COLÈRE DES JACOBINS
tieux, ni la révolte du dedans et du dehors. Je leur demanderai : Est-ce à rassemblée à remédier à ces deux pestes publiques? est-ce l'assemblée qui corrompt l'opinion en payant les applaudissemens et les huées, en salariant une foulé d'écrivains plus dangereux que les armées de Coblentz? est-ce l'assemblée qui peut sauver le peuple sur une mer de corruption, tandis que la constitution lui dit : Vous ne passerez pas ce rivage , et vous ne tarirez pas la source de nos maux?
« La liste civile et le veto ont droit d'assassiner le peuple que vous représentez, sans que vous puissiez vous y opposer, et vous le perdriez légalement, si vous touchiez à cette arche sainte. Quoi ! vous voulez que nous sauvions l'état , garrottés comme nous le sommes par la constitution que vous nous avez laissée? et vous qui êtes meilleurs que nous, n'avez- vous pu empêcher les décrets liberticides des mois de juillet , de septembre 1791 ; vous qui n'aviez pas de lisière , et que la toute-puissance nationale poussait dans la route de la déclaration des droits !
« La majorité de l'assemblée est pure : c'est sa pureté même qui la rend trop scrupuleuse pour sauver la patrie. Je dois le dire , il faudrait une grande mesure ; la religion de nos sermens nous l'interdit plus que notre faiblesse. Vous pouvez tout ; nous ne pouvons que ce que vous avez voulu que nous pussions. . . . N'attendez donc plus le salut de la patrie de ceux à qui vous avez dit : Je vous défends de la sauver!... » Le terrible Danton alla encore plus loin : « Une loi , s'écria-t-il , rendue à Rome par Valérius Publicola, autorisait tout citoyen à tuer, sans forme judiciaire , tout homme convaincu d'avoir manifesté une opinion contraire à la loi de l'état. Cette loi est applicable à la circonstance dans laquelle nous nous trouvons. J'y ajoute deux mesures : la première d'asseoir l'impôt d'une manière plus équitable, en rejetant sur la classe riche la plus grande partie des contributions } la seconde , que
r Assemblée nationale porte une loi fondée sur le bien de l'état , continuellement opposé à la maison d'Autriche , qui toujours a fait le malheur de la France, loi qui force le roi à répudier sa femme, et à la renvoyer à Vienne, avec tous les égards et les ménagemens qui lui sont dns. » De pareilles propositions faisaient frissonner d'horreur les modérés, et les poussaient encore avec plus de force vers les idées rétrogrades. Les constitutionnels ou les Feuillans demandaient l'ajournement de la chambre , et proposaient que, pendant la durée de la guerre, on laissât tous les pouvoirs entre les mains de la puissance executive.