PROTESTATION
Du prince Napoléon, au sujet des armes de l'Empereur,
• Je m'associe du fond de mon âme à la protestation de mon oncle « Joseph. Le général Bertrand, en remettant les armes de ma famille « au roi Louis-Philippe, a été la victime d'une étrange illusion. L'épée « d'ÂusterUtz ne doit pas être en des mains ennemies ; il faut qu'elle « puisse être encore brandie au Jour du danger pour la gloire de la « France. Qu'on nous prive de notre patrie, qu'on retienne nos biens, « qu'on ne se montre généreux qu'envers les morts, nous savons « souffrir sans nous plaindre, tant que notre honneur n'est pas atta- « que mais donner à un heureux de Waterloo les armes du vaincu, « c'est trahir les devoirs les plus sacrés , c'est forcer les opprimés « d'aller dire aux oppresseurs : Rendez-nous ce que vous ave« « usurpé I
« Louis-Napoléon BoirAPAaTk, « Londres, le 9 juin iS40. »
Ikm d'AusterliU et de Marengo. Pendant deux mois il fit emiKiQcher la trompette par ses amis, et la presse dont il disposait fit sonnerie clairon d'Iéna et de Wagram. Mais, hélas ! était-41 de bonne foi ? C'est fort douteux. Quoi qu'il en soit, il devait bien savoir que Thomme qui s'étaitlaissé appeler le Nopoléon de lapaix^ qui avait accepté cette flatterie ridicule, que Louis-Piu^PP^) en un mot, consentirait encore à tous les sacrifloes plutôt que de faire la guerre. C'est ce qui arriva, et tout ce fracas d'armements» tout ce tapage de gazettes, n'eurent d'autres résultat que le rappel de la flotte française dans le port de Toulon.
Or, devant cette reculade, la France garda le silence, mais die s'indigna au fond de l'&me, et en prit note pour l'a-
LouiB-N8lK>léon avait prévu ce dénouement, et déjà dans les premiers jours d'août tous les ei^rits clairvoyants le pressentaient aussi. Instruit de tous les faits que nous venons de raconter, éclairé sur l'état de l'opinion publique à Paris et dans les départements, le Prince crut le moment venu de fiiire une nouvelle tentative.
lyaiUeurs, il était en relations avec un grand nombre de fonctionnaires supérieurs, de généraux, de personnages politiques qui lui disaient : • Marchez, nous sommes avec vous. »
NqK>léon pensa qu'il tenait cette fois dans la main tous les éléments d'un succès.
Par une étrange coïncidence, plusieurs régiments qu'il avait coiums à Strasbonrgtenaient alors garnison dans les villes du nord et de l'ouest des côtes de France.
Le Prince résolut de faire sa tentative par Boulogne.
Il firéta un bateau à vapeur, et y fit embarquer des armes, des uniformes, des chevaux; puis U invita ses amis à le rejoindre à bord du Château d'Edimbourg. Depuis l'afiaire de Strasbourg, la brillante pléiade de dévouements qui entourait le Prince s'était encore enrichie de nouveaux éléments. Outre
M. de Persigay, tLgonàentk Boolopic M. le générai Montto
IM, M. ledootenr CUmnean^ to* nous aivon^
ter avec, ptoa da déftaife, MM. de Mésenan, BataSle, de MoiK
^ taulMB, Laboide, For^rtier, Ommia, Bacciochi, et qaetqoes
] autreaencore. Ce qu'il y «de singrifer, c'est que tous s'embar-
quèrentsan connaitTe lelnit de leur voyage. Napoléon ne leur avvàt rien dit, et ils étaient part» sans rien lui demmider. A quoi bon? ils s'étaient Ëvrés à M œri» etâme fSsétiaient, eur, la maio dans Penlr^rise, maia seul il étidt la pensée.
Ce n^estqae lorsqu'ils lÉr^it louv à liord que le Prince, les réunissant sur le pont, leur annonça sa résofetion. II n'y tsA qu'une iFoix pouv l'approirrer, et tous Jurèrent de le sorâre.
Le Yuyage, qui n'aurait dû prendre que quelques heures, ftif contrarié par la marée et dura plus longtemps.
On s^étaitenèarqoé le a aeûtau soir ; en n'aborda qne Ie6, à trolsheures du amtin^ siDrlaplagedeWiinareux,àuied0niliene ectviroii de lttcô4tt..
