L'R DE VOLTAIRE
Après la mort du nianjuis de Villeile (1795), c'est à sa veuve, la Belle et Bonne de Voltaire, ([u'éciiut le cœur de ce grand homme, conservé dans une boite de vermeil. Le dernier manjuis de Villette, à défaut de postérité, institua un évéque de France son légataire universel; mais ce n'était là qu'un fidéi-conunis ; le véritable destinataire était le comte de Cliam- Itord (5 juin 1859). Le testament fut attaqué par les héritiers naturels du manjuis, MM. de Roissy et deVaricourt, et un arrêt de la cour d'Amiens (!''' août 18G1) en prononça Tannulation. « Les reliques voltairiennes, dit M. Gustave Desnoiresterres (Retour et mort de Voltaire), furent vendues à l'encan sans plus de façon... Mais le cœur du patriarche de Ferney ? C'est un dépôt qu'on se montrait peu jaloux de joindre à l'actif de la succession, et l'on ne trouva rien de mieux (et rien au monde n'était plus convenable) ([ue de le rendre à l'Etat, dont il était la véritable et naturelle propriété, M. Léon Duval, membre de l'ordre des avocats de la Cour, fui cliargé par MM. de Roissy de prendre les ordres de l'Empereur, cpii décida que le co'ur de l'auteur de tant de livres serait recueilli d'une manière définitive par notre Bibliothèque nationale, où le ministre de l'instruction publicpie, M. Duruy, se transportait le IG décembre 18G4, pour le recevoir des mains du célèbre avocat. On constata que le cœur était enfermé dans un récipient en métal doré sur lequel étaient gravés ces mots : « Le
cœur de Voltaire, mon à Paris le XXX niay MDGGLXXVIIl.» M. DuruY, en présence de l'administrateur général et des membres du comité consultatif, après avoir accepté ces précieux restes, arrêta qu'ils seraient conservés au Département des Médailles, jusqu'au moment oii l'état d'avancement des travaux permettrait de les installer au premier étage de la rotonde qui se trouve à la jonction des rues Richelieu et Neuvedes-Petits-Cliamps. » (R. d'A.)