‹ Histoire complète de la révolution françaiseChapitre 80 sur 125 · LES AUTRICHIENS EN FLANDRE · texte numérisé non relu

LES AUTRICHIENS EN FLANDRE

sioouemens -, mais elle ne renfermait qu'une garnison de sept à huit mille hommes , dont trois mille au plus de troupes régulières : le reste était formé par des bataillons de gardes nationaux, braves, mais sans instruction , et qui, suivant l'expression militaire, n'avaient pas encore reçu le baptême de feu. Mais la grande pénurie d'artilleurs était surtout k craindre : la place n'en contenait que cent trente, nombre bien insuffisant pour le service d'une forteresse qui offrait de si grands développemens et était garnie d'une artillerie formidable.

A a moment où le duc Albert commençait à investir Lille, le maréchal de camp Ruault commandait la place -, mais bientôt le lieutenant-général Duhoux vint prendre l'autorité supérieure -, il avait sous ses ordres Lamarlière-Champmorin; le lieutenant-colonel Guiscard commandait l'artillerie ; le génie était sous les ordres du capitaine Marescot, de l'école de Vauban; Bryan, habitant de Lille, était le chef de la garde nationale.

Nous reviendrons bientôt aux premières opérations de ce bombardement. Paris et le spectacle qu'il présente appellent maintenant notre attention. Le 20 septembre , jour de la bataille de Valmy , les nouveaux représentons du peuple , réunis dans une salle du cbâteau des Tuileries , s'étaient constitués en Convention nationale ; le 21, ils en* voyèrent une députation de douze membres à l'Assemblée législative, qui les accueillit avec enthousiasme. L'un d eux, l'évèque Grégoire, célèbre par un ardent patriotisme et par une philantropie qui avait sa source dans les principes de la religion du Christ, ou tous les hommes sont frères, fit connaître ainsi l'objet de leur mission ; « Citoyens , l'Assemblée des représentons du peuple est constituée en Convention nationale ; elle nous a députés vers vous pour vous en prévenir et pour vous dire qu'elle va se rendre ici pour y prendre séance. » Le président, François de Neufchâteau, répondit : « Citoyens, vous devez *voir vu, par

les applaudissemens universels de rassemblée et des citoyens présens à la séance , le plaisir que cause au peuple français l'heureuse nouvelle que vous apportez. Je dois vous informer, de la part de l'Assemblée nationale , qu'elle va surle-champ finir la lecture de son procès- verbal et clore sa session ; qu'ensuite elle a arrêté que tous les membres qui la composaient se rendraient près de la Convention nationale pour la conduire eux-mêmes au lieu de ses séances, et donner les premiers l'exemple et l'assurance de leur respect pour les lois qui vont émaner des représentai du peuple souverain. » Ainsi finit la législative.

Nous devons à présent jeter un dernier regard sur l'assemblée qui cède sa place à la Convention.

La constituante, appelée par la cour , qui avait fait le signal de détresse, profondément pénétrée des idées philosophiques et des exigences morales et politiques de l'opinion formée , mûrie par deux siècles de lumières , avait pour mission de reconstruire la monarchie sur un nouveau système , et de cimenter l'alliance de la royauté avec le peuple. Fidèles à ce mandat , les députés tentèrent, comme on l'a vu, tous les moyens de séparer Louis de ses courtisans, qui s'appliquaient sans cesse à le rattacher au despotisme. Les hommes les plus habiles du parti populaire sentirent bientôt que le prince avait au fond du cœur de lantipatbie pour la réforme politique provoquée par lui-même , et que d'ailleurs il était incapable de résister aux brigues de ses conseillers secrets , et de les empêcher d'ourdir des trames contre-révolutionnaires. Ils résolurent donc , en conservant l'autorité royale , de lui prescrire des limites assez étroites ; cependant ils lui laissèrent assez de force pour résister à la volonté nationale. Louis et le comité secret, dont Marie-Antoinette était l'ame , s'aperçurent de cette faute , et résolurent d'en profiter. Malheureusement pour eux ils le firent sans habileté -, au lieu de se conformer à leur situation présente , de rassurer les esprits par une

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