APPEL AU PEUPLE
€ Art. 68. La Constitution est conflée à la garde et au patiioUsma « des citoyens français.
« Louis-Napoléon Bonaparte est mis hors la loi. « L'eut de siège est aboli, c Le sttftrage universel est rétaldi*
c Vive la République l — Aux armes!
« Pour la Montagne réunie.
« Le délégué, * « Victor Hugo »
— aâ4 —
M. Victor Hugo avait-O véritablemmit signé cette pièce? Nous rignorons, mais il ne Ta pas désavouée.
La première tentative de la journée est celle qui a lieu au bas du quartier des Ecoles, au point du jour. Dans tous les temps les émeutiers ont attaché une haute importance à Toccupatîon de la Cité, qui relie les deux rives de la Seine- On essaie donc de construire deux barricades, Tune à l'entrée de la rue Saint-Martin, du côté droit de la rivière, l'autre à Fextrémité du quai aux Fleurs ; mais cette tentative, faite par un trop petit nombre d'hommes, avorte à Tapparition d'une patrouille de gardes républicains.
On se rappelle en effet que, suivant le mot d'ordre de la veflle, l'émeute ralliait ses bataillops ailleurs, qu'elle devait se concentrer sur la place de la Bastyie.
Fidèles à leur consigne, les anarchistes sont à huit heures sur cette place. Mais M. de Maupas, instruit de ce qui se passe, prévient le général Magnan, et à huit heures et demie arrive sur ce point la brigade Marulaz, accompagnée de douze pièces de canon. Les maisons de la place o\x s'étaient abrités les insurgés de juin 1848, et d'oti ils tuèrent sept généraux et ce noble martyr, l'archevêque de Paris, sont occupées de la cave au grenier par la troupe. Trois obusiers sont dirigés sur le fimbourg Saint-Antoine, prêts à lancer la mitraille et la mort
A la première approche des soldats, à la' vue de ces préparatifs menaçants, les émeutiers disparaissent ; les uns entrent dans le faubourg, les autres s'^arpiUcot sur divers points.
A neuf heures du matin apparaît sur les mues du boulevard et des quartiers voisins, le manifeste delà Montagne. Is voici textueliemenC :
« Les Représentants de la Montagne rappeDent an peopls et à « l'armée Partide 68 et ParUdoliO.
« Vive laRépubttqiel YlfSlaConstituUon! Vive le sofl^age uni- € versel!
m Le peuple, désormaiSi est à Jamais en possession da sa£Elnige
afk baatiQ ^^^^l■l^ prince pear le lui rendre, et m cbàUera le rebelle. Que le peuple Imae •oa4e¥Qir! eeeUeKésMi- « UdU marcheront à sa tôte.
• Signé : Vichbl fde Bourges), Schcblchbb, général Laidbt, Mathiid (de la Drôme)» LAsuTBASy
BbITBS, BbBTVAND, JoIGNBAITX, GDAUrFOUBy
Cassal, GiLLAiiD, J. Fatbb, Y. Hugo, Em. Abago, Hammi i»b MoifTiAU alnéy MATHft, Signas d, RoivjAT (de risère)^ Tigdibb, Eugène Sue, BiQOlBOfly db Flottb. »
A la même heure, on ofiQchait Tappel suivant» adressé à Parafe 10 nom de» dHki déviagogiqiies.
A t*ARllËE.
• SoldaU!(ia'al1eKTou8faire?0n Youi égare et oD'voiis tronape. « ¥os plua Ubutoea diefli sont Jatéa daia les fars; la souveraineté « nationale est brisée ; sa représentation outragée, violée. Et vous
• aiiâs taine sur le ebeosiB de Fc^probre et de la trahison un c tas d'boiDises perdus, un LouIft^Napoléon^ qui souille son grand « Bbom par le pÂus odieux des orfants; «n Saint-Amàud, escroc, « faussaiii». six lois cbaisé de ranase pov ste filouteries et ses « iricesl
« SûMati!ioianiertz-TOUf «antre la patde ces armes qu'elle vous
• a coBÛées pour la déleodre ? Soldats ! bi désobéissance est au^ « jourd'bui le plis sacré des devobrs. Soklats! UBlssei-vous an peuple « pour sauver la pairie et la aêpublique.
% ▲ bas IMfurpateorl
« Vos Représentants, vos concitoyens» vos frèves, vos mères et vos somus qjoi vous demanderont compte du sang versé. »
Détournons nos regards de ce factum, tissu de calomnies ignobles et de grossières inepties.
Reste encore le manifeste du comité des corporations •!> vrières, qui M aSyché la demief , entre neuf et dix heures. Gelui-ià va plvs loin que les autres, sinon dans la forme, du noins dans les conclusions; il ne fait pas seulement le procès
à Louid-Napoléon, c'est aussi un réquisit(rire contre la mi^fOTMé de rex-Àssemblée nationale.
AUX TRAYAILLEUBS.
« Citoyens et compagnons,
« Le pacte social est brisé !
« Une majorité royaliste, de concert avec Louis-Napoléon, a yiolé « la Constitution le 31 mai 18^.
« Malgré la grandeur de cet outrage, nous attendions, pour en « obtenir l'éclatante réparation, TélecUon générale de 18S2.
« Mais bier, celui qui fut le président de la République a eOué cette « date solennelle.
« Sous prétexte de restituer au peuple un droit que nol ne peut « lui ravir, il veut, en réalité, le placer sous une dictature militaiie. « Citoyens, nous ne seront pas dupes de cette ruse grossière. « Comment pourrions-nous croire à la sincérité et au désintéresse- € ment de Louis-Napoléon ?
« Il parle de maintenb: la République, et U jette en prison les tépu- « bUcains.
« U promet le rétablissement du siifflrage universel, et U vient ds « former son conseil consultatif des bommes qui Pont mutilé-
« U parle de son respect pour Pbidépendauce des opinions, et II c suspend les journaux, il envabit les imprimeries, il .disperse les « réunions populaires.
« Il appeUe le peuple à une élection, et il le place sous Pétat ds « siège ; U rêve on ne sait quel escamotage perfide qui mettrait « l'élection sous la surveillance d'une police stipendiée par lui.
« 11 fait plus, U exerce une pression sur nos frères de l'année, « et viole la conscience bumaine en les forçant de voter pour lui, « sous l'Œil de leurs officiers, en quarante-buit benres.
« Il est prêt, dit-il, à se démettre du pouvoir, et U contracte on m emprunt de vingt-cinq miUions, engageant Ta venir sous le nppmi « des impôts qui atteignent directement la subsistance du pauvre.
« Mensonge, bypocrisie, parjure, telle est la politique de cet osur- • pateur.
« Citoyens et compagnons! Louis-Napoléon s^est mis bon la loi! « la majorité de l'Assemblée, cette majorité qui a porté la main sur « le sutfrage universel, est dissoute.
« «Saule, (a minonté garde une autorité légiime, BsDlons*>noiis € autour de cette minorité. Volons à la délivrance des républicains c prisonniers ; réunissons-nous aux Représentants fidèles au suUïags
« oBiTeraèl ; fsOsons leur un rempart de nos poitrines : que nos « délégués viennent grossir leurs rangs et forment avec eux le « noyau d'une nouvelle Assemblée nationale. « Alors, réunis au nom de la Constitution, sous l'inspiration de
• notre dogme fondamental» Liberté, — Fraternité, - Égalité, à « rombre du drapeau populaire, nous aurons facilement raison du > nouveau César et de ses prétoriens!
« Le Conseil eerUral des corporaHons.
« P. S. ~ La ville de Reims est au pouvoir du peuple ; elle va
• envoyer à Paris, au milieu de ses patriotiques pbalanges, ses délé.
• gués i la nouvelle Assemblée.
« Les républicains proscrits reviennent dans noe murs pour se- « eooder Teffort populaire, >
Ceci est le digne peudant de Taffiche dont nooa parlions il y a quelques instants, signée Rouget et Méquet. Toujours de burlesques ambitions! Tout prince a des ambauadeurs, tout marquis veut avoir des pages j disait Lafontaine ; que de progrès n'avons-nous pas fiiit depuis lors? Aujourd'hui tout le mcmde se croit du bois dont on fait les Ministres. La France, depuis iStô notamment, était folle de vanité. La fameuse insurrection du 15 mai, si elle eût réussi, ne devait-eUe pas, diton, donner le portefeuille de l'instruction publique au camarade de Blanqui, au cuisinier Flotte, homme peut-être fort expert dans l'art des préparations et des assaisonnements culinaires, mais qui devait connaître la politique conune il connaissait l'orthographe, dont U ne savait pas un mot?
£st-ce là tout? Ces manifestes, tous plus ridicules les uns que les autres, suffiront-ils aux démagogues ? Non, à tout ce fatras Ils igoutent encore les faux bruits, les nouvelles menteuses, qu'ils font circuler dans les groupes pour exaspérer les esprits. Ainsi, on va disant que les généraux Bedeau et La Moridère ont échappé à leurs gardiens, sont entrés dans Paris, ont appelé le peuple aux armes, et ont été de nouveau arrêtés, puis indignement maltraités. On qoute que M. Ledru-Roliin eet
arrivé de Londres pour se mettre à la tète de rinsorreotion. Rien de tout cela n'était vrai.
Cependant les têtes s'étaient montées» les boutiques des marchands de vin du faubourg* Saini-AntoiBe s'étaient remplies de clients presque tous étrangers au quartier, et répaih dant une odeur de bagne autour d^ux. Deux ou trois cents de ces bandits reocontrenl, au caia d& la rue Beaumarchais, un peloton de la garde républicaine qui emmène des prisonniers. Ils se précipitent sur ces militaires qui se mettent en état de défense, blessent à coups de sabra deux iusurgé», ^ les conduisant à la casene des MimnMs.
Tout cela se passe sous les yeux de trots Représentsnts db la Montagne. Dociles à la sommation qui avait réclamé leur présenta penâank la baftuDe, MM. Madier de Msn^au, BaudîQ et EsquiroSy sent là dqmii sept heures du matin, pironat^ s'agitant» gestieukiiit, et loal prêts à payer de leur ps^ soddsl a dix beoros, Baudin se plaoe en tète d'tni baodi guivasons sa directioo coostmire une barricade an coin de la rue Sainta-Margoerîte. Dans une des rues a^laceales, près do boulevard Beaumarchais, Madièr de MonQ au va es Mre élever une autre. Esquiros est avec Bau<Sn.
Avam d'aller fias letB, qu'on nousperasette id une esorte digression.
En vérité, s'fl est au monde une chose qui doive ftiriB hQ^ m/ity c'est la guerre civile. Noos comprenons, en lesbUniAot) les guerres religteuses des temps passés. Elles étaientcrinineUee, impns et absurdes, sans doute, mais au moins elles se faisaient au nom d'une croyance, et, à cette époque^ ni égal tenattsne, une égale ftureor animaient les deux pirtto: le cathoUque détestait et tuait le protestant, parœ quil ne voyait en loi qu'une créature promise à la danmatioo éter- MileetiaqiÉ^parle démon ; le protestant, de son côté, se ■tontreit sans pitié pour le catholique, qui n'était à ses yeux <Itt'un eonemi implacable et personnel. Mais en est-il ainsi
éàû» les lutte» pelitiques? Môme alors qu'un Gouvernemefli a topl, est-ce que les soldats qui le défendent, Hés quHIs sont fax le prindpe de fobéiBsaBce passive, ne fbnt pas leur de- Yoir? yBs essayafem de^ s"y soustraire, à ce devoir impérieux, ■e sertiteBt-lis ffas ftirtlés?» parce que ces malheurcui, qui ne comprennea* rien aus cKscessions politiques, qui générakHieat n*wl pa» d'opittioii) qu* ne soait pas vos ennemis entn, Nteent dd biwer^ pwr vous feire plaisir, les peines les plus sévdNS, Yêîàk qae whs aUee les provoquer, vous démoerales^ ^^¥Oim aHestipepsur eux( Et vous vous dites philanthropes 1 Allez, vous n'êtes que les Tartufes de la frater*
New a»u»sfaiseBné dans J^bypothèse eè le Ooovememenl a toffVf nais quand it a mison, quand' fl <»^ devoir prendre un parti décisif en appelant le peuple, le peuple tout entier à le jugeT) à Jui laisser eu à hit retirer ses pouvoirs, c>est bien pis dan» oe oaeu Vnus trouves, dftes-vous, qu'il a tort? Eh Irienl uses de votre droit et vote» contre hii, en laissant les autres litiresdi& voter à leur guise. Mais sr, au Heu de prendre on huUetiB de vole, vous prenee un fusil, la main sur la con* sdenee, dites, quel nom faudra-t^il vous donner?
Revenons à notre rérit.
Nous avons dH que le brigade Marulaz occupait la place de la Bastille. Informé de ce qui se passe dans le faubourg SaintAntohie, le général qui* ta commande se hâte d^nvoyer sur les lieux le dief de bataillon de ligne Pujol, à la tête de trofe compagnies du 1** léger. Cet officier se présente devant la barricade du coin de h rue Sainte-Marguerite. Baudin et Esquiros y trônent, revêtus des insignes législatif^. Le commandant Ihijol somme feé insurgés de se rendre ; maïs Baudin, gravissant aussitôt la barricade : t Camarades , s'écriet-fl en s'adressent aux soldats, la Constitution est violée; Louis-Napoléon s'est rendu coupable de ce crime : nous soHunes ici pour défendre la loi, mais nous ne sommes pas
^08 ennemiB. Soyez des nôtres I • Mais, à peine le montagnard a-t-il cessé de parier, qu'un démenti sanglant est donné aux paroles de paix qu'il vient de prononcer. Un coup de feu, parti du centre des insurgés, va blesser un soldat. Alors, sur Tordre du chef de bataillon, la troupe riposte avec vigueur, et Baudin tombe mort frappé d'une balle à la tète.
