‹ Histoire complète de Napoléon IIIChapitre 45 sur 62 · SÉNATUS-CONSULTE · texte numérisé non relu

SÉNATUS-CONSULTE

« Art. i*% — La dignité Impériale est rétablie.

m% f|i(ii wii , 80» te mm fl^

«Axca. — UdigoUéimpérlate««iaiérédtt^ie dans la dance directe et légitime de Louis-Napoléon Bonaparte, de mile en mâlet par ordre de primogénlturei et à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance.

• AêL a. ^Loals-liBpoléeQ Bonaparte, âHn'a pas d^entet m&le, fMi adfli^ter ies enlimts et éssceadaDts légitimes daas la UgK masculine des fràres de PEmpereur Napoléon l**.— Les formes de radoption sont réglées par un sénatus-consulte. — Si, postérieurement à radoplion,11 survient à Louis-Napoléon des enfants miles, ses flt idoptifs ne pourront tos appelés i lui suoeêder qu'apri^ jea descendants légitimes.^ L'adoption estMeréile anasaoûs»seors de Louis-Napoléon et à leur descendance. « Art. 4. — Louis-Napoléon Bonaparte règle, par un décret oiga> Bique adressé au Sénat et déposé dans ses archives, Tordre de sucoassioo au trÔM dans la Israille Bonaparte, pour le cas ob fine Irtytmit aucua liéritier direct, légitime o« adopUL « Art. 5. — A défaut d'héritier légitime ou dliéritier adoptif ds Louis-Napoléon Bonaparte et des successeurs en ligne coUatènde qui prendront leur droit dans le décret organique sus-mentionné, «nsénatitt-ceinflife proposé an Sénat par les Ministres formés en «ooiailde GouTemement, avec MtoncUon des présideotsen ««*cice du Sénat, du Corps Législatif et du ConseU d^EUt, ei acmmîsi Pacceptation du peuple, nomme l'Empereur, et règle dans sa £i HriUe Pordre héréditaire de mile en mile, à l'exclusion perpétudie 4eB taiiDBS et de leor deaoeiidaBce*— Josqu^àn momeul oà Péteotion du nouvel Empereur est consommée, les affiUpss de PÉlat sont gouvemées par les Ministres en fonctions, qui se forment en conseil de Gouvernement et délibèrent à la maioritè des voix. « Art. <!. — Les membres de la famille de Louis-Napoléon Bonaparte appelés éventu^leBeDt à PhérédHé, et leur descendanoe des dfiUxsexeBloAt partie ds la fusille impéciae. Un aéjMloB-coflsiitti règle leur position, lis ne peuvent se marier sans PaatorisatioB de l'Empereur. Leur mariage fait sans autorisation emporte privation de tout droit i Phérédllé, tant pour celui qui Pa contracté que pour ses desoenéuits.— Méamic^ M ifexlsle pas d^taflliilB de ce mariage, en cas de dissolution poar «nne de décàs^ le Mnae qui l'aurait contracté recouvre ses droits à Phérédité. « Louis-Napoléon Bonaparte fixe les tilies et la condition des autres memtoes de sa&miile.

« L'Empereur a pleine autorité sur tous les membres desafinnille :

« il lègle leurs^Yoln ai leuis oWifttton par tettetrt» tpi <mt

« force de loi.

« Art. 7.— La Constitution da 14 Janvier 1852 est maiateiMi6 dans « toutes cènes de ses dispositions qoi ne sont pas contraires an pré- « sentaénatns-eoiiiane : il ne pourra y être apporté de modlflcation « qnedanaleslonDetetparlstmofeaBqa^elleapréTiis.

m Art. 8. — La proposition solwito tant présentée à racoeptation • diu peuple français : — « Le peupla veut le rétabliseement de la € Aignité impériale dans la personne de Louis-Napoléon Bon^arte, « «yec hérédité dans sa descendance direcle, légitime ou adopLive, « et loi daime le droit de régler l\]rdrB de succession au trône dans « la iàmllle Bonaparte, ainsi 91'il «st prém par la sénatus-coiisulta « du 7 novembre 1852. »

Par suite de cette décision du premier Corps de TÉtat, un décret, en date du même jour, convoquait te peuple dansdses comices pour les 21 et 22 novembre, à Teffet d'adopter ou de rejeter par oui ou par non la proposition contenue dans Tarticle 8 du document qui précède. Le 7 novembre voyait aussi paraître un deuxième décret par lequel le Chef de TËtat, associant le Corps législatif à Toeuvre de transformation solennelle qui allait s'accomplir, le convoqpiait pour le 35 de ce mois, à l'effet de constater la régularité et la sincérité du vote, de faire le recensement des suffrages, et d'en déclarer le résultat. Quelques instants avant de signer ces décrets, le Prince répondait dans les termes suivants aux membres du Sénat qui étaient allés^ en costume et en corps, au palais de Saint-Cloud, lui présenter le sénatua-consulte :

t Messieurs les Sénateurs,

• Je remercie le Sénat de l'empresBement iv«e lequel U a répondu au vœu du paya, en délibérant sur le rétabUssement de l'Empire et en rédigeant la aénaftus^ansolte qui doit être soumis à l'acceptation du peuple.

