte-face, et menacèrent d'écraser la petite troupe du général français : « Grenadiers de la88«, s'écria Richepanse à h vue des bataillons hongrois qui accouraient au pas de charge, que pensez- vous de ces hommes -là ? — Général , ils sont morts , répondit un. vieux soldat» » En effet, les républicains croisèrent la baïonnette, et marchèrent pour épargner & leurs redoutables adversaires la moitié du chemin. Les Hongrois furent culbutés, jetés dans bi forêt; les bagages et l'artillerie ennemie tombèrent en notre pouvoir. Après avoir fait près d'une lieue en renversant tout devant lui, Richepanse se joignit à Moreau, dont la droite victorieuse avait déjà refoulé les têtes de colonnes ennemies \ l'armée autrichienne fut battue, et laissa sur le champ de bataille cent pièces de canon. Profitant habilement d'un succès si décisif, Moreau se jeta à la poursuite de l'archiduc Jean ^ traversant rapidement l'Inn et la Salza , il vainquit encore