A la môme heure, à quelques pas de là, Madier de Mon^ était aussi atteint d'un coup de feu en défendant, contre la ligne, la barricade du coin du boulevard Beaumardiais.
Les deux barricades furent immédiatement abandonnées par tous leurs défenseurs.
Madier de Montjau n'était que blessé, mais Baudin était enterré le 5, au dmetière Montmartre ; il fut la première des nombreuses victimes que la mort moissonna dans ces jours d'orage.
Pendant que le sang commençait à couler au faubourg Saint-Antoine, Témeute iiûsait tous ses efforts pour soulever b population dans les autres quartiers , et notamment dans les rues Saint-Denis, Saint-Martin, du Temple, Richelieu, Montmartre, etc. Au quartier Latin, quelques groupes d'étudiant» parcouraient les rues en vociférant ; mais il suffisait d'un détachement de chasseurs de Yincennes pour les faire disparaître et fàiie rentrer dans leur calme accoutumé les quartiers delà rive gauche. Les diverses artères qui s'étendent entre la GUteau-d'Eau et la Bastille paraissant être les principaux foye» de l'agitation, le général en chef se décide, à midi, à faire é^ cuer et occuper militairement les boulevards , d'un de ces points à l'autre, par des régiments de chasseurs, de cuirassers et de la ligne.
Cependant de nouvelles réunions ont lieu , ou plutôt les diefs de parti n'ont pas cessé, depuis le matin, de délibérer, et, selon les nouvelles qui leur arrivent, d'aviser aux mesures et dispositions à prendre. Les délégués des associations se concertent dans une maison di^ boulevard Montpamassef
quelques Représentants se rassemblent rue Neuve-Saint- Augustin, 58, d'autres chez un eoUégue habitant l'entrée du finibourg Saint-Denis. Dans une de ces réunions, on dédde qu'il sera liodt une tentative sur la préfecture de police ; dans une autre, c'est la prison Mazas dont on veut s'emparer; dans nue autre encore, on parle de l'Imprimerie nationale comme offrant à l'émeute un quartier général avantageux. Dans celle de la rue Saint-Denis, on s'occupe beaucoup de la nécessité d'armer les insurgés, dont un très-petit nombre a des armes. Mais comment parvenir à ce but ? En désarmant la garde nationale. C'est, en effet , un bon moyen ; mais l'exécution en est-elle ftcile? La garde nationale se laissera-t-elle désarmer? Non, dans certains quartiers ; mais dans d'autres , au Aiubourg Saint-Germain, par exemple, où le parti légitimiste compte tant d'adhérents, bien des gens livreront volontairement et avec empressement leurs armes, disent les partisans de ce projet. — La coigecture ne péchait pas, il faut le reconnaître, par un excès d'invraisemblance; aussi la motion est-elle unanimement adoptée. — Enfin, il est une autre proposition qu'on acclame dans toutes ces réunions avec enthousiasme. Nos lecteurs se rappellent que, le S3 février ISïS, un fameux aïontagnard eut l'idée de ramasser sur le boulevard des Capucines qudques cadavres d'insurgés qu'on promena dans la soirée, à travers les rues de Paris effrayé, et en criant : € Aux armes ! Vengeance pour nos firëres I » Cette promenade mélodramatique ne contribua pas médiocrement au dénouement de la tragédie et à la chute de Louis-Philîppe. Dans l'espoir que les mêmes causes amèneront les mêmes résultats, on décide qu'il sera donné une seconde représentation de ce lugubre épisode des journées de Février, lin honmie dont jious avons déjà parlé, Joanny, se charge de tous les détails nécessaires à la mise en scène.
De toutes ces résolutions, quelques-unes ne furent pas même mises à exécution. Les tentatives projetées sur la prlr
«onMaees irt sur la^rtfcetere d» Prtiee ftHteBttf>aBéaiÉié68 devÉM les dîspoaitioiiB prbes par les afileïitéè riflitaite «l d- ^vile poilr protéger ises étaMnteOMeHta. 11 en fat ^ méinuBpovtt leprqjet de désanBeHroiitdùfti]Uo!iBgSailrt4)erBiain;laplB^ part des hoflEmes qui s'étaient engagés à «seompUr cet awkh cieux coup de main forent anrétée avant liieurede l'exécution^ sur les ordres de M. de Maupia. Parmi cen qui gardirftit leur yberlé, quelquesHins se trouVèrentan rendet-v^ns donné) mais un plus grand nondm s'abstint d'y paraître, mliraiâé par la présence du ^général Renaud et de sa division «ifr Jà rive gauche de la Seine; de telte sorte qu'il fallut ^^netoeri tine semblable entreprise.
Nous verrons tout à l'heure ce qu'il advint des demi eutrel dédsioi» prises par les chefs de l^émeute.
Cependant, les faits accomplis au faidK)urg Saint-iotoine» «eux (Hi'il était dès-lors facile de prévoir, imposaient an Gfno^ «ernement le devmr de faire entendre sa voix pour donner ank lK>ns citoyens de salutaires avis, et poiff faire rentrer, s'a le |N>uvait, les autres dans le devoir.
Le Préfet de police prenait donc, dans l'après-midi, rttrêlê iuîvïifll, qu'il faisait afficher sur tous les murs :
Arrêté e<moemàM Us tamthblémentB.
• Nous, Préfet de police,
« Vu le décret de décembre 1851 qui met en état de siège to « i'« division militaire,
« Arrêtons ce qui suit :
€ Art !«<'. — Tout rassemblement est rigoureusement interdit. « U sera immédiatement dissipé par la force.
« Art. %, -^ Tout cri séditieux, toute lecture en public, tout « affidiage d^écrit politique n^émanant pasdHme autorité régulière^ « ment constituée, sont également interdits.
« Art. 3. — Les agents de la force publique sontohai^de vcAller « à rexécution du présent arrêté.
•« fttliiJaI^rofectBrBdejpoiice,leJdé6Miilire Ittl, « Le Préfet depoHoey
« Dx Mavpas.
« Ynalapprou^:
« Eée Ëliuis^re àe Vintériewr^ « Bb Mmuct. »
De son cûté, le Mimstre de la guerre faisait publier la pro clamatioo suivante :
« Habitants de Paris,
« Les ennemis de Tordre et de la société ont engagé la lutte. Ce n'est m pas contre le Gouvernement, contre Pélu de la nation qu'Us com- « battent, mais Us veulent le pillage et la destruction.
« Que les bons citoyens s'unissent au nom de la société et des fiir « xnîUes menacées !
« Restez calmes, habitants de Paris! Pas de curieux inutiles dans • les rues; Us gênent les mouvements des braves soldats qui vous « protègent de leurs baïonnettes.
« Pour moi» vous me trouverez toujours inébranlable dans la vo- « lonté de vous défendront de maintenir Tordre. »
M. de Saint-Arnaud prenait en outre un arrêté ainsi conçu :
m lie Ministre de la guerre, • Yula loi snrrétatdeaiègej
« Arrête :
« Toutindividu pris construisant ou détendant une barrleade, ou les armss à la main, sera fusUlé
« Le génèrjoA de dividon, MinisÈredelaffmm,
A deux heures, on commence des barricades dans le quartier Rambutcau; nowiîs ie 9« bataillon de chasseurs et un ba- Ulllon de gendarmerie mobile, ayant été envoyés pour s'en rendre maîtres, les trouvent sans défenseurs. On remarque que les rebelles de ce -quartier sont généralement des repris
de justice ou des jeunes gens de vingt ans. Des repris de justice, quels auxiliaires I Non, il est impossible qu'une opinion politique, quelle qu'elle soit» emploie sciemment de pareils instruments; nous aimons à croire que la Montagne n'avait pas recherché ce honteux appui. Mais des jeunes gens de vingt ans ! des bras qui ont à peine la force de manier une arme, des esprits sans expérience, qui ne savent rien de la vie ni du monde, voilà les soldats recrutés par l'insurrection! Triste effet des discordes politiques 1 C'est quelquefois au sein même de la famille, de la bouche d'un père ou d'une mère, que des malheureux égarés recueillent des leçons de révolte, des excitations au renversement de l'ordre social. Monstrueux oubli des devoirs de l'autorité domestique 1 Profanation sacrilège de cette chose sainte, la jeunesse!... Mais c'est l'Age où le cœur n'a que de généreux élans, où la vertu parait facile; r&ge de l'abnégation, des entraînements sympatlùques, et vous avez le courage de verser dans ces &mes le poison des mauvais sentiments, de la cupidité, de l'enyie, de la haine ! Ah ! c'est bien là une des plaies de notre siècle, cette corraption systématique de la jeunesse au nom des chimères d'un socialisme insensé !
Entre deux et trois heures, on voit arrêter à Tangle delà rue Richelieu et du boulevard le représentant Delbetz (de la Dordogne), qui, à la tête d'une longue colonne, vocifère : A bai le dictateur 1 Vive la République! Vive la Cansiituiùm I
Environ vers quatre heures, le projet adopté contre l'Imprimerie Nationale commence à recevoir son exécution. Craignant d'être cerné entre deux barricades qui s'élèvent aox abords de l'établissement, le directeur, M. de Saint-Georges, foXi sortir une partie des troupes de gendarmerie mobile mises à sa disposition par le général Magnan. Cette vigoureuse sortie, où les soldats, accueillis à coups de ftisil, répondent par un feu très-nourri, a pour résultat de laisser aux maibs de la troupe deux fourgons qui a\ aient servi aux barricades.
A la même heure, des tentatives analogues avalent lieu au d(rttre Saint-Merri et dans la rue Saint-Martin, à la hauteur de la me Nationale. Elles étaient promptement réprimées.
Vers sept heures du soir, le magasin d'armes du sieur Lepage, situé rue de Richelieu, vis-à-vis du théâtre Français, allait être envahi et pillé par une cinquantaine d'insurgés, lorsque est arrivé sur les lieux, de la caserne du Carrousel, un peloton d'infanterie, dont l'approche a suffi pour mettre en lùite les pillards. Au même moment, me Saint-Honoré, on essayait de briser à coups de marteau les grilles du temple protestant. Mais un peloton de chasseurs de Yincennes, parti au pas de course du Palais National, dispersait ces vandales aux premiers coups de feu.
Tout était tranquille à huit heures, et on croyait le caUne revenu jusqu'au lendemain, quand tout-à-coup les mes Transnonam, Aumaire, Grénétat, Beaubourg, se hérissent de nouvelles bairîcades. Il en est de même dans les mes des Deux-Portes, du Petit-Hurleur, du Petit-Carreau, Salle-au- Comte, du Petit-Lion-Saint-Sauveur. C'est alors principalement que se révèle le plan des chefs de rinsurrection, plan qui consiste à harceler les troupes, à faire de toutes parts des barricades et à ne pas les défendre. En effet, dans toutes ces mes, à peine les soldats se montrent-ils, que l'émeute bat en retraite; mais aussi, à peine ont-Os dispam, qu'elle revient. Trois fois de suite, de huit heures à minuit, sur les points dont nous parlons, des barricades ont été construites, pds abandonnées tour-à-tour.
C'est à l'attaque d'une de ces barricades, me Beaubourg, que l'émeute trouve et ramasse dans la boue et dans le sang les éléments du coup de théâtre conçu pendant la nuit, et sur lequel die fonde à présent presque toutes ses espérances. Le feu des défenseurs de l'ordre vient d'atteindre deux hommes, l'un jeune encore, l'autre presque un vieillard. Aussitôt, on emporte les deux cadavres, puis, dès qu'a disparu le dernier
fBiifonnfB,loaniiy, qui se ifome là, lasVaitptaœrsuruiiImnc&i4 eoitftniit avec une édiellê et 4es plmckes piins dans les démolitions de la voftlê Annuaire. Alors eomm^Me une horrible contrefaçon de la promenade do ISS ftwier 18(8. « Tengeancel crie JoaDiiy,en'fl[iontrant au peuple lesdetix cada^ms édairés par les tordies^'agHeift -dans leurs «nains les b»dits qui Tentoui^ent, vengeance! » De temps en temps ce mlège s'arrête, et des discouvs {provocateurs s<mt prononcfe, Dieu sait en quel langage I par des tribuns de carrefour. Ctt tarangues fectieuses, la vue du sang dont «ont couverts on corps inanimés, échauffent quelques têtes au passage; derartt curieun se joignent -aux coupe-jarrets de la suite de Joanoy:, qui, à onze heures et demie du soir, arrive enfin sor la ;daa duChftteaU'4'Eau. Mais à .peine est-il arrivé, que Jehrigadier de police Révial, à la tête de vingt sergents de ville, se pi4ci^ pite répée au poing «ur cette hande, qui s'enfoit en désordn, laissant aux mains de ses vainqueurs les deux cadavres qâ aont immédiatement transportés à la Moi^e.
Ainsi finit cette journée du 3, dans le coun de laquelle la colonel Fleury, aide-de-camp du Prince, eut son képi pené par une balle, à la hauteur du boulevard du Ten^ple. Pasdte> gagement sérieux, l'émeute se dérobant au moment mtoe ai on espérait la saisir* tel en fut le vrai caractère.
JNous voici arrivés à la journée importaQte>et décisif, edfe du k décembre.
