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PROCLAMATIONS DE LA COMMUNE ET DU ROI

réserve de parole qu'il avait gardée jusqu'alors , comme les caractères faibles ; mais il s'emporta jusqu'à la violence dans un moment où il aurait dû se posséder , et imposer par le calme et la dignité. La scission entre Louis et l'autorité municipale était complète; elle devint encore plus évidente parles deux proclamations, Tune publiée par la ville de Paris , l'autre émanée du conseil du roi. Voici la première de ces deux pièces, affichées, le 22 juin, sur tous les murs de la capitale :

« Citoyens, gardez le calme et votre dignité, garantissez-vous des pièges qui vous sont tendus ; on veut diviser entre eux les citoyens armés , et diviser les citoyens non armés.

« Couvrez de vos armes le roi de la constitution •, environnez de respect sa personne , que son asile soit sacré !

« Respectez , faites respecter l'Assemblée nationale et la majesté des rcprésentans d'un peuple libre ! Ne vous rassemblez pas en armes , la loi vous le défend 5 cette loi vient d'être renouvelée.

« Dans les rassemblemens les plus innocens se mêlent toujours les malintentionnés.

« La loi réprouve toute violence , et vous avez confié à vos magistrats l'exécution de la loi.

« Montrez-vous dignes de la liberté, et souvenez-vous que les peuples les plus libres sont les plus esclaves de la loi.

« Signé Pétion. m

Lé roi sembla répondre le même jour à Pétion par la proclamation suivante :

« Les Français , disait Louis , n'auront pas appris sans douleur qu'une multitude égarée par quelques factieux est venue à main armée dans l'habitation du roi, a traîné du canon jusque la salle des gardes, a enfoncé les portes

de son appartement à coups de hache ] et là , abusant audacieusement du nom de la nation , elle a tenté d'obtenir par la force la sanction que sa majesté a constitutionnellement refusée à deux décrets.

« Le roi n'a opposé aux menaces et aux insultes des factieux que sa conscience et son amour pour le bien public.

« Le roi ignore quel sera le terme où ils voudront s'arrêter ; mais il a besoin de dire à la nation française que la violence, à quelque excès qu'on veuille la porter, ne lui arrachera jamais un consentement à tout ce qu'il croirait contraire à l'intérêt public.

« Si ceux qui veulent renverser la monarchie ont besoin d'un crime de plus, ils peuvent le commettre; dans l'état de crise où elle se trouve, le roi donnera jusqu'au dernier moment à toutes les autorités constituées l'exemple du courage et de la fermeté qui seuls peuvent sauver l'empire. En conséquence, il ordonne à tous les corps administratifs et municipalités de veiller à la sûreté des personnes et des propriétés.

« Signé LOUIS.

« Contresigné Terrier. »

Non content de cette proclamation , Louis chargea le juge de paix de la section des Tuileries d'informer sur les événemens du 20, et de constater les délits. Le peuple crut apercevoir dans cette mesure des projets de vengeance-, ils s'en alarma. Les Girondins, que l'on accusait à tort ou à raison de la journée du 20 juin , et qui tout au moins l'avaient laissé faire , sentaient leur haine pour le roi s'accroître, par la conviction de sa mauvaise foi. Habiles à profiter de cette disposition manifeste, les Jacobins énergiques poussaient les Girondins en leur disant qu'ils étaient compromis , et que , pour leur salut , ils devaient tout oser. La cour, de son côté , ne négligeait rien pour faire tourner

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