Kq[)oléoii mHisha immédia08nient sur Beuiegne.
Uétail ciaqheorei-dtt metia qpand il se présenta àhcaserne de cette ville.
Aurait d'entamer le réettdes fiâts qui s^ passèrent, donnons cœmaissaDce au lecteur des documents divers quf ftirent âbtribaés dans cette circonstance.
NapoKon avait d'W^rd préparé on décret qui portait comme clause principale la réunion éTun congrès national âés^V arrivée au Prmee dam la cap^oXe, C'étart toujom*s le même esprit <pii l'avait animé à Strasbourg ; citait toujours au suffrage de tous, au vote universel, qu'à veulai* flnre appel pmir prononcer sur l'avenir de tous.
Yoid loaiDteaant tesprodamalfoi^aui peuple et i Parmée. Là aussi, le tegage n^ pas changé.
PREMnËRE PROCLAMATION.
ff Thuiçfusî
€ Les cendres de rEmpereur ne reviendront que dans une France régénérée I Les mânes du grand homme ne doivent pas être souillés par d'impurs et hypocrites hommages. Il tmi que la gloiraet la liherté soient debout à côté du cercueil de Napoléon; il &ut que les traîtres à la patrie aient disparul
i Qu'ont-Us fait, ceux qui vous gouvernent, pour avoir des droits à votre amour? Us vous ont promis la paix, et ils ont amené la guerre civile et la guerre désastreuse d'Afrique ; ils vous ont promis la diminution de l'impôt, et tout l'or ^e vous possédez n'assouvirait pas leur avidité; ils vous ont promis une adnûmstration intè^e, et ils ne régnent que par la corruption ; ils vous ont promis la liberté, et ne protègent (pe privilège et abus ; ils s'opposent à toute réforme ; ils n'enfantent qu'arbitraire et anarchie ; ils ont promis la stabilité, et depuis dix ans ils n'ont rien établi ; eniOn, ils ont promis qu'ils défendraient avec conscience notre honneur, nos droits, nos intérêts, et ils ont partout vendu notre honneur et abandonné nos droits. Il est temps que tant d'iniquités aient leur terme ; U est temps d'aller leur demander ce qu'ils ont foit de cette France si grande, si généreuse, si unanime en 1890.
« Agriculteurs, ils vous ont laissé pendant la paix de plus forts impôts que ceux que Napoléon prélevait pendant la guerre.
« Industriels et commerçants, vos intérêts sont sacrifiés aux exigences étrangères; on emploie à corrompre, l'ar^ gent dont l'Empereur se servait pour encourager vos efforts el vous enrichir.
i Enfin, vous tous, classes laborieuses et pauvres, qui êtes
• en France le refuge de tous les sentiments nobles, souvenez- « vous que c'est parmi vous que Napoléon choisissait ses lieu-
• tenants, ses maréchaux, ses ministres, ses princes, sesamis ; « appuyez-moi de votre concours, ef montrons au monde que f ni vous ni moi n'avons dégénéré.
« J'espérais comme vous que, sans révolution, nous pour- « rions corriger les mauvaises influences du pouvoir; mais « aujourd'hui tout espoir s'est évanoui. Depuis dix ans, on a f changé dix fois de ministère ; on en changerait dix fois eur- « core, que les maux et les misères de la patrie seraient toui jours les mêmes.
« Lorsqu'on a l'honneur d'être à la tête d'un peuple comi me le peuple français, il y a un moyen infaUUble de faire de i grandes choses : c'est dé le vouloir.
• D n'y a en France, aujourd'hui, que violence d'un côté, f que licence de rautre« Je veux rétablir l'ordre et la liberté ; c je veux, en in'entourant de toutes les sommités du pays,
• sans exception, en ni appuyant 9wr la volimU eê Us intérêts « des masses^ fonder un édifice inébranlable.
« Je veux donner à la France des alliances véritables, une € paix solide, et non la jeter dans les hasards d'une guerre i générale.
• Français I je vois devant moiravenir brillant de la patrie. « Je sens derrière moi l'ombre de l'Empereur, qui me pous-
« se en avant ; je ne m'arrêterai que lorsque j'aurai repris « l'épée d'Austerlltz, remis les aigles sur nos drapeaux, et (e « peuple dans ses droits. >