‹ Histoire complète de Napoléon IIIChapitre 27 sur 62 · L. Lbfaubb fils · texte numérisé non relu

L. Lbfaubb fils

Entrepreneur de bâtiments.

Msto nom vofei anât décemkre. Conmait la France vo» tera-t-elle? Ya-t-dte rttifler ou eondniDMr le coup d'Etat? LeB âérnagogoea, In reyafistee de tmilea k0 Dnanees^ gins «m iUariûQs tenaeee» vost répétant partooi fu'S aortira de fane piudefiofi que de ^» et que liio Fxwee a» pnraveiir ^OBj tme iMilorité fatoraMe, eetle nu^orilé eere tràsrliibla. MêU Om eoBifeadrojfée par la Doavette dea praaîers résaltate.

Rs apprennent avec stupeur que, dans les villes et les campagnes voisines de PA-is, le sauveur de la France est acdamé par les neuf dixièmes des sullrages. Les résulAts postérieurs viennent bientôt conârmer^es premiers. Une minorité sans importance proteste seule contre le coup d'autorité du 2 décembre. Cette minorité ne sert qu'à faire ressortir davantage rédatante adhésion du pays. A Rome, quand les triomphateurs montaient a^ Capitule, ils avaient toijgours deirière eux des insulteurs à gages qui les huaient.

Faisons connaître quelques particularités caractéristiques de l'élection. Un grand noml)|*e de communes ont voté ont à Tunanimité. Dans plusieurs, les malades et les infirmes se sont fait transporter au lieu du vote. — Dans la conmiune de Vouges (Côte-d'Or), où, sur 76 électeurs inscrits, Louis-Napoléon obtient 76 sufifrages afflrmatifs, un ouvrier de la poudrerie nationale, presqpe mourant, se fait porter sur un brancard par ses camarades jusque dans la maison municipale; après avoir remis son bulletin, il dit: — « Je ne serais pas • mort content si Je n'avais pas voté pour lui. • — A Magnac- Laval, près de Limoges, un vieux soldat d'Egypte, le sieur Gentez, blesséà Saint-Jean-d'Acre par un biscaîen qui lui avait luxé la colonne vertébrale, était venu déposer son vote dans l'urne ; quoique &gé de 82 ans, et malgré sa faiblesse et ses souffrances, il n'avait pas voulu rester chez lui quand les autres allaient exécuter ce qu'il nommait la consigne du citoyen; ce vétéran des gloires de la France s'avançait vers le président du collège pour lui remettre son bulletin, quand tout-àeoup il s'affaisse sur lui-même ; tout le monde s'empresse autour de lui, mais on ne relève qu'un cadavre.

C'est ici que doit trouver place une réflexion importante. Les chefis despartisroyalistes, on s'en souvient, s'étaient van* tés, en 1848, d'avoir fait l'élection du 10 décembre, par la raison qu'ils l'avaiéit «appuyée. Ils n'avaient pas plus M cellelà qu'ils n'ont fait celle du 20 décembre 1851; l'une et Vautra

ont été le produit d'un mouvementnational, d'un élan spontané des poBulations, et non l'œuvre des partis royalistes.^ Ce qui le prouve, c'est que les chefs de ces partis avaient prêché et fidt nrécher l'abstention çn 1851, et qu'il ne s'est trouvé dans iftr anqée presque personne pour suivre leurs conseils. Evidemment, en 1848, si leur concours eût fiait défaut au Prince, le résultat aurait été le même.

Le S décembre, le Prince avait nommé les membres d'une Commission dite consultative, composée des anciens Repré* • sentants dont nous avons parlé dans le précédant chapitre, franchement ralliés à la cau^ bonapartiste, et depuis longtemps investis de la conjQance publique.

Par décret en date du 14 décembre, cette Commission con-^ flultative avait été chargée de procéder au recensement générai des votes émis. Le 31 décembre, A huit heures du soir, elle se transporta en masse à l'Elysée, et M. Baroche, son président, remit au Prince l'extrait du procès-verbal, constatant que, pour les 86 départements, l'Algérie, l'armée et la mariné, le-résultat était:

Votants 8,116,773

Oui 7,439,216

Non 640,737

Annulés comme irréguliers. 36,820

M. Baroche prit ensuite la parole en ces termes :

m MoiMleorlePrésideiit,

c En faisant appel an peuple français par votre proclamation du « 2 décembre, voua avez ait : — « Je ne veux plus d*im pouvoir qui « est impuissant à faire le bien, et m'enchaîne an gouvemaU quaîid « Je vois le vaisseau courir vers Fabtme. Si vous "avez confiance en m moi, dbnnez-moi les moyens d'accomplir la grande mission que fe « tiens de vous.» —A cetappel loyal fait à sa conscience et à sa sou- « verainetéy la nation a répondu par une immense acclamation, par • près de sept mUlions quatre cent cinquante mUlesufEragts.