Pendant la nuit du 3 au fc, il y eut, on le pense bien, de nouvelles réunions des princes de la démagogie. Leur découragement allait croissant, car ils voyaient de plus en plus 4^^ Tinsouciance publique les abandonnait à leurs propres forées. Comment I ni les harangues des orateurs de la place publique, ni même cette exhibition de cadavres faite la veille, rien n*avait allumé les ftireurs révolutionnaires de ce Paris, d'ordinaire si inflammable! 0 désenchantement! et quel thème ttcond à élégies démocratiques pour ces messieurs du parti
rouge 1 Le peuple a donné sa àérnission, soupire celui-ci. le génie révoluUoooaire est dimipté par mu auiro Booapartei^ dit celui-là d'une voix désolée.— C'est à ééseq^éver de la dé^ mocratie, disent-Os tous an milieu d*un concert de lamentations.
Mais tant que la partie n'est pas complètement perdue, on espère toujours, si mauvaises que soient les cartes qu'on a dans les mains. Voyons, n^ aurdt-il pas un moyen de mettre encore les atouts du cAté de l'émeute ? i Pourquoi le peuple ne se lève-t-il pas? C'est que les tiëdes et les poltrons sont en majorité à Paris comme ailleurs ; eh bien! ces peureux et ces Uèdes qui nous refusent leur concours parce qu'ils craignent que Napoléon soît vainqueur, îb seront avec nous si noufe Téussissonsàleur faîre croire que c'est nous qui trioiïipheronsî Il s'agît donc de leur donner cette conviction, et, pour atteindre ce but, ma foi f ihbrîquons des nouvelles I La fin justifie les teoyens. • Ainsi i^cfnnent les fortes têtes de la Montagne, réunies en partie à BelleviQe, et exi partie à la Chapelle-Sabii- Ilenis.
Deux manifestes sont rédigés. Dans le premier on lit :
« Habitants de Paris,
« Les gardes nationales et le peuple des départements marchent « sur Paris pour nous aider À saisir le traître Louis-Napoléon Bona- « Vide.
« Pour les Représentants du peuple*
i VMt^a &ti«Oy présidenli ScmAAMisa, secrétaire. »
Le mensonge, on le voit, est encore timide, il est peu invorit?; nous le Vetroris s'enharcBr tout à l'heure, entrer dans de nombreux détails, et, pour mieux faire illusion, couvrir de riches broderies ce premier canevas de faussetés.
La seconde fhNMlâmfltk» étiBt ainsi conçue :
« Peuple, m Depuis trois jours les valets de la Russie r^ent dansla eapifale»
c Les amies te manquent» ta presse est tuée. Prends les armes de tes « ennemis; va briser les presses napoléoniennes, afin que nos frères « de province ne soi^t point arrêtés dans leur élan patriotique par « de Causses nouvelles.
c Plusieurs départements s^avancent victorieux.
« Paris lésera.
c Pour le comité desprosoits,
c 1. GLiDAT.
« Pour le comité central de résistance, «L. U.GvÈKa, »
Malgré les précautions de la police, qui avait pris des mesures pour empêcher TafiSchage de ces placards, quelquesuns sont collés sur les murs de Paris et trouvés le matin de bonne heure. Les bons citoyens les déchirent d'eux-mêmes.
Pendant que l'émeute se prépare enfin cette fois à livrer véritablement bataille, le Gouvernement veille, n s'occupe toujours avec la même sollicitude de tout ce qui peut effirayer les méchants et préserver les bons.
Le préfet de police fait afficher la proclamation suivante.
« Habitants de Paris,
c Gomme nous, vous voulez Tordre et la paix; comme nous, vous « êtes impatients d'en finir avec cette poignée de fiictieux qui lèvent, • depuis hier, le drapeau de Pinsurrection.
« Partout, notre courageuse et intrépide armée les a culbutés et c vaincus.
« Le peuple est resté sourd à leurs provocations.
« n est, néanmoins, des mesures que la sûreté publique corn- « mande.
« L'état de siège est décrété ; le moment est venu d'en appliquer « les rigoureuses conséquences.
< Usant des pouvoirs qu'il nous donne, nous, Préfet de police, ar« « rètons :
« Art. !•'. -^ La circulati<m est interdite à toute voiture puMique t ou bourgeoise. Il n'y aura d'exception qu'en faveur de celles qui « servent à l'alimentation de Paris, au transport des matériaux. »
€ Les itationnemerUs des piétom swrlavoie pubUque, etla forma-
• tian des groypeê mtoiK, tam sommation, dispersés par Us
• armes. »
m Que ks citoyens paisibles restent à leur logis.
« n y aurait péril sérieux à contrevenir aux dispositions ci-dessus.
c Fait à Paris, le 4 décembre i8M.
« Le Préfet de police^ « Db Maupas. »
Eo même temps, M. de Saint-Arnaud prend Tanété suhttit :
fl Le Ministre de la guerre arrête:
« Article premier. — Tout individu, qndle que soit sa qualité, qui « sera trouvé dans une réunion, club ou association tendant h orga- « niser une résistance quelconque au Gouvernement, ou à paralyser « son action, sen considéré comme complice de l'insurrection.
c Art. 9. — En conséquence, il sera immédiatement arrêté et livré « anxcona^ de guerre, qui sont en permanence* • Paris, le 4 décembre 1851.
« LeMinistre de la guerre^ c Db SABiT-AaRAUD. »
Après de longs tfttonnementS) Témeute va passer acjourdliuf son Rubicon ; on ne reculera devant aucune horreur, pas même devant le meurtre de militaires isolés. Dans la matinée, un gendarme mobile portant une ordonnance périt assassiné sur les boulevards ; vers midi, deux officiers de la ligne sont attaqués sur le boulevard Bonne-Nouvelle par des nusérables qui les frappent brutalement et les entraînent dans la rue du Faubourg-Poissonnière, où ils disparaissent. A peu près au même moment, im officier d'état-major de la garde nationale est assailli et renversé de son cheval au coin de la rue Richelieu. Enfin, un peu plus tard, rue de Paradis-Poissonnière, au coin de la rue Martel, un capitaine de Tannée est tué d'un coup de ftisil tiré par un jeune homme de seize à dix-sept ans.
Tant de fiel entre-t-il dans r&me d'un enfuit! Mais n'anticipons pas, et, fidèles à la marche que nous avons
fiiits en revue dans leur ordre chronologique.
Dès huit heures du matin, on exécute la consigne dtanée par les chefe de parti. Paris est empoisonné de nouveDes aussi fausses qu'absurdes. Le mensonge circule de rue en rue, de quartier en quartier; il vole de Paris jusque dans la banlieue. — Ce sont les princes d'Orléans qui viennent de aéfewqHer pièsidfitbheMjybl^ ^ C?^ )e g^nir^ Ncmiigr^r qo est parti, disent les uns, de lille, et de Rouen selon les autres, à la tête de deux régiments, pour se rendre à Paris. — C'est encore le généra! La Bfotiolère, qui a trompé^ la aupveillaiioe ^ ses gardiens, qui vient de paraître sur les boulevards, d'électriser les troupes par sa seiM^ pré^eoçe^ et ^ i^ d^jà^alr lié presque toute hirmée d» Fana ai» «ri de Vive la €imtêiiutùm! — C'est te général CasteUane hl^m6me, qui: accourt de Lyon au secours de son ami Changamier. — Cest Reims, c'est liUe, c'est Rouen, qui ont arboré le drapeau de rinsor* rection et proclamé d'oilice la déchéance du Président — YqjUl ce gu^on raconjte de iouteç parts cour donner du çqBur auY pollronÇk. A. ces faux bruits,^ o.9i en ajoute d'autres propres 4sQu],ever d^'indignation tous les honnêtes gf^ns. — C'est te général Cftvaignac, c'eist. M. Perrjrer, ç'eçt M. Benoist-d'Âzy ^ ont ^ trqlnéft qq, pri^z^ |es menotte^ em majns, cobuk 4e0 malfaiteurs, ^ C'est le général Be^eau^ qu'on ii criblé de coups de baionnettea et qui vient 4.'6xpirer. -^ Et c^ux qui colportent ces fables joutent avec un accent de (Ureur cod* centrée, en s'adressi^t aux groupes qui les entourent : t Oui^ oui, toute la province se lève ; il n'y a, que Paris, ^e ce lâcbe Pt^îs qui se taise et qui courbe la tête devant l'usurpateur I a Et oes geus-là sont tous parfaitement vêtus^ s'expr^nent en bons termes, et ont tous les dehors de bourgeois riches ou aisés I A quel parti appartenaient-ils donc? Au reste, nous les retrouverons tout à l'heure présidant à la construction des barricades. *^£tgareawUnpffn4)ents(pu se pennettaieiil de
m fàB i€C^pter CKmm«.a]rticIee de foi teuta* eea imposliflies. ywtaoïr dix présent livre se trouvait le 4 à midi, pour affaîvee^ iQfillofitm«rtii> i Vw8l(»iâtt b<»idevQr4% Il reiKiontre sur aw pies8gf»iiacto cei^ ]|Mve}liate& péroitud. au wliau d'w groupe^ Cei homme TiHaoBteU eAiwie quoi Orléwe. et Anieue ire* OAienl ansii^e^insuysur. Per £uriQ9tté^ ooua nous amèttoies. «^Maia,llo»iiwr>|iilmes*DQusto^ de db*e>.sîQe qm iott3 riioafaii 1^ est vvai, qanwent ta sevez vous?^(4'boau)(ie auxfiun i^ruita piurul d'abQj^ eiobairessét onoiA il «e teida p«s ise lemettre, et, aQUston«$QtuA reg^ de tri^vers, il répondit : i Je le sais par les journaux de la localité» IMoasieiir* «-.PajrUeu, s'il eo est eînsi, vousiferiei^ bieu a)9^u9^ il me semble, de nous les lire vos journaux,^ ee serait beauQOup plm intéressant... Vous devez les avoir dans la poche, sans doute... — Nous entendîmes alors autour de nous quelques munnures; c'étaient sans doute des compères du nouvelliste, qui se scandaifsaleBf de notre audace ^ mds d'autres nous approuvèrent et s'écrièrent : • ~ Ce monsieur a raison; il vaut mieux lire; lisez 1 lisez I — Devant cette sonunation inattendue, uotr^ hom me parut interdit, et, perdant toute son assurance : t — Mais MefiSîeBrB, battutia-Nl, eei jDutiMras, Je «• les ai pas. ««- Par- Ueu, MoDflieiir, c'est là que je tous aMmiais, e( j'eo étds hisn sAr^ nous éeriâBm^ont a|(» en lui riant a« nez ; n admettant que des jouraam de la pnoifaciee dowaseem de pa leilles nouveHes^à qui tôre&Mua eraire que le Gouvem^neat, foi iMffitf t avoir ai Iksï pria toutes ses mesures, serait assea mal avisé peur ka laisser pa»trt-*-<2uelques-uDeato par floanea prétestes rb^nt de haa cosor avec nm» du pauvre noarvèllitte, qui se retira tout penaud; mais d'autres prirent la dmse motna hien, et nous tTeil^:mt) suivant l'argot da jour, derolopatletde ftanaporliel^ des mots, «n passa aux mena« ces, et, aans notre prompte retraite, nous aurions payé cher cette audace d'avoir ainsi démasqué l'hnpoeture et rétabK la ?6rité«
Ces généraux imaginaires s'élançant sor Paris du fond de la province, et promenant dans les départements des insurreelions triomphantes, ces violences exeroéescontv les adversaires du Président, ne sont pas les seules inventions qu'on fasse circuler, i Calomniez, calomniez, il en reste toujours quelque chose, • disait Bazile. Pour mieux perdre le Prince, on le diffame, on fiiit courir le bruit que le Gouvernement vient de mettre la main sur l'argent de la Banque, qu'il a déjà pris vingt-cinq millions pour acheter le dévouement de Tarmée de Paris, qu'il les a pris de force. Cela était, comme le reste, de toute fausseté.
Instruit de ce qui se passe, le Ministre de la guerre fuit afficher l'arrêté suivant :
« Le Ministre de la guerre, c Arrête:
« Article premier. —Tout colporteur definsse mmveUesen eoo-
« sidéré conune complice des insurgés.
« Art. 2. — En conséquencci il sera arrêté et Uvré aux conseiis de « guerre. >
En même temps qu'ils semaient des feux bruits, les insurgés se préparaient à couper les tuyaux des gazomètres dans tout Paris ; mais, informé de ce projet coupable, dont l'exécutioD aurait eu des suites désastreuses, M. de Haupas prit i tanpi les mesures nécessaires pour le fidre échouer.
U est neuf heures du matin. Décidément, l'émeute a choisi son champ de bataille : c'est l'espace compris entre les boulevards, les rues du Temple, Rambuteau, et Montmartre. On élève des barricades dans les rues du Temple, Saint-Martin, Saint-Denis, sur les boulevards qui portent ces noms et dans toutes les rues adjacentes, Transûonain» Beaubomig, Volta, Philippeaux, de Bretagne, Montorgueil, du Petit-Carreau, Bourbon-Villeneuve, du Cadran, etc., etc. Pour construire ces barricades, on arrête les voitures de toute espèce qui pas-
BBOij on les renverse ; on pénètre dans les maisons dont on Iftsee par les fenêtres le mobilier. Cabriolets, omnibus, meubles, tout est mis en réquisition. Aqdbrd'hoi comme bier, rémeute a raocolé ses condottieri dans Técume de la société, parmi les échappés des bagnes. La plupart de ses hommes sortent de là.
