‹ Histoire complète de la vie de VoltaireChapitre 61 sur 122 · UN AUTRE CLIENT DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

UN AUTRE CLIENT DE VOLTAIRE

Dans le même temps il s'iiuiuiéiail du son d'un aulre protestant, bien résolu à faire tout ce qui serait en son pouvoir pour lui venir en aide. Mais il avait besoin de s'édilier, et il demandera à Végobre ' des renseignements sans lesiiuels il ne pouvait rien entreprendre, a Pourriez-vous avoir la bonté de vous informer, lui écrivait-il le V mars, sans déplaire à personne et sans faire rougir personne, si Paul Acliard, natif deCbàLillon au déparlemenl de Grenoble, lequel ([)ar parenthèse) est aux galères depuis 1745, est parent de M. Acliard, citoyen de Genève ^? » Deux mois après, ce sont de nouveaux infortunés à secourir. Il s'agit des mariages des protestants et de la monstrueuse législation sous le coup de laquelle ils se trouvaient encore et se trouveront en France jusqu'à la veille de la Révolution, bien (jue dans la praticjue les dillicultés se sauvassent d'ordinaire, à moins des entraves que pouvait faire naître la déloyauté de l'un des conjoints, comme cela se rencontre dans le procès de Martlie Camp et du vicomte de Bombelles. a M. de Voltaire, écrivait le |)oète, l'ait bien des compliments à M. de Végobre, il est toujours à ses ordres. Il lui envoie le faclum pour les S" Poiin ou plutôt pour les réfor-

1 Charles (le Manocl (le Vc^pfobrc, avocat proteslaiit, de Lasallc en Languedoc, qui avait ('[^ oblige de se icfiipier à Genève. (R. d'A.)

2 Cabinet de M. Feuillet de Concbes, Lettre autographe de Voltaire, à Végobre. Ferney, 1" mai 1764. (Note de l'auteur.)

lïiés. » El, peu de jours après (9 juin) : o: ... M. de Beaumont, l'avocat qui plaide acluellemenl la légilimilé du mariage du sieur Potin, compte gagner sa cause au parlement de Paris, et l'arrêt obtenu mettra en sûreté les mariages protestants sans aucune formalité. » Mais c'était trop espérer des juges; et les héritiers Potin en rappelleront d'une première sentence, qu'une seconde ne fera que confirmer '. — Gustave Desnoiresterres. Voltaire et la société au XVIII" siècle. Voltaire et J.-J. Rousseau. <Paris, Didier et C'^' 4875.)

Page 1