‹ Histoire complète de la révolution françaiseChapitre 79 sur 125 · R1TAILLE BC Y AU Y · texte numérisé non relu

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cision également fimestes. Quoi qu'il en soit, Dumourksr présenta la retraite des colonnes ennemies comme un succès décisif; et dès lors la France et le général en chef purent compter sur Tannée.

Cependant Kellermann, vainqueur, restait dans une position fort embarrassante ; la journée du lendemain pou rail ne pas être aussi heureuse : les Prussiens , qui auraient dû manœuvrer au lieu de s'obstiner à emporter la veille les hauteurs défendues par notre armée , pouvaient tourner par la gauche et couper ses communications. Dès que la nuit fut venne, Kellermann marcha par sa gauche dans le silence le plus profond, traversa TAuve, et vint établir ses troupes sur le plateau de Voilemont ; ayant son front couvert par TAuve, sa droite appuyée à un petit ruisseau nommé l'Yèvre, et sa gauche se trouvant liée avec Dumouriez.

Brunswick, le lendemain , forma ses colonnes ; les émigrés , qui composaient l'avant-garde ennemie > se porteront en avant pour recommencer le combat -, mais quelques volées de canon avertirent le prince prussien de la manœuvre habile de son adversaire, qu'il renonça deB lors à vouloir forcer dans sa nouvelle position.

Le 22 septembre, l'armée prussienne s'arrêta sur l'Yron; Glairfayt, sur la hauteur de Valmy. Le prince Hohenlohe, à Gizaucourt et sur les hauteurs de la Lune, gardait la route de Châlons, et formait un crochet pour couvrir la droite -, une partie de la cavalerie campait dans la plaine de Hans.

Laissons pour un instant les troupes prussiennes, et voyons ce qu'avaient (ait les Autrichiens depuis que Clairfayt les avait quittés pour se joindre & Brunswick , Dumouriez, en ordonnant la levée du camp de Mauldc, et en attirant & lui toutes ses forces pour combattre la grande armée qui s'avançait sur Châlons , avait complètement dégarni les frontières de la Flandre , où il n'avait laissé que huit à neuf mille hommes, sous le commandement du

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général Moreton. Trop faible pour garder une position où le due Albert de Saxe aurait pu facilement l'envelopper, Moreton crut qu'il était temps de se conformer aux instructions de Dumouriez, de replier le général Berne ron, qui était à Maulde sur Bruille , et de lui assigner son poste derrière le canal de la Scarpe , sur la route de Gondé à Thun. Une fois maître de ce point, Moreton espérait couvrir les communications de Valepciennes à Douai , par la droite du canal de Marchiennes. D'après ces diverses dispositions, l'armée des Autrichiens, libre de toute entrave, s'avança rapidement. Le général Latour, informé de la retraite de Berneron, se mit à sa poursuite. La vue de quelques soldats autrichiens faillit amener dans sa division une répétition des déroutes du Marquin et de Quiévrain. Les Autrichiens rasèrent le camp de Maulde , et, fiers d'avoir semé l'épouvante sur leur passage, revinrent à Tournay, se contentant d'occuper Orchies , le vieux Gondé et quel- ' ques villes intermédiaires. Le duc de Saxe aurait dû, en militaire habile, marcher avec toutes ses troupes sur la Meuse, pour se réunir à l'armée principale ; mais voulant et défendre les possessions de sa souveraine , et garder son commandement en chef, il résolut d'attaquer Lille. Beaulieu se réunit à lui, le 19 septembre , à Tournay. Ge fut alors que le duc, avec des préparatifs de siège considérables, se mit en marche sur la capitale de la Flandre française.

Lille est une des villes les plus belles et les plus industrieuses de France ; elle est située dans une plaine fertile ; la Deule remplit les fossés qui environnent cette place, protégée encore par une citadelle , chef-d'œuvre effrayant du génie de Vauban. Elle offre cinq bastions réguliers, dont les courtines sont couvertes par des tenailles en terre} entourée d'un fossé profond, elle a en outre un chemin Couvert et un glacis. Les angles rentrant de cet avantfossé , du côté de la campagne , sont garnis de sept demilunes aussi en terre. La ville ne manquait pas d'approvi-

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