‹ Histoire complète des ruptures et des dećhirures de l'utérus, du vagin et de périnéeChapitre 14 sur 50 · TROISIÈME SECTION · texte numérisé non relu

TROISIÈME SECTION

Daxs les ruptures de la grossesse, la matrice joue un rôle entièrement passif. Ses parois ne jouissent que de propriétés organiques au tissu, qu’elles opposent plus ou moins efficacement aux causes déterminantes, lesquelles leur sont appliquées du dedans, et le plus souvent du dehors. Pendant l’accouchement, la scène change. La faculté que le viscère a acquis de se contracter, entre en exercice. Destinée à opérer l'expulsion du produit de la conception par des voies naturellement disposées en conséquence, c'est elle désormais qui va devenir cause déterminante des ruptures. Du moins cet organe Joue, dans le plus grand nombre des cas, le rôle actif dans la production des ruptures qui arrivent pendant le travail de l’enfantement, et devient ainsi l'artisan de sa propre lésion. On pourrait donc distinguer les ruptures de la matrice en général en ruptures actives, ou qui arrivent pendant et par le travail de l’enfantement, à quelque époque de la grossesse qu 1l se re dE et en passives, où celles qui arrivent hors le temps du travail ,ou, pour

mieux dire, pendant l’absence et sans la participation des contractions utérines.

Et remarquez en effet que la matrice rentrant dans l'intervalle des contractions à marche constamment intermittente, dans les dispositions qu’elle présentait hors le temps du travail, cet organe se trouve comme alors également exposé aux ruptures passives.Les mêmes causes produirontalorsles mêmes effets. En outre, les causes extérieures viennent sou vent, pendant le travail de l'accouchement, prêter leur funeste appui, et déterminer des ruptures qui peut-être n'eussent pas été produites par l’action seule de la matrice. Nous aurons occasion d’en citer des exemples.

On observera que si l’utérus, au terme de la grossesse, présente par son développement plus de prise à l'action des violences rupturantes extérieures, elle en élude plus facilement les effets, soit par la plus grande souplesse de ses parois pendant le repos, soit par la résistance que lui donnent les contractions énergiques pendant le travail de parturition.

Un mot sur la manière dont se comporte normalement l'utérus’ pendant et pour le travail de l’enfantement nous rendra plus facile à concevoir et à expliquer le mécanisme des ruptures qui arrivent à cette occasion. -

Comme tous les muscles creux, les parois utérines

ne peuvent se contracter sans tendre à diminuer la

PENDANT L'ACCOUCHEMENT. 123 capacité qu’elles circonscrivent, sans comprimer les corps que leur cavité contient. Si ce corps n'est pas ou n'est que peu compressible, et c’est le cas dans lequel se trouve l'œuf humain, il résiste donc, et cette résistance aboutirait à ne produire aucun résultat; si les parois utérines formaient un tout Continu, ayant dans tous ses points la même puissance et la même résistance, cet organe finirait par se fatiguer; il cesserait de se contracter et tomberait dans l’inertie. C’est exactement ce qui se passe dans la plupart des accouchemens laborieux, quand il existe, du côté du col, du bassin où du vagin, un obstacle absolu ou relatif au volume ou à la position de l'enfant, et proportionné à la force des contractions utérines. Après un travail plus ou moins long, la matrice cesse d'agir, jusqu'à ce que le repos lui ait rendu sa première énergie.

Mais le plus ordinairement ces obstacles n’existent pas ou ne sont pas proportionnés à la force des contractions destinées à les surmonter. Le col utérin, aminci par les progres de la grossesse, n'offre, quand arrive le terme de l'accouchement, que peu de résistance; d’ailleurs cette partie n'étant pas douée d'une force contractile comparable à celle que possède le corps de la matrice, n’oppose qu’une résistance en grande partie passive à la puissance si active, si énergique des contractions de cet organe.

C'est donc vers cette région que se porte tout l'effort de réaction du produit de la conception; il

a pour résultat la dilatation, l'élargissement de ses ouvertures, et l'expulsion du fœtus.

Voyons maintenant quelles conditions anormales, quelles circonstances particulières viennent, en entravant cette marche naturelle, mettre l’utérus en butte aux ruptures. Nous avons fait pressentir que ces accidens présentent des différences relatives à leurs causes, à leur mécanisme, à leurs résultats, selon qu’ils affectent le corps ou le col de cet organe, et dans cette dernière partie, selon qu’elles sont verticales ou transversales; nous en ferons donc l’objet de trois divisions.

PREMIÈRE DIVISION

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