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RETRAITE DES PRUSSIENS

France. Plus tard, un homme de cette époque, que des miracles d'adresse et une faveur singulière, de la fortune , ont fait survivre à des circonstances dans lesquelles il aurait dû vingt fois succomber/ étant prêtre, constituant , auteur de plusieurs propositions dangereuses pour lui , Siejès , aura peine à détruire le reproche d'avoir voulu chercher en Prisse un roi pour succéder 1 la république qui courait à sa ruine.

Quels que soient les mystères de cette époque sur les causes de la retraite du roi de Prusse , la première, la plus décisive, fut sa position presque désespérée, quoiqu'il eût encore près de quatre-vingt mille hommes sous les drapeaux*, d'autres motifs puissans le déterminèrent. Dans cette courte campagne, les Autrichiens, outre la mollesse de leurs attaques, semblaient s'appliquer à contrarier en tout le duc de Brunswick, qui se plaignait amèrement de leur conduite : on eût dit que le cabinet de Vienne, fidèle à de profondes inimitiés, voulait exposer Frédéric- Guillaume aux hasards des événemens ; que ce prince, à son tour, repentant de l'erreur de sa politique, ne songeait qu'à se retirer du mauvais pas dans lequel il s'était laissé engager. D'un autre côté, le baron de Breteuil, muni des pleins pouvoirs de Louis XVI, dont il s'autorisait , malgré la révocation qui lui en avait été notifiée, combattait toutes les vues, tous les projets, toutes les demandes des princes frères du roi, en sorte. que Frédéric et le duc de Brunswick ne savaient plus où était vraiment la volonté des malheureux captifs du Temple. L'Angleterre, on ignore par quels motifs , concourut aussi à paralyser les opérations $ elle avait alors pour commissaire en Champagne M. Wickam (i), qui, jouant dans un autre sens le même rôle que le fameux Wilson, au quartier-général des

(i) Il avait pour secrétaire diplomatique M. Le Clerc , historiographe» de Russie , et comme attaché à sa chancellerie, M. de Houssilton , officier suisse.

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Russes» en 1812, exerçait la plus haute influence sar les déterminations de Frédéric , comme on peut s'en convaincre par l'anecdote suivante. Le baron de Breteuîl et son secrétaire, alarmés des lenteurs de l'expédition, s entretenant avec ce commissaire , lui disaient sans cesse : («Mais nous n'avançons pas, l'hiver approche-, quand seronsnous à Paris? — Doucement , meneurs, répondait l'Anglais; il n'est pas sûr que vous y alliez. » Enfin un cinquième courrier arriva de Londres , et l'Anglais dit au secrétaire de Breteuil : « Vous n'irez pas à Paris. » Effectivement on se retira. Une dernière et importante considération entraîna le roi de Prusse : il songeait à prendre sa part de la Pologne , que la politique et le glaive, également injustes et cruels , allaient de nouveau déchirer comme une proie. Or, pour faire valoir cette prétention , il fallait ménager ses forces , et pouvoir entrer dans le pays avec une belle et imposante armée.

Ce fut le 30 septembre que, les conseils du duc agissant sur l'esprit du roi, la retraite fat décidée. L'ennemi se replia de Hans sur Dammartin, afin de regagner l'Aisne. Un courrier, expédié par Dumouriez à Miaczinsky, qui commandait à Sedan , lui prescrivit de se porter, avec un gros détaçtvement, au débouché de l'Argonne, pour y attendre les émigrés que d'Harville devait harceler, en se portant de Pont-Faverguer à Chêne-Popoleux,[et du bouquet de Somme-Suippeà Virginy. Ghazot reçut l'ordre de se rendre à marches forcées sur Sedan , et de déboucher sur C bâtons , quand il aurait rallié à lui trois ou quatre mille hommes tirés de Montmédy. Le général Beurnonville , renforcé de douze bataillons, devait s'avancer par Autry sur Gondé , tandis que Dillon reprendrait G 1er mont et Varennes ; enfin , par une marche que le général Jomini , dont l'opinion est une autorité imposante , blâme sévèrement, Kellcrmann devait remplacer le corps parti de Somme-Suippe.

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