• Lorsqu'ily a quansMiuit ant, dans €e même palais, daos cette jnêne aalle, ai dans de» tiroaasUaioee «iak>^^

. Sénat ^riiit offrir ia couronne au chef de ma fiimiije, PEnqpereur répondît par ces paroles mémorables : • Mon esprîl me i serait plus avec ma postérité du jour où éUe cesseraU is c mériter Vamour et la con/Umce de la grande nation. >

t Eh bieni ai^ourd'hui, ce qui touche le plus mcm cœur, c'est de penser que l'esprit de l'Empereur est avec moi, que sa pensée me guide, que son ombre me protège, puisque, par une démarche solennelle, vous venez, au nom du peuple firançais, me prouver que j'ai mérité la confiance du pays. Je n'ai pas besoin de vous dire que ma préoccupation constante sera de travailler avec vous à la grandeur et à \a prospérité de ia France. •

Il était impossible que les partis, qui avaient place leur dernière espérance sur la nature temporaire des pouvoirs délégués le 20 décembre précédent, se résignassent, sans protestation, à un événement qui leur fermait les voies de l'avenir et qui allait fixer irrévocablement l'autorité suprême entre les mains do Prince. En tous cas, nous verrons dans dix ans^ disaient-ils tous depuis le coup d'État; et maintenant cette perspective lointaine disparaissait elle-même à leurs yeux. Impuissants pour agir, ils n'avaient plus qu*une ressource, crier et menacer, ou gémir et se plaindre. Us essayèrent donc de prêcher le pays chacun à sa manière, et tentèrent de répandre parmi le peuple leurs manifestes. Ces manifeste8,Tenfennanl tous la négation du grand principe de la souveraineté populaire, auraient dû être saisis par la police; c'est ce qu'auraient fait, en efiiet, tous nos anciensGouvernements. Il n'y avait que le gouvernement d'un Bonaparte qui pût dédaigner de pareils errements, qui pût puiser dans le sentiment de sa force le courage nécessaire pour conduire lui-même, et de sa propre main, ses adversaires au grand Jour de la publicité. Imitant la loyale hardiesse de l'Empereur Napoléon I«r, qui, hii aussi, fit publier par le journal officiel la protestation do comte de

— en —

LiOe (depuis lors Louis XVIII) contre rétablissement du IMremier Empire français, Louis-Napoléon ouvrit les colonnes du Jfofi/leifr aux fectums factieux des partis, sans daigner seulem^t répcmdre à ces attaques. C'était dire à la France : « Voilà comment mes ennemis parlent de moi : écoute-les, « car je ne veux pas m'avilir en me plaçant entre eux et ton f oreille ; écoute-les bien attentivement, et pèse leurs argui ments dans ta balance. Quant à moi, je refuse de me défeni dre: pour avocat, je ne veux que mes actes. Dans ce procès « entre eux et moi, sois donc le juge souverain, et condamne « ou absous, suivant ce que te dira ta conscience. »

Des manifestes dont nous parlons, et qui sont au nombre de quatre, trois appartiennent à la République rouge; le qua. trième émane du comte de Chambord.

Voyons, en premier lieu, les protestations montagnardes; et d'abord, un mot seulement à cet égard

Dans un des précédents chapitres, nous avons essayé de faire connaître l'attitude prise, depuis le 2 décembre, par le parti de l'anarchie européen, et spécialement par la faction jacobino-socialiste française. Nous avons fait remarquer notamment que ces incorrigibles démolisseurs semblaient, depuis le coup d'Etat qui leur a montré leur faiblesse, comprendre la nécessité d'abjurer leurs divisions et de se réunir contre ce qu'ils appellent leur ennemi commun, la vieille société européenne. Il parait cependant que la chose n'est pas possible : car les mêmes dissentiments qui existaient jadis, se sont perpétués jusqu'à ce jour ; et pour ne dter qu'un exemple, les émigrés français et ultra-révolutionnaires de Londres se divisent encore, à l'heure qu'il est, en deux coteries bien distinctes : la coterie Ledru-Rollin^ et la coterie Louis Bbme, Dans les drconsfances solennelles, chacune de ces deux églises a sa manière de voir particulière, rend ses oracles, et ftiit connaître sa volonté au commun des martyrs du parti.

Le fnmàtt de œs treèi doctaienli amitai^ianli aUoBscîUr, leqwl n'eti d'Ulkon fi\ia tioft et gteéndes et de pnov^eatttMMaAinvns a dû le jour an Cùmiêè rinnkÊÊimmmî t de yerm LednhRoUin. On janM^uera qaH né s%ipUqBepaB aor la qoeetion da waommk, FéteAioiu

MaaifesUduComiU réooUUmnMitàrê de lamim.

j « Citoyens,

« La démocratie a dû simposer qnelqaes moti d'attente et de soiif- « france avant de frapper le biigaiU ^ souMe iMAie paya» alla de <t ae PéorgpalKf malaréla teimar JKnuparima

« Soyez donc prête à tout et à chaque iastaat-TlcbeadaToasYoir « et de TOUS rassembler souvent par deux, par quatre, par six, par

< dix sHl est possible. Formez des groupes et des centres qui comma- « niqueat entre eaz de tItb toIx. Genpires eofla avec eomae et c prudence, car la perBéenlIoa doit Teodffe aedeats ceux 91'elU Toac drait anéantir. Quand la grande nouvelle vous arrivera, qu'efle « vous trouve debout, sans vous surprendre comme celle du 2 dé- « cembre; rappelez-vous que ce jonr-M vous avez aSIenda en vihi € an 4gnal de la pMt des Iraîtret on dei licties qoi ae diaai^t vos « Ghefe. Ne soyez phis des moutoas qu'on mèae, soyes desboiamea.

« Aussitôt que vous apprendrez que YinfàtM Louis Bonaparte a « reçu son juste châtiment, quel que soft le jour on rbenre, parles « de tous les pointa i la fois pourlerendai-voaioaBveDaentiafla- « sieurs groupes, et de là, marebez -ensemble aar Jes caotona, Jes ar- « rondissements et les préfectures, aûn d'enfermer dans un cercla « de fer et de plomb tous les vendus qui, en prêtant le serment, se « sont rendus complices des crtmes de leur maître, l^vcr^tx «ne èonaa « foU laPranoe de loua tes br^iada qu'islle aoiDrit al qai laaoa- « gant. Depuis quatre ans voua avez appris à les CQaaaitre ilooque « luira le jour de la justice, que ni votre cœur ni votre bras ne fai- « blissent, car vos ennemis généreusement épargnés redeviendndent « bientôt vos persécuteurs et vos bourreaax. En paalsmit lea p«r- « vers, le peuple devient le oiioftaïae de Jajaetfoa deDieal

c N'oublions pas aussi qye laFiaace est cbaigée des laalédictiaaa « de la démocratie européenne, qui attendait de notre initiative son

