‹ Histoire complète de la vie de VoltaireChapitre 47 sur 122 · DÉI'AKT DE VOLTAIRE POUR LA PRUSSE · texte numérisé non relu

DÉI'AKT DE VOLTAIRE POUR LA PRUSSE

Vollaire a quille pour toujours la France, avant remis au roi sa charge d'historiogrape de France et ordonné à sa nièce, M"'" Denis, de vendre tous ses ell'els et résolu de la mener elle-

parce que les affaires de madame du Chûtelet, mi^lées avec ma fortune, m'ont coûté encore davantage. Mettez, je vous en prie, selon votre coutume pliilosopliique, la majesté à part, et souffrez que je vous dise que je ne veux pas vous être à sage. .le ne peux ni avoir un bon carosse de voyage, ni partir avec les secours nécessaires à un malade, ni pourvoir à mon ménage pendant mon ab.sence, etc. , à moins de quatre mille écus d'Allemagne. Si Métra (a), un des marchands correspondants de Bei-lin, veut me les avancer, je lui tVrai une obligation et le reniboursemont sur la partie de mon bien la plus claire qu'on liquide actuellement. Gela est peut-être ridicule ù proposer ; mais je peux assurer votre Majesté que cet arrangement ne me gênera point. Vous n'aurez. Sire, qu'à faire dire un mot à Berlin au correspondant de Métra, ou de quelque autre banquier résidant à Paris : cela serait fait à la réception de la lettre, et quatre jours après je partirais... » — Réponse de Frédixic : «A Postdam, ce2i mai (1750)... Gomme le sieur Métra pourrait réprouver une letlredc change en vers, j'en fais expédier une en bonne forme par son correspondant, qui vaudra mieux que mon bavardage. Vous êtes comme Horace, vctus aimez ii réunir l'utile à l'agréable; pour moi, je crois qu'on ne saurait assez payor le plaisir, et je compte avoir fait un trèsbon marché avec le sieur Mélra... »

OEuvres complètes de Voltaire. (Paris, Thomiuc et Forlic, 1822) t. 57, p. 20.'i-20G. (R. d'A.)

(a) Banquier très-connu alors. (K. d'A.)

même en Prusse '. Sa Majesté i)riissienne lui donne une grande pension et en assure autant à la dite dame Denis. Gela luiyient d'un mécontentement qu'il a eu; il était brouillé avec M. de Richelieu, à cause de ce qu'il a dit du Testament politique du cardinal de Richelieu. 11 a demandé à M. de Puisicux- s'il ne voulait le charger de rien pour Berlin, et ce ministre lui a répondu : Rien. Il a parlé au roi sur le même ordre; Sa Majesté lui a tourné le dos, et M. le Dauphin de même. Ce froid l'a piqué extrêmement ; il a fait écrire au roi une lettre par Sa Majesté prussienne pour lui demander de garder toujours Voltaire, et le roi a répondu qu'il en était fort aise. Sa Majesté a dit à ses courtisans que c'était un fou de plus à la cour de Prusse et un fou de moins dans la sienne. — Journal et Mémoires du. marquis d'ARCEXsoN. (Paris, V Jules flenouard, 1864), t. G.

1 Voltaire partit de Gorapiègne le 18 juin (d'après M. Desnoiresterres) , prit sa roule par la Flandie, visita les champs de bataille de Fontenoi, Raucoux, Lawfeld, passa quelques jours à Clcves, franchit les campagnes de la "Westphalie, et arriva, le 10 juillet, à Postdam. (R. d'A.)

2 Louis-Philoxène Brulart, marquis de Puisicux (1702-1771), ministre des affaires étrangères de 1747 à 1751. (R. d'A.)

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