Parmi ces barricades, il en est qui sont formidables, notamment celles de la porte Saint-Denis, des carrefours Rambutean Saint-Denis, et Rand)uteau Saint-Martin, de la rue Grénélat et des rues de Bretagne et Pbéiippeaux.
« Voici, nous dit un témoin oculaire qui habite la rue du Temple, comment les choses se passaient invariablement à la construction des barricades de mon quartier. Partout c'étaient des messieurs bien vêtus, frac élégant, bottes vernies, gants beurre frais, qui glissaient de l'argent ou de l'or dans la main des hommes de bonne volonté, donnaient les ordres, et inscrivaient sur UD carnet les noms des insurgés. Quelquefois, pour donner l'exemple, ils mettaient eux-mêmes la mam à l'œuvre, mais à la moindre alerte ils disparaissaient précipi tamment, laissant leurs dupes aux prises avec les soldats. •
Partout on violentait les passants. Les insurgés les obligeaient à s'assoder, ma^é eux, à leur crûninelle besogne. Ceux qui tentaient de résister étaient frappés, meurtris, pris è la gorge, couchés enjoué.
Ghosehorrible qu'on avait d^vue aux journées de juin, mais qui semblait alors ne plus devoir se reproduire, des femmes se trouvaient dansles rangs derémeute; et encore, aux journées de juin, ce n'étaient pas des femmes, c'était quelque chose qui n'a pas de sexe, qui o^e mérite pas ce nom, que ces hideuses créatures qui coupaient la tête aux cadavres des soldats et promenaient ces têtes accrochées à des piques. Mais le 4 décembre réservait à la France un spectade nouveau et inouï, celui d'une femme jeune, bien élevée, belle, poussant à la guerre dvile et exdtant les plus mauvaises passions. Nous ne con-
MfSBOBS pas le nom «e cette femme, qui était là ta bras d"» montagnard, membre de l'Aseemblée, mais A nous le savio» •ïioufi ne le dirions pas. C'étaH dans an moment d'égareomi, sans doute, que cette émrale dee tricolettses de la Gonyeiitioii etdesThéroîgne deUKricourt, avait pa s^ouWierasseïpo» jouerun tel rôle. Le lendemain, elle en aura la première ronp et MaBomié. C'est à une des barrfeades constwîte» enftcs du Conservatoire, que cette scène s'est possée*
Un desgénéntux de l'émeate était un andeii Jieiitenant de rartillerie de marine, nommé Viguîcr, homme ciiaasé ies cadres de Farmée pour cause d'incondm*te ; c'est lui que nous retroirreroi» en juin chef de la société secrète qui se réunissait rue de la Reine-Blanche, n« 19, société qui flnbriquait des armes et munitions de guerre et projetait an abo* Bs^nable attentat contre la persoime même du Prince Louid> Ifapoléon. Ce Viguier était cependant un des plus ovonables partni les commandants de barricades I Ab wio êisce omne$.
ATon»nous besoin maintenant de dire quel était le drapeau des insurgés? Ils n'en avaient pas un, mais vingt; autant de partis dilMrents, autant de drapeanx. Il y en avait de blanes, de rouges, de noks. Chacun avait le sien et efforçait de le fUre prévaloir. Henriqmnquistes, montagnards, orléanistei, ae querellaient et semblaient déjà prêts à oublier leur amitié d'un jour. Qu'aurait-ce donc éték lendemain, bon Diea! itta. cause de l'tardren'aviAps» triomphé, et qne la FMwe fttt tombée aux mains de ces partis, qui tons ta convoitaifmt à reidusion les uns des autres?
A midi, toutes les barricades sont faites. A la même heure, des insurgés s'emparent de la mairie du 5« arrondissemeirt, après avoir désarmé le poste de garde nationale qtrî la défend. Une tetttative pareille a lieu sur la mairie du ff, mai elle est'irigDUfeuaement repoussée.
A Theure dont nous parions, le préfet de polioe pressait les général en chef Magnan de conunencer l'attaque. Le générai
Magnan toi répondait : c Soyez tranquille, et fiez-TOus à inoi. t
Avant d'aller plus loin, fidsons connaître les noms des générani qui conmiandent les divisions et les brigades de farinée de Paris.
Les généraux de division sont : MM. Carrelet, Levasseur, Renault, et Sorte.
Le général Korte conunande la division de grosse cavalerie, easemée à Versailles, et venue pour appuyer, au besoin, les troupes de Paris.
Le général Carrelet occupe une partie de la rive droite. D a sons ses ordres les généraux de brigade Bourgon, de Cotte, Canrobert, Dulac et Reibell.
Le général Levassenr occupe une antre partie de la même rive, n a sous ses ordres les généraux de brigade HerbOlon, Haralaz et Courtigis.
Quant au général Renault, qui occupe la rive gauciie , il a ponr généraux de brigade MM. Sauboul, Forey et Rîpert.
Donnons maintenant la parole au général en cbef Magnan, qui, dans un rapport adressé au Ministre de la guerre , fait cffooAiTt toutes les opârâtions notaires des chefs placés sous sa <Hrection.
« Paris, le 9 décembre 186i.
c Le ï, à mifi, tBt le généml en chef apuis avoir rendu compte des opérations de la Journée du 3, j'appris que les batricades devenaient formidables, et que les insurgés s'y retran* diaiedt; mais j'avais décidé de n'atlaquer qu'à deux heures, et, inébranlable dans ma; résolution , je ifavançai pas le moment, quelques instances qu'on me fit pour cela, le connaissais Tardenr de mes troupes , je savais leur impatience de com* battre, et j'étais sûr de vaincre cette insurrection en deux heures, si elle voulait accepter franchement le combat.
c Le succès a justifié mon attente. L'attaque ordonnée pour
deux heures, devait avoir lieu par un mouvement convergent des divisions Carrelet etLevasseur.
t En conséquence , la brigade Bourgon prît position entre les portes Saint-Denis et Saint-Martin. Les brigades Cotte et Canrobert se massèrent sur le boulevard des Italiens, pendant que le général Dulac occupait la pointe Saint-Eustache, et que la brigade de cavalerie du général Reibell s'établissait dans la rue de la Paix.
t Le général Levasseur forma ses colonnes pour appuyer les mouvements de la division Carrelet.
i À deux heures de rsq[^rès-midi, toutes ces troupes s'élancèrent en même temps.
i La brigade Bourgon balaie le boulevard jusqu'à la rue du Temple, et descend cette rue jusqu'à celle de Rambuteau, en enlevant toutes les barricades qu'elle trouve sur son passage.
i La brigade Cotte s'engage dans la rue Saint-Denis, pendant qu'un bataillon du 15^ léger est lancé dans la rue du PeUt-Carreau déjà barricadée.
« Le général Canrobert, prenant position à la porte Saint- Martin, parcourt la rue du faubourg de ce nom et les rues adjacentes, obstruées par de fortes barricades, que le 5« bataillon de chasseurs à pied, aux ordres du commandant Levassor- Sorval, enlève avec une rare intrépidité.
c Le général Dulac lance à l'attaque des barricades de la me Rambuteau et des rues a(]yacente8, des colonnes formées des trois bataillons du 51« de ligne, colonel de Loormel , «I de deux autres bataillons, l'un du 19« de ligne, l'autre du43«, appuyés par une batterie d'artillerie.
c En même temps, la division Levasseur effectuait aussi son mouvement. La brigade Herbillon partait de l'Hôtel-de- Tille, formée en deux colonnes, dontl'une, dirigée par le général Levasseur enpersonne, pénétrait dans le centre del'insurrection par les rues du Temple, de Rambuteau et Saint-Martin.
« Le général Marulaz quittait la place de la Bastille et opérait dans le môme sens par la rue Saint-Denis, jetant dans les rues transversales une colonne légère aux ordres du colonel de là Motterouge, du 19« léger.
« De son côté, le général Courtîgis descendait des portes du faubourg Saint-Antoine, balayait ce faubourg, etprenait sur la |dace de la Bastille la position quittée par le général Marulaz. i Ces différentes opérations ont été conduites sous le feu des insurgés, avec une habileté et un entrain qui ne pouvaient pas laisser le succès douteux un seul instant. Les barricades, attaquées d'abord à coups de canon ont été enlevées à la baïonnette. Toute la partie de la ville qui s'étend entre les faubourgs Saint-Antoine et Saint-Martin, la pointe Saint-Eustache et l'Hôtel-de-VilIe, a été sillonnée en tous sens par nos colonnes d'infanterie, les barricades enlevées et détruites, les insurgés dispersés et tués. Les rassemblements qui ont voulu essayer de se reformer sur les boulevards ont été chargés par la cavalerie du général Reibell, qui a essuyé, à la hauteur de la rue Montmartre, une assez vive fusillade.
i Attaqués de tous les côtés à la fois, déconcertés par l'irrésistible élan de nos troupes, et par cet ensemble de dispositions enveloppant comme dans un réseau de fer le quartier où ils nous avaient attendus, les insurgés n'ont plus osé rien entreprendre de sérieux.
i A cinq heures du soir, les troupes de la division Carrelet venaient reprendre position sur le boulevard.
i Ainsi commencée à deux heures, l'attaque était terminée avant cinq heures du soir. L'insurrection était vaincue sur le terrain qu'elle avait choisi. •
Interrompons ici notre citation pour donner connaissance de quelques faits particuliers qui n'ont pas trouvé place dans le rapport.
Sur les boulevards Montmartre et Bonne-Nouvelle, des
leoupfi de feu partis des croisées de plusieurs maisons saluèrent le passage du 72« de ligne, Caisant partie de la brigade du général de Cotte. Le général eut son cheval tué sous lui, le colonel du 72® fut dangereusement blessé, ainsi que plusieurs soldats; le lieutenant^ colonel et un capitaine adjudant do même régiment forent tués. Le .canon répondit à cette agression, et laissa des marques de son passage sur les fenêtres et les fliçades des maisons d'où les insurgés avaient tiré. En même temps, des feux nourris d'infanterie furent dirigés sur h ligne des boulevards ou stationnaient des groupes assez nombreux. De très-regrettables malheurs en résultèrent sur ce point, nous devons le reconnaître. Des passants et des curieux tout-à-fait inoffensifs y ont trouvé la mort. Jl est vrai que dès le matin un avertissement avait été donné'à tout Paris par le Préfet de police ; les citoyens paisibles avaient été invités à ne pas sortir de chez eux. Mais, nonobstant cela, il n'en faul pas moins déplorer le sort de ces victimes innoc^tes, dont les fitmilles désolées doivent plutôt du reste ^imputer leur roalbeor à rémeute qui attaquait, qu'au Gouvernement qui n'a fait qu'obéir aux légitimes nécessités de la résistance.
Pendant que ces faits se passaient sur la rive droite, une tentative avait lieu contre le Pakis de Justice et ses abords, dans le but d'occuper le quartier de la Cité. Mais elle était promptement combattue et réprimée par une compa{;Qie de garde républicaine.
Reprenons maintenant le rapport du général en cbef :
t Quelques combats partiels, ^oute M. Magnan, ont en lieu en dehors du terrain principal, et à des heures postécieores; je crois devoir vous les signaler :
« Le 4, vers sept heures du soir, quelques rassemblements d'insurgés, dispersés par les divises oeltmnes, se rénairait dans le haut de la rue Saint-Honoré, des Poulias^ fbmesmB autres petites rues a^acentes, où ils commencèreolt à aolMir* ancder.
« lyontres tÈtrmpOÊmAB avttait lieii eo même temps dans les rues Montmartm et Montorgneil^ dont les i^reitàres aTtient été éteints, etoà lestesurgés, à ki faveur de rol)scurilé, a;vaient pu élever de peaveHes ber ricades.
s Vers huit beue», le ooloncl de Lotunel, Ai SI* de ligne, qui était mté en poaitioii pris de ia pointe Smt-Eustacbe, bien qu'appréciant toutes les difficultés d'une attaque de nuit 86 décida à faire attaquer immédiatmieot par le 2* bataillon de son régiment
t Les qctttre premières barricades forent eoleyées an pas decûurae, avec le plus grand élan, par les grenadierd et les Toitigeurs de ce bataillon. Due einquième reste debout, plus élevée et mieux défendue 4pe les antres. Malgré son éloigner ment, malgré Tobsoimté, le colonel de Lourmel n'hésRe pas à prendre ses dispositions pour Fattaqner. Quime grenadiers, a«L ordres du sergent Pitrols, s'élancent les premiers, bientôt SBivis par les grenadiers et les TolUgeurs du bataillon, entrai** ikés par le commandant Jeanniii.
s Rien ne peut résister à Véiaxi de œs braves aoldats. La barricade est enlevée, malgré une réeistanee ^Msespérée. Cent insurgés envtron la défendaient: quarante eont tués sur place, ks autres sont faits prisoimiers. Une centafoe de (tisils, des armes de toute espèee, d'abondantes munitions tombent m powoir de nos soldats. (C'eat à cette barricade qu'est jnart Gaston Dussoubs, frère d'un Représentant BMmtagnard.)
