CAPITULATION DE VERDUN
sions hardies d Gères de son ennemi, le duc ne put 6 empêcher dédire : « Etrange nation! républicains d'hier, ils en ont déjà le langage. » Deux jours après, le 12, Tannée prussienne traversa Verdun. Aussitôt le général Galbaud établit des batteries sur les hauteurs qui couronnent la place , et somma le commandant prussien d'en ouvrir les portes. Deux jours se passèrent en négociations. Le 14 , le même commandant présenta aux généraux de la république un ordre du roi de leur remettre la ville , aux termes de la capitulation proposée par eux; il promit aussi aux députés de la Convention de rendre Longwy, si Ton n inquiétait pas trop vivement la retraite. Les représentai y consentirent*, dès lors l'évacuation du territoire français se fit sans amener aucun événement digne d'être rapporté*
Cette retraite , découvrant Thionville , avait aussi forcé l'ennemi à lever le siège de cette place, qui s'illustra, comme Lille, par une belle défense dans laquelle Wempfcn se couvrit de gloire. Peut-être une assez grande renommée attendait cet officier, que nous verrons se perdre dans une imprudente levée de boucliers contre la Convention.
Nous ne devons pas omettre une circonstance remarquable. La capitulation de Longwy, signée par le citoyen français Valence, lieutenant- général des armées de la république , et le comte de Kalkreuth , lieutenant-général de sa majesté le roi de Prusse, porte , article 28 et dernier : Pour donner plus d authenticité à la présente convention, elle sera scellée du cachet du peuple français et de celui de sa majesté le roi de Prusse.
On voit, par cet article et par toute la teneur de la capitulation, que le roi de Prusse reconnaissait la république naissante, et traitait avec ce peuple que naguère on regardait comme rebelle. D'autres négociations plus sérieuses eurent lieu entre les généraux français et le duc de Brunswick ; qui annonça l'intention de traiter de
la paix. Elle aurait pu être conclue alors , tant Frédéric- Guillaume tenait peu à l'alliance de l'Autriche, alliance si contraire à la politique et aux véritables intérêts de la Prusse.