‹ Histoire complète de la vie de VoltaireChapitre 28 sur 122 · DISGRACE DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

DISGRACE DE VOLTAIRE

4 octobre. Voltaire m'a avoué la cause de sa disgrâce auprès du cardinal (Fleury) et de M. Hérault '. Ces messieurs, le voyant prévenu contre les Jansénistes et ami du P. Tournemine, comme il le paroît par quelques vers de lui ^ épars dans ses œuvres, voulurent l'engager à écrire pour la cause

1 René Hérault (1691-1740), lieutenant-général de police. Il se montra fort sévère envers les Jansénistes. En 1739, il fut nommé intendant de Paris et conseiller d'Etat. (R. d'A.)

2 Voy. notamment le V'' Discours en vers sur la nature du plaisir (1737). Le P. Tournemine écrivit, à l'accasion de Mérope, une lettre au P. Brumoy, et Voltaire y répondit par une autre lettre, en date de décembre 1738, dans laquelle il le remercie de ses éloges. Elle se termine par ces mots :

« Ce que je n'aurai jamais à corriger, ce sont les sentiments de mon cœur poui- vous et pour tous ceux qui m'ont élevé ; les mêmes que j'avais dans votre collège. Je les ai conservés tous. » (Note de M. Rathery, annotateur des Mémoires de d'Aigenson.)

contre le Jansénisme, et il avoit coiumoncc quelque chose dans le goùl d'anliques lettres provinciales. Il vint chez M. Hérault et lui dit (lu'il ne pouvoit continuer, ([u'il se déshonoreroit, étant soupçonné de cela, et regardé connue plume mercenaire ; et il jeta son ouvrage au feu. Inde irœ.

Je lui ai dit : a Monsieur, soyez moliniste comme moi ; » il n'y a (|u'un parti pour un bon citoyen, c'est celui du tolérantisme destructeur de tout parti en France...— Journal et Mémoires du marquis d'Argenson. (Paris, v* Jules Henouard, 1863), t. II.

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