• Le colonel Courant, du 190 de ligne, qui ooct^ait aivee son régiment le Palais^National, apprenant qu*nn nombre eoih sidérable d'insurgés, chassés du carré Satel-Martin, s'étaient ralliés sur la place des Victoires et menaçaient la Banqaade Fhmce et les quartiers enviFonnants,s*7 porte au pas deeoarsa aiv^esontégfment, adivelesbarricadesdesmesPagevinetdis Fo6Bés-Montmartre,etiwlents'étahilr à laBanqne^d^oà i apn ttamtenfar la tranquillité de oe quartier etde «dni delà Bomsa. -• • • • •••«^••.^•.4i.**.^« ••
i Pendant que ces événements se passaient sur la rive droite de la Seine, le général Renault, commandant la 9* division, occupait la rive gauche, et, par Thabileté de ses dispostions, par la bonne contenance de ses troupes, il a pu garantir de toute agitation la population ouvrière des 11« et 12* arrondissements, dans laquelle, à une autre époque, Tinsurrection avait fait de nombreux prosélytes. •
Pour en finir sur tous les faits de la journée du t, joutons que quelques communes de la banlieue ne restèrent jms étrangères à llnsurrection. Le maire de Montmartre, l'honorable M. Piémontési, avec cinq ou six gardes nationaux, contint les malveillants de la localité, et, à la Chapelle Saint-Denis, deux compagnies du 38* de ligne eurent à enlever plusieurs barricades, où périrent quinze insurgés.^
Achevons de citer le rapport de M. Magnan :
i Les rapports qui me furent adressés dans la nuit du h sur rétat de Paris, me donnant la presque certitude que rinsurreotion n'oserait plus relever la tète, je retirai à minuit une pa^ tie des troupes de leur position de combat, pour leur donner un repos qu'elles avaient si bien mérité.
i Le lendemain, 5 décembre, je voulus montrer toute I'a^ mée de Paris à la population. Je voulais, par cette démonstntion, rassurer les bons, intimider les méchants.
c J'ordonnai aux brigades d'infanterie, avec leur artiUeriB et leur compagnie du génie, de parcourir la ville en colonne mobile, de marcher aux insurgés partout oà ils se montreraient encore, d'enlever et de détruire les obstacles qui pour raient gêner la circulation.
t A cet effet, le général Carrelet, à la tête d'une colonne de sa division, se porta vers 9 heures du matin à la barrière Rochechouart, où l'on signalait encore l'existence d'une hsmcade formidable. Mais les insurgés, atterrés parle résultat de lajoornée du &, n'osèrent plus défendre leure retranchements et les abandonnèrent à L'approche de nos troupes.. , .
t Une autre barricade élevée dans le faubourg Poissonnière ftit pareiOement désertée par ses défenseurs avant l'arrivée de la colonne aux ordres du général Ganrobert, chargé de Tenlever.
• A partir de ce moment, la tranqmllité n'a plus été troublée dans Paris, et [la drculation a été rétablie sur tous les points. L'armée est rentrée dans ses quartiers, et, dès le lendemain 6, Paris ne voyait plus dans ses rues ce déploiement inusité de' fcot^s, était rendaè son activité, à son mouvement, à sa vie habituelle. •
n fisiut rendre justice à qui de droit : Si la France doit des remerciements à la censée du 2décembre, elle n'en doit pas moins à Tannée de Paris qui a fait triompher cette pensée libératrice. Noe régiments ont tous fait leur devoir dans ces trois douloureuses journées avec une ardeur, un courage qu'on ne saurait trop admirer. Généraux, ofiBciers, sous-offlciers et soldats, ont montré un égal dévouement à la cause de l'ordre. Sans doute, Os eussent préféré d'autres champs de bataille, ils auraient mieux aimé combattre l'étranger que des concitoyens, mais ils ont accepté résolument [une pénible nécessité. Aussi, le ti au soir, le Ministre delà guerre crat>i} devoir leur adres3er la prodamaiion sonrante :
« Soldats,
« Vous avez aeeompU aujoorâîiui ua grand acte de voUe vienoi- « Ijtaire. Vous avez préservé le pays de Panarchle, du pillage» et « sauvé la RépnUiqne. Vous vous êtes montrés ce que vous serez « to^JouTSi braves, dévoués, infatigables. La France vous admire et c TOUS remercie. Le Frésidant de la République tfoohUera jaîaaia « votre dévouement.
« La victoire ne pouvait être douteuse ; le vrai peuple, les bonnet tes gens sont tous avec vous.
« Dans toutes les garnisons de France vos con^agnons d'ttniM « suivraient, au besoin, votre exemple.
« Le Ministre de la fmerre,
« hm SAiitT-ikKJLoa. •
Des malveinants ont prétendu ( nous demandons pardon à nos lecteurs de ce mot trivial) que les troupes avaient été gri' $ie$. C'est une indigne calomnie^ Dans les journées du 3, du h et du 5, les bourgeois, dans beaucoup de quartiers, leur offraient des rafraichissementSydes vivres, du vin. Us ont quelquefois accepté des aliments pour réparer kurs Corces, mais ik ont constamment refusé le vin ou toute autre boisson alcoolique. Us ont montré une telle sobriété, que, dans beaucoup de régiments, ils ont, le 3 et le 4 au matin, coïK^dié spontanémenl leurs cantinières. « On ne boit pas un jour comme oduHd^ di* salent ces braves niilitairfia, •
U est encore une-odieuse calomnie qu*on n'a pas craint di leur jeter à la face. Ou les a accusés de cnuuUé. Sans dont* quelques insurgés pris derrière les barricades le ùuH à Jbi main, ont été passés par les armes ; qu'y a441 donc d'éUmnaot i cela? Que, dans le feu de racUon, des 8(ddats qui viennent de voir tomber devant enx leurs camarades, leurs cbefe, les iga* gent de leurs meurtriers, c'est la laide la gvacra, d'abord, 0L c'est aussi ceUe du cœur humain; et oq>endartt cas Ma^'û tait le dire, se sont produits exoeptioQoelIemait: mal^ tea aai dres du Ministre delaguenietQii mat défendu qu'on fit des frisimmeri armis^ les troupes ont presqna partant éfÊxpi les individus arrêtés derrière les barricades. On se bornait i les conduire à la Conciergerie, où les blessés étaient confiés à des médecins eommis parla scdUcitnde duPrélM depoBce.
Ce que nous ne saurions trop répéter pour doniifiriuia idée eiacte du caraetèra de finaaiiactioû dadéeemtoi, e'aatqa'eUa «vaitracroté ses aéUtos dmis la ftmge de la société. Partout la population ouvrière, loin de marquer aux militaires la moindre hostilité, fraternisait avec eux; — ceaoBt des amrkfi qui, dns inscpe toasksqaartten, oattéémM d'eux-mêoM les barricades, et remis les pavés à leuridace sans vouloir accepter pour cala aucun aakdre.
Entre mllieftita qui pourraient édairerle lecteur sur la ma»
niMté de cette émeole, nom preM»6 m banrd eehiM, que nous trouvons dans les Journaux du 9 décembre : *i— t Un gitand nombre des indhddas arrêtés dans ees dent derniers jours comme ayant pris part aux troubles et aidé aux barricades, ont été trouvé nantis de sommes assez importantes. — Le nommé Polliat, se disant sculpteur sur peignes, qui avait quitté son domicile le premier jour de rinsurrection, et qui n'y est rentré que ce matin, ayant été arrêté, a été trouvé porteur d'une somme de 500 francs en or. U n'a pu justifier de l'emploi de son temps depuis le 4. — Perquisition faite à son domicile, on y a trouvé les portraits de Ledru-Rollin, Barbes, Raspail, Boichot, Lagrange et autres célébrités montagnardes, ainsi que plusieurs écrits et brochures socialistes, t (la Pairie.)
D'où venait donc cet or?
II nous reste maintenant à flaire connaître le chiffre des morts et des blessés. -—L'armée n'a compté que 25 hommes tués, rémeute en a eu 100. — Duc6té de l'armée, le nombre des blessés s'est élevé à 18&, du c6té de l'émeute à 200.
Avant de clore ce chapitre, une seule réflexion.
Quelle différence entre juin iSkS et décembre 1851, différence non moins frappante dans les faits que dans les résultatsi En juin 18&8, l'insurrection rallie autour de son drapeau lamoitîè deladasse ouvrière, Paris est sur le point de devenir sa conquête 1 En décembre 1851, c'est tout le contraire, les ouyrietè M échappent, elle est vaincue en quelques heures. Pourquoi donc cette différence ? C'est qu'en 1848 la révolution avait enflmté la misère, c'est qu'en 1818 l'autorité n'inspirait ni amour, ni confiance, ni respect ; qu'il n'y avait pas de Gouvernement, dans la haute acception du mot. En 1851, il y avait, an contraire, une autorité qui s'occupait de réparer les minée, de panser les blessures faites par le passé, un homme qui inspirait aux masses ce sentiment fécond que Dieu, quand il Je veut, quand cela est utile à ses desseins, met dans le cœur
des honunes, la foi ; une main ferme qui tenait vigoureusemwit les rênes du pouvoir, un vrai Gouvernement, enfin I
Voilà pourquoi décembre 1851 a si peu ressemblé à juin 1848.
CNIPITRE ORZIEIL
SomiAtmv. — Les novateurs de 89 et ceux de 1848. — Le comité démocratique de Londres et ses manifestes. — Sociétés secrètes en iSSi ; lenr organisation. —Ce sont elles qni font les insurrections de décembre.-* Une lettre dnm rouge. — Prises d'armes dans les départements ; «trodléa«— L'aifaire Ricber de Valence. — Un autre document montagnard. — Paroles d'un socialiste. — Conséquences du 2 décembre sur la prospérité publique^ et même sur Pétat de FAlgérie. — Le coup d'État apprécié par un de nos pubUcistes. — Opink» des Journaux étrangers. •-- La proelamalion du 8 décmnbre. * Visite à l'hôpital du Gros-GaiUou. — Mesures diverses. ^ Le Tote à découvert et le vote secret. — La politique de l'abstention et M. de Montalembert. *- Raisons de cette politique. — Adresse aux ouvriers. — Le ftO décembre. — Détails sur l'élection. —Gbiffine des votes afflrmatifi et négatif^ — Discours du Prince en r^onse à M. Barocbe.
Noos sommes partisan do furogrès; et quel est lliomiète hoomie, l'esinrit droit, le ccsur élevé, qui ne s'estimerait heureux de voir mardier ses concitoyens, ses semUables, dans les voies du perfeetionnonent social , de les voir crcrttre en lumières, en moralité, en Men-étre ? Mais ce qui nous étonne et nous indigne, c'est le spectacle d'un prétendu progrès qui, se reconnaissant incapable de se ihire accepter par de Ubres intelligences, a la folle prétention de vouloir s'imposer par la violence.
La révolution de 89 (c*ttt de 80 seidement que nous par* Ions, et non des dates qui suivirent), la révolution de 89 avait écrit sur sa bannière : Liberti de eùmcUnee^ Uberii de tra* Mil eifMmiTiej iffàliU devant laM et dev€mtU$ dépensée ptibUqueê, admiesian de io^Uee les vertus etdeiautes les ea-
pacités aux fonctions d'uiiUU commune^ dans la mesure du mérite et du dévouement de chacun à T intérêt de tous. C'étaient bien là de réelles réformes que cette révolution tendait à faire prévaloir ; le but était légitime, clairement défini. Aussi tout le monde comprit e^ apf rouvt, ftt éemê <Mtte circonstance, le progrès triompha, par la raison qu'il se laissait saisir par les esprits les plus vulgaires , qu'il ne révoltait la conscience de persomie, et ne donnait satisfaction qu'i de justes besobis, qu'à d'honnèles instincts.
D^oigSO, bien des réfolution at fost produites, toutes avec ranâ)ition d'ajouter tm flaoronde pi» à la eoimmMde la civilisation. La religion du progrès a compté par douzaines ses prophètes et ses apôtres. D'abord, il ne s'agissait que de gubilitiierdcB dyimUesèd'autrts, ks Bourbons à îiapoèéoDf les Bourbons de la branche cadette à ceax de Talnée ; ensuite, ce furent les formes du gouvernement qu'on jugea opportun ie modifier; et puis enfin vînt le tour de la société elle-même, qu'en attaqua dans ses fondements étemefe et kumuaMes, la propriété, la famille, la religion. N'est-ce pas, en eHbt, an renversement de toute croyance, à la ruine de toute propriété etileltot lesp^tt de fEiflïiMe,fu'ébot]tiiBaiAnt «adroite ligne iooles lea théories prècMM en France, feadani les quatre 4ertiière6 aimées surtout, par 4es boaunes ^ voulaient, aa mépris des tradidond du: passé et au rebiHm des notions da «ens commun, faiie oiarcber le monde les pieds en l'air, li tète en bas? Parmi ces utopies qui s'qipelaient eommutmms^ êôcUUêmef drM au Irmmlt oryattîaolim du ùranml^ queUe estcelle qui, omws/^ les fonaalea du grand ntuvemeat de 89, a su s'emparer de l'esprit des masses et conquérir leur sjrmpi^ lUe? Ou bien cm s'y a itlh A)lq^rid, «t (fcraqU'tfne foimule de progrès n'es! par Ikcitomettt cotui^isô, c'egt une preuine ^elia eet liiiBse ), on biea ote à proft^temttt détiiié, au fbnd de imites c*s hmonodcns, rappauniseanisnl géntaal ek la dii^ rooralisttUm univeiselle.
Ce sont pourtant ces doctrines menteases et cbfm^rfqneé qui, colportées de tous côtés en France pendant quatre ans, allaient corrompre Tignorance , soulever les mauvaises pas» sMâ ton» iome de joumna, d'dmanach^ de UbeOes; ce sont cllea qui pf^araieiit une grande Jacqnerie sodalisté ponr mai iS52, et qui, grâce aux mesures prises le S décembre, n'ont pu produire que les sanglantes échauiTourées qui ont marqué la iln de la dernière année.
