‹ Histoire complète de la révolution françaiseChapitre 95 sur 125 · DÉNQNCIATJOKS DE LA GIRONDE · texte numérisé non relu

DÉNQNCIATJOKS DE LA GIRONDE

berlé. .. ( Plusieurs voix : A la question ! à la question ! ) Tallien élève la voix , et couvrant cette daméur > Un membre inculpé doit avoir le droit de répondre !

« Je vous ai rendu , reprend Robespierre , un témoignage qui partait de mon cœur, et vous m'interrompez quand je me justifie ! Je ne reconnais pas là un citoyen de

Marseille, ni un représentant du peuple français C'est

moi dont le nom fut lié avec les noms de tous ceux qui défendirent avec courage les droits du peuple ; c'est moi qui ai bravé , non seulement la rage aristocratique qui s'agitait de ce côté, mais encore la perfidie des hypocrites qui dominaient dans celui-là. » (L'orateur montrait du geste tour à tour le côté droit et le côté gauche de l'assemblée.)

Osselin l'interrompt : « Robespierre veut-il nous donner une explication franche en quatre mots? » Lecointe- Puiraveau ajoute : « Robespierre, dis-nous simplement si ta aspires à la dictature ou au triumvirat? » L'orateur reprend :

a Quand l'assemblée ne voudra pas m 'entendre, elle me fera connaître sa volonté... Je vous déclare que, telle est la position où je me trouve , que je me crois obligé d'invoquer la justice de la majorité de la Convention contre certains membres qui sont mes ennemis... Je reviens à moi. Vous croyez donc que j'ai conspiré contre la liberté de mon pays? Détrompez-vous. Est-ce accuser un citoyen que lui dire : Vous aspirez à la dictature?. .. Quels sont vos faits , où sont vos preuves? Ah ! vous n avez rien dit! mais vous avez eu assez de confiance pour croire que ce mot lancé contre moi pouvait me rendre l'objet dune persécution. Vous ne savez donc pas quelle est la force de la vérité, quelle est l'énergie de l'innocence , quand elle est défendue avec un courage imperturbable ! Vous m'avez accusé , mais je ne vous en tiens pas quittes \ vous signerez votre accusation, vous la motiverez-, elle sera jugée aux yeux de la nation

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entière! Il faut savoir si noua sommes des traîtres, si nous avons des desseins contraires à la liberté , contraires aux droits du peuple, que nous n'avons jamais flatté , car on ne flatte pas le peuple; on flatte bien les tyrans-, mais la collection de vingt-cinq millions d'hommes on ne la flatte pas plus que la Divinité.

« J'en ai trop dit sur cette misérable inculpation : je viens aux propositions qui ont été faites. . . »

Barbproux s'élance à la tribune , impatient d'audace et de colère. « Barbaroux de Marseille, dit-il, se présente pour signer la dénonciation faite par Rebecqui contre Robespierre. » Après cette audacieuse déclaration , le fougueux orateur, au lieu de se posséder pour porter des coups plus sûrs, répète, maladroitement, ce que la Gironde avait déjà dit cent fois , sur la lâcheté personnelle de Robespierre dans les principales journées de la révolution et sur ses projets de dictature

« Quant à l'accusation que j'ai faite en commençant, je déclare que j'aimais Robespierre , que je l'estimais ; oui , nous aimons Robespierre, et nous lavons accusé! qu'il reconnaisse sa faute , et je renonce à poursuivre mon accusation ; mais qu'il ne parle pas de calomnies ! s'il a servi la liberté par ses écrits, nous l'avons défendue de nos personnes. Citoyens , quand le moment du péril sera Tenu , alors on nons jugera ; alors nous verrons si les faiseurs de placards sauront mourir avec nous. » (Applaudissemens prolongés.)

A cette dernière phrase, Marat , la tête enveloppée (Ton mouchoir et dans tout le désordre habituel de son extérieur, lève la tête et veut prendre la parole. Il vient, dit-il, se dénoncer lui-même; mais il ne peut se justifier au milieu des huées qui couvrent sa voix et qui partent de tous les c&tés de la salle.

Gambon paraît à la tribune : « J ai vu afficher, dit-il , dans Paris , des imprimés où l'on disait qu'il n'y avait pas

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