< signal de délivrance. Malgré nos f^blesses et nos déftdllances, tes « nations lèv«iit encore vers noaê leora aaalaa andiaiBéea et lean « yeux où brille un dernier rayon d'espoir; montrons-nous digaaada

« la sublime mission de progrès et d'avenir qve le monde entier sem- « Uaaûiii avoir MDflée; Mvawa an: pairies le eheorii da laAé- ^tnmmvttnMmpfit^atmàaÊkm démoctatiqaeelaoelBlB «a «laikaMi^

€ Le C<mwUféodMionnàlre. »

Ia aecBDd dwamwt émase de la^odété la jBét?i>I«flîoii, A ift «Été de l^paUeesl placé ÏAmm Blanc. Céliri*là aborde franchemeijfl la quesfioo du jour, et consenie Fabstenlion aux prosélytes de rq)6tre socialiste ; il n'est pas moins injurieux 4ue le premier, et remet en luoûàrecetteabsurde doctrine des iCpi:d)tioaiBB «caMa, que la ftinne réptiblkdBe ertt am-deaauB du TOfe îmîverscl, qu'elle est inviolable, que la volonté du pays n'a pas le droit de la remplacer par une autre.

Mm$lfm%ii 4s4aê(MUH ll^olii^Mm a» peuple.

• CnoyeaSy

« Lorsque nos pères, fl y a près de cinquante ans, laissèrent jimu- « ter au trône le soldat d'Arcole et de Toulon^ en un seul vote Us c consommèrent tous les crimes contre la patrie, plus tard souilléa « par deux invasions : crime contre rhumanité, qu'ils jetèrent dans c les crises et dans le sang; crime contre la pensée Ubre, qu'ils Uvrè- « rent à la force insolente; crime contre leurs enfants par eux dé- « poulîlés, et dont le patrimoine à reprendre a coûté deux révolutions; « crime enfin contre eux-mêmes et contre leur mémoire, car Us sa « suicidèrent en se désbonorant.

« Aujourdliui, citoyens, on vous invite à renouveler ce bail in c Ame de la servitude; on vous ceavie au second Empire, et ce n'est « pas la victoire, cette fois, gui lui sert de marraine, c'est la police; « et ses campagnes d'IiaUe s'appellent Mazas, Cayenne, Lambessa.

« Si la France, éblouie par les éclairs d'une grande épée, se dêsbo- « nora pourtant et se perdit aux calendes de Tan iv, que dira-t-on « de vous par toute la terre, de vous, citoyens ms^eurs, cbevronnéa « par deux révolutions, et venant aujourd'hui, comparses de lap^- « lice, couronner le César du guet-<tpens?

« La conscience o*a qu*un nom pour un pareil suicide : lâcheté; « et r Aîstoire n'auraU qu'une place pour un tel peuple t les gémo' « mesf

• Citoyens,

• L*«cereiee de la somrerafnefé n'est qu'une abominable tralilsoB « et la plua triste des comédies bumaines quand la liberté ne tient « pas les urnes; or, qui les tient aidourdliui ? La didature de Tas» « «ossifiât, le i décembre !

« Le vole au scrutin, même secret, n'est que le TOl organisé, quand « c*est le mensonge qui dépouille, sous les auspices et sous les faisc eeaux de la force. Or, qui les dépouille aujourdliui, ces buDeiins « effacés, tombés dans rume sous Tœil des gendarmes? le meo- « songe incarné, le parjure bypocrite et sanglant, le système du S « décembre!

« Un peuple peut yoter pour ou contre sor Ilmpdt, aar la paix, « sur la guerre, et sur les formes relatives de U souverUneté, quand n elles n'engagent pas le fond; mais sur Texistence ^Q&4iifemeâe « cette souveraineté, sur le droit Inaliénable, éternel, sur le prinr « dpe et l'essence de la vie, tout vote est un crime; on ne doU ré- « pondre que par les armes !

«Quelle est aujourd'hui la question posée? I/Emplre, PEmpire « béréditaire ! c'est-à-dire l'abdication de la souveraineté se cou- « cbaiitdans la servitude étemelle comme un soleil éteint dans la « mer, TaUénation à perpétuité de soi-même et de ses enliuits, la « mort volontaire, sans réveil, et déshonorée.

« Citoyens, vous ne commettrez pas cet attentat horrible; vous « n'étendrez pas, comme un suaire, sur la tombe de la République « scellée par vous, la pourpre souillée d'un César de carrefour; vous « ne porterez pas une main impie sur vos révolutions, sur vos tro- « phées, sur vos espérances, sur la civilisation qui ne vit que de « liberté, sur vos enflants et sur vous-mêmes. Vous ne consommeres « pas ce grand meurtre de l'honneur et du devoir; vous ne voterez « pas!

« Laissez la police et les parasites de tous les temps travalllef à « la guiriande impériale» et vous, préparez le chanvre vengeur.

« Oui, la nuit, le Jour, au milieu des foules comme dans l'ombre, « reconnaissez-vous, organisez-vous, fortiflez-vous; que chacun vive « dans tous et tous dans chacun; qu'une foi commune voua animsi « la foi révolutionnafa'e, implacable, persévérante, hardie comme « celle de nos pères de 92, et toujours prête à se lever, à frapper.