« Oui, Prince, la France a confiance en vous! eUe a*oenfiaaoe em

« TOtrëocmnee, en Toire baye raison, en votre amoiirpoiir elle !St ^1 le témoigniq^e qu'elle vieiFde tous ea donner est d'autant plus

« gfbrieux, qu'il est rendu après trois années d'un gouvernement

« dont il consacre ainsi la sagess^ le patriotisme. « L'élu du 10 déœmbrê 18IS s^t-ji montré dlg^e dn maidU que

« le peuple lui avait conféré ?A-^ bien oiNnpns la misalQD^il avait

c reçue ? — Qu'on le'demandé aux sept millions de voix qui vien- . < nent de confirmer ce mandat en y sgoutant une mission et plus

< grande, et plu^elle.

« Jamais, dans aucun pays, la volonté nadonale 8fes^eD6 aussi so- . « lennellemeoLt mauifBstée ? Jamais Gouvernement oUint^U un a^eatir « ment pareil ? eut-il une base plus large» une origine plus légiUme et « plus digne Ai respect des peuples^

« Prenez possession, Prince, de ce pouvoir qui voasest si gUstimmèc ment déféré.

« Usez-en pour développer par de sages institutions les bases ion- *« damentales que le peuple lui-même a consacrées par ses votes. Aêfa*

< blissez en France le principe d^autorité, trop ébraiflé depnis soixante « ans par noscoBiinuelles a^^talions. Comtottez sans reIftdÉs ces pat» « sions anarcbiques qui at&quent la société jusque dans ses ioade-

< mlnts. — Ce ne sont plus seulement des théories odieuses que vous « avez à poursuivre et à réprimer; elles se sont traduites en laits, en € faorriblee attentats.

« Que la France soit enfin délivrée de ces bommee tonjowi pnUi « pour le meurtre et le pillage, de ces bommes qui, au xix* siècle, « font borréur à la dvilisatUm ai semblent,, en léveHIant les plus « tristes sonvenbrs.nous reporter à cinq cents ans en arrière.

« Prince,» le 2 décembre, vous avez pris pour symbole la France « régénérée par la révolution de 17S9 et oiganisée par TEmpereor, « c'est-à-dire une liberté sage et bien réglée, une anierité forte et « respectée de tous. --Que votre sagesse et votre patriotismeTéalisent « cette noble pensée. Rendecà oeaoble pays, si plein es vtont d%va- « nir, les plus grands de tous les biens, l'ordre, la stabilité, la conc fiance. Comprimez avec énergie l'espril d'anarcMe et Ae liralte.

« Vois aureaainslsauvâ la France* piEéservé PEiftopeenlJère dnm « Immense péril» et i^outé i la gloire de voteiiûn. une Douvolto eC « impérissable i^im- •

A ce discoursile PrUmn fit la f^Mosa suivaiite: «'

« MessIeurSi « U Mnoean^onèB à m^ loyM «M Jn M aiiialÉt.Mn%

« droit. Pins de sept millions de 8uffr4^ yleanent de ^'absoudre « en justifiant un acte qui n'avait d^autre but que d'épargner àja « France et peut-être àTEurope de^^nées de troubles et de mal- « beurs. (Fives marques dasserUiment.) Je vous remercie d'avoir « constatiofflciellement comf^en cette manifestation était nationale « et spontanée. * •

« Si je me félicite de cette immense adbésion, ce n'est pas par or- « gueil, mais parce qu'elle me donne la force de parler et d'agir ainsi « quil conviÂt au chef d'une grande nation comme la'nôtre. {Bravos m répétés), — Je comprends toute la grandeur de ma mission nou- « reUef je ne m'abuse pas sur ses graves difflcultés. Mais avec un « cœur droit, avec le concours de tous les hommes 4b bien, qui»

• ainsi que vous, m'édairerout de leurs lumières et me sqjitiendront « de leur patriotisme, avec le dévouement éprouvé de notre vaillante m armée, enfin avec cette protection que demain je prierai solennel- « lement le ciel de m'accorder encore (Sensation prolongée), j'espère* « me rendre digne 4le la confiance que le peuple continue de mettre « en mol. (Five a^^obation.) J'espère assurer les destinées de la « France en {pndant des institutions qi# répondent à la fois et aux « instincts démocratiques de la nation, et à ce désir exprimé oBi- « verseliement d'avoir désormais un pouvoir fort et respecté. (Adhém sUm ehakurmue). En effet, donner satisfaction aux exigences du « i|K>ment, en créant un système qui reconstitue l'autorité sans blés-

• ser l'égalité, sans fermer» aucune voie d'amélioration, c'est jeter

• les véritables bases du seul édifice capable de supporter plus tard m imeliberté sage et bienfiUsante. »

• Le lendemain du Jour où le Prince parlait en ces termes

à la Commission consultative, Téglise de Notre-Dame se parait des plus riches ornements pour consacrer, par une fête religieuse, le grand événement du 20 décembre. Louis-Napoléon venait s'agenouiller devant la puissance qui fait et qui défait les souverains. Investi par la France du droit qui vieni du peuple^ U demandait, pour nous servir de son expression, la force qui vieni ie.Dieu.

Page 1