‹ Histoire complète de la révolution françaiseChapitre 41 sur 125 · REPONSE DU ROI AU MANIFESTE · texte numérisé non relu

REPONSE DU ROI AU MANIFESTE

avaient pris les armes, et les Marseillais, qoi se préparaient à une vigoureuse défense. « Il fallut, ditBarbaroux, toute la prudence de Pétion pour calmer cette fermentation et déjouer cette intrigue. »

Comme on le voit, la crise décisive approchait; les ministres "Beaulieu etChambonas, effrayés de leur responsabilité, convaincus de leur impuissance à défendre le trône, donnèrent leur démission. Ils eurent pour successeurs Le Roux et Sainte-Croix. Deux jours après leur nomination , en date du I er août, Louis XVI, dans l'intention de calmer l'effervescence populaire, envoya à l'Assemblée nationale un message accompagné d'une nouvelle déclaration de ses sentimens, nécessitée, disait- il, parla déclaration de S. A. S. le duc de Brunswick-Lunebourg. Les paroles de Louis étaient toujours les mêmes , toujours empreintes d'un caractère de douceur et de mansuétude paternelle , qui malheureusement encore avait perdu toute influence , parce que le prince avait souvent violé ses promesses et ses sermens : les constitutionnels demandèrent l'impression et Tenvoi du message dans les départemens , pour prouver l'union entre l'assemblée et le roi , entre les pouvoirs et le peuple. Ce fut par un tout autre motif que quelques Girondins et une partie des Jacobins appuyèrent cette demande : « S'il a manqué à ses devoirs, dit Aubert Dubayet, s'il manque à sa conscience , à la nation entière , vous en avez une preuve d'autant plus évidente, que c'est lui-même qui vous la fournit aujourd'hui. »Isnard, toujours emporté et toujours éloquent, mit en parallèle les actions et les paroles du roi. » Louis, disait-il, n'a rien fait pour arrêter le système de contre-révolution qui couvre la France et se ramifie dans les cours étrangères : rien , et je le prouve. » L'orateur est interrompu par les murmures du côté droit : il interpelle les interrupteurs en ces mots : « Dites-nous donc par quel aimant vous êtes sans cesse attirés vers la cour? » Champion lui répond : «Et vous, dites- nous donc

MO EÉVOLUTION FRANÇAISE.

a quel prix vous êtes vendus aux Anglais?» Isnard, furieux, s'écrie : « Monsieur le président , je dénonce à rassemblée, à la nation entière Bf. Champion l'exécrable, qui médit que je suis vendu aux Anglais. Malheureux , ouvre mon cœur (il écarte les vétemens qui couvrent sa poitrine) , et tu verras s'il est français ! ...» À la suite de cette explication d'une colère toute méridionale , Isnard reprit son discours, et après avoir rappelé toutes les fautes de Louis XVI, il déclara qu'il avait si peu de confiance dans les paroles du roi qu'il votait pour Tordre du jour. L'assemblée déclara qu'il n'y avait pas lieu à délibérer sur l'impression*, elle renvoya purement et simplement le message à sa commission extraordinaire.

Dans cette discussion, quelques membres , et ceux-là, sans doute, voyaient clairement le but de la démarche Su roi , dirent hautement que Louis n'avait agi ainsi que par crainte de ce qui se préparait.» On sait, dit Tburiot, que toutes les sections de la capitale ont voté la déchéance , et qu'elles doivent venir aujourd'hui à la barre de l'assemblée, le maire à lepr tête- c'est pour cela qu'on vous a fait un message dans l'espoir de vous surprendre un décret qui annonce à la France que le roi mérite encore toute sa confiance. » L'observation de Thuriot ne manquait pas de justesse -, la tactique de Louis était d'entraver la marche des choses, d attendre les événemens sans les prévenir, et de promettre afin de gagner du temps. Que l'on ne croie pas pourtant que Louis eût consenti aux atrocités annoncées par Brunswick ; Louis désirait appeler le secours des étrangers; mais suivant toute apparence, il eût été aussi embarrassé avec les Prussiens victorieux qu'il l'était avec les Français qu'il appelait son peuple.

Au moment où se terminait la discussion dont nous ve~ nous de rendre compte, Pétion, à la tête des populations de sections de Paris , vint se présenter à la barre de l'assemblée. Voici un extrait de son discours :

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