« Citoyens, devant un tyran, un parjure, un assassin des libertés « publiques, voilà le seul grand devoir à remplir,

« La Société la RévohUian. »

Tous les démagogues ne sont pasà Bruxelles, ou en Sukse,

ou à Londres. Le troisième manifeste du parti subversif a été rédigé par une Commission au nom des proscrits démocraU$ sociaUsies de France, résidant à Jersey, comme le dit cette curieuse pièce. Assurément, ceux que l'on vient de lire sont aussi outrageants qu'agressifs; une bile acre et corrosive y circule de pbrase en phrase; et cependant ce dernier document dépasse peut-être les deux autres en audace, en cynisme et en rugissements sauvages. Ck)mme le précédent, il conseille l'abstention, et nie insolemment la liberté du vote et la sincérité des élections sous le Gouvernement qui nous régît. Remarquez bien ce cliquetis d'antithèses, ce style hyperbolique et acéré, ce persifDage et ces morsures d'une plume en fureur, et dites si vous ne reconnaissez pas le premier signataire et le vrai rédacteur de ce factum, un écrivain qui ne s'est pas rendu moins célèbre par la violence de ses haines politiques, que par un talent littéraire dont les amis des lettres ont souvent admiré la vigueur et l'éclat.

ManifesU des proscrUs démoerates-sodaUstes de France, résidant à Jeney,

« Citoyens»

« L'Empire va se &ire. Faut-Il voter? Faut-Il s'abstenir ? Telle eti « la question qu'on nous adresse.

« Dans le département de la Seine, un certain nombre de répu- « blicains, de ceux qui jusqu'à ce jour se sont abstenus, comme ils < le devaient, de prendre part, sous quelque forme que ce fût, aux « actes du Gouvernement de Jlf . Bonaparte^ sembleraient aujourd'hui « ne pas ètife éloignés de penser qu'à l'occasion de l'Empire une mam nifestation opposante de la ville de Paris, par la voie du scrutin, « pourrait être utile, et que le moment serait peut-être venu d'inm tenrenir dans le vote. Ils ajoutent que, dans tous les cas, le vote « pourrait être un moyen de recensement pour le parti républicain; m grâce au vote, on se compterait.

« Ils nous demandent conseil.

« Notre réponse sera simple; et ce que nous dirons pour la ville dtt m Paris peut être dit pour les départements.

^ « Noos ne nous arrêterons point à tous &irei remanpH» q/tt M. Bonaparte ne s*est pas décidé à se déclarer Empereur sans aroir an préalable an^ avec ses eompliees le nombiB &e y(âx dont il lui convient de dépasMr le» t^mm» à» mm» Aàoamàm, k l'heure qa'U est» buit miUious», neul mUliops, dix mlMionii aoa chifitre est (ait. Le scrutin n'y diangera rien. Nous ne prenons pas la peine de vous rappeler ce que C'M qfoe « lèsuffrafe unirersel » de M. Bonaparte, ce que c'est qna les scnitta de M. Bmapvte. MaoilsstaUofi de la viite ée fiiEte on dftla.TdUAé»LfQDy leoaBMr meut du parti républicain, est-ce que cebi est possible? Oàsoat les garanties du scrutin? où est le contrôle ? où sont les scrutateurs? où est la liberté? Songera toutes ces àésrtsUaas. Qu^sst-ce qîAsmi de rume^La Tolomé de M-Bonaparta^pasaolre ebœe. Ji. Bonaparte aies defe des boîtes dana sa main; tes omî eiksiMiadiMsa main, le vote dans sa main. iU>rès le travail des pré&U et des mafrres terminé, ce gouvernement de grands chemins s'enferme tète i lète ayec le scrutin, et le déponffle. ftmr Inr, jouter ou retnmcher des Toix, altérer uk proeès-^nerlial, lBf>8Dterim tatalyfÉbi^ quer un cbilTre, qu'est-ce quee'est ? uamensoBgp» tfesfcà diae tes de cbose; un (aux, c'est-à-dire rien.

« Restons dlans les principes» citoyens. Ce que nous ayons â dtire^ le voici :

« M. Bonaparte trouve que l'instant est venu de s'appeler lli^té. Il n'a pas restauœ ua pape four le laisser 4 ileft lain; ii eitend être sacré et couronné. Depuis le % déeasibre, il a le (kit, le despotisme; maintenant il veut le mot, l'Empire. Soit. < Nous, républicains, quelle est noire fonction ? quelle doit être notre attitude?

« Citoyens, Louis Bonaparte est hors la loi; UniiaBûiiaparle est bors l'humanité. Depuis dix mois que ce maifaitmw règne» le dreit à l'insurrection est en permanence et domine tonlft la sitoatkm* A l'heure où nous sommes, un perpétuel appel aux annes^est aa tend des consciences. Or, soyons tranquiOes, ee qiii se révolte dans toutes les consciences arrive bien vite i armer tûoa les bas. « Amis et frères, en présence de ce gouvernement infâsoêt négation de tonte morale, obstacle à tout progrès social, en présence de ce gouvernement meurtrier du peuple» assassin de la BépobUque ei violateur des lois, de ce gouvernement né de la force et qf doit périr par la force, de ce gouvernement élevé par le crine et qfù, doit être terrassé par le droit, le Fran^ digne du nom deoitofea ne sait pas, ne veut pas savoir sll y a. quelque pari des semblants de scrutin, des comédies de suffrage universel et des parodies d'appel à la nation; il ne s'informe pas a'Ux& (les bomoMSittiTMDl

« etdesbomittesciQifoiilYOter.s'ilyauntrottpeMiqa'oaftpyellftle « Séoat, et qui délibère, et s'il y a un autre troupeau quon appelle « k peuple, et qui obéit; il ne s'informe pas si le pape ya sacrer au « maltre^autel de Notre-Dame Pbomme qui,— n'en doutez pas, ceci

• est Pavenir iné?itable,Ssera ferré au poteau par k bourreau. Est « présence de M. Bonaparte et de son gouvemement, le cHoyen « digne de ce nom ne fait qu'une chose et n'a qu'une cbose à faire :

• Charger son fusU et attendre Vbêwre. » • ¥A¥elftBépubUqyB!

« £«9 proscrits démocrates-soeiaUstes de France, m résidant à Jerseg, et réunis en assemblée générale» <r k Si octobre 1852.

