SUBSISTANCES
derrière l'impossibilité d'avoir eu avis définitif avant la solution du grand procès pendant devant la représentation nationale.
Plus importante encore dans la réalité , mais non pas dans l'opinion générale , presque uniquement occupée de Louis XVI , la question des subsistances donnait les plus graves inquiétudes à la Convention nationale. La disette n'était pas réelle , mais elle produisait les mêmes effets que si les blés eussent manqué par suite d'une mauvaise récolte. Les attroupemens qui interceptaient la circulation des grains , les préventions terribles qui s'étaient élevées sous le règne de Louis pendant la famine de l'année 1776, et surtout à 1 époque de 1789 , contre les accapareurs , nom sous lequel on désignait en général tous les riches fermiers , les démarches incohérentes et simultanées des communes pour se procurer des grains à tous prix , les fautes commises dans l'approvisionnement de Paris , les unes produites par l'impérieuse nécessité, les autres amenées par Timpéritie et par les désordres /le discrédit de la monnaie nationale substituée au numéraire , rendaient les marchés déserts et excitaient une fermentation générale. Pour remédier à ces maux , les deux partis qui divisaient rassemblée proposaient des moyens différens. Les uns , les Girondins , voulaient avec raison rétablir la libre -circulation des grains , abandonner l'approvisionnement aux spéculations du commerce éclairé par son intérêt presque toujours d'accord avec les besoins des consommateurs , rendre la confiance aux fermiers , les laisser maîtres d'établir les prix que la concurrence mettrait nécessairement à leur niveau, les autres, c'étaient les Jacobins , préoccupés des plus violentes préventions contre les détenteurs de blés, croyaient fortement à une connivence entre Ta varice des fermiers et les desseins des royalistes pour renverser la révolution en réduisant le pays à la famine. La m. *8
nature de leurs opinion», le sentiment de la nécessité, un immense désir de satisfaire ce môme peuple sur ses plus pressans besoins , les portaient à vouloir briser tous ces obs r taclesquipouvaientcompromettreouretarderletriompbede
la liberté. Ils voulaient donc des prohibitions, des taxes, des règles pour la circulation, des lois pour forcer les cultivateurs à fournir les marchés et à vendre leurs denrées a un prix auquel le peuple pût atteindre. Ils disaient avec 1» plus grande bonne foi que si ion n'employai! par le secours dune volonté absolue et dune autorité inflexible, on éprouverait les plus funestes conséquences du système de se confier aux calculs de Tégoïsme des fermiers et surtout aux dangereuses pratiques des spéculateurs. Au reste, de l'opinion des hommes les plus déclarés en faveur du peuple , les plus portés à lui complaire en tout , se trouve dans ces' paroles de Robespierre , paroles si remarquables * parce qu'elles peignent les sentimens , les opinions , les alarmes et les convictions du parti. «Je me contenterai de demander la.priorité pour les projets de décret qui proposent des précautions contre le monopole , en me réservant de présenter des modifications plus larges si les décrets sont adoptés. Jen'ôte aux riches aucun profit honnête, aucune propriété légitime , je ne détruis point le commerce , mais le brigandage du monopoleur. Otez à la cupidité l'intérêt et la facilité ; or trois causes les favorisent : le secret , la liberté sans frein et la certitude de Hmpunité \ le secret , lorsque chacun peut calculer la quantité de subsistances publiques dont il prive la société entière , lorsqu'il peut frauduleusement les foire disparaître. Or deux moyens simples sont proposés \ le premier, est de prendre les précautions nécessaires pour constater la quantité de grains et celle de chaque propriétaire et de chaque cultivateur } le second consiste à forcer les marchands de vendre au marché, et à défendre tout transport