‹ Histoire complète de la révolution françaiseChapitre 77 sur 125 · MARCHE DES PRUSSIENS · texte numérisé non relu

MARCHE DES PRUSSIENS

mouvement en arrière sur Vitry. Si les chefs ennemis avaient eu de l'audace et de la célérité , s'ils avaient su profiter de l'occasion pour frapper vite et fort, ils auraient pu empêcher la réunion de nos deux généraux avec Dumouriez 9 mais ils manquèrent à la fortune. Rellerinann et Beu mon ville reçurent des lettres pressantes du général en chef} et la jonction des troupes françaises fut complète le 19.

L'armée prussienne ce même jour s'établit au camp de Massigcs : Glairfayt se rapprocha et prit position à Maure : le général Ralkreuth fut placé à Ripont, et les émigrés à Suippe, Le duc de Brunswick se posta, dès la pointe du jour, sur les hauteurs de Montremoi, près de Villesur-Tourbe. Il reconnut un corps de sept à huit mille Français , mais il ne put pas découvrir les positions que couvrait notre corps d'année principal. Le duc avait l'intention de rétablir ses communications directes-, les corps postés à Glermont et à Varennes, devenant disponibles , auraient marché sur Ligny et sur Bar-le-Duc , Glairfayt se serait emparé de Ghâlons, et les émigrés de la ville où des évêques sacraient les rois de France. On voulait ainsi isoler l'armée de Dumouriez , et la priver de tous ses dépôts. Quoique défectueux, ce plan, qui étendait trop la ligne d'opérations des Prussiens, valait mieux que le; parti que Frédéric-Guillaume préféra dans cette circonstance.

De faux rapports , dus sans doute à la singulière présomption des officiers amis des émigrés , lui représentèrent l'armée française comme se retirant précipitamment et en désordre sur Ghâlons-, le roi pensa que nous cherchions à éviter une action. Il voulut nous couper la retraite et nous forcera combattre.

Le 520, à six heures du matin, l'a van u garde ennemie marcha par la droite sur Somme-Bionne ; un brouillard très épais ne permettait pas de distinguer lès objets à vingt-

cinq pas. Le duc exécutant, quoiqu'à regret, la volonté du roi, dirigea son ayant-garde de manière à tourner les sources de la Bionne \ à peine les troupes ennemies eurent-elles fait une deipi-tieue qu'elles rencontrèrent quelque peu de eavalerie française soutenue par du canon, qui se replia -, l'armée prussienne arriva ainsi sur la route qui conduit de Saint-Menehould à Châlons.

Dumouriez avait engagé Rellermann à s'établir entre Dampierre et Elise, derrière l'Auve, et à prendre, en cas d'attaque, les hauteurs du moulin de Valmy et de Gizaucourt pour ehampde bataille. Malheureusement, confondant la position où Dumouriez lui conseillait de tendre son camp avec celle qu'il lui indiquait comme étant très propre à recevoir une action, Rellermann était venu occuper les hauteurs de Vabpy, en prenant la précaution d'établir sa formidable artillerie sur le plateau du moulin. Dès que le brouillard se fut levé comme la toile qui découvre tout un théâtre , le général en chef, du camp de Sainte-Menehould , s aperçut de la méprise de son collègue nouvellement arrivé; et le voyant déjà débordé sur sa gauche ainsi que dans l'impossibilité de s'étendre sur la hauteur de Gizaucourt, il envoya le général Ghazot avec neuf bataillons et huit escadrons, pour se poster derrière cette position importante, prendre les ordres de Kellermann, et soutenir la gauche, comme le général Stengel, placé à l'extrémité de l'Yron , devait protéger sa droite.

En seconde ligne , Dumouriez plaça derrière Stengel une colonne de seize bataillons , qui se développerait sur i 1 Yron dans le cas ou Brunswick voudrait tenter un effort sur Stengel et le déborder; la droite de Beurnonville fut couverte par le général Leveneur avec douze bataillons et huit escadrons , qui avaient l'ordre de se diriger sur Viginy par Bézieux, et de tourner ainsi l'aile gauche de l'ennemi.

Les Français exécutaient avec précision ces divers

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