Sa ptomke% comme à Paris, ks cheAi de ta déalagogfe avaient enrégimealé leurs soMats dans les cadres des sociétés secrètes. Ces sociétés, éparses sur tout le territoire, composaient une armée qui se tenait prête à prendre d'assaut, à la première occasion» Ja France ciTilisée. heux mot d'ordre par* tait, non pas, comme on l'a cru, de Paris, mais de Londres, c'est-à-dire du Comité central européen^ qui, ayant à sa tète les LednhRftUiB, les Maxaini, les loiold Roge, tius les grands «el^srs de Téiaigraticii révolotioimaira, âirigeiit tms las mouvements du partL Les joiamaux du !•' tout 1851 Ml &ttc<mnaitre une drcotaire adressée par et eomlté à ses nombrettui ageiitS|6l portant que ta réroluttoïKbvaîlérialar j^rodktfiiwmMl. Ifous ctleroDS, en outie, une proclanation envoyée par lui ami affiliés de l'Alsace^ et deiiaèremenl po* kiîée par VEmûmtifoUm de BmeUes. Voici ce curfen d»« oimeDl, qaii selon t^vtaaJes pDebaUtttés, a dû élre Iransmli également dans les autres parties de ta France.
m V Qa%niilqQf\uie«§vdIatkm tfédate à Paris ou sor tout autre « peint» etea tout t^Qfflw IdiToasas sarvefllent aved sotn chaque vfl-^ a lage, afin que las iMihttanti impestSj las Mwmii ne poinqnl tfédap • per;
« 2« Qu'à ia nouvelle d'an mouvement à Paris, les rouges se léih « nlssent et délibèrent sur les mesures à prendre;
m a* Qu'ils s'assurent des fonctionnaires royalistes (maires, cu- » réêf elc.)t qu'ils las tlanaent soas bonae gnde en attendant les
• mandais d*anèt qui seroïKl décernés par le comité répoUkalii, on
« par le GouvememenU
« 4* Qu'aussitôt, ces fonctiomiaires soient remplacés par des repu- « blicains.
« 5* Que les détenus poUtiqoes soient élargis ; en cas de soidève- « ment, chacun devra s'anner de tout ce qui! aura à sa disposition.
« 6* Puis, tous les adultes réunis éliront des chefs qui les coodoi^ « ront au cheMieu le plus voisin.
« 7* La garde nationale recevra des ordres particuliers de son « commandant.
« 8* Les événements seront annonoésan peuple par des proelama- « tiens, ou aumoyen du toc^, de grands feox ou d'autres signaux .
« 9* On devra expédier des rouges dans les villages voisins, pour « soulever les populations.
« 10* Ne pas attendre les ordres supérieures, car les ennemis du « peuple profiteraient de ce délai pour se soustraire au danger.
« Hommes du peuple, voici theure delavengeancel »
Le mot d'ordre arrivait de Londres à Paris, où s'établirent successivement, conmie autant de centres d'action, le Comiié des Réfugiés^ l'Union des Communes, et enfin le dmitê central de résistance. Paris transmettait la consigne aui centres secondaires, Lyon, LiOe, Nevers, Grenoble, Aix, Monipeffi^, qui la communiquaient aux localités d'une moindre Importance. Paris était aussi en relation avec les réfugiés politiques établisenSuisse, lesquels, organisés militairement, se tenaient prêts à franchir la frontière et à apporter leur concours à Jlasurrection indigène.
Le nombre des sociétés secrètes était considérable; tel arrondissement du Midi, peu populeux et d'une médiocre étendue, en comptait jusqu'à trente-huit. Les unes sectchaieot tout-à-fait, les autres se contentaiei^ de se dissimuler sous le nom de cercles littérairee, de réunions musicales, comme celles de l'Orphéon ou des Ouvriers Chanteurs, ou même encore sous les apparences d'associations industrielles ou bien philanthropiques. Quelques-unes se dérobaient sous le titre de loges maçoimi^ies. Des comnûs-voyageurs parcou-
raient les provinces à des époques périodiques pour porter des iDSlnictions dans ces foyers anarchiques , recueillir des renseignements, et pour entretenir partout une parfaite communauté de vues. Les nombreuses saisies d'armes de guerre opérées sur le territoire, et les condamnations prononcées par cinquante tribunaux pour fabrication et colportage de poudre et de munitions, prouvent aussi que ces sociétés étaient pourvues de tout ce qui leur était nécessaire pour entrer en campagne contre Tordre légal.
Nous empruntons au Cansiitutiannelda 17 décembre 1851 les documents qui suivent :
« Toutes les sociétés secrètes se recrutaient par les moyens ordi- « uaires de Pembaucbage ; mais on n'était reçu dans leur sein qu'après « un interrogatoire et une cérémonie spéciale. Voici, sauf quelques « variantes, la formule babituelle de l'initiation :
« L'initié, les yeux bandés, est placé à genoux sur deux couteatix m en croix, et sur deux pièces de cinq francs, et le dialogue suivant « s'engage entre lui et l'initiateur :
« — Désires-tu être afûlié à la société ?
« —Oui.
« — Promets-tu de ne jamais révéler ses secrets ?
m — Je le promets.
« — Jures tu d'obéir à tous les ordres qui te seront donnés, lors c même qu'ils te commanderaient de tuer ton semblable ?
« — Je le jure,
« —Que sens-tu sous tes mains?
« — Je sens deux couteaux et deux pièces de cinq francs.
— « Ces objets sont là pour rapprendre que si l'app&t de Targent « rengageait à trabir la société, eUè Ven punirait par la mort.
« En ce moment on débande les yeux au récipiendaire, et deux an- « ciena afOliés, saisissant les couteaux, les brandissent sur sa tète en a disant : — Oui, le frère qui vendrait nos secrets mériterait la m mort, et nous la lui ferions subir.
« Une autre formule d'initiation, plus sauvage encore, a été Irouvco m lors d'une perquisition faite dans le canton de Valence. La voici :
« Je jure sur ces armes, symbgle del'bonneur, de servir la Répu- « blique démocratique et sociale, et de mourir pour elle s'U le faut. « Je jure, en outre, haine à outrance à tous les rois et à tous livs
royaUstes, et que mes entrailles deviennent plutôt la pâture des
« UteB féroces,qae de Jamais faillir à mon sermenil Je le ime tnis « fois aanom du Christ rédempteur.
« Je Jure stilr mon honneur, au nom de la sainte caose pour laquelle « je viens d'être reçu» de marcher en tout Deu avec mes frèras delà « M<mtagney prêter aide et assistance à tons les ^wfffriteii Je le « Jure trois fois au nom du Christ rédempteur*
« Plus bas se lisent ces mots :
— « Je te iM^tise enfant de la Montagne* »
Voici rinterrogatoire que subissait préalablement le candidat.
« ~ Dis-moi» citoyen» quelles sont les raisons qoi Ramènent ici Y -* « Dis-moi» citoyen» on m'a dit que tu m'avais dénoncé à la Justice» est- « ce vrai?— Maintenant que tu as les yeux bandés et les mains atta- « cbéis dbrriêrele dos» nous sommes nudtres de toi» mais nous vou- « Ions» avant» ^examiner. Si» par exemple» ton frère ou ton père ne « se trouvaient pas de ton parti» nous vengerais-tu ? — Leur tirerais- « tudessus? — Gela ne te semblerait-il pas pénible à £adre? — Main- « tenant on nous dit que le préfet fait circuler des listes pour la proc longation de la présidence. Les signerais-tu? — S'il te taQait pren- « dre les armes pour la défense de la République» les prendrais-tu ? « — Tu veux donc être républicain ? ~ n nous faut ton sang.'
« Des signes particuliers de reconnaissance existent entre les affi- « liés appartenant à une même société secrète. Os consistent dans ia « manière de se saluer en s'abordant» ou dans des signaux d'averUs- < sèment. Ainsi» dans la société de la Jeune Montagne» dont plosieurs « membres ont comparu devant le conseil de guerre de Lyon» on « membre qui en rencontre un antre demande : t heure ? — L'antre « répond :sofin^. — Le premier reprend : nout?eUe? — Ondoitloi « répondre : montagne /
« Quelquefois» le comité dirigeant sent la nécessité de hire dnn- « 1er» par des agents» un mot de passe qui relie, toutes les sociétés « dans une sorte d*unlté de pensée et d'action» en vue d'une circons- « tance décisive. Le complot de Lyon» organisé contre la loi da SI « mai» en a fourni un exemple. Le mot de passe qui servit aox aflHiés « pour se reconnaître indiquait et rendait» pour ainsi dire» flagrants | « la pensée de llnsurrection projetée. Ce mot de passe éuil •* ^- « frage universel^ Lyon. H parcourut les directions les plus étonnées. « n fut donné aux sections de la Jleune Montagne dos Boaehe»-dttc Rhône, n circula aussi parmi les affiliés du Yar. On le constate dt « même dans la Drôme et dans le Gard.
« iteesociélé secrète de la Drômeavaity il y a deux ana^ poor mot « de passe: Attention I Courage I Drame! Depuis Tayortement da « eomplot de Lyon, ce mot de passe a été, à ce qu'n pantt, dumsé
• et remplacé par la mot Mariamm. Dans les sociétés secrètes éta- « bUesàMontpeUiar et dans les localités Yoisines» le signe de reemi- « naissance était : — D. Connaisses-yous ]àmèreMariamm7'~1i.
• Oui» elle a du bon yln.
« Ce molde Mcariamne^îH Pisiprss^on de boire à la santé dalla- « Tiamne, se sont également tronyès tout récemment dans des papien a iiiqK)rtaDts saisis dans la Seina-Inférieare. Onatont lien de cnrfre « que ce mot de Mariamne^ troayé simnltanément aux points les « plus éloignés du territoire» an nord, an midi et dans Fonest, et qol « était éyidemment le signal de ralliement de tontes les aociétéa s»- « crêtes disséminées en France, était la traduction mystique des mots: M République démocratique et eociaU' C'était le mot de passade Pitt- « surrection générale organisée pour i8&2. »
Lea che& locaux de cea aodétés étaifflit en gânéraly dana lea villes de province, dea médecins, des pharmadenasana clientèle, des avocats sans cause, d'anciens commissaires du Gouvernement provisoire, tous gens qui voulaient, par ia politique, se faire ou se refaire une position qu'il poursuivaient en vain ou qu'ils avaient perdue. La cohue qui marchait der rière eux se composait de tout ce qu'il y a de plus abject dans la fange des villes, de misérables piliers de cabaret,* d'hommes sans lendemain, perdus de dettes et de vices.
Ce qui prouve que ce sont bien les sociétés secrètes qui ont produit les insurrections de décembre, c'est que les lieux où la révolte a éclaté avec le plus de force et présenté le plus de résistance à la répression, sont ceux où ces conciliabules démagogiques s'étaient le plus multipliés, la Nièvre, le Jura, le Bas Dauphiné, le Languedoc et la Provence. Ce qui démontre fin outre que l'anarchie dreasait ses batteries pour 1852, et iQu'il était urgent qu'un coup décisif la prit à l'improviste pour la vaincre plus sûrement, c'est cette lettre écrite par un dea ^néraux du parti rouge, et découverte daos le cours d'une perquisition judiciaire :
« C'est en 1852 seulement, portait celte lettre, que la lutte « doit B*ouvrir. On devra alors voter la Constitution à la « main, s'organiser pour cela, non pas pour forcer les portes
• du collège et se retirer ensuite paisiblement chez soi, « mais pour marcher en corps sur le chef-lieu de départea ment, et y proclamer de nouveau la révolution triomphante
• de ses ennemis. »
Ferons-nous maintenant le récit détaillé de ce qui s'est passé dans les départements à la suite du 2 décembre ? Montreronsnous à l'œuvre, à leur œuvre exécrable, les trois groupes insurrectionnels, dont Tun comprenait le Cher, TAllier, la Nièvre, l'Yonne, Saône-et-Loire, le Jura, la Côte-d'Or; le second la Haute- Vienne, la Dordogne, le Lot-et-Garonne, le Gers et Ja Haute-Garonne ; et dont le troisième embrassait la Drôme , les Basses-Alpes, Vaucluse, l'Ardèche, l'Hérault, le Gard et le Var ? Ce serait un récit monotone, où le retour des même? atrocités aurait bientôt soulevé l'ame de nos lecteurs. Bornonsnous donc à quelques mots pour faire apprécier le caractère odieux et immonde tout à la fois de ces soulèvements. — Ici ce sont des prêtres qu'on maltraite ou qu'on assassine, ou bien qu'on traîne devant les barricades au premier rang des bandes insurgées, afin qu'ils soient atteints par les premières balles des défenseurs de l'ordre. — Ailleurs, ce sont des gendarmes qu'une horde nombreuse cerne dans leur caserne : la caserne est incendiée, ces malheureux militaires sont cruellement torturés et appellent en vain, pendant une heure ou deux, la mort comme le terme des souffrances de la longue agonie que leur inOigent leurs bourreaux; enfin, quand la mort est venue, leurs cadavres sont traînés dans la boue et deviennent l'objet des plus hideux outrages, d'outrages tels que la plume pudique de l'histoire hésite à retracer de tels tableaux : on urine dans la bouche de ces hommes que leur trépas vient de rendre sacrés!— Ailleurs, ce sont d'honorables propriétaires dont on envahit les châteaux, dont on saccage les maisons, au triple
eri de: àbasUi blancê! à bai les riehest à bas les arisios I
On voit des misérables, en quittant leur logis pour faire cette campagne contre les riches, se munir de sacs vides destinés à âtre remplis aux dépens d'autrui ; et on appelle riches nonseulement celui qui a 50, 20, 10 mille livres de rente, mais encore tous ceux qui possèdent quelque chose, si peu que ce soit : celui qui a une masure est un crésus pour celui qui n'a rien. A Manosque, par exemple, dans le département des Basses-Alpes, rémeute socialiste, d'abord victorieuse, demande au maire de la commune la tête de trois cents notables du pays, et le pillage à discrétion pendant trois heures.— Ailleurs enfin, ce sont des églises qu'on dépouille de leur précieux mobilier , des caisses pubh'ques dont on s'empare, des femmes, de pauvres jeunes filles qu'on insulte et qu'on viole I
Ainsi le viol, le pillage, l'incendie et l'assassinat, c'étaient làr les premiers actes de l'insurrection : par ce début, qu'on juge de la suite, si elle eût triomphé.
