‹ Histoire complète de la révolution française (volume 2)Chapitre 8 sur 93 · CHAPITRE LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LU

PaiiavecTEspagne. — Béaction. —Madame de Slaël. -* GonstituUon de Tan m, — Intrigues dès royalistes. «^ Acceptation de la constitulion. — Expédition de Pile-Dieu.

La GonTention Tenait d'apprendre que les Dourelles Tictoires de Moncey en Espagne y la prise de Bilbao et de Yittoria^ avaient déterminé TEspagne à signer un traité 'de paix, résultat des négociations déjà entamées à Bâie, entra Barthélemi et l'envoyé espagnol. Les conditions de ce pacte étaient la restitution de toutes les conquêtes faites par la France sur TEspagne -, mais cette puissance nous cédait la partie de l'Ile Saint-Domingue qui relevait de la couronne de Madrid. Les Castillans se montrèrent heureux de cette réconciliation , et la république, qui savait bien que ce que Charles FV lui abandonnait était illusoire y éprouva une certaine satisfaction d'orgueil en voyant un Bourbon se détacher de l'alliance de l'Angleterre et de la coalition continentale.

Ces succès du dehors étaient un grand bonheur pour la Convention , qui avait besoin de toute sa force , non pas pour résister aux terroristes y mais au parti contre-

révolutionnaire. A Marseille, on avait égorgé les Jacobins dans les prisons , avec an rafinemeni d'horreur et de barbarie qui fait frémir. Au milieu de cette épouvantable scène, le député Gadroy jouait à peu près le rôle de Billaud dans les journées de septembre. Toulon avait aussi vu des massacres individuels et d'affreuses exécutions. Le sang coulait à Nîmes , à Avignon et dans le Languedoc. Alors beaucoup de révolutionnaires persécutés allaient dans nos camps chercher un asile sûr ou un trépas glorieux. Là, on ne demandait pas si vous professiez telle ou telle opinion , mais si vous aviez été brave dans la dernière rencontre.

La Convention aurait désiré arrêter le mouvement qui allait trop vite et plus loin qu'elle ne voulait , mais elle cédait aux fureurs des réacteurs , comme elle avait cédé naguère à la violence que lui faisait le conseil général de la -commune de Paris. Aussi était-elle tombée dans un égal discrédit auprès des révolutionnaires et des royalistes^ les premiers laccusaient de n'avoir renversé Robespierre que pour proscrire tous les amis de la liberté ) les autres blâmaient comme des crimes ses vains efforts pour les retenir. Ce parti répétait partout que l'assemblée serait éternellement terroriste de nature , et qu'il était temps qu'elle laissât à d'autres une place qu elle n'avait pas occupée pour le bien du pays.

L'agence royaliste active et forte malgré les désastres de Quibcron , poussait à la ruine de toutes les lois énergiques^, et la république périssait frappée souvent par des hommes républicains au fond du cœur, mais menés par des gens plus habiles qui se cachaient sous les apparences d'un faux zèle, en ne paraissant que blâmer la terreur et ses excès. Ils rappelaient à dessein cette époque , pour discréditer la république , comme si sous cette forme de gou* vernement, le commerce, Tindustrie, la richesse, et même la médiocrité bourgeoise, avaient sans cesse à craindre le

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