<• Pour cofle ecHifoime :

la Commission^

« YlGXOA HOM^

• FoiunxAvx»

• PaiLtfPsFAUBi.»

Le quatrième document, noo^'avons dit, porte la mgnitar» de M. d0 Chamboid. Cette ptôce n'a pas le caractère provocateur des précédentes. Le ton en est modéré, convenable, et on sent que l'auteur ne compte pas du tout sur le succès de sa démarche. C'est un homme résigné qui sait bien que sa voii 1» relotir daes le désert, qve toutes les oreilles tont se fermer & ses gémissements, mais qui n'en croit pas moins devoir saisir cette occasion de se rappeler à la France par un sanglot, et d'lnvoq^er ce qu'il nomme son droit

Voici la protestalkm légîtiniste ; noosla ferons suftre de quelques courtes réflexions.

JfoiN/Ms du Garnie de Chmbcrd^

« Français»

«En présence des épreuves de ma patrie, Je me suis volontaire- « ment oondanmé à nnaction et au sOence. Je ne me pardonnerais « pas d'avoir pu, un seul moment, aggraver ses embarras et ses pé- « rOs. Séparé de la France, elle m'est chère et sacrée autant et plus « encore que si Je ueFavais Jamais quittée. J'ignore s*il me sera doxu^

de revoir un Jour mon pays; mais Je sais bien sûr qu^lt n^ann pas à me reprocher une parole, une démarche, qui puisse porter la moindre atteinte à sa prospérité et à son cepos. Cest son honneur comme le mien, c'est le soin de son avenir, c'est mon devoir envers lui, qui me décident à élever aujourd'hui la voix. « Français, vous voulez la monarchie, vous avez reconnu quMle seule peut vous rendre, avec un gouvernement régulier et stable, cette sécurité de tous les droits, cette garantie de tous les intérêts, cet accord permanent d'une autorité forte et d'une sage liberté qui fondent et assiu^nt le bonheur des nations. Ne vous livrez pas à des illusions qui, tôt ou tard, vous seraient funestes. Le nouvel Empire qu'on vous propose ne saurait être cette monarchie tempérée et durable dont vous attendez tous ces biens. On se trompt et on vous trompe quand on vous les promet en son nom. La monarchie véritable, la monarchie traditionnelle, appuyée sur le droit héréditaire et consacrée par le temps, peuï seule vous remettre en possession de ces précieux avantages et vous en (aire jouir à jamais. Le génie et la gloire de Napoléon n'ont pu suffire à fonder rien de stable; son nom et son souvenir y sufOraient bien moins encore. On ne rétablit pas la sécurité en ébranlant le principe sur lequel repose le trône, et on ne consolide pas tous les droits en méconnaissant celui qui est parmi nous la base nécessaire de Tordre monarchique. La monarchie en France, c'est la maison royale de France, indissolublement unie à la nation. Mes pères et les vôtres ont traversé les siècles, travaillant de concert, selon les moeurt el les besoins du temps, au développement de notre belle patrie. Pendant quatorze cents ans, seuls entre tous les peuples de rEoropet les Français ont toujours eu à leur tête des princes de leur natloo et de leur sang. L'histoire de mes ancêtres est l'histoire de la grandeur progressive de la France. Et c'est encore la monarchie qui l'a dotée de cette conquête d'Alger, si riche d'avenir, si riche déjà par les hautes renommées mUitaires qu'elle a créées, et dont la gloire s'i^oute à toutes vos gloh^.

« Quels que soient sur vous et sur mol les dessehis de Dieu, resté chef de l'antique race de vos rois, héritier de cette longue suite de monarques qui, durant tant de siècles, ont incessamment accru et fait respecter la puissance et la fortune de la France, je me dois à moi-mênie, je dois à ma famille et à ma patrie, de protest» hautement contre des combinaisons mensongères et pleines de dangers. Je maintiens donc mon droit, qui est le plus sûr garant des vôtres, et, prenant Dieu à témoin, je déclare à la France et au monde que, fidèle aux lois du royaume et aux traditions de mes aïeux, Je conserverai religieusement, jusqu'à mon dernier soupir, la

« dépôt de la monarchie béréditaire dont la Providence m'a confié n la garde, et qui est l'unique port de salut où, après tant d'orages, « cette France, objet de tout notre amour, pourra retrouver enûn le « repos et le bonheur. »

Hâtons-nous de le directe comte de CbamJ)ord est ici conséquent avec lui-même, avec son manifeste de Wiesbaden, avec sa lettre de Froshdorff du mois de mai dernier. Son langage ne varie pas, et, en cela, il suit fidèlement les traditions de sa famille (1). Mais on souffre de voir un 'prince, si digne de respect à tant de titres, s'obstiner dans Terreur la plus étrange.

(1) Nous avons recherché dans les annales de l'Empire la protestation du comte de Lille contre l'avènement de l'Empereur Napoléon I**" au trône La voici telle que Ta enregistrée le Moniteur du 1*'^ juillet 1804. Qu'on la rapproche de celle de M« de Chambord, et on remarquera que ces deux pièces sont empreintes de la même ignorance, léelle ou calculée, des précédents historiques les plus connus, et du même dédain pour la volonté nationale.

Protestation du comte de LiUe.

« Varsovie, ce 6 juin 1804.