Les prédications des apôtres socialistes avaient exercé dans Je oœur des membres des sociétés secrètes de tels ravages, qu'elles en avaient arraché jusqu'aux sentiments qui, dans l'àme la plus perverse et la plus dégradée, surnagent encore au milieu du naufrage de tous les autres, les sentiments de famille : l'épouvantable procès Richer, qui a ému il y a quelques mois la France entière, en est la preuve. Entre plus de trente procès auxquels ont donné lieu dans les départements les prises d'armes de la démagogie, nous citerons de préférence eelui-d, pour fiiirevoir jusqu'à quelles abominables impiétés peut conduire le fanatisme politique.
Richer, de Valence, était un jeune homme de vingt-six ans, exerçant le métier de matelassier. Avant d'entrer dans les sociétés secrètes, c'était un ouvrier rangé et un bon fils. Du jour où il fut enrôlé sous la bannière socialiste, ses moeurs, ses ha- Intudes, ses sentiments changèrent tout à coup. Il devint déiMuché, hanta les cabarets, et prit en haine le travail. — Le
7 dfcembre était le jour iodiqué à Talenee pour la letée de boacfiers du parti anarchiste. Ricber, sorti de sa maison dès k I matin pour prendre paît au mouvement, apprit que ses complices reculaient devant les v^ureuses mesures de défuse prises par Tautorîté locale. D crut que oelle<d avait été informée du complot; et comme il avait, quelques Jours auparavant, entretenu sa mère de ses projets et de ses espérances politiques, l'idée lui vint, pour nous servir de ses expressions, « que sa mère Favait vendu à la police. • Quand il rentra chez lui, sa physionomie sombre et désespérée frappa la malheureuse qui lui avait donné la vie ; la pauvre femme lui demanda avec inquiétude ce quH avait. Elle n'obtînt pas de réponse, et die é'approchait de lin pour Fembrasscr, lorsque ce fils dénaturé se jette tout-à-eoup sur elle avec ftireur, loi porte treize coups de couteau sur la Iftte, sur les bras, sur le cou, sur le sein, la terrasse et la foule aux pieds. Aux cris êa cette infortunée, les voisins accourent, en arrête le panidBe qui n'oppose aucune résistance, raoente lui-même les détails de oette horrible scène, et achève son rédt en disant (taooB citonsiextuellement): tEh bien 1 oui, /ai tué ma mère;f avds i juré de Fassassiner si l'intérêt de mon parti rexigeait, el « j*ai tenu mon serment. Je suis content, c'était une ooquhie;
• si c^étrit à refUre, Je recommeneeKoIs. Je suis heurea
• d'avoir accompli mon dessein , dussé-je mourir sur l'ifcte-
• fitudf • Et comme on lui annonce que sa mère surrivra peut être aux blessuresqu'elle a reçues: — «Tant pis, ^foufa- « t-Q, je l'ai manquée, c'est là mon seul regret. *
Et comment donc les soldats obscurs de l'armée démago* gique n'eussenMls pas commis de pareils crimes, comment auraient-Os hésité à outrager etla morale et la nature, quaotf les princes de la Montagne exprimaient dans leurs lettres les sentiments suivants :
« Le 18 mai I853,t écrivait Vmi d'entre eux dans une épitn
trouvée en la possession d'une des personnes arrêtées en de-
B, tle 18 moi 1853 sera le jour palingénériqne desna*
t tloDs, ou le demier de notre existence. Ce jour-là, le peuple 1 frappera le demier coup qui doit réduire en poussière ces « itùDGB Termoulus que le dd permet à l'homme d'élever B pour lui anpi^ndre à chérir la liberté. Ils combattront k a nos côtés, les orphelins et les veuves de nos frères lâche- « ment assasHnès eur Us barricadée de Juin. Les têtes de « Lahr et deDaix (les meurtriers du général de Bréa) seront « DOS discours. De la mitraille et des pavés, voilà notre péti- « tion. La résurrection de l'humanité en sera le texte; notre « plan, le fer vengeur de la liberté* »
Voici un autre documenl que nous trouvons parmi les pièces eoumises à la Commission instituée dans le département de la Marne pour statuer sur le sort des rebeUes de décembre. On sera éclairé par cette lettre air l'avenir que nous réservaient pour 1853 tes eeiwagee projets des ennemis de l'ordre:
€ toBditi, tmem^Sitomt, ironiptoif 4aoAtl8U.
c Von cher co-religionnaire et ami,
« J'apprends wionrdluii fleidement le mâlheareax résidtat de votre « procès, et je regarde comme un devoir sacré de vous donner, de « loin il est vrai, une cordiale et fraterneUe poignée de main, n est . toMî dit <|Be to léacUon ne ^«Kiterapaiei qu'eue radanie^ * trôve ni merci, contee tous ceux qui ont, au service delà démoc»» « tie, une intelligence d'élite et un cœur dévoué! Je vous félicite « plirtdt que de vous itetodre, mon cher ami; vous aves noblement « eonieaié nœ ardentes eonvieUoBi, vous avez puMkiuement témoi- « gué de voire foi, vous avea pris une beUe place dans les rangs de « ceux qui souvent pour la sainte cause du progrès et de la Uberté.
« Cest un magnîBciue précédent qu'une condamnation encourue « fûur «voir célébré le grand Robespierre, l'homme qui a le mieux « coiQprU et le Btfeux votfa raffiranchisBement de l'humanité. Tant « que notre pauvre iwe de pygttéesjeterarinsttlte à cette ombre de « géant, nous resterons abâtardis, et la révolution ne sera pour nous « qu'un mot vide de sens, fl ne fout jamais laisser passer, sans une c rigoureuse protestation, les odieuses criiOneries des repus du Jour € MBtre nos pères de inB.llon|U n'y a pas eu de crimes commis à
« cette époqae glorieuse, il n'y a eu que de nobles et subtimes ao- « tiens : il y eutrémancipation du monde et le maintien de la nati»- « nalité firançaisc. Le char de la révolution ne se laisse pas arrêter: « tant pis pour ceux qui se font écraser sous ses «oues en essayant « d'entraver sa marche ! Leur sang ne peut tomber que sur eux-mê- « mes
« Pespëre qu'il me sera bientôt donné de revenhr au mlliea de « vous, et de me vouer derechef à la propagation des saines idées « socialistes, seul poste que j'ambitionne. Alors, nous oublierons « toutes ces ignobles tracasseries : nous les oublierons après nom être « vengés, bien entendu ; car, pour ma part, je n'entends pas octroyer « aux réactionnaires un pardon qu'ils mentent si peu. Cette fois, « comme toujours d'ailleurs, la générosité serait de la duperie* Je ne « connaissais pas la haine; on m'a mis ce sentiment au corar» eh « bien 1 je serai aussi implacable dans cette haine que j'étais fervent « dans l'amour. Ce serait trop conmiode pour ces messieurs qui assou- • vissent leurs passions à l'aise, et qui en appellent plus tard aux bons c sentiments du peuple. La prudence est la mère de la sûreté, dit la « sagesse des nations, eilkvengeanoet c'est la prudence.
« Pour vous, je vous félicite encore d'avobr glorifié les nobles mar- « tyrs de thermidor, nos maîtres immortels. A Londres, nous n'oa- « blions aucune des grandes dates de la révolution, et nous aUoiis « célébrer le 10 août par un banquet.
« Croyez, mon cher co-religionnaire et ami, à toute ma sympattile, « et recevez mon salut firatemel.»
Au reste, les horreurs commises par les Jacques de la ph>râice ont eu au moins un résultat utile : du sein de cette boue et de ces flots de sang un enseignement est sorti, il a jailli une \ive lumière qui a rendu la vue aux aveugles de bonne foL ; Que d'esprits égarés ont maudit et répudié les doctrines soda* listes, en voyant les aifreuses saturnales auxquelles ces doctrines ont servi de prétexte I Que de gens qui, ouvrant tardivement les yeux, ont enfin jugé Tarbre par ses fruits! Ainsi, disait dans un de ses numéros de décembre le journal Ja Jfé^ fuhliqiie, de Tarbes, un ancien membre de l'Assemblée Constituante de 1848 prononçait les paroles suivantes à propos dea £aits insurrectionnels ; «J'ai été socialiste, et sociaÛsle de
« bonne foi; mais je n'ai jamais rencontré personne qui ait
m compris le socialisme comme moi. Puisqu'on en fait le dra-
« peau de la barbarie et du vandalisme, je Tabjure, et ne veux
m pas qu'on m'en reparle, parce que ces taches-là sont la honte
€ étemelle d'un parti et ne s'effacent jamais. Louis-Napoléon
€ a fait plus que vaincre le socialisme, il l'a anéanti et rendu
« si odieux enFrance, que son retour n'y est plus possible.Tant
« pis pour le socialisme, mais tant mieux pour la France, car
c la voilà délivrée des divisions qui l'auraient affaiblie au point
« de faire douter de son existence future. Gouvernée par un
« homme de la trempe de Louis-Napoléon, elle ne peut plus
« périr. Cet homme a toute l'ame de son oncle, et dans cette
t ame il y avait plus que du génie. »
Est-il maintenant nécessaire de faire ressortir le service rendu à la France par l'énergique volonté qui fit le 2 décembre? Le pays arraché aux intrigues parlementaires, arrêté sur le bord de l'abîme où il allait tomber, la sécurité renaissant, le travaU ranimé de toutes parts, les salaires en hausse, partout les signes de la prospérité, les fonds publics en voie d'ascension à la Bourse; les vins, les blés, les eaux-de-vie, la veille sans acheteurs, dépréciés sur le marché, et tout-à-eoup demandés, recherchés avec accroissement dans leur valeur : telles furent les conséquences immédiates du coup d'Etat.
Il est à remarquer que notre colonie algérienne s'est ellemême ressentie des événements de décembre. Depuis 1848, l'esprit d'hisoumission et de révolte avait fait de notables progrès parmi les Arabes; ils avaient bien compris que la révolution do Février n'avait servi qu'à énerver l'autorité centrale, et ils attendaient impatiemment le jour où les besoins de notre politique intérieure et nos embarras financiers forceraient à rappeler d'Afrique la meilleure parUe de nos troupes. Sans les événements qui se sont accompUs, une rébellion générale des tribus eût infailliblement éclaté, et notre conquête, mal défendue par des forces in8uiBsantes,nous échappait. Mais
fepiCTiieieiioaveBetomeram prises parle PrfneeFiéfll- ^nt fit comprendre aux Arabes que le gevnrememeiit Tenait de se fortifier le 2 décembre, «t tout rentra dans Fendre.
Quand on acte poHtiqae ùBn tant d^vmnfages, qod efll respritméticoleux qui pourrait élefereodte lui dee chteansB de proeureur? fit cq)endant, les veproâm dB eelte espèce n'ont pas manqué au Prinee Kapoléon. Ttous les ambitiem qu'il atait mis à la retraite ri opportunénmit, tous les hommes de parti les lui ont prodigués. Certes, la l^alité, h oonsfitationnalité sont d'exceilentee ^oses dans les temps ordinaires; mais à une époque de orise comme celle d*ob noue sortons à peine, ee sont des dioses memlfières cftftiaks. An reste, sur ce siget, nous ne saurions mieux frire que de citer quelques passages d'une brochure donl raotaor, m des premiers logiciens de iiotie teo^ a réfuté inésisÛUiaQDt tes pitojables ttcguties.
< 1.— Dans notre opinion. Pacte du S décembre, qui eonstttae on « coup d'Etat, est Jofltlflé daos sa ooncepUoo et son exécution par les « quatre raisons suiyantee:
« i* Etldente ntUité de psérenlr i « nisait pour le mois de mai iS&SL
c 2* Impossibilité constatée de marcher à ce bat d'accord âYec « rÂssemblée Législative.
M a* Absenee d'une majorifé das cette AMBÉOée; caria itayca m des partis divers d»s unenéiatiencoBUBiinsa.^ilpas «mam^ € rite qui puisse agir et rien fonder.
« 4* Assentiment national clairement manifesté par des pétitions m et par le vole dis con8^géDéiaax,et aniael fAssenadée a ré- «.sislB.
« t.— Ondeltdéiairleeenpd>Bfeat:n»ledapoBfOlrqal,dépo- « titafarede la fdrse pobtigne, MniMe A dâlntiieJ*4rtraé0«feoMS « actuel pour lui en substituer un nouveau.
« D'après la maxime sofiis poptrfî, supnma hx mto^ le coup « d'Etat teit en vue d'un lûtéflt général, ponr sauver rSttt, Perdra « sacMyiamamâtejéitttmiaiMatresttt^Mni.
« S. *- Lo dépositilrB de la force publiée qui entr^weDd te Cùop ffVUt, issaine one immeitte reqxnistbllité. « m agit siiie bonne fol» dam son seid intérêt penonnei, sans qoa U société soit en danger, il est criminel et s'expose anx Jnstes Tengeances de la nation surprise et opprimée, le joar où elle aura leeomné riMgt dates taces.
