RUPTURES ET DÉCHIRURES DE LA RÉGION MOYENNE DU VAGIN
Les solutions de continuité du vagin produites pendant l’accouchement, à part celles qui ont leur siége dans le tiers supérieur ou lextrémité périutérine de ce conduit, et dont nous nous sommes occupé précédemment, sont loin de présenter les caracteres de gravité attachés à celles qui affectent et cette région et la matrice. Il n’en résulte aucun inconvénient pour l'enfant, qui souvent même se fraie par leur moyen une voie plus facile et plus prompte au dehors; elles ne compromettent pas non plus les jours de la mère. Mais si le plus ordinairement les résultats de ces déchirures sont sans inconvéniens immédiats notables, ils entraînent quelquefois à leur suite des infirmités désagréables, dégoütantes, qui viennent empoisonner l’existence des malheureuses qu’elles affectent, et leur rendre la vie à charge. Sous ce rapport donc, ces blessures sont encore dignes de fixer l’attention des hommes de l'art, et méritent qu'ils s'occupent des moyens propres soit à les prévenir, soit à détourner leurs déplorables conséquences, soit enfin à les combattre
et à les détruire, si on n’a pas pu ou su d’abord les empêcher.
Comme les ruptures des régions parturitives plus profondes, celles du vagin ont lieu par traction, par distension, par pression immédiate, ou par pénétration d’instrumens vulnérans. La traction est déterminée par le retrait de la matrice sur l'enfant, ou par le refoulement de cet organe dans les tentatives manuelles ou instrumentales faites dans l’intention de favoriser ou de terminer l'accouchement. La distension résulte de la présence et du passage de l'enfant, qui exerce aussi sur ce canalune pression variable. Enfin le jeu des mains et des instrumens, comme le forceps, le levier, les crochets, etc., peuvent déchirer directement ses parois membraneuses. Les ruptures et les déchirures produites par ces dernières causes ne sont ni les moins fréquentes ni les moins graves.
Le vagin, considéré pendant la période P* tra vail de l'accouchement correspondant au passage de l’enfant à travers ce canal, présente deux régions bien distinctes quant à leur direction, à leurs rapports anatomiques, au rôle qu'elles jouent dans ces derniers temps de l’accouchement. Les ruptures y présentent aussi des caractères différens quant au mécanisme de leur production et à leurs résultats, etc. l’une de ces régions représente la partie moyenne ou le corps du canal vaginal; l’autre est formée par son extrémité inférieure correspondant
à l'anus, au périnée , et se terminant par la vulve. Il m'a paru utile d'étudier les ruptures et les déchirures dans chacune de ces régions séparément.
La région moyenne du vagin représente une zone correspondant au pubis, au sacrum, aux ischions, en un mot à l’'excavation du bassin. Là le canal vaginal, retenu dans les limites que lui assignent les parois osseuses qui l'environnent, ne saurait éprouver de rupture par distension latérale, à moins d’unétat de rigidité anormale ou pathologique de ses tissus. Il est plus facilement exposé aux ruptures résultant du refoulement de ses parois par la tête de l'enfant, tandis que le retrait de la matrice les retient ou les attire en en haut. Ce refoulement est favorisé par les replis transversaux dont est sillonnée la membrane muqueuse, et qui, s'ils sont nécessaires à lampliation du vagin, favorisent les déchirures en servant d'arc-boutant, comme l’a fort judicieusement remarqué M. Duges. |
Remarquons que cette première portion du canal
vaginal et des parois osseuses pelviennes se trouve dans le même axe que celui de l'utérus pendant
le travail d’ expulsion.