« En prenant le titre d'Iilmpereur, en voulant le rendre héréditaire « dans sa famille, Bonaparte vient de mettre le sceau à son usurpa- « tion. Ce nouvel acte d'une révolution, où tout, dès l'origine, a c été nul, ne peut sans doute infirmer mes droits. Mais comptable « de ma conduite à tous les souverains, dont les droits ne sont pas ' « moins lésés que les miens, et dont les trônes sont tous ébranlés par « les principes dangereux que le Sénat de Paris a osé mettre en « avant; comptable à la France, ^ ma famille, à mon propre honneur, « je croirais trahir la cause commune en gardant le silence en celte ■ occasion.

t le déclare donc, après avoir an besoin renouvelé mes protesta- « tions contre tous les âdes iilégaïuL qui, depuis l'ouv«rture des « États généraux de France, ont amené la crise effrayante dans la* « quelle se trouvent et la France et l'Europe; je déclare, en présence • de tous les souverains, que lobi de recormaître le titre impérial « que Bonaparte vient de se faire déférer par un corps qui n'a pas m même d'existence légitime, je proteste et contre ce titre, et contre « tous les actes subséquents auxquels U pourrait donner lieu. »

FenMnt Me yemk des eliiiiés que tes moins ctairvoyanAs reeotiûaissent et proclament, le petit-fils de Charles X se pré vaut de son droit héréditaire I Est-ce que rmelime aMMrehîe, celle qu'il représente, ne déclarait pas hautement t qu'à la Mtion sede il appartlem dt «e dioésir m r^iî » Gek n'est-U pa» atteslé pardefiombren éwumMts Mtttrtque», et notamment parrédUdejiiillet 1717 «HhiâferarsIkAduâtetiiin^^ A qui d'aîUeurs M. ëe Chèmbord «6t4l ëonc redrraMe de ce droit persoDnel doat il parle a faavi? N'e9t*oe pas à la volonté nationale qui £t monter ses aïeux sur le tnéoe? il Teudnit aujourd'hui que la France, parce qu'elle a jadis décerné la couronne à son îHuetre aneétre, Hogues^kt^l, Ikl «lAaftiée, ecrnime par \m Hens d'un mariage inAisdolcdble et étemel, ma descendants de ce grand homme ! Mais est-ce là l'esprit de notre histoire ? Les Capétiens n'ont-ils pas «uccédé aux Carlo¥togîeii8 qui andeat, en, pris la place des Mérovingieiia? La France, jusqu'au siècle oft Aotts sommes, a vu passer trois dynasties, et, à chacun de mb diangements de pei^ sonnes, elle a repoussé sans pitié l'héritier de la race royale qu'elle avait condamnée. Pourquoi cela? C'est que les membres des familles souveraines ne se lèguent pas seulement, de père enflls, des diadèmes; ils se transmettent Clément des traditions, des principes, des manières de voir les choses^ de les orgam'ser ; et ces manières de voir, ces traditions, parliaitement confoimet, à l'origine, avee les înlérto des peuples, eessent plus tard de l'èd^, et c'est alors que les peuples divorcent avec des gouvernants qui veulent marcher au rebours des temps nouveaux. Nous ne voudrions blesser personne, nais il nous semble quec'est là ce qui arrive à M. de Cbambord.Lepays, qu'ille sache bien, ne lit ses manifestes qu'avec la plus profonde indifférence ; pour la seconde fois il a spontanément jeté les yeux sur un Bonaparie, pour lui confier ses destins. La dynastie Capétienne afait scm temps. Que M. de Chambord en prenne son parti.

— flSY —

•OPtAoil amÉr mmuuufoé qae, parmi tMis<«B intiiifesle0,fl en ■imqwe m, oeM 4e ta fttmHle (f OHéans. Ce n'est pas étonnant : pour protesterai! faut, en pareil ca$,partir ou d'un principe, ou de quelque chose qui y j^esseiobte. Le» jr^M^e^ ont élevé la veâ au naai. de ia MpvUiqw; M. le eonrte de €baxiM9Û au nom du dogme légffîntfste; mais la royauté de Juillet, quel principe ou quel dogme aurait-elle pu invoquer? Quant aux républicatais de hwo» foi, demeurés tête jusfu'i ce jaur fiialgni les lécamptee anbie par eux dans ces quatre dernières annéfs,!e«r silence, dans cette circonstance, s'explique facilement Quelle est leur religioji? le vole universel; or, i^'est le vote universel qui allait éti« interrogé sur la nouvelle forme du foavemenent de la France. Ces républicains-là n'avaient donc rien à dire.

Si le Gouvernement fut bien insfûré en donaant de luijaiôme «u jnaaifesles des partis Fkamanse pubËctté dont il dii^)06e, sadigRké du moins ne loi permettait pas de laisser sans réponse rassertion mensongère des factu«is montagnards, qui venaient de nier la liberté du ^fitrage sous le pouvoir sorti 4e Turoe du aodéeeaibre. Anaai, leMÊôniieur du 18 novembre réfùtait-fl cette fmposture par la tt#te suivante^ qui énumère toutes les garanties dont la loi électorale entoure le secret, l'indépendance et la aincérité des votes.

« Le bureau de cbaque coU^ wi.pmfiûié d'ut frésident» de « quatre assesseurs et d*ua saerétair«^ fibaisis jp«r»i toi élecleam.-»- « Le maire, ou son délégué, préside le collège : les asseasean soat « pris, suivant l'ordre du tableau, parmi les conseillers municipaux* « A leur délaut, ce sont les d«ui^ i^i» &g^ et lat deux, plus jeanes « électeurs présents. — Trois memi)r^ du bureau, a^ moias, doi* « vent être présents pendant tout le cours des opérations du col- « lège.-^-La liste des électeurs reste constamment sur le bureau. « mil ne peut être aénto à voler M n^t inscrii sur eette liste. Le « vote de cbaque électeur estcoostaté parlasignatamoulepsia* , pbe de Tun des membres du bureau, en marge du nom du votant. ^ es boîtes du scrutin sont scellées et déposées, pendant la nuit^ . aa <ecrétarlat ou dans la salle de la mairie, et les scellés sent éga-

lement apposes sur les portes et fenêtres de la salle où les bottes ont été déposées. —Après la clôture du scrutin, il est procédé «o dépouillement. La boite du scrutin est ouverte, et le nombre des bulletins vérifié. — Le bureau désigne parmi les électeurs présents un certain nombre de scrutateurs sachant lire et écrire, lesquels se divisent par tables de quatre au moins. Le président répartit entre les tables les bulletins à vérifier. A chaque table, l'un des scrutateurs lit chaque bulletin à haute voix et le passe à un autre scrutateur. Ces bulletins sont relevés sur des listes préparées à cet effet.— Le président et les membres du bureau surveillent Topération du dépouillement. Les tables sur lesqueUes U s'opère sont disposées de teUe sorte, que les électeurs puissent circuler à l'en" tour. — Immédiatement après le dépouillement, le résultat du scrutin est rendu public; il est arrêté et signé par le bureau. — Les procès^verbaux des opérations électorales de chaque commung sont rédigés en double : Tun de ces doubles reste déposé au secrétariat de la mairie; Tautre double est transmis au Préfet du département. — Une fois sorti de la commune, le résultat du scruUn ne cesse pas d*ètre sous la protection de la loi. L'article 34 de la loi électorale porte : « Le recensmnent général des votes, pour chaque circonscription électorale, se fait au cheMieu du département, ea séance publique. » Il est opéré par une commission composée de trois membres du conseil général. — Au recensement des votes de toutes les communes de chaque département succède le recense* ment des votes de la France entière. Pour donner à cette opération l'autorité et la solennité qu'elle doit avoir, le Prince Président a convoqué le Corps Législatif pour le 25 novembre, à l'effet de con^ tater la régularité des votes, d'en faire le recensement^ et d'en déclarer le résultat Ainsi, toutes les phases de ce scrutin national seront contrôlées par les représentants de la nation. La loi donne d'ailleurs à tous les esprits défiants le droit et les moyens de s'assurer par eux-mêmes de la régularité et de la loyauté des opérations. •

La réponse, on le voit, était complète; la réfutation péremptoire. Mais l'esprit de parti ne se lasse pas aisément, et il se ^ucie peu des démentis. Il a peu de pudeur, mais beaucoup d« persévérance. Battu sur un terrain, il court alUears cherchet une revanche. Il a des ressources inépuisables: c'est le tonneau «les Danaïdes,qui, sans cesse vidé, se remplit aussitôt. Cesl le Sisyphe de la fable, qui^à mesure que son rocher retombe,hi

soulève encore, le soulève toujours y et le roule d'une main obstinée sur la cime de la montagne. Nous avons vu tous les faux bruits qu'on avait déjà fait circuler depuis le 2 décembre; un jour, sur de prétendues guerres avec TAngleterre , la Belgique, le Piémont, la Suisse ; un autre jour, sur des complots militaires qui , Dieu merd , n'existèrent jamais ; ou bien sur de nouvelles levées de boucliers de la démagogie , ou bien encore sur le caractère du Prince qu'on méconnaissait à ce point , de l'accuser de vouloir relever Je trône impérial sans l'assentiment du pays. La calomnie ne devait pas en rester là. Ce n'est pas au moment où le scrutin allait s'ouvrir sur la grande question du rétablissement de l'Empire , qu'elle pouvait s'arrêter et se taire. Maintenant, au contraire, plus que jamais, pour nuire à l'élection, pour amoindrir les résultats d'un vote qu'elle ne pouvait empêcher, il lui fallait redoubler d'ardeur et d'efforts, et déployer toutes les richesses de son imagination. Aussi n'est-il pas de mensonge , pas de faussa nouvelle qui n'ait couru non -seulement Paris, mais les départements , dans la quinzaine qui précéda le vote de novembre dernier. D'abord, c'étaient les notaires, les agents de change et autres officiers ministériels qu'on inquiétait sur les intentions du Gouvernement à l'égard de leurs charges. Puis, c'était la taxe sur le sel qu'on annonçait devoir être rétablie prochainement, telle qu'elle existait avant sa réduction. Puis encore on disait que le Gouvernement , d'accord avec l'administration municipale de Paris, avait décidé que la circonscription de l'octroi serait étendue jusqu'au mur d'enceinte des fortifications; mesure qui soumettrait à cet impôt les populations de la banlieue, lesquelles, jusqu'à ce jour, en ont été exemptes. Nous n'en finirions pas , si nous énumérions toutes les faussetés qui ont eu cours pendant cette quinzaine , et qui toutes avaient évidemment pour but de déplacer des voix, acquises d'avance à l'Empire, en mécontentant de nombreux éleo* teurs.

On voyait bien que les partis hostiles comprenaient Timportance de la bataille pacifique qui allait se livrer dans les collèges électoraux, et qulls feraient, pour éviter une défaite, autant qu'ils avaient fait pour conjurer féchec do 2 décembre.

Non-seulement le Prince ne songeait pas à froisser un senî intérêt légitime, mais, dans le moment môme où Ton tentait de le discréditer ainsi, il adoptait une mesure des plus graves et des plis ftnrorables , tant aux finances de l'État qu'à la prospérité publique. A Troque de sa première élection, Louis- Napoléon, ett prenant possession du pouvoir, avait trouvé un effectif mflîtalre de %M,000 honnnes. Pat des <fimimitfond successives, cet homme, auquel on a si souvent reprodié fle ne réaliser aucune économie, avait déjà, au 1«t janvier 1852; Mi descendre ce chiffre à M)0,000 hommes. C'était déjà MfiW hommes de moins sous les drapeaux. Or, le 17 no* vembre, le Prince donnait au Ministre de la guerre l'ordre de réduire encore cet effectif de 30,000 hommes , ce qui fait un total de 76,000 hommes de moins sous les armes depuis réledion du 10 décembre 1848. Pour apprécier Timportancc d'une telle décision, il ne suffirait pas d'évaîuer l'allégement considérable que va procurer au budget h retour de ce» hommes dans leurs fbyers, il sérail nécessaire encore de csh eu ter de combien de millions la fortune nationale va être accrue par leur travail ; car il ne faut pas oublier que presque tous sont ouvriers ou culUvateurs, et qu'une fbis hors des rangs de l'armée, ils vont être rendus i l'industrie ou à l'agriculture.

Mais empressons-nous d'ajouter que ce n*est pas uniquement au point de vue économique ou financier qu'on doit considérer cette mesure, elle a une portée plus haute encore ; elle tient la promesse du discours de Bordeaux ; elle met en pratique cette politique de paix solennellement proclamée par le Prince ; elle prouve qui! n'a jamais eu les projets d'invasion et de conquêtes qu'on lui a imputés, qtf il ne veut pas faire la

guerre, et qu'il ne la craint pas; qu'il ne la ferait que contraint et forcé par les intérêts et Thonneur du pays. Ce désarmement partiel prouve enfin que Louis-Napoléon est aussi rassuré sur l'inlérieur que sur Textérieur, et qu'il ne redoute pas plus le réveil du socialisme, que de voir apparaître une armée étrangère sur les rives du Rhin.

Faisons ici remarquer en passant que l'exemple donné par le Gouvernement français parait devoir porter ses fruits. En ne redoutant pas la guerre, le Prince avait parfaitement jugé les choses, car les grandes puissances européennes se préparent à réduire de leur côté l'efTectif de leurs troupes.

Cependant, les appels à Tassassinat faits par les manifestes montagnards^ les souvenirs mêmes de la machine de Marseille, n'empêchaient pas Louis-Napoléon de se montrer tous les jours dans Paris comme à l'ordinaire. En attendant le jour du vote , il visitait tous les théâtres principaux de la capitale, la Comédie-Française, TOpéra-Comique, le grand Opéra. Partout les spectateurs l'applaudissaient avec transport, et poussaient le cri à la mode : Vive T Empire! Ici on récitait des vers^ là on en chantait d'autres , où la musique et la poésie saluaient de concert le retour du soleil impérial. Dans chacune de ces circonstances, le futur Empereur prodiguait les marques de la plus libérale munificence. Hommes de lettres, compositeurs, directeurs et acteurs recevaient de riches cadeaux f» eoiivewr «de 'Oes beUea toii^ées.

Eate , le Jo«r floltfiid ardva. CéM fmr te iarwf^m^tm depuis quatiW >.s que cejffêôtm mm 4e Seiwpaile (mwfiraissait devant le grand jury national, et, depuis le premier Emi^, tf est-à-Aire ê&pûîB f)i4e<de «iaquaHle aa^, e'^tatt pour la première fois que la France était consistée sur la feraie 4e «ûB GauvfiDuem^Qt. U e^inutile de dire que les partis se mon- Uiènflt, Ml Humeftt éiti§il^ iiHi^kkwi» n^ilm ran(WQ3. RépuMicafos, partteans^oevAe de Chninbtpd, Hms eesayèrent d'éloigner du scrutin les électeurs soumise leurs înfluen-

ce» ou leur dictèrent des votes négatifs. Malgré ccsv^anœuvres coupables, les abstentions les plus nombreuses ftirent celles que causa le mauvais temps. De tous côtés, dans les départements, le vent souffla avec une telle violence , qu'il arrachait les arbres dans les campagnes ; des pluies torrentielles inondant les chemins ruraux, coupèrent les communications , de sorte que des villages entiers, renonçant a atteindre les chefslieux des communes, durent s'abstenir de voter. Et cependant l'immense majorité des paysans ne se laissa pas arrêter par ces obstacles. Malgré la tempête, malgré les ruisseaux dé- Dordés, presque tous se rendirent à l'appel du scrutin. On remarqua que, dans certains départements , les uns dévoués autrefois à la démagogie , les autres à la cause légitimiste, l'empressement était extrême. Ainsi, dans la Vendée, les prêtres, du haut de la chaire , invitaient les fidèles à remplir leurs devoirs de citoyens. On vit même des curés se placer à la tête des électeurs et les guider vers les comices. Ainsi encore, dans l'Hérault, les communes qui avaient fourni le plus fort contingent aux insurrections du mois de décembre, furent celles qui votèrent avec le plus d'ensemble et d'enthousiasme. On se rappelle que le même phénomène s'était produit lors des élections au Corps Législatif, et puis à l'époque du voyage du Prince dans le Midi.

Pour donner une idée des scènes émouvantes auxquelles donna lieu cette manifestation nationale, nous aimons à citer l'article suivant du journal officiel :

« Le vote qui vient d'avoir lieu, dit le Moniteur, a été signalé à « Paris par des circonstances du plus touchant intérêt.

« Des malades, des infirmes, dt*s paralytiques se sont f^it transpor- « ter dans la salle du scrutin. Un ouvrier de la rue des Vinaigriers « (ancien foyer de socialisme], affaissé sous le poids de la nuOadle, « s'est fait porter auprès de Pume, et, en déposant son vote, a ré- « pondu à une question bienveillante du Président : On ne saurait « trop faire pour celui qui a sauvé la France.

• Des aveugles en grand nombre Uept dans une seule section) sont c venus voter, conduits par leurs femmes et leurs enfants.

« Dans le 8« arrondissement, le général Despaux, vieillard de qua- « tre-vingt-onze ans, est arrivé en voiture pour déposer son vote. Il « a essayé de monter dans la salie du sci-utin, située au premier étage, « mais ses forces ont trahi son courage, et H a été contraint de s'as- « seoir dans le vestibule. Le bureau, informé de ce fait, s'est trans- « porté en corps auprès du général avec l'urne destinée A recueillir « ce vote. Cette scène a ému tous les assistants.

« Dans le 7« arrondissement, M. Ménier. fabricant de chocolat, « fjrappé d^une attaque d'apoplexie qui a menacé gravement ses m jours, s'est fiiit porter dans un làuteuil» de Passy jusqu'auprès du « bureau. Dans le même arrondissement, un vieux soldat de l'Em- « pire, âgé de quatre vingt-dix-neuf ans, est venu voter, porté dans « les bras de son fils. >

Trois jours après la clôture de ce scrutlD, le 25 novembre, Je Corps Législatif se réunissait, et le Ministre d'État, M. Fould, y lisait le message suivant du Président de la République, message qui complète la pensée du discours de Bordeaux :

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