« S'Uaitf debomiefQi, maissansqnniy eût péril pnbUc et nécessité pour le salât de la société, il est responsable (il ne s'agit id que de responsabilité morale), mais excusable: c'est le cas de 1830. « 8*11 est jMnementy évidemment, dans le cas d-dessus déterminé do eovp dEUA légliimê^ non-seulement 0 est excusable, mais 11 ne Idt oa'aMDBipUr son deyoir; car tout citoyen, et à plus forte raison tout pouvoir constitué» doit faire tout ce gui dépend de lui pour sauver la société I
« 4.<— La difficulté capitale est de savoir qui ]nge, etcommentse loge lalé^timité du coup dlEtat : die est complètement, radicalement résolue, d rautear du eoi^ dVtat soumet son acte au Juge- SMnt âa rwiiTonalIté des dtoyeos. Alors dlsparaiss«At tous les dé- Ikats sur la validité de l'approbation donnée par les grands corps de PBtat, sur l'approbation tacite résultant du silence, du défaut de eontestalion, ettant^Pautres.
€ 6. — Après la raûflcatton émanée du vote universd, il ne rester pnmftrementyplus rien que de légitime, les irrégularités sonteoch T«lea:tejQgBiii80(tnafioiial a proQoiicé sur l'ensemble, leqad abaoEbe les détails. On aait partout qu'une œuvre humaine ne saurait être parfaite, mais qu'on peut excuser, pardonner, oublier les UnpeftecUoHs, à cause de ce quMDe a d'essentiellement bon; c Secondement» On'esl pbîs pennis qn^AlldstoirB de discutir las mesuresjniies pour assurer te succès du coup d'Stat recpnnu légitime.
« C — ItasteJigamsDt national suit de près te coup d'Etal» phttil a de force réeUe et intrinsèque, parce que d'autres combinaisons dinférôts et de partis n*ont pas eu le temps de modifier et d'altérer ptaeo isolas ptoiODdtaieol te seoliment primitif; spontané, pur» fol % été déterminé daae le eensciepce de diacun par te eoip dStaL
« 1.— La qnestteDiomoiseaa Jugement de U nation est celte de savoir d l'auteur du coup d'Etat a bien compris et senti l'intérSt de te sodété, s'A y aen dès lors, et 4 raison de l'acte, aympatbte emre te nattao el te i^odtalie du Powoir exécutif.
« #. *■ Tels sont, dans iiolie opteten» les prindpes» tes n>Mrtm»f
« adoptés par les vrais publicistesy fondés sur le droit et signalée par « l'histoire comme déterminant les caractères de coups d'Etat légitl- « mes. qui obtiennent les suffrages et commandent la reconnaissaiice « des nations.»
Si ce qu'on vient de lire est rationnel, et cela est inconteetable, s'il est vrai que tout coup d'Etat est légitime, comme le dit l'auteur de l'écrit ci-dessus cité, alors qu'il a pour bot noû im intérêt personnel, mais l'intérêt public, alors que, en ' outre, 0 est sani^onné par la conscience publique, Jamais, assurément, l'histoire n'enregistra de coup d'Etat plus légitime que celui du 2 décembre.
Examinons maintenant de quelle façon les journaux étrangers appréciaient cet acte. Leur opinion est utile à connaître.
Voici d'abord la Gateitc de Munich:
• Il est certain, dit-elle, que le vote des 90 et 21 décembre
• sera favorable au prince Louis-Napoléon. L'enthousiasme
• qui règne dans toutes les classes de la société est ime gaf rantie à cet égard. Le vote sera im verdict de la nation
• française sur l'acte politique du 2 décembre. — Toutes les
• classes sont disposées à approuver la conduite tenue par le « Président envers l'Assemblée Nationale. Elles ne se laist sent pas égarer par la circonstance de l'emploi de la force; < elles voteront avec plus d'énei^e
< Longtemps on avait pensé en France et à l'étranger, notanunent en Allemagne, que Louis-Napoléon ne se dîstin- « guait que par l'éclat de son nom ; on le croyait im pis-aller t. que l'on pourrait renvoyer lorsqu'on n'en aurait plus be-
• soin. 'Cette opinion de l'insuffisance personnelle du 1^'éal- « dent doit être abandonnée. En France, on en était depuis
• longtemps revenu. Sa conduite vis-à-vis de l'Assemblée avait prouvé qu'il n'était jpas un instrument dans ses mains,
« attendu qu'il avait déclaré que ses ministres étaient insé- « parables de lui, et non responsaUes envers l'Assemblée. La
« destitution du général Ghangarnier annonça un caractère « énergique.
« La ligueur avec laquelle il releva insensiblement la na-
« tion d^ rabaissement où elle était tombée depuis Tannée
« 1848, sa marche constante dans la même direction pour
€ rétablir l'autorité affaiblie, inspirèrent la croyance qu'il
« n'avait pas seulement hérité de son oncle. Enfin la ma-
« nîère dont il a préparé et exécuté l'acte politique du 2 dé-
m cembre a prouvé à la nation, d'une manière irréfragable,
« qu'il possédait de hautes qualités personnelles, comme on
m les a toujours rencontrées dans de puissantes natures, et
« qu'avant tout fl était un homme. En fait, si l'on saisit les opé-
« rations dans leur ensemble, quelque opinion que l'on ait
« sur le droit, on est forcé d'avouer qu'il a fait une campagne
« politique avec le coup-d'ceil d'un grand capitaine, et l'a
« exécutée avec sagacité et énergie. H avait profité de toutes
« les occasions de se rendre populaire sans s'appuyer sur
i aucun parti
« La proclamation de Louis-Napoléon à l'armée dénote « une profonde connaissance du cœur humain et une étude « attentive du langage napoléonien. Elle devait foire un effet « électrique, et elle l'a fait. L'esprit militaire avait été excité « dans son point saosible. L'ancienne gloire de l'armée ne lui « avait été rappeléequefaiblement,mais l'affront fait à l'armée « en WkS avait été énergiquement caractérisé, et le ressen- • timent des braves soldats depuis cette époque était plus vi- « vement mis en jeu, afin que la résolution de se venger se « manifestât puissamment. En même temps, on leur disait « qu'ils étaient l'élite de la nation, et appelés à la sauver du « chaos. Tout cela n'aurait servi à rien s'ils avaient pu croire i qu'il ne s'agissait que de phrases. Mais l'armée vit un homme i qui engageait sa propre exiétence pour atteindre le but qu'il « lui indiquait, et elle comprit que cette fois elle ne serait « pas abandonaée, comme au mois de février, par des intri«
c gués et des fiedblesses dans la direction sqpérieve, ai dfe « employait la force conformément aux ordret veçua. Lis « ordres furent eiéeulés ponctnellement et sans hésitation, t L'exécution était plus difficile que oelle du 18 fanlpaii^ qv i avait servi de modèle; elle eut lieu avec phis do grandeur. « Tout cela prouve ( et cela est important pour r«nQmr) f qu'en ce moment, ilyaàlaiâtedela Fonce ub homme « dont presque tout le monde n'estimait pas très^ut la eapoi cité gouvernementale, mais qui a prouvé qo'il avait la jbne
• de s'élever au rang de chef d'une grandowatiop, (pi a promé « qu'il savait imaginer des plans grandioses elles réaliser a:vQe « esprit et fermeté, qui a révélé par le fiii sa sopérionté sur ■ toutes les autres notabilités da la Eranca: en an naU» oa « souverain par la nature* •
atons maintenant quelques eodraita da Th$ W^Amgto» wniorij et faisons surtout remarquer que œ Journal américaiia estrorgane le plus accrédité du parti démocratique aux âala- Unis. Cette circonstance donne un grand poids àseaafipié»tions:
< Le coup d'Etat duSdécambre, dit4I, est assarésiflii de
• nature,aupremierabord,à£HDrenaltrerimpreBSioD4Beediii i qui l'a conçu et exécuté awt plutAtea vna la réaliatfioads t ses convoitises ambitieuses qoa le honbear du pays; aaii « un examen approfondi deTeosemble des eireoDstafices qâ « ont conduit Louis-Napoléon à ce eoqp déeiaif; et no rogard
• impartial Jeté sur la manière doirt il a Josfoi'id euané h « pouvoir dont il s'est emparéi doivent modifier eonaid6>
• rablement l'opinicm déftvoraUe qu'on avait pa sa toamm t primitivement sur cet acte. U aemble aatvemeHfflnant a^ t mis, par la presse anglaise el Crancaise, qoa la chnfta da t gouvernement établi par la Ckmstftation avait été détidém f par l'Assemblée elle-môma. La d^^oaîtion Ai peomr méf cutif nommé par le suflBragsunharsei delà nition entière a aurait été décrétée et aiéo«tfa le 8 déœralm p« on aofps
qui ne devait flon exbtenee qn'anx votes de la moitié du penple; eetledéporftion, disems-nous, aurait été eiTectuée le 3, al, le 9, ee eoips n'avait été lui-même supprimé. On voit done, et y réfléchissant, que le Président était réduit à cette alternative, de subordonneic à un corps issa des suflhiges ^ime partie dn peuple un pouvoir que loi avait reçu du peuple toot entier, on bien de fiiire ce qu'U a fait « Bejetant bien loin toutes considérations personnelles soit de s^MIé, soit d'ambition, il se maUH dms la nécessité de eaiflfr et de letaofr le suprême pouvoir, ou de le déposer aux pieds d'un corps fbrlement empreint de prédilections mo- BffetiiqQes, et dan lequel il ne se pouvait f<»iner de m^ lité pour aucun objet, sinon pour agir contre la République. Qu'y avail*il à fliire da» un cas pareil? L'emploi de la tece doit toafcun être évité, quand s'en passer est pos* aaiBf maiipoiifait-OB ne pas y recourir dans les drcons* taneee dont nons parlons ?yingt<quatre heures de délîbé* faliOD et de délai aoraienl aiiffl pour montrer une moi* tié de^uia se levant en aixnes contre l'autre, des bai^ ricades se construisant dans toutes les rues, le sang cou» Jântà fleta. Etpomrqnoi ?NnIne le sait, nul ne le peut dire, eaf il efltiaq[ioesiUe de conjecturer quelles mesures se s^ niem prodiutes, si c^eClt été l'Assemblée qui eftt pris le de» sus, silft victote fûtrestéeà une Assemblée où se trouvaient dMs partis pour laqionaidiie, un parti peur r anar(^ie, et où esJstait nnemiitorité eontraire à la RépnUique telle qu'elle élaii ONistitBéeu Onne peut concevoir une situation plus effrayante que ceUe qpii se serait déclarée si le Président avait tnaoquillaBent attendu le développement, l'organisation des forées de l'AssemUée et leur marche contre lui, oa s'il s'était incliné devant ses décrets et lui avait remis le pouvoir. Paris, la Fianeeanraient été divisés en cinq à sia fcdions, diacue animée des sentiments d'une haine ardente emire te antves. D s'en serait suivi une guerre intee»
t Une d'une barbarie effroyable, et qui n'eût cessé que quand « une de ces factions, exterminant les autres, aurait pris le f dessus après un horrible carnage. Alors eût commencé le « règne d'une terreur bien pire que celle de la prengère révofl lution; et cela, pour finir quand ? Personne ne saurait le « dire. C'est là ce que l'on aurait vu inévitablement si Napo* e léon avait été moins prompt, moins résolu qu'il ne s'est « montré le 2 décembre.
« Telles sont les pensées auxquelles nous sommes invincî- « blement conduits, au sujet des derniers événements de « France. Nous ne voyons pas comment le Président aurait « pu agir autrement qu'il ne l'a fait, et rester fidèle à son def voir, à sa mission.
« Quant à l'avenir, nous ne saurions alBrmerce qu'il sera, a mais nous espérons que tout ira bien; et notre grand motif f pour exprimer cet espoir, c'est la restltuti(m du suffrage « universel. Nous avons foi en Louis-Napoléon, parce qu'il a « reconnu l'impossibilité de ne pas restituer au peuple le pria- « cipe sur lequel toute vraie République repose : le droit de « suffrage pour tous les dtoyens.
« Nous devons maintenant attendre que le gouvernement « soit réorganisé pour nous faire une opinion définitive; nous « devons voir à l'œuvre Louis-Napoléon ; il faut que nous « connaissions la nouvelle politique qu'il va inaugurer.
6 Mais dès à présent une chose est certaine, c'est que la
• forme de gouvernement qui vient d'être détruite n'était au-
• cunement favorable à la cause de la liberté, et que l'Aseem- « blée renversée ne mérite pas un regret. »
L'acte du â décembre ne rencontra de bl&me de la part de la presse européenne que dans quelques journaux anglais, et encore en remarqua-t-on quelques-uns, et en tôle de ceux-ià le Moming Post, quj, loin de critiquer, applaudirent. II enfut des Gouvernements comme des gaiettes: le seul qui n'ait pas vu peut être avec joie et reconnaissance des mesures dont
reSét devait être de sauver non-seulement la France, mais l'Europe entière du double fléau de la guerre et du socialisme, c'est le gouvernement britannique.
Plus haut^ nous avons reproduit le texte de rappel au peuple du 3 décembre. Il nous reste maintenant à faire connaître la belle proclamation du 10 décembre, par laquelle le Prince disait aux bommes de parti : Votez, ne versez pas le sang! Si vous êtes lesidus nombreux, si la France me rq)ousse, qu'estil besoin de barricades 1 Le scrutin me renversera.