‹ Histoire complète de la vie de VoltaireChapitre 21 sur 122 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

lŒTOUK Î)E VOi;rAIKK EN FRANCK KT DANS Sl'S PENSIONS.

Voltaire rentra en l'Yance dans les premiers mois de 1729, et il y rentra avant l'expiration de son arrêt d'exil. Aussi, pendant (|uel(|ues jours se caclia-l-il en banni, rôdant autour de la capitale, en faisant le siège, jus(iu'à ce (pie les portes lui en fussent ouvertes par le ministère. Le 10 mars, il écrivait à Tliieriol, en anglais: « Avant ipie je puisse nie caclier à Paris, je m'arrêterai (pichpuîs jours dans un village voisin de la capitak;; il est vraisi'nd)lal)le (pie je m'arrêterai à Saint- G(îrmain, et je compte y arriver avant le 15. C'est pour(|uoi, si vous m'aimez, |)re|)arez-vous à venir m'y trouver au |)reniier appel. » C'est à Saint-Germain, en elfel, ([u'il s'établit

d'abord, chez un perruquier appelé Chàlillon , y gardant sous le nom de Sansons, le plus strict incognito, et ne donnant son adresse qu'aux amis indispensables. Le 25 mars, il oflrail à Thieriot un a trou dans cette barafpie, » (|u'il le priait d'accepter avec un mauvais lit et une chère simple et frugale. Le 29, il lui donnait rendez-vous à Paris, chez Dubreuil, a dans le cloître du bien heureux Saint xMédéric, » puis dans une vilaine maison de la rue Traversière, chez M. de Mayenville, conseiller-clerc...

Là, il vit le duc de Richelieu, à qui il permit de dire à un de ses prolecteurs, Pallu, maître des requêtes, <r qu'il lui avait apparu connne un fantôme. » Peu rassuré à Paris, où il n'était toujours qu'en rupture de ban, il retourna à Saint-Germain *. Cédant aux remontrances de Richelieu, de Pallu et de Thieriot, qui le pressaient d'obtenir un warrant^ signé Louis, il écrivit le 7 avril, « au vizir Maurepas, pour qu'il lui laissât traîner sa chaîne à Paris. » Sa requête fut admise, et, à [leine rentré légalement dans sa patrie, il s'occupa de rentrer aussi dans ses rentes et pensions'. li envoya à Thieriot la patente de la pension que lui faisait la reine, trouvant juste qu'elle lui en daignât faire payer quelques années, a puisque monsieur son mari lui avait ôté ses renies contre le droit des gens, » — M. l'abhÎ' Maynard, Voltaire, sa vie et ses œuvres. (Ambroise Bray, 1868), T. 4,

1 Recueil de 1820, p. 204-220. La lettre datée de Saint-Germain, le 2 mars ne peut f'trc que dii 12, puisque le 10 Voltaire n'était pas encore établi à Saint-Germain. (Note de l'auteur.)

2 Mot qui, dans la législation anglaise, signifie pri.sc de corps, mandat d'amener. (R. d'A.)

3 On lit cependant le passage suivant dans \e Commentaire historique: « Il (Voltaire) avait eu long-temps auparavant une pension du roi de deux mille livres, et une de quinze cents francs de la